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ÂNNUÂIRE-BULLETIN
DE LA SOCIÉTÉ
DE L'HISTOIRE DE FRANCE
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 1
IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR
A NOGBNT-LK-ROTROU.
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NUAIRE-BULLETIN
DE LÀ SOCIÉTÉ
DE L'HISTOIRE DE FRANCE
ANNÉE 1889
A PARIS
LIBRAIRIE RENOUARD
H. LAURENS, SOGCESSE0R
LIBRAIRE DE LA BOCIÉTÉ DE L'hISTOIRB DE FRANCE
RUE DE TOURNOH, H" 6
1889
T. XXVI. ^ f
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Hzii.
DÉCHET
RBG0NNAIS8ANT
LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE
COMME iTABUSSEMENT D'UTILiri PUBUQXJE.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE,
liberté, Égalité, Fraternité.
AU NOM DU PEUPLE FBAXfgAIS.
Le Préflident de la République,
Sur le rapport dn Ministre de llnstmctioii publique et des Cultes,
Le Conseil d'État entendu,
Décrète :
Article premier.
La Sùdéié de l'Histoire de France, établie A Paris, est reconnue comme
BTABU88EMBNT D'UTILITi PUBLIQUE.
Son règlement est approuvé tel qu'il est et demeure d-annexé. Il ne
pourra y être apporté de modification qu'en yertu d'une nouyelle autori-
sation donnée daûs la même forme.
Art. II.
Le Ministre de l'Instruction publique et des Cultes est chargé de l'exé-
cution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des lois.
Fait à l'Élysée-National, le 31 juiUet 1851.
Signé : L. N. Bonaparte.
Le Ministre de l'Instruction puàUque et des CuUes,
Signé : de Crouseilhes.
REGLEMENT
LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE
A&RÉTlî LE 23 JANYIER 4834 ET MODIFIÉ LE 40 MAI 4836.
TITRE PREMIER.
But de la Société.
Art. 1*'. Une société littéraire est instituée sous le nom de Société db
l'Histoirb db Francs.
Art. 2. Elle se propose de publier :
1* Les documents originaux relatifs à l'histoire de France, pour les
temps antérieurs aux États généraux de 1789;
2** Des traductions de ces mêmes documents, lorsque le Conseil le
jugera utile;
3* Un compte rendu annuel de ses travaux et de sa situation;
4* Un annuaire.
Art. 3. Tontes les publications de la Société sont délivrées gratis à
ses membres.
Art. 4. Elle entretient des relations avec les savants qui se livrent à
des travaux analogues aux siens ; elle nomme des associés-correspondants
parmi les étrangers.
TITRE IL
Organisation de la Sodéié,
Art. 5. Le nombre des membres de la Société est illimité. On en fait
partie après avoir été admis par le Conseil, sur la présentation faite par
un des sociétaires.
Art. 6. Chaque sociétaire paie une cotisation annuelle de trbntb francs.
Art. 7. Les sociétaires sont convoqués au moins une fois l'an, au mois
de mai, pour entendre un rapport sur les travaux de la Société et sur
l'emploi de ses fonds, ainsi que pour le renouvellement des membres du
Conseil.
TITRE IIL
Organisation du Conseil.
Art. 8. Le Conseil se compose de quarante membres, parmi lesquels
sont choisis :
Un président,
Un président honoraire.
Deux vice-présidents,
Un secrétaire.
Un secrétaire adjoint.
Un archiviste.
Un trésorier.
RÈGLEMENT. 7
Art. 9. Les membres da Conseil^ à l'exception da président honoraire,
sont renouvelés par quarts à tour de rôle, chaque année. Le sort désignera,
les premières années, ceux <iui devront sortir; les membres sortants peu-
yent être réélus. Le secrétaire continuera ses fonctions pendant quatre ans.
Aet. 10. L'élection des membres du Conseil a lieu à la majorité absolue
des suffrages des membres présents.
Abt. 11. Le Conseil nomme, chaque année, un Comité des fonds, com-
posé de quatre de ses membres.
Il nomme aussi des commissions spéciales.
Les nominations sont faites au scrutin. La présidence appartient à celui
qui réunit le plus de suffrages.
Aar. 12. L'assemblée générale nomme, chaque année, deux censeurs
chargés de yérifier les comptes et de lui en faire un rapport.
Art. 13. Le Conseil est chargé de la direction des travaux qui entrent
dans le plan de la Société, ainsi que de l'administration des fonds.
Les décisions du Conseil pour l'emploi des fonds ne pourront être prises
qu'en présence de onze membres an moins, et à la majorité des suffrages.
Art. 14. Le Conseil désigne les ouvrages A publier, et choisit les per-
sonnes les plus capables d'en préparer et d'en suivre la publication.
Il nomme, pour chaque ouvrage A publier, un commissaire responsable
chargé d'en surveiller rexécntion.
Le nom de l'éditeur sera placé en tète de chaque Volume.
Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société sans l'au-
torisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une déclaration du
commissaire responsable portant que le travail lui a paru mériter d'être
publié.
Art. 15. Le Conseil règle les rétributions à accorder à chaque éditeur.
Le commissaire responsable aura droit à cinq exemplaires de l'ouvrage
à la publication duquel il aura concouru.
Art. 16. Tous les volumes porteront l'empreinte du sceau de la Société.
Après la distribution gratuite faite aux membres de la Société (art. 3),
les exemplaires restants seront mis dans le commerce, aux prix fixés par
le Conseil.
Art. 17. Le Conseil se réunit en séance ordinaire au moins une fois par
mois.
Tons les sociétiHres sont admis à ses séances.
Art. 18. Nulle dépense ne peut avoir lieu qu'en vertu d'une délibéra-
tion du Conseil.
Art. 19. Les délibérations du Conseil portant autorisation d'une dépense
sont immédiatement transmises au Comité des fonds par un extrait signé
du secrétaire de la Société.
Art. 20. Le Comité des fonds tient un registre dans lequel sont énon-
cées au fur et à mesure les dépenses ainsi autorisées, avec indication
de l'époque à laquelle leur paiement est présumé devoir s'effectuer.
8 RÈGLEMENT.
Le Comité des fonds tient un registre dans lequel sont inscrits tous
ses arrêtés portant mandat de paiement.
Art. 21. Le Conseil se fera rendre compte, tous les trois mois au moins,
de rétat des impressions, ainsi que des autres travaux de la Société.
Art. 22. Le Comité des fonds devra se faire remettre, dans le cours du
mois qui précédera la séance où il doit faire son rapport, tous les ren-
seignements qui lui seront nécessaires.
Art. 23. Les dépenses seront acquittées par ,1e trésorier sur un mandat
du président du Comité des fonds, accompagné des pièces de dépense
dûment visées par lui ; ces mandats rappellent les délibérations du Conseil
par lesquelles les dépenses ont été autorisées.
Le trésorier n'acquitte aucune dépense si elle n'a été préalablement
autorisée par le Conseil, et ordonnancée par le Comité des fonds.
Art. 24. Le Comité des fonds et le trésorier s'assemblent une fois par
mois.
Art. 25. Tous les six mois, en septembre et en mars, le Comité des
fonds fait, d'office, connaître la situation réelle de la caisse, en indiquant
les sommes qui s'y trouvent et celles dont elle est grevée.
Le même Comité présentera au Conseil, dans les premiers mois de
l'année, l'inventaire des exemplaires des ouvrages imprimés existant dans
le fonds de la Société.
Art. 26. A la fin de l'année, le trésorier présente son compte au Comité
des fonds, qui, après l'avoir vérifié, le soumet à l'assemblée générale pour
être arrêté et approuvé par elle.
La délibération de l'assemblée générale sert de décharge au trésorier.
La Sogibté db l'Histoire de Frange a été fondée le 21 décembre 1833.
LISTE DES MEMBRES
DE
LA SOCIETE DE L'HISTOIRE DE FRANCE
AYBIL 1889.
MM, les Membres de la Socie'të sont priés de vouloir bien faire connaître
leurs changements d'adresse à l'agent de la Société, M. Fr, Martin, rue
des Francs-Bourgeois, n* 60, aux Archives nationales.
MM.
AouiLLON (Gabriel), [1489], ayocat au €k)aseil d'État et à la Cour de
* cassation, rue Richepanse, n* 10.
Aix (Bibliothèque de la viUe d^), [687], représentée par M. Gant; cor-
respondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n» 6.
ko. [BibliotJièque universitaire cf'), [2083]; correspondant, M. Picard,
libraire, me Bonaparte, n* 82.
Alobr (Bibliothèque universitaire d'), [2081] ; correspondants, MM. Ha-
cbette et C'% libraires, bonleyard Saint- Germain, n* 79.
Âus (l'abbé), [2143], curé de Xaintrailles (Lot-et-Garonne) ; correspondant,
M. Tabbé Meynial, professeur au collège Stanislas, rue d'Assas, n* 33.
Allasd (Paml), [1341], avocat, associé correspondant de la Société natio-
nale des Antiquaires de France, rue du Rempart, n* 4, à Rouen (Seine-
Inférieure).
Amphbrnbt (ricomte dO, [1844], ^, à Versailles (Seine-et-Oise), rue
Royale, n* 92.
Andab (Alfred), [1170], ^, régent de la Banque de France, rue la Boëtie,
n* 49.
Angers {Bibliothèque de la ville d^, [2117], représentée par M. Sorin,
bibliothécaire; correspondants, MM. Germain et Grassin, libraires, à
Angers (Maine-et-Loire).
Anisson-Dupbrron, [1845], ancien député, boulevard Haussmann, n* 149.
Antioghb (comte d'), [2138], rue Vaneau, n* 18.
Arbaumont (Jules d'), [1154], secrétaire de la Commission d'archéologie
de la Gôte-d'Or, associé correspondant de la Société nationale des
Antiquaires de France, aux Argentières, près Dijon; correspondant,
M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 13.
10 LISTE DES MEMBRES
Arc (Pierre d'), [2151], aTocat à la Cour d'appel d'Aix, à Alx (Boaches-
dn-Rhône); correspondant, M. Goérin, rue de Gondé, n* *29.
ÀRGHnrBS vAnosALBs(BibUothèque deà), [1147], représentée par M. Gus-
tave Senrois, ^, garde général des ArchÎTes; correspondant, M. Picard,
libraire, rue Bonaparte, n* 82.
Abobnton (baron Eugène d'), [1995], au château de Saint-Marcouf, par
Lison (Calvados).
Arihnoaud, [1550], professeur au lycée Henri lY, rue Cassette, n* 7.
Arnal (Albert), [1500], avocat à la Cour d'appel de Paris, avenue d'Antin,
n»57.
Arth (Louis), [519], avocat, à Nancy, rue de Rigny, n* 7; correspondant,
M. Ém. Rondeau, libraire, passage des Panoramas, n* 35.
Athbnjsum Clxtb, [2168], à Londres, Pall Mail ; correspondants, MM. Dulau
et C**, libraires, à Londres, Soho Square, n* 37.
AuBERT (Félix), [1997], avocat, rue de TÉpinette, n* 5, à Saint-Mandé
(Seine) ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
AuBiLLY (baron Georges d'), [1427], rue Caumartin, n* 60.
AuBRT-YiTET (Eugène), [1485], archiviste-paléographe, rue Barbet-de^ouy,
n- 9.
AuGOG (Léon), [1030], C. ^, membre de llnstitut, ancien président de
section au Conseil d'État, membre du Comité des travaux historiques,
rue Sainte- Anne, n* 51.
AuDiAT (Louis), [1729], professeur de rhétorique au collège de Saintes
(Charente-Inférieure); correspondant, M. Picard, ' libraire, rue Bona-
parte, n* 82.
Audiffrbt-Pasquier (duc d'), [3], sénateur, membre de TAcadémie fran-
çaise, rue Fresnel, n* 23.
AuoERD, [1 480] , ancien magistrat, à Bourg (Ain) ; correspondant, M. H. . Lau-
rens, libraire, rue de Tournon, n* 6.
AuMALB (duc d'), [961], G. C. ^, membre de l'Académie française, de
l'Académie des beaux-arts et de l'Académie des sciences morales et
politiques, président de la Société des Bibliophiles français, général
de division, au château de Chantilly (Oise).
AvBNBL (vicomte G. d*), [1929], rue Galilée, n* 23.
Avignon {Musée et Biblioikèque éT), [645] ; correspondant, M. Antoine
Calmet, garde-magasin des livres, au ministère de l'Instruction publique.
Avocats {Bibliothèque de Vordre des), à Paris, [720], représentée par
M. Templier, au Palais-de-Justice.
Babinet, [1827], C. ^, conseiller à la Cour de cassation, rue Notre-Dame-
de-Lorette, passage Laferrière, n* 4.
Baousnault de Pughesse, [1735], docteur es lettres, secrétaire de la
Société archéologique et historique de l'Orléanais, rue Yignon, n' 18,
et à Orléans (Loiret).
Bâillon (oomte db), [857], quai d'Orsay, n* 45.
Balorrb (comte de), [1950], au château de la Cour, par Saint-Pourçain
(AUier).
• • • ■ •
• • •
• • •
DE LA SOCIÉTÉ. 11
Bauah (AngDSte), [1806], andcs député, me de la Btimie, n* 8.
Balbém (Gharies), [1807], nie de la Baume, n* 8.
BAMDim-Giutnifun (prince vm), [1235], palazzo Altieri, piaxza del Getà,
àBime.
Bamt (André-Étiemie), [1870], capitaine d'artillerie, me de Lifbomie,
s* 10.
BAPar (Gennain-CoDstant), [1869], membre de la Société nationale des
AntJqDairet de France, avenne floche, n* 18.
Basadat dm Lacazb (C), [2059], an château de Bozès, par Astaifort
(Lot-et-Oaionne).
BABAim (ban» Pro^er de), [14S2], ^^ boulerard Hamanann, n* 182.
BAmBSBBT (Maurice ds), [751], aTeooe Bosquet, n* 11.
Bàmmi vu Bogaob, [893], ^, me d'Anjou, n* 4.
Babbike (Aimé), [2106], rue des Sablons, n* 86.
Baeooux, [2028], sénateur, ancien ministre, aTenne d'Iéna, nr 74.
Bamteèubêy (Anatole db), [1384] , ^, membre de Tlnstltut, du Comité
des traraux historiques et de la Société nationale des Antiquaires de
France, me d'Anjou, n* 9.
BAaTBoumi (Femand), [1013], ^, ancien maître des requêtes an ConseU
d'État, me la Bochefoucauld, n* 12.
Baudow de Xoinr (Charles), [2153], arehiTiste-paléographe, place du
Palais-Bourbon, n* 6.
Baddouv, [2068|, arehimte de U Haut^-Garonne, rue Mage, n* 34, à
Toulouse (Haute-Garonne); correspondant, M. Armaing, libraire, à
Toulouse, rue Saint -Borne, n« 42.
Badutt (oa), [1332], ^, ancien maître des requêtes an Consdl d'État, me
Boissy-d'Anglas, n* 30.
Bâtard (Eugène), [849], ^, ancien maître des requêtes an Conseil d'État,
lisent général de la Caisse d'épargne de Paris, me du LouTre, n* 19.
Batb (baron na), [2174], membre de la Sodété nationale des Antiquaires
de France, aTenne de U Grande-Armée, n* 58, et au château de Baye
(Marne).
BATomrB (Bibliothèque de la ville de), [1407], représentée par M. Léon
Hiriart, bibliothécidre; correspondant, M. Didron, libraire, bonlerard
Baspail, n* 6.
BcAUCBBam (comte Adelstan db), [2105], me Boccador, n* 6.
Bbaucoubt (G. DU FassHE, marquis de), [921], rue de Babykme, n* 53,
et au château de MoraiuTille, par Blangy (Calvados).
Bbauxb (Itoirî), [992], ^, anden procureur général, à Lyon (Bhône),
cours du Midi, n* 21 ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de
Toumon, n* 6-
BBAirmcpa-BBAUPRâ, [749], ^, conseiller â la Cour d'appel de Paris,
rue de Vangirard, n* 22; correspondant, M. Pedone Lanrid, libraire,
me Sonfllot, n* 13.
Bbautais (Bibliothèque de la vUle de), [2052] , représentée par M. Mar-
12 LISTE DES MEMBRES
chandin, bibliothécaire; correspondaDt, M. Picard, libraire, me Bona-
parte, n* 82.
BflAinrERosR (baron ds), [1941], me dn Cirqae, n* 8.
Bbauyillé (db), plll], anden dépaté, me Cambacérès, n* 4, et à Mont-
didier (Somme).
Bbooxtbn (Ticomte Henri), [2064], place Saint-François-XaYier, n* 10.
BsLLAoïTBT (Mesdemoiselles), [2002], me Bonaparte, n* 68.
Bbmda, [1748], négociant, me des Archiyes, n* 17.
BsNiER (Emest-Albert), [1954], 0. ^, capitaine de frégate, boulevard
Saint-Michel, n- 107.
Bebobr (élie), [1645], ancien membre de l'École française de Rome,
archiviste anx Archiyes nationales, auxiliaire de rinstitnt, quai d'Or-
léans, n* 14.
Bbbnabd (l'abbé Eugène), [1897], ^, ancien. TÎce-doyen de Sainte-Oene-
YièYe, me Gay-Lussac, n* 5.
Bbbnabd (Lucien), [1320], à Gnéret (Creuse); correspondant, M. H. Lan-
rens, libraire, me de Tournon, n* 6.
Bbbnibb (Adrien), [2150], conseiller à la Cour d'appel de Bordeaux, à
Bordeaux (Gironde), me de la Croix-Blanche, n* 43.
Bbbnon (J.-A. db), [1799], avocat à la Cour d'appel de Paris, me des
Saints-Pères, n* 3.
Bebtband (Joseph), [2014], C. ^, membre de l'Académie firançaise,
- secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, me de Toumon, n* 4.
Besançon {Biblioihèque de la ville de), [1371], représentée par M. Castan,
!j^, bibliothécaire; correspondant, M. Allouant, libraire, me Séguier,
n* 3.
Besançon {Bibliothèque universitaire de), [2055], représentée par
M. Prieur, bibliothécaire; correspondant, M. Thorin, libraire, me
Médicis, n* 7.
BizuEL d'Esnetal, [1942] , rue Saint- Guillaume, n* 29.
BiANCSEï (Marins), [1171], me Jean-Goujon, n* 6.
BmijoTHÀQUES des châteaux de Compiègne, Fontainebleau, Pau et Ver-
saiUes, [595 à 598].
Bidoibb, [1499], ancien avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassa-
tion, me de Conrcelles, n* 38.
BiENATME, [1674], ^, chef de bureau au ministère des Finances, me des
Saints-Pères, n* 13.
BixNGOXJBT (marquis de), [1966], me de Poitiers, n* 12.
Bienvenu, [1501], ancien député, me Jouffroy, n* 38.
Blagas (comte Bertrand de), [2109], me de Yarenne, n* 52 bis, et au châ-
teau d'Ussé, par Chinon (Indre-et-Loire).
Blanghb (Alfred), [936] , C. ^, ancien conseiller d'État, avocat â la Cour
d'appel de Paris, me Daru, n' 5.
BiihnY, [1719], ancien auditeur au Conseil d'État, boulevard Haussmann,
n* 105.
DB LA' SOCIÉTÉ. 13
BuoNT, [1744], notaire, à Rouen (Seine-Inférieure), rue Ganterie, n* 58.
BoMLiSLB (Arthur db), [1651], ^, membre de l'Institut, du Comité des
trayaux historiques et de la Société nationale des Antiquaires de
France, rue de TUniversité, n* 18.
BoNAND (Henri de), [1794], au chAteau de Montaret, près SouTigny (Allier) ;
correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n* 6.
BoNDT (comte de Taillepibd db), [462], C. ^, envoyé extraordinaire et
ministre plénipotentiaire, au château de Chassey, par Doulon (Loire-
Inférieure).
BoNFTBAU (Albert), [1560], rue de la Banque, n* 17.
BoNNASsiBux (Pierre), [2113], archiviste aux Archiyes nationales, rue de
Rennes, n* 62, et à Versailles (Seine-et-Oise), avenue de Villeneuve-
l'Étang, n* 21.
BoppB (Auguste), [2123], rue Bonaparte, n* 13.
Bordeaux {Bibliothèqvs universitaire de)^ [2118], représentée par M. Mor-
tel, bibliothécaire; correspondant, H. H. Laurens, libraire, rue de
Toumon, n*> 6.
Bon DB RiOAUD (Alméric du), [1961], boulevard Malesherbes, n"" 168.
Borblu de Serres (colonel), [2140], 0. ^, ancien attaché militaire à
l'ambassade de France à Berlin, rue Boccador, n"* 20.
Boucher de Molandon, [1733], ^, membre de la Société archéologique et
historique de l'Orléanais, correspondant du ministère de l'Instruction
publique, associé correspondant de la Société nationale des Antiquaires
de France, à Orléans (Loiret).
BouGHERET, [977], avoué, à NeufchÂtel (Seine-Inférieure); correspondant, \
M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n" 6.
BouillA (comte Louis de), [1404], rue de Courcelles, n* 54.
BouLATXONiER, [§04], C. ^, audeu président de section au Conseil d'État,
villa Montboron, à Nice (Alpes-Maritimes), et au château de Pise (Jura).
Boulât de la Meurtre (comte Alfred), [1656], rue de l'Université,
nr 23.
Bourges (Bibliothèque de là Cour d'appel de), [1483] ; correspondant,
M. H. Laurens, libraire^ rue de Tournon, n* 6. ^
BouRMONT (comte Amédée de), [1920], archiviste-paléographe, rue Saint-
Thoma&-d'Aquin, n** 1, et à la Roche, par* Vaas (Sarthe).
BouRT (comte de), [2116], au château d'Amfreville-la-Campagne, par Lou-
viers (Eure); correspondant, M. le baron le Vavasseur, rue Boissy-
d'Anglas, n° 25.
Braun, [1372], ^, conseiller d'État, me du Ranelagh, n* 98, à Passy-
Paris.
Brazbnozb Collbob, [2136], à Oxford (Angleterre); correspondant,
M. Nutt, libraire, à Londres, Strand, n« 270.
Brissaud, [1322], ^, ancien professeur d'histoire au lycée Charlemagne,
me Mazarine, n** 7.
Broqlie (duc de), [1614], ^, membre de .l'Académie française, rue de
Solferino, n« 10.
14 LISTS DES MEMBRES
Brolbmanm (Georges), [HBT], boulevard Malesherbes, n* 52.
Brotonnb (P. db), [1796], ancien élèye de l'École polytedinique, attaché
an ministère des Finances, me Saint-Honoré, n* 370.
Brubl (Alexandre], [2146], sons-chef de section anx Archiyes nationales,
rue Stanislas, n* 6.
BuRB (Charles-Philippe-Albert bb), [668], à Moulins (Allier); correspon-
dant, M. Chossonnery, libraire, quai des Grands-Augustins, n* 47.
Burin dbs Roziers, [1105], ^, ancien magistrat, au chAteau du Mesnil,
par Latour-d'Auyergne (Puy-de-Dôme).
Bussibrrb (M"* la baronne Edmond db), [2164], rue de Lille, n* 84.
Gabn {Bibliothèqw de la ville de), [1015], représentée par M. Lavalley,
bibliothécaire ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
Gabn {Bibliothèque universitaire de), [2078], représentée par M. Bouvy,
bibliothécaire ; correspondant, M. Le Soudier, libraire, bouleyard Saint-
Germain, n* 174.
Gaillebottb (l'abbé), [1162], curé de Notre-Dame-de-Lorette, à Paris.
Gambbfort, [2060], boulerard Haussmann, n* 34.
Gambridob (Bibliothèque de, V Université de), [2169], à Cambridge (Angle-
terre) ; correspondants, MM. Dulau et C'*, libraires, à Londres, Soho
Square, n* 37.
Camus (Fernand), [1756], boulevard Saint-Michel, n* 123.
Carraby (E.), [2020], arocat à la Cour d'appel de Paris, me de
Téhéran, n* 4.
CARRi (Gustave), [1822] , professeur agrégé d'histoire au lycée Lakanal,
à Sceaux (Seine) ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, me de Tour*
non, n* 6.
Carsalaoe du Pont (l'abbé db), [2065], curé de l'église Saint-Pierre, à
Auch (Gers) ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon,
n* 6.
Cartwrioht (William), [951], à Londres.
Cassation {Bibliothèque de la Cour db), [1721], représentée par M. Ga-
briel Richou, conservateur, quai de l'Horloge.
Cazbnovb (Raoul db), [1438], à Lyon (Rhône), me Sala, n* 8.
Chabrillan (Paul Guioues db Morbton, comte de), [356], me Jean-
Goujon, n' 29.
Chabrillan (Hippolyte-Camille-Fortuné Guioues, comte de Morbton de),
[1311], rue Christophe-Colomb, n* 8.
Chambre des D^puTés {Bibliothèque de la), [1660], représentée par
M. Laurent, ^, bibliothécaire; correspondant, M. Le Soudier, libraire,
boulevard Saint-Germain, n* 174.
Champion (Honoré), [1741], libraire, quai Voltaire, n* 9.
CHANTéRAO (marquis de), [908], rue de Bellechasse, n* 17.
Chantérag (comte Victor de), [1732], me Ch3mel, n« 12.
Charavat (Etienne), [1705], archiviste-paléographe, me Fiirstenberg, n** 4.
Bfi LA SOCIÉTÉ. 15
Charayat (Eugène), [2033J, expert en autographes, quai du Louvre,
n* 8.
Chabdin (Paul), [1542], rue des Pyramides, n" 2.
CHAfiLBicAONE (Edmoud), [2040], rue de Déols, n* 81, à GhÂteauroux
(Indre).
Chabpin-Fsugbrolubs (comte db), [919], !^ ancien député, au château de
Feugerolles, par le Chambon (Loire); correspondant, M. H. Laurens,
libraire, rue de Tournon, n** 6.
Gha&tbbs (Bibliothèque de la ville de), [1516].
Chaslus (Paul), [2067], avocat à la Cour d'appel de Paris, 'place
Malesherbes, n* 24.
CnATBAUDUN (BibUothèque de la ville de), [1855], représentée par
M. Hetté, bibliothécaire ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue
de Tournon, n** 6.
Cbatbl (Eugène), [2035], archiviste honoraire du département du Calva-
dos, associé correspondant de la Société nationale des Antiquaires de
France, rue Vavin, n" 5.
Chavanne de Dalmassy, [2154], capitaine au 11* régiment de cuirassiers,
à Niort (Deux- Sèvres).
Ghazellbs (Etienne de), [1863], ancien préfet, rue de Varenne, n* 58, et
au château de la Canière, par Aigueperse (Puy-de-Dôme).
Chéruel (A.), [786], O. ^y membre de l'Institut et du Comité des tra-
vaux historiques, inspecteur général honoraire de Tlnstruction publique,
rue de l'Odéon, n* 16.
Chbtbam Librabt [2110], â Manchester (Angleterre); correspondant,
M. David Nutt, libraire, Strand, n* 270, à Londres.
Cheyallisr (Léon), [1226], ^^ conseiller-maître à la Cour des comptes, rue
de Rivoli, n- 216.
CnivRiER (Adolphe), [2088], ^, avocat général à la Cour de cassation,
rue de Téhéran, n* 13.
CHévBiBR (Maurice), [1922], ancien magistrat, rue Jacob, n* 35.
Choppin (Albert), [1156], O. ^, ancien directeur au ministère de l'Inté-
rieur, quai Voltaire, n* 3.
Chossat db Montbueon (A.), [2053], au château de la Garde^ par Bourg
(Ain).
Chbistophlb (Albert), [1104], ancien ministre, député, gouverneur du
Crédit foncier, place Vendôme, n* 19.
Clambgt (baron de), [1363], ^, ancien sous-préfet, rue Hurel, n* 13 bis^
à Neuilly (Seine); correspondant, M. Jolibois, rue Castellane, n" 8.
Claveau, [1200], O. >^, inspecteur général honoraire des établissements
de bienfaisance, rue Bonaparte, n* 5.
Clermont-Fer&and [Bibliothèque universitaire dé), [1937], représentée
par M. A. Maire, avenue Charras, n* 20 ; correspondant, M. H. Laurens,
libraire, rue de Tournon, n» 6.
CooHiN (Henry), [2054], rue de Vienne, n* 3.
16 LISTE DES MEMBRES
GoLLBTiLLB (Yicomte db), [^b\], secrétaire général de la Préfecture, à
Digne (Basses-Alpes).
GoLMBT D ÀAaa, [1769], O. ^j doyen honoraire de la Faculté de droit de
Paris, bouleyard Sainte-Germain, n* 126.
CôLMBT d'A^ob (Henri), [1158], ^, conseiller-maître à la Cour des
comptes, rae de Londres, n* 44.
GoMBouL, [1943], ingénieur dTil, rue de Rennes, n* 74.
GoMifUNAT (Amauld), [2157], secrétaire général de la Société des Biblio-
philes de Guyenne, à Bordeaux (Gironde), rue Saubat, n* 12 ; corres-
pon'^ant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n« 82.
GoNSBiL d'État {Bibliothèque du), [934], représentée par M. Gustave
Yattier, ^, au Palais-Royal.
GoRicBNiN (Roger db la Hatb db), [1716], rue de l'Arcade, n* 25.
GosNAO (comte Jules de), [717], ^, rue Yaneau, n*" 37, et au château du
Pm, par Salons-la-Tour (Corrèze).
GoTTiN, [1291], ^y ancien conseiller d'État, rué de la Baume, n* 15.
GouoNT (Edmond) , [1877] , ^ , inspecteur d'Académie à Paris, associé
correspondant de la Société nationale des Antiquaires de France, rue
Boissière, n" 59, à Passy-Paris.
GouRGBL (baron db), [2133], G. O. ^j ancien ambassadeur, boulevard
Montparnasse, n* 10.
GouRGBL (Yalentin Ghodron de), [1068], rue de Yaugirard, n* 20.
GouKaiYAL (marquis de), [2102], !^, rue Marcadet, n" 112.
GouRGT (marquis db), [2149], ^, ancien ministre plénipotentiaire, rue
Saint-Dominique, n" 33.
Goubnault (Gharles), [2026], ^, correspondant du ministère de Tlns-
truction publique, associé correspondant de la Société nationale des
Antiquaires de France, à Malzéville (Meurthe-et-Moselle) ; correspon-
dant, M. A. de Barthélémy, rue d'Anjou, n* 9.
GouBsoN (baron Amédée de), [1841] , ancien sous-préfet, au château des
Planches-sur-Amblie, par GreuUy (Galvados).
GoxjBTiLLiER, [1628], ^, membre du Gonseil général de la Sarthe, au
château du Perray, par Précigné (Sarthe).
GoussBMAKER (Iguacc db), [^^39], à Bailleul (Nord); correspondant,
M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
GoYiLLB (A.), [2163], archiviste-paléographe, maître de conférences â la
Faculté des lettres de Gaen, à Gaen (Gs^vados), rue Bosnières, n» 24.
Grbsson, [1299], ^, avocat à la Gour d'appel de Paris, ancien préfet de
police, rue Gambon, n"* 41.
GRàvBGŒUB (Robert de), [2125], rue de Longchamps, n* 120.
Groissandbau (Jules), [1909], négociant, rue du Bourdon- Blanc, n* 15, à
Orléans (Loiret) ; correspondant, M. Groussois, libraire, rue Dupuytren,
n« 4.
Geoze (Gharles db), [793], rue du Gherche-Midi, n* 15.
DE LA SOCIÉTÉ. 17
Daouim (Christian), [1849], avocat à la Cour d'appel de Paris, rue de
l'Université, n* 29.
Daouin (Femand), [1726], doctenr en droit, avocat à la Cour d'appel de
Paris, rue de l'Université, n* 29.
Dallbmaoiib (baron), [2032], rue des Capucins, à Belley (Ain).
D'Allshaonb (Henri), [2121], archiviste-paléographe, attaché à la Biblio-
thèque de l'Arsenal, rue des Mathurins, n* 30.
Dàmpisrbb (vicomte A.-Fr. de), [1762], rue Chomel, n« 12.
DANaLAED (l'abbé), [1644], docteur es lettres, rue de Picpus, n* 12.
Da&as, [1314], 0. ^, ancien officier de marine, à Angouléme (Charente).
Dabbstb de la Chavanne (Rodolphe), [1098], ^, membre de l'Institut,
conseiller à la Cour de cassation, quai Malaquais, n* 9.
Dauvbronb (H.)> [2050], architecte du département de l'Indre, à Châ-
teauroux (Indre).
Davannb, [1901], sous-bibliothécaire à la bibliothèque Sainte-Geneviève,
rue des Petits-Champs, n* 82.
David (Edmond), [985], ^, ancien maître des requêtes au Conseil d'État,
rue Montalivet, n* 11.
Debidour, [2156], doyen de la Faculté des lettres de Nancy, rue de
< Lorraine, à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Dbgq (Emile), [1711], libraire, rue de l'Université, n* 46, à Liège (Bel-
gique).
Décrue de Stoutz (Francis), [1871], docteur es lettres, professeur à
l'Université de Genè?e (Suisse); correspondants, MM. Pion, Nourrit
et C^% libraires, rue Garancière, n" 10.
Delabo&db (Henri-François), [1912], ancien membre de l'École française
de Rome, archiviste aux Archives nationales, rue du Faubourg-Saint-
Honoré, n* 103.
Delaoarde (Emile), [1974 1, rue de Courcelles, n"" 10, et au château
d'Écuiry-Septmonts (Aisne).
Delage (l'abbé), [1802] , professeur d'histoire au petit séminaire de Bor-
deaux (Gironde) ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tour-
non, n* 6.
Delalain (MM.) frères, [1859], imprimeurs -libraûres, me des Écoles,
n- 56.
Dblaroque (Henri), [879], libraire, quai Voltaire, n» 21.
Delaville Le Roulx (Joseph), [1837], archiviste-paléographe, docteur es
lettres, ancien membre de l'École française de Rome, associé corres-
pondant de la Société nationale des Antiquaires de France, rue de Mon-
ceau, n* 52, et au château de la Roche, par Monts (Indre-et-Loire).
Dbuslb (Léopold), [816], C. ^, membre de l'Institut, administrateur
générai de la Bibliothèque nationale, président de section au Comité des
travaux historiques, membre de la Société nationale des Antiquaires de
France, rue des Petits-Champs, n» 8.
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 2
18 LISTE DES MEMBRES
Delmas (Jean), [2119], à Anrillac (Cantal), ayenue des Ponts, n* 30.
Dblpit (Jules), [1399], à Bordeaux (Gironde).
DsMAT (Ernest), [1103], ancien avocat au Conseil d'État et à la Cour de
, cassation, rue de Berlin, n* 38.
DsMOMBTNBS (Gabriel), [1724], avocat ^ la Cour d'j^>pel de Paris, me
Jacob, n* 28.
Dbnièrb, [1035], C. ^, ancien président de la Chambre de commerce
de Paris, régent de la Banque de France, boulevard Malesherbes,
n- 29.
Dbnjot (Henri), [845], ancien membre du Conseil général du Gers, à
Tuco, près Àuch; correspondanl, M. H. Laurens, libraire, rue de Tour-
non, n* 6.
DssjAaDiNS (Albert), [2056], membre de l'Institut, professeur à la Faculté
de droit de Paris, ancien sous-secrétaire d'État, rue de Condé, n' 30.
Dbs Mbloizbs (Eugène), [638], 0. ^, ancien conservateur des eaux et
forêts, à Bourges (Cher).
Dbsnoters (Charles), [1633], conservateur des hypothèques, à Évreux
(Eure).
Dbspebz (Henri), [1277], directeur de la compagnie d'assurances le Comp'
toir maritime, place de la Bourse, n"" 6.
Db8 Rots (marquis), [1186], ancien député, boulevard La Tour-Maubourg,
n- 11.
DiBPPE [Bibliothèqw de la ville de), [1054], représentée par M. Paray,
bibliothécaire; correspondant, M. Chossonnery, libraire, quai des
Grands-Augustins, n* 47.
DiGARD (Georges), [2097], archiviste -paléographe, ancien membre de
l'École française de Rome, boulevard Malesherbes, n* 27.
Dijon {Bibliothèque de la ville de), [1279], représentée par M. Guignard;
correspondant, M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 13.
DuoN {Bibliothèqtie universitaire de), [2080], représentée par M- Archinet,
bibliothécaire ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n*" 82.
DoAZAN (Anatole), [1647], au château de Fins, par Saint-Christophe-en-
Bazelle (Indre); correspondant, M. Rouquette, libraire, passage Choi-
seul.
DoRiA (comte Armand), [818] ; correspondant, M. Bourselet, libraire, bou-
levard des Capucines, n" 27.
DosNB (Mlle), [1944], place Saint-Georges.
DouDBAUviLLB (d8 LA RocHBFOuGAULD, duc db), [2166], député, ruc de
Varenne, n* 42.
DnâifE, [1695], 0. ^, premier président de la Cour d'appel d'Agen; cor-
respondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n"* 82.
Dubois db l'Estano (Etienne), [i960], inspecteur des finances, rue de
Courcelles, n*" 43.
Du Bots (Emile), [2091], avenue Tourville, n* 28; correspondant,
' M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
DE LA SOCIÉTÉ. 49
DuoHATBL (comte Tannegny), [1540], 0. !j^, ancien ambassadeur, me
de Varenne, n* 69.
DuFBuiLLB (Eugène), [1722], ancien chef du cabinet du ministre de l'In-
térieur, rue d'Anjou, n* 42.
Du Lao (Jules Pekein), [1561], ancien magistrat, à Gompiègne (Oise).
DuLAU et C% r^l29], libraires, à Londres, Soho Square, n* 37; correspon-
dant, M. G. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, n* 9.
DuMAiNB (Charles), [1777], rue d'AnUn, n*" 3.
Du Mbsmil (Armand), [1041], O. ^, conseiller d'État, rue Gay-Lussac,
n*36.
DuMBz, [1856], 0. ^, président de chambre à la Cour des comptes, rue
BarbetHle-Jouy, n* 28.
DuNOTER DB NoiRMONT (baron), [1858], ^, rue Royale, n* 6.
Du Pabg (comte Charles), [1257], à Dijon (Côte-d'Or), rue Vannerie, n» 35 ;
correspondant, M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 31.
Du Pont (comte), [1977], rue du Regard, n* 5.
Dupont-Ghatblain (M"* Edmond), [817], me Jean-Goujon, n* 2.
DuBRiBu (Paul), [1873], archiviste-paléographe, ancien membre de l'École
française de Rome, membre de la Société nationale des Antiquaires de
France, conserrateur adjoint des peintures au Musée du Louvre, rue
de Gourcelles, n* 75.
DuRUY (^ctor), [1081] , G. 0. ^, membre de l'Académie française, de
l'Académie des inscriptions et belles - lettres et de l'Académie des
sciences morales et politiques, ancien ministre, rue Médicis, n* 5.
DuYBRDT (Charles), [748], avocat à la Cour d'appel de Paris, place Boîel-
dieu, n* 1.
DuYBBOiBR DB Haubanhb (Emmanuel), [1963] , ^ , membre du Conseil
général du Cher, rue Leroux, n* 10, et au château d'Herry (Cher).
ÉooLB DBS HAUTBS éruDBS {Bibliothèqtie de V), [2126], à la Sorbonne;
correspcmdant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
ÉooLB NATIONALE DBS CHARTES {V), [1703], représentée par M. le Directeur
de l'École, rue des Francs-Bourgeois, n* 58; correspondant, M. Picard,
libraire, rue Bonaparte, n* 82.
ÉcoLB NORMALE supéRiBURB (1'), [1617], représentée par M. le Directeur
de l'Ecole, rue d'Ulm, n* 45; correspondant, M. Thorin, libraire, rue
Médicis, n* 7.
Épbrnat (Biblioihèq^ de la viUe d'), [1474], représentée par M. Brion,
bibliothécaire ; correspondants, MM. Marpon et Flammarion, libraires,
rue Racine, n* 26. '
EsTAiNTOT (comte d'), [975], correspondant du ministère de l'Instruction
publique, associé correspondant de la Société nationale des Antiquaires
de France, à Rouen, rue des Arsins, n" 9; correspondant, M. H. Laurens,
libraire, me de Tournon, n» 6.
20 LISÏE DES MEMBRES
ÉsTBRHAZT (comte Ferdinand), [1817], !j^, capitaine ao 7* bataillon de
chasseurs à pied, à Marseille (Bouclies-du-Rhône), et an château de
Dommariin, par Sainte-Meneliouid (Marne).
EuRB (Soeiéié libre d'agriculture, sciences, arts et beUes-lettres du
département de T), [1770], à Éyrenx, représentée par M. Golombet,
secrétaire perpétuel .
Faucon (Maurice), [2093], archiviste-paléographe , ancien membre de
l'École française de Rome, à Escoiore, par fiillom (Puy-de-Dôme), et à
Cannes (Alpes-BCaritimes), pavillon de la Ferrage.
Fayrb (Camille), [1984], archiviste-paléographe, à Genève (Suisse), rue
Eynard ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n"" 82.
Fatbb (Edouard), [1914], docteur es lettres, à Genève (Suisse), rue Neuve-
du-Manège, n* 3 ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte,
n* 82.
Fayab (Léopold), [1930], associé correspondant de la Société nationale
des Antiquaires de France, à Niort (Deux-Sèvres); correspondant,
M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
Fatollb (marquis Gérard db), [1980], au château de FayoUe, par Tocane-
Saint-Apre (Dordogne); correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue
de Tournon, n*> 6.
FÉLIX, [1760], ^, conseiller à la Conr d'appel de Rouen, rue titoupée,
n* 33, à Rouen (Seine-Inférieure).
Febbt (Vabbé), [1874], curé de Saint-Maurice-Charenton (Seine).
FiBiNO (Roger), [1785], rue de Téhéran, n* 24.
Flagh (Jacques), [1919], membre du Comité des travaux historiques,
professeur au Collège de France, à TÉcole d'architecture et à l'École
des sciences politiques, rue de Berlin, n* 37.
Flayiont (M"*la vicomtesse de), [1449], rue d'Anjou, n* 42.
Flobian (M"* la comtesse Xavier db), [2075], rue Royale, n* 8.
FoNTBNiLLES (db LA RooHB, marquis de), [1436], rue de Villersexel, n* 4.
VovcBÂ (Lucien), [224], à Évreux (Eure); correspondant, M. Gaulon,
libraire, rue de Madame, n* 39.
Fouomè-LBPBLLBTiBB, [1228], ^, ancien député, à Honfleur (Calvados),
Côte-de-GrAce.
FouBNiBB (Alban), [1750], docteur en médecine, à Rambervillers (Vosges);
correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n* 6.
FouBNiBB DB Flaix, [858], villa Brancas, à Sèvres (Seine-et-Oise).
Feaissinbt (Alfred), [1996], gérant de la compagnie Marseillaise de Navi-
gation, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; correspondant, M. H. Laurens,
libraire, rue de Tournon, n* 6.
Fbappibr (Paul), [1682], à Niort (Deux-Sèvres), rue Saint- Jean, n» 83;
correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n* 6.
FniMT, [722], G. 0. ^, ancien gouverneur du Crédit foncier, rue de
Lisbonne, n* 28.
DE LA SOCIÉTÉ. 21
Frbmt (René), [2005], bonleyard Saint-Germain, n* 174.
Fresne (comte Marcellin de), [388], rue de Bellechasse, n* 15.
FRéTEAU DE PéNT (baron) , [2063] , au château de Vaux-le-Pénil, par
Melun (Seine-et-Marne); correspondant, M. Saint- Jorre, libraire, rue
Richelieu, n* 91.
F&iriLLB DE LoRME (Marccl de), [1959], auditeur à la Cour des comptes,
rue Cassette, n* 12.
FaiBS (Charles- Albert), [1648], avenue Karcean, n* 1.
Froissard de Broissia (comte Maxence de), [2011], au château de
Rochefort-sur-le-Beyron, par Aignay-le-Duc (Côte-d'Or).
FnsTEL DE GoxTLANOEs, [1776], 0. ^, membre de l'Institut et du Comité
des travaux historiques, professeur d'histoire à la Faculté des lettres
de Paris, rue de Toumon, n* 29.
Gadoin, [1422], ^, président du tribunal civil de Cosne (Nièyre); corres-
pondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n" 6.
Gallitfet (marquis de), [2074], G. C. ^, général de division, rue Wa-
shington, n* 18.
Galopin (Auguste), [1095], ancien avocat au Conseil d'État et à la Cour
de cassation, aux Ravanx, près Buxy (Saône- et-Loire) ; correspondant,
M. Maurice Godefroy, avocat au Conseil d'État, rue Gounod, n* 9.
Gardissal (Félix), [1810], avocat, rue de la Victoire, n* 65.
Gaultry (Paul), [1605], notaire, à Fontainebleau (Seine-et-Marne).
Gautier (Léon), [1798], ^, membre de l'Institut et du Comité des
travaux historiques, professeur à l'École nationale des chartes, secré-
taire des Archives nationales, rue Yavin, n* 8.
Géuneau, [2103], docteur en médecine, rue d'Aumale, n* 15.
Genesteix (François-Emmanuel), [2058], rue Montgautier, n*" 8, à Poitiers
(Vienne) ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n"* 82.
Genève {Bibliothèque publique de la ville de), [1821], représentée par
M. Gas, conservateur; correspondant, M. Delagrave, libraire, rue Souf-
flet, n» 15.
Gborge-Lemaire, [2147], 0. ^, conseiller à la Cour de cassation, rue du
Vieux-Colombier, n* 18.
Gerbidon (Émile-Victor), [810], O. ^, ancien chef de bureau au minis-
tère de la Marine, rue Dumont-d'Urville, n* 16.
Germain (Henri), [2095], membre de Tlnstitut, rue du Faubourg-Saint-
Honoré, n* 89.
Germon (Louis de), [2007], au château de Labatut, par Maubourguet
(Hautes-Pyrénées) ; correspondant, M. le vicomte Bégouën, place Saint-
François-Xavier, n' 10.
Giraud (Paul), [2034], conseiller à la Cour d'appel de Lyon, à Lyon (Rhône),
quai d'Occident, n* 1.
GiRAUDSAu (Ambroise), [1965], boulevard Malesherbes, n* 75.
22 LISTE DES MEMBRES
Glandaz (Albert), [1324], avocat à la Goor d'appel de Paris, rue du Fau-
bourg- Sain t-Honoré, n* 103.
GoDiMAT (Eugène), [1947], docteur en médecine, à Ghàteauroux (Indre);
correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n* 6.
GoMBL (Charles), [1025], ^, ancien maître des requêtes au Conseil d'État,
rue de la Vilie-rÉvôque, n* 1.
GoNSB (Raphaël), [1310], O. ^, directeur au ministère delà Justice, à Ver-
sailles (Seine-et-Oise), rue Montebello, n* 25.
GoNTAUT-BiRON. (comtc Théodore de), [2061J, rue de Varenne, n* 45.
GoooET (Eugène), [1518], artiste dramatique, secrétaire de TAssociation de
secours des Artistes dramatiques, rue de Lancry, n* 17.
CroupiL DE PRÊFELN (Anatolc), [923], ^y chof de bureau honoraire au
ministère des Finances, rue des Mathurins, n* 30.
GouBJAULT (comte Oliyier de), [1969], à Mézières (Ardennes); correspon-
dant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
Grandeau, [1671], !j^, doyen honoraire de la Faculté des sciences de Nancy,
à Nancy (Meurthe-et-Moselle); correspondant, M. Louis Grandeau,
boulevard Saint-Germain, n* 155.
Gbandidier (Ernest), [1094], ^, rue du Faubourg-Saint-Honoré, n* 27.
Grenoble {Bibliothèque de la ville de), [948], représentée par M. Mai-
gnien, bibliothécaire; correspondant, M. Chossonnery, libraire, quai
des Grands-Augustins , n* 47.
Grenoble [Bibliothèque universitaire de), [1976], représentée par
M. Callamand, conservateur; correspondant, M. Picard, libraire, rue
Bonaparte, n* 82.
Grimbert, [1945], avocat, place d'Armes, à Douai (Nord); correspon-
dant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n* 6.
GuiRARD (M*"* veuve François], [967], à Amiens (Somme), rue Saint-Denis,
n* 26; correspondant. M"* la vicomtesse de Saint-Martin, avenue Vil-
lars, n* 5.
GuiLHiERMOz (Paul), [1994], archiviste-paléographe, sous-bibUothécaire à
la Bibliothèque nationale, quai Voltaire, n* 5.
GxTiLLAUME (Joseph), [2162], élève de l'École nationale des chartes, quai
Bourbon, n* 19.
GuizoT (Guillaume), [1746], ^, professeur au Collège de France, rue de
Monceau, n"* 42.
Halphen (Eugène), [900], avenue Henri-Martin, n<* 69, à Passy-Paris; cor-'
respondant, M. Champion, libraire, quai Voltaire, n* 9.
Hambourg {Bibliothèque de la ville de), [873], représentée par M. Isler;
correspondant, M. Lucas Grafe, libraire, à Hambourg.
Hanquez (Rodolphe], [990], ancien procureur de la République, à Noyon
(Oise) ; correspondant, M. Tourillon, boulevard Malesherbes, n* 19.
Haureau, [1868], G. ^, membre de l'Institut, rue du Buis, n* 1, à
Auteuil-Paris.
DE LA SOCIÉTÉ. 23
Haittb-Garonnb (Àrchit^es du département de la), [2069], représentées
par M. Baudouin, archiviste.
Hautpoul (comte d*), [925] ^ place du Palais-Bonrbon, n* 7.
Hayet (Julien), [1990], archiiiste-paléographe, bibliothécaire à la Biblio-
thèque nationale, me de Sèze, n* 8.
Hathe {Bibliothèque de la ville du), [1193], représentée par M. Bailliard;
correspondant, M. Ghossonnery, libraire, quai des Grands- Augustins,
n«47.
Hennet db Bernoyillb, [1369], ^, conseiller référendaire à la Cour des
comptes, rue de TAbbé-Grégoire, n* 25.
HÉRAULT (Alfred), [1479],conseiller-mattreà la Cour des comptes, ancien
sous-secrétaire d'État au ministère des Finances, rue Pierre-Charron,
n- 1.
HihuGouRT (comte Ch. d'), [1888], ^, consul de France à Stuttgart, au
château de Carrieul, par Souchez (Pas-de-Calais); correspondant,
M. Béconrt, rue de Babylone, n« 48.
HniLT, [1007], O. ^, membre de Tlnstitut, doyen de la Faculté des lettres
de Paris, ayenue de l'Obseryatoire, n"" 23.
HoDOBS, [2172], à Londres; correspondants, MM. Dulau etC'% libraires,
à Londres, Soho Square, n* 37.
HoMicET (Théophile-Paul du), [1847], ancien notaire, au chAteau de la
Chênaie, par Herblay (Seine-et-Oise).
HoRDAiN (Emile dO, [1599], ancien notaire, rue Grange-Batelière, n* 22.
Inoold (le R. P.), [1928], bibliothécaire de TOratoire, rue d'Orsel, n« 49.
Innbr Temple, [2170], à Londres; correspondants, MM. Dulau et C,
libraires, à Londres, Soho Square, n* 37.
IsAAO (Louis), [1903], manufacturier, rue du Puits-Gaillot, n" 1, à Lyon
(Rhône) ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n" 6.
IzARN, [1457], à Éyreux (Eure).
Jameson, [1167], rue de Provence, n* 38.
Janicart de Brouillant (Léonce), [2141], à Bruxelles (Belgique), ayenue
Louise, n"" 118.
Jarrt (Louis), [1892], avocat, membre de la Société archéologique et his-
torique de l'Orléanais, place de l^tape, n* 8, à Orléans (Loiret).
Joinyille (baron de), [1689], ^, inspecteur général des établissements
pénitentiaires, rue de Clichy, n* 4.
JouBERT (André), [1678], boulevard de Saumur, n" 49, à Angers (Maine-
et-Loire), et aux Lutz-de-Daon, près ChÂteau-Gontier (Mayenne).
JouiN, [1846], notaire, à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Inférieure); correspon-
dant, M. H. Laurens, libraire, me de Tournon, n* 6.
JouRDAN, [1860], chef de bureau à la préfecture de la Seine, rue Soufflot,
n- 18. ,
JusTBiï, [2130], libraire, à Londres, Soho Square, n* 37; correspondant,
M. C. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, n* 9.
24 LISTE DES MEMBRES
Kellbr (M"^), [2089], rue de Yarenne, n* 19.
Kbbdrel (Audren db) , [340] , sénateur, rue de runiyersité, n* 9, et au
chÀteau de Saint-Uhel, près Lorient (Morbihan).
KsRMAiNOANT (P. Lafflbub db), [1753], ^, associé correspondant de la
Société nationale des Antiquaires de France, avenue des Champs-Ely-
sées, n*" 102.
Kervtn de Lbttbnhoyb (baron), [799], ^, correspondant de l'Institut,
membre de la Chambre des députés de Belgique, ancien ministre, à
Saint-Michel, par Bruges (Belgique).
Labittb (M"' Adolphe), [1329], ]yi)raire de la Bibliothèque nationale, rue
de Lille, n* 4.
Labordb (marquis Joseph db), [1360], membre du Comité des travaux
historiques, rue d'Anjou, n* 8.
La Border» (Arthur de), [1 198], ancien député, correspondant de l'Ins-
titut, à Vitré (Ille-et-Yilaine); correspondant, M. Léopold Delisle, rue
des Petits-Champs, n* 8.
La Caille, [2018], ^, ancien magistrat, boulevard Malesherbes, n* 50.
Lagaillb (Henri), [2142], boulevard Malesherbes, n* 68.
La Caze (Louis), [1494], sénateur, rue de Grenelle, n" 107.
La Chaise (Eugène-A.), [2073], rue Lincoln, n* 9.
Lachenal, [1739], ^, receveur particulier des finances à Brioude (Haute-
Loire) ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
Lagombe (H. de), [1508], rue Croix-de-Malte, n* 1, à Orléans (Loiret).
La Coste (Camille-Robert Frottier, marquis de), [2122], au château des
Oulches, par Melle (Deux-Sèvres).
Lafaroub (Ch.), [1409], ^, ancien conseiller de préfecture, à Albi (Tam-
et-Garonne) ; correspondant, M. P. Dupont, rue Jean-Jacques-Rousseau,
n*41.
La Ferriàrb-Perct (comte H. de), [1080], ^, rue Matignon, n« 19, et
au château de Ronfeugerai, près Athis (Orne).
La Ferronnays (M"* la comtesse de), [1358], membre de la Société des
Bibliophiles français, avenue du Cours-la-Reine, n* 34.
Laouerrb (Léon), [790], avocat, docteur en droit, rue de Copenhague, n* 10.
LAm (Jules), [1283], ^, archiviste-paléographe, directeur de la compagnie
des Entrepôts et Magasins généraux, place de TOurcq, boulevard de
la Villette, n* 204.
LAiSNi (Henri), [1521], conseiller à la Cour d'appel de Rennes, à Rennes
(Ille-et-Vilaine).
Lalanne (Ludovic), [8*22], membre du Comité des travaux historiques,
sous-bibliothécaire de l'Institut, rue de Coudé, n* 14.
Laloy, [1932], docteur en médecine, rue des Pyrénées, n" 383, à Belle ville-
Paris.
La MoRANDiàRE (Gabriel de), [2017], rue Bayart, n* 4; correspondant,
M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n" 82.
DE LA SOCIÉTÉ. 25
Lanibr, [1935], professeur d'histoire au lycée Janson de Saiily, rue
Boissière, n* 59, à Passy-Paris.
Lanjuinais (comte db), [1653], dépoté, rue Gambon, n* 31.
Labmag (Julien), [1529], ^, avocat à 'la Cour d'appel de Paris, rue du
Cirque, n* 8.
La Roghe-Athon (M"* la comtesse de), [2160], rue de Varenne, n* 52 bis,
La Roohefot7Gàuld (comte Aimery db), [1949], rue de l'Université, n* 93.
liAsavB (baron Marc db), [1195], boulevard Malesherbes, n* 57.
La. TRiMOÏLLB (duc de), [1196], avenue Gabriel, n« 4.
Lau (marquis du), [2077], rue des Petits-Champs, n" 99.
Latjbbspin (comte Léonel de), [1866], sénateur, rue de l'Université, n* 76.
Laueens (H.), [2124], libraire, rue de Toumon, n* 6.
Laval {Bibliothèque de la ville de), [1852], représentée par M. D. Œhlert,
conservateur.
Lavisse (Ernest], [1582], ^, maître de conférences à l'École normale
supérieure et professeur d'histoire à la Faculté des lettres de Paris,
rue Médicis, n« 5.
LEBiaRE-BEAURBPAiRB, [714], uotaire, à Lille (Nord), rue Nationale; cor-
respondant, M.'AIlouard, libraire, rue Séguier, n" 3.
Le Blano (Paul), [814 1, à Brioude (Haute-Loire); correspondant, M. H.
Mosnier, à l'Imprimerie nationale.
Lb BomisiLUEE (Georges), [1613], notaire, à Caen (Calvados), place Saint-
Sauveur, n* 19.
Lboestrb (Léon), [2112], archiviste aux Archives nationales, rued'Arcole,
n* 3.
Leghevauer (Emile), [1999], libraire, à la Librairie historique des pro-
vinces, quai des Grands-Augustins, n"* 39.
Lbglerg, [1890], i^, notaire, rue de Paris, n* 49, à Charenton-le-Pont
(Seine).
Lbgointre (Pierre), [1498], au cliâteau de Grillemont (Indre-et-Loire);
correspondant, M. A. de Barthélémy, ^, rue d'Anjou, n* 9.
Ledain (Bélisaire), [1537], rue Neuve-de-la-Baume, n« 1, à Poitiers
(Vienne).
Ledru (l'abbé Ambroise), [1918], à Issy (Seine), allée des Citeaux, n« 9.
Lefbbvre (Charles), [2004], professeur à la Faculté de droit de Paris,
boulevard Saint-Michel, n" 89.
Lbfebvrb db Yibfvillb (Louis), [1555J, rue de Rivoli, n* 240.
Lefàvrb-Pontalis (Amédée), [1795], ancien député, rue Montalivet,
n* 3, et au château d'Aulnaie, par Châteaudun (Eure-et-Loir).
Lefètrb-Pontalis (Germain), [2019], archiviste-paléographe, attaché au
ministère des Affaires étrangères, rue des Mathurins, n* 3.
Leffembero (baron de), G. O. i^, [1978], ancien procureur général à la
Cour d'appel de Paris, rue de Bourgogne, n** 43.
26 LISTE DBS MEMBRES
Lefort, [1263], ^, associé correspondant de la Société nationale des Anti-*
quaires de France, rue de Condé/ n** 5.
LfiOBEixE, [1975], docteur es lettres, rue Neuve , n* ti, à Versailles
(Seine-et-Oise).
Lelono (Eugène), [2085], archiviste aux Archives nationales, rue Monge,
n» 59.
Lblono (Julien), [2104],notaire, à Chartres (Eure-et-Loir); correspondant,
M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n* 6.
Lbloup db Sangt, [1373], ^, ancien auditeur au Conseil d'État, boule-
vard Haussmann, n* 105.
Lehairb (Arthur), [2066], rue de Rome, n" 35.
LEMBRaBR (comte Anatole), [756], ancien député, rue de l'Université,
n- 18.
Lbmirb (Paui-Noel), [1679], à Pont-de-Poitte (Jura); correspondant,
M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n* 6.
Lemonnier (Henri), [1388], ^, archiviste-paléographe, docteur es lettres
et en droit, professeur d'histoire au lycée Saint-Louis et à l^cole des
beaux-arts, boulevard Saint-Germain, n" 15.
Lesbioneur (Edouard), [1850], à Conty (Somme); correspondant, M. H. Lau-
rens, libraire, rue de Tournon, n" 6.
Lesieur (Paul), [1567], ^, docteur en droit, avocat, boulevard de Magenta,
n* 116.
Le Sourd, [1836], ^, docteur en médecine, rue Soufflot, n» 15.
LBVAssEim ÇÉmile), [1364], O. ^, m^nbre de l'Institut, professeur au Col-
lège de France et au Conservatoire des Arts et métiers, président de
section au Comité des travaux historiques, rue Monsieur-le-Prince,
n* 26.
LÉvT (Raphaâ-Georges), [1808], rue de Courcelles, n* 80.
L'Hbraule (Tristan de), [1557], ^, ancien officier de cavalerie, place
de la Carrière, n* 27, à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
L'Hôpital, [1028], 0. ^y ancien conseiller d'État, directeur de la Compa-
gnie d'assurances la Nationale, rue du Quatre-Septembre, n" 18.
LiBFFROT (Aimé), [1862], rue Neuve, à Besançon (Doubs).
LiBUTAUD, [1684], bibliothécaire de la ville de Marseille.
Lille (Bibliothèque de l'Institut catholique de), [1854], représentée par
Mgr Hautecœur, recteur, à Lille, rue Royale, n« 70; correspondant,
M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n** 82.
Lille (Bibliothèque universitaire de), [2079] ; correspondant, M. Pedone
Lauriel, libraire, rue Soufflot^ n* 13.
Limoges (Bibliothèque communale de la vUlede), [1908], représentée par
M. Leymarie, bil^liothécaire.
LoNGNON (Auguste), [1347], ^, membre de l'Institut, du Comité des
travaux historiques et de la Société nationale des Antiquaires de
DB LA SOCIÉTÉ. 27
France, sous-chef de section anx Archives nationales, directeur à TÉcole
des hautes études, boulevard des Invalides, n* 34.
LoNouBBUB (Roger db], [1558], rue de Grenelle, n* 75.
LoRAT (marquis de), [1658], rue Christophe-Colomb, n* 4, et au chAteau
de Cléron, près Omans (Doubs).
LoRMiBR (Charles), [1340], avocat, rue Racine, n* 15, à Rouen (Seine-
Inférieure). ,
Louis-Lucas (Paul), [1970], agrégé à la Faculté de droit, à Dijon (Côte-
d'Or), boulevard Camot, n* 5.
LouvAiN (Universiié catholique de), [812], représentée par M. Reusens,
bibliothécaire.
LouvEL (Georges), [1820], sous-préfet, à Saintes (Charente-Inférieure);
correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n" 6.
LouvRiBR DB Lajolais (A.), [859], ^, quai Bourbon, n* 19.
LuBOMiRSKi (prince), [2027J, rue Portalis^ n' 14.
Lucas (Charles), [1556], architecte attaché aux travaux de la ville de
Paris, boulevard de Denain, n" 8.
LuçAT (comte db), [1308], ^, ancien maître des requêtes au Conseil
d'État, membre du Comité des travaux historiques, associé corres-
pondant de la Société nationale des Antiquaires de France, rue de
Yarenne, n* 90, et au château de Saint-Agnan, par Mouy (Oise).
LuGB (Siméon), [1511], ^, membre de l'Institut et du Comité des tra-
vaux historiques, professeur à l'École nationale des chartes, chef de
la section historique aux Archives nationales, boulevard Saint-Michel,
m 95.
LuxBicBouRO (Bibliothèque du palais du), [956], représentée par
M. Choëcki, 0. ^, bibliothécaire; correspondant, M. Pedone Lauriel,
libraire, rue Soufflot, n« 13.
Lton (Bibliothèque de V Institut catholique de), [1851], représentée
par M. Eugène L^^tard, doyen, rue du Plat, n" 25 ; correspondant,
M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n** 6.
Lton [Bibliothèque universitaire de), [1998]; correspondant, M. Picard,
libraire, rue Bonaparte, n* 82.
Mackau (baron de), [1764], député, avenue d'Antin, n? 22.
Maoihbl (Edmond), [2128], ^, quai d'Orsay, n« 11.
Magimbl (René), [2108], rue de Berlin, n» 40.
IfAONB (Napoléon), [2165], sous-Ueutenant au 14* régiment de dragons,
avenue Montaigne, n" 31.
Maillé (M"« la duchesse db), [914], rue de Lille, n* 119.
Mallet (baron), [2039], ^, régent de la Banque de France, rue d'An-
jou, n» 35.
Mallet (Edouard), [1234], boulevard Malesherbes, n* 24.
Manneville (Henri de), [2120], archiviste -paléographe, attaché au
ministère des Affaires étrangères, rue d'Anjou, n* 22.
28 LISTE DBS MEMBRES
Mannixr, [1530] 9 ancien notaire, associé correspondant de la Société
nationale des Antiquaires de France, me de TUniversité, n" 8.
Mans {Bibliothèque de la ville du), [1696], représentée par M. F. Gaé-
rin, conservateur.
Mantes {Bibliothèqw de la ville de), [1295], représentée par M. Petit,
bibliotliécaire.
Marcel (Eugène), [1209], au cliâteaudes Ardennes-Saint-Louis, parMon-
tiYilliers (Seine-Inférieure); correspondant, M. fl. Laurens, libraire, ^
rue de Tournon, n* 6.
Marœllt (Charles); [1472], rue d'Assas, n« 78.
Mareusb (Edgar), [1902], boulevard Haussmann, n* 81.
Marort (Pierre), [1694], ^, ancien chef adjoint aux archives de la
Marine, rue l'Ecluse, n* 9, à Batlgnolles-Paris.
Maroubrib (René), [1664], maître des requêtes au Conseil d'État, cité
Martignac, n" 6.
Marin-Darbel (Victor), [1878], ^, oiBcier de marine, à Fontainebleau
(Seine-et-Marne), rue du Chemin-de-Fer, n* 28.
Marine {Bibliothèque centrale du ministère de la), [1102], représentée
par M. Durassier, ^, bibliothécaire, rue Royale, n" 2; correspondant,
M. Challamel aîné, libraire, rue Jacob, n* 5.
Marmibr (G.), [1312], ^, capitaine du génie, conseiller général de la
Dordogne, rue de Noailles, n* 2, à Versailles (Seine-et-Oise).
MàRST (comte de), [1378], associé correspondant de la Société nationale
des Antiquaires de France, à Paris, rue Pigalle, n* 22.
Martin (William), [1627], avenue Hoche, n» 13.
Martrot (vicomte du), [1023], C. ^, ancien président de section au Conseil
d'État, rue de Solferino, n* 6.
Martt-Laybaux (Charles), [780], ^, membre du Comité des travaux his-
toriques, rue de Passy, n" 75, à Passy-Paris.
Mas Latrie (comte Louis de), [289], O. ^, membre de l'Institut et du
Comité des travaux historiques, chef de section honoraire aux Archives
nationales, professeur honoraire à l'École nationale des chartes, bou-
levard Saint-Germain, n« 229.
MASSihvA (Victorin), duc de Riyou, [1131], ^, ancien député, rue Jean-
Goujon, n" 8.
Mataorin (René), [1595], à Melun (Seine-et-Marne), rue des Fossés, n* 7.
Matharel (Victor de), [1675], ^, conseiller référendaire à la Cour des
comptes, boulevard Malesherbes, n« 137.
Mathevon (Octave), [2131], avocat à la Cour d'appel de Lyon, rue des
Quatre-Maisons, n" 4, à Lyon (Rhône).
Maulde (René de), [2022], archiviste-paléographe, ancien sous-préfet,
boulevard Raspail, n* 10, et au château de Flotm, par Boiscommun
(Loiret).
Maurt (Alfred), [1553], C. ^, membre de llnstitut, professeur au Collège
DK LA SOCIÉTÉ. 29
de France^ directeur général honoraire des ArcfaiTes nationales, yice-
président de section an Comité des travaux historiques, me de Gondé,
n» 12.
IffAussABRé (comte db], [2021], au ch&teau de Puy-Barbeau, par Sainte-
Sévère (Indre).
Mâzarink {Bibliothèque) f [33], représentée par M. Franklin, ^, adminis-
trateur, quai Conti, n* 21 ; correspondants, MM. Sandoz et Fischba-
cher, libraires, rue de Seine, n* 33.
Mbaux (vicomte db), [1623], ancien ministre, rue du Bac, n"* 40.
Mbinadur (Albert), [1985], rue de Prony, n* 53.
MALT (F. db), [2096], boulevard Haussmann, n* 186; correspondant,
M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n" 82.
Mbunibr (Alfred), [1657 1, à Chantilly (Oise).
Meunibr du Houssot, [1639], attaché d'ambassade, rue de Prony, n*" 22.
MéviL (M"* veuve), [651], à Viéville, parVignory (Haute-Marne).
Mbtbb (Paul), [1446], ^, membre de l'Institut et du Comité des travaux
historiques, professeur au Collège de France, directeur de TÉcole natio-
nale des chartes, rue Boulainvilliers, n" 26, à Passy-Paris.
Mbtnial (l'abbé), [2159], professeur au collège Stanislas, rue d'Assas,
n» 33.
Midi db la Frangb {Société archéologique du) y [2158], à Toulouse
(Haute-Garonne); correspondant, M. Privât, libraire, à Toulouse, rue
des Tourneurs, n« 45.
MiB (Isidore), [1718], à Montpellier, cours des Casernes, n* 25.
MiLLOT (Albert), [1440], avenue des Champs-Elysées, n* 117.
MiNOBBT (René), [2099], à Roujon, par Beaumont-de-Lomagne (Tam-et-
Garonne), et à Paris, rue de l'Échelle, n* 7.
MiRBPOix (duc db), [2137], au château de Léran (Ariège).
MiTANTiBH (Edmond), [1887], ancien notaire, rue de l'Hôtel-de- Ville,
n* 38, à Troyes (Aube); correspondant, M. Saint-Denis, libraire, quai
Voltaire, n* 27.
MoLAND (Louis), [1551], avenue du Maine, n* 10.
MoLiNiBR (Auguste), [2098], archiviste-paléographe, conservateur à la
bibliothèque Sainte-Geneviève, quai Bourbon, n" 53.
MoNOD (Alfred), [2161], 0. ^, conseiller à la Cour de cassation, à
Neuilly (Seine), rue Jacques-Dulud, n" 39.
MoNOD (Gabriel), [1566], ^, directeur à l'École des hautes études, maître
de conférences à l'École normale supérieure, membre du Comité des
travaux historiques, rue du Parc-de-Clagny, n"" 18 bis, à Versailles
(Seine-et-Oise).
MoNOD (Henri), [2132], ^, directeur au ministère de l'Intérieur, rue
Weber, n» 15.
Monstibrs-Mbhinyillb (marquis des), [1989], rue de l'Université, n« 119,
et an château du Fraisse, par Bellac (Haute-Vienne).
30 LISTE DES MEMBRES
MoNTAiOLON. (Anatole db), [1478] , i^, professeur à l'École nationale des
chartes, membre dn Comité des trayanx historiques et de la Société
nationale des Antiquaires de France, place Royale, n* 9.
Mo2iTALrm (Georges db), [1805], me Roqu^ine, n* 14.
MoMTBBBLLO (comtc Adrien db), [1690], i^, avenue de l'Aima, n* 1.
MoMTBBBLLO (comtc GustaYc db), [1731], O. ^j ambassadeur à Constan-
tinople, rue François I", n** 11.
Momtbsquioo-Fezbnsac (duc db), [1549], me de la Baume, n* 5.
MoMTPBLUBR {BibUothèçue umvenitaire de), [2045], représentée par
M. Fécamp, bibliothécaire; correspondant, M. Lemoigne, libraire, me
Bonaparte, n* 12.
MoRANTiLLé, [1046], ancien directeur des Magasins et Entrepôts de Paris,
bouleyard Pereire, n« 112.
MoRNAT-SouLT DB Dalmatie (comte db), [1267], O. ^, lieutenant-colonel
an 18* régiment de chasseurs, à Épinal (Vosges); correspondant,
M. Alex. Richardière, avenue de l'Opéra, n* 4.
MosBOURo (comte db), [1910], G. ^, ministre plénipotentiaire, quai Vol-
taire, n* 9.
MouGHT (duc db), [1539], ^, député, rue de Gonstantine, n* 19, et au
château de Mouchy-le-Ghâtel, par Mouy (Oise).
Moulins {Bibliothèque de la ville de), [1365], représentée par M. Béca-
nier, bibliothécaire.
MouuNs (Bibliothèque de Vordre des avocats de), [1504] , représentée
par M. Boyron, trésorier du barreau de Moulins; correspondant,
M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 13.
MuTBAu (Charles), [906], ^, ancien conseiller à la Cour d'appel de Dijon,
avenue Matignon, n* 11.
Nadaillac (marquis db), [864], ^, correspondant de l'Institut, ancien
préfet, rue Duphot, n* 18.
Nadaillac (comte Bertrand db), [1921] , me de Monceau, n« 91.
Nancy {Bibliothèque de la ville de), [850], représentée par M. Favier,
conservateur.
Nancy {Bibliothèque universitaire de), [2062], représentée par M. le
D' Neiter; correspondant, M. Berger- Le vrault, libraire, me des Beaux-
Arts, n* 5.
Naurois (Albert de), [1924], rae Duphot, n« 18.
Nbrvo (baron Robert de), [1736], rae de Marignan, n* 25.
Neufuzb (M"* la baronne db), [1152], rae de Phalsboorg, n* 15.
Nbymaeck (Alfred), [2024], ^, rué Vignon, n* 18.
NiCJABD (Pol), [288], bibliothécaire-archiviste de la Société nationale des
Antiquaires de France, rae de Sèvres, n" 38.
NiGOLAY (marquis de), [1889], rue Saint-Dominique, n* 35.
Nigolay (comte Antoine de), [2175], rae de Lille, n" 80.
NoAiLLBS (marquis db), [1506J, G. 0. ^, ancien ambassadeur, rue Casi-
mir-Périer, n» 5.
DE LA SOCIÉTÉ. 31
NoBL (OcUve), [1562], ^, rue de rUniyersité, n» 70 Ms.
NOLLKVAL (Alfred), [Ï857], rue du Mont-Thabor, nr 8.
NouLENS, [1415], à Condom (Gers), et à Paris, rue Miroménil, n* 15.
Odiot (Ernest), [1178], rue Duphot, n* 29.
Omont (Henri), [1992], archiviste -paléographe, membre de la Société
nationale des Antiquaires de France, sous-bibliothécaire à la Biblio-
thèque nationale, rue Raynouard, n* 30, à Passy-Paris.
Orford (comte n'), [1417], Wolterton-Park, Aylsham, Norfolk; correspon-
dants, MM. Hallet, banquiers, rue d'Anjou, n* 35.
Orléans (Bibliothèque de la ville d'), [2100], représentée par M. Loise-
leur, ^, bibliothécaire; correspondants, MM. Belhatte et Thomas,
libraires, rne Monsienr-le-Prince, n* 14.
OsMONT (comte d), [1967], boulevard Maillot, n* 52, à Neuilly (Seine).
Pages du Port, [2071], avocat à la Gonr d'appel de Paris, rue Demours,
n" 7, et au château du Porl-Tournepique, par Albas (Lot).
Paillard-Duglsrb, [2048], député, boulevard Haussmann, n* 96.
Pangb (marquis db), [2010], ^, chef d'escadron d'artillerie, attaché
militaire adjoint à l'ambassade de France à Vienne; correspondant,
M. Champion, libraire, quai Voltaire, n* 9.
Panob (comte Maurice db), [1906], rue de Lisbonne, n« 53; correspon-
dant, M. Champion, libraire, quai Voltaire, n* 9.
Parbnt qe Rosan (Charles-Félix), [815], route de Versailles, n* 122, villa
de la Réunion, n** 3, à Auteuil-Paris.
Paris (Monsieur le comte db), [2013]; correspondant, M. le capitaine
Morhain, avenue Victor-Uugo, n* 44.
Paris (Gaston), [1667], O. ^, membre de l'Institut, professeur au Collège
de France, président de section à l'École des hautes études, vice-prési-
dent de section au Comité des travaux historiques, rue du Bac, n* 110.
Paris {Biblioihèqu^ de. la Faculté de droit de), [1883], représentée par
M. Paul Viollet, membre de l'InsUtut, bibliothécaire-archiviste.
Paris {Bibliothèque de la ville de), [135], représentée par M. Jules
Cousin, ^, bibliothécaire, au musée Carnavalet, rue Sévigné ; corres-
pondant, M. Champion, libraire, quai Voltaire, n* 9.
Pascal (Alfred), [1134], licencié en droit, chef de bureau en retraite, rue
Desbordes-Valmore, n* 27, à Passy-Paris.
Pasgaus, [1026], O. ^, ancien conseiller d'État, rue de l'Université,
n» 74.
Pasgaud (Edgar), [1755], rue Porte-Jaune, à Bourges (Cher) ; correspon-
dant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n* 6.
Passt (Edgard), [1536], ancien secrétaire d'ambassade, avenue de Mes-
sine, n» 27.
Passt (Louis), [1708], député, ancien sous-secrétaire d'ÉUt, secrétaire
perpétuel de la Société nationale d'agriculture, membre de la Société
nationale des Antiquaires de France, rue de Clichy, n* 45.
32 LISTE DES MEMBfiES
Patat, [1927], médecin adjoint à l'HAtel-Di^a d'Orléans, membre de la
Société archéologiqne et historique de rorléanais, à Orléans (Loiret),
roe des Grands-Ciseaux, n* 13.
Patubxau (Josepli), [1958], ancien maire de la Tille de Châteanronx,
place Lafayette, à ChAteauroux (Indre); correspondant, M. Gillier,
libraire, rue Bonaparte, n* 8.
Pau {Bibliothèçue de la ville dé), [1592), représentée par M. Soulice,
bibliothécaire ; correspondant, M. Thorin, libraire, me Médicis, n* 7.
PAumBa, [1625], pasteur de l'Église réformée, rue de lUniTersité, n* 74.
Pbgoijl (Auguste), [1217], archiviste-paléographe, associé correspondant
de la Société nationale des Antiquaires de France, avenue Montaigne,
n* 51, et au chAteau de Yilliers, à Draydl (Seine^IrOise) ; correspon-
dant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
Piussisn (Léon), [2000], anden membre de l'École francise de Rome,
professeur à la Faculté des lettres, à Montpellier (Hérault), rue Bar-
thés, n* 6.
Pbrrxt, [1093], O. ^, anden consdller d'État, rue François I*, n* 6.
PxRRST (Michel), [2134], archiviste-paléographe, auxiliaire de l'Institut,
boulevard des Capucines, n* 19.
Pbraot db Chazbllb (M** la comtesse sb), [1925], à Précj-sons-Thil
(Côte-d'Or).
Pfbiffbr, [1749], banquier, boulevard Malesherbes, n" 95.
Phiuppon (Georges), [2107], archiviste-paléographe, an château de
Mazargnes, près Marseille (Bouches-du-Rh6ne).
Put (Albert), [1655], ^, fondeur-mécanicien, me Saint-Maur-Popin-
court, n» 85.
PiOABD (Alexandre), [924], ^, chef de bureau au ministère des Finances,
me de Lille, n* 37.
PiOABO (Alphonse), [1766], libraire, rue Bonaparte, n* 82.
PiooT (François), [2030], boulevard Malesherbes, n* 88.
PiooT (Georges), [1435], membre de Tlnstitut et du Comité des travaux
historiques, rue Pigalle, n* 54.
PiBRRBT, [2086], sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, rae
d'Amsterdam, n* 72.
PioBONNBAu, [1654], ^, professeur adjoint à la Faculté des lettres de
Paris, professeur à l'École libre des sciences politiques et à l'École
des hautes études commerdales, rue Lafontaine, n" 110, à Auteuil-
Paris.
PiLLBT-WiLL (comte F.), [1983], ^, régent de la Banque de France, rue
de Monceau, n* 55.
PiicoDAN (marquis db), [2016], rue de l'Université, n* 98.
PiNAUT (l'abbé Jules), [1938], curé de Chevilly (Seine).
PiNOAUD (Léonce), [1565], professeur d'histoire à la Faculté des lettres de
DE LA SOCIÉTÉ. 33
Besançon, à Besançon (Doobs), rne Saint- Vincent, n* 17; correspon-
dant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n"* 6.
P1SAN90N (Claude-Henri dbla Croix db CnsTRiiBB, marquis db), [56Cy,
au château de Pisançon, par Bourg-de-Péage (Drôme).
P0DBNA8 (marquis us), [2076], rue Fortin, n« 4.
PomsjBK (Bdmoud), [1424], avoué honoraire, à Château-Thierry (Aisne);
correspondant, M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 13.
P01TIBR8 {Bibliothèqite universitaire de), représentée par M. Girardin,
bibliothécaire, [2094] ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de
Toumon, n"* 6.
PoPBLUf (Claudius), [2047], ^, rne de Téhéran, n« 7.
PouMBAU DB Lafforbst (Louls), [1564], rue BoussairoUes, n* 7, à Mont-
pellier (Hérault).
Pradbl-Vbrnbzobrb (C), [1355], membre de la Société française d'archéo-
logie, à Toulouse (Haute-Garonne), rue Pargaminière, n* 66.
pRAROND (Ernest), [1608], président de la Société d'émulation d'Abbeville
(Somme) ; à Paris, rue de Tournon, n« 14.
PRiivosT (Gustave), [1955], ancien magistrat, me de la Banque, n* 2, à
Éyreux (Eure).
Prost (Auguste), [1497], ^, membre de la Société nationale des Anti-
quaires de France, bouie?ard Malesherbes, n* 19.
PuTMAioRB (comte Théodore db), [587], associé correspondant de la
Société nationale des Antiquaires de France, me de l'Université, n" 17.
QuBuz DB Saint-Hilairb (marquis db), [1835], me Soufflet, n* 3, et au
château de Saint-Hllaire, par Soubize (Charente-Inférieure).
Raoubnbt (Octave), [1804], archiviste -paléographe, au château de Sou-
laires, près Orléans (Loiret) ; correspondant, M. Broussois, me Dupuy-
tren, n* 4.
Rambutbau (comte db), [2043], 0. ^, ancien conseiller d'État, me
Barbet-de-Jouy, n« 32.
Rasillt (marquis db), [1161], au château de Beaumont, par Saint-
Pierre-le-Moutier (Nièvre).
Rattibr (Léon), [1274], au château de Jandlieurs (Meuse) ; correspondant,
M. Coccoz, libraire, rue Montfaucon, n« 5.
Ratnaud (Gaston), [1900], archiviste-paléographe, sous-bibliothécaire à
la Bibliothèque nationale, rue de Saint-Pétersbourg, n"* 2.
Rbad (Charles), [877], ^, ancien chef de la section des Travaux histo-
riques, archives et bibliothèques de la ville de Paris, membre de la
Société nationale des Antiquaires de France, boulevard Saint-Germain,
n» 2.
RioAMiBR (Etienne), [1797], avocat à la Cour d'appel de Paris, me du
Regard, n* 1.
RiaiPOM, [2049], député, me Bassano, n" 39.
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 3
34 LISTB DKS MEMBRES
RnTX (Henri), [1367], esq., secrétaire dn Conseil privé de S. M. Britan-
niqae, rédacteur principal de VEdinburgh Review, n* 62« Rutland-Gate,
Hyde^Park, à Londres ; correspondanti M. Cb. Gavard, ancien ministre
plénipotentiaire, rue de RiToli, n* 252.
Rbiffbmbbro (baron Frédéric db), [1778], au pavillon de Millon-la-Gba-
pelle, par Obevreuse (Seine-et-Oise).
Rbiics (Bibliothèque de la ville de), [^135], représentée par M. Courmeaux,
bibliotbêcaire ; correspondant, M. Michaud, libraire, à Reims (Marne).
Rbiset (comte db), [655], O. ^, ancien ministre plénipotentiaire^ an chA«
teau du Breuil, par Dreux (Eure-et-Loir).
Rbnabd (le major), [1907], commandant de TÉcole de guerre de Bel*
gique, à Bruxelles.
Rbnabdbt, [1709], professeur à la Faculté de droit de Dijon (Gôte-d'Or) ;
correspondant, M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 13.
Rbnnbs {Bibliothèque universitaire de), [1346] , représentée par M. Dubuls-
son; correspondant, M. Le Soudier, librabre, boulevard Saint-Germain,
n» 174.
Rbnnbs {Bibliothèque de la ville de), [1956], représentée par M. Vétault,
bibliotbêcaire; correspondant, M. TriboulUet, employé au ministère
de l'instruction publique.
Rbpoux, [1789], à la Perrière, par Anost (SaAne-et-Loure); correspondant,
M. Lbomme, rue de Pbalsbourg, n* 6.
RiGHA&D (Max), [2029], O. ^, ancien député, à Angers (Maine-et-Loire),
et à Paris, avenue Montaigne, n« 85.
RiGHon (Gabriel), [1864] , archiviste - paléograpbe , conservateur de la
bibliothèque de la Cour de cassation, au Palais-de-Justice, quai de
rflorloge.
RiSTBLBUBBR (Paul), [1451], me de la Douane, n" 7, à Strasbourg.
RrvAiN (Camille), [2101], archiviste aux Archives nationales, rue des
Francs-Bourgeois, n* 60.
Robin (Armand), [1646], rue du Parc, à Cognac (Charente); correspon-
dant, M. Keller, rue de Chevreuse, n* 4.
RocHB (Paul), [1979], avoué à la Cour d'appel de Paris, me Sainte-Anne,
n» 10.
RooQUAiN (Félix), [2031], ^, chef de la Section administrative et domaniale
aux Archives nationales, rue Yaneau, nM5.
ROBSSLBR (Charles), [2057], rue de la Bourse, n* 3, au Havre (Seine-Infé-
rieure).
RoLUN, [1896], préfet des études au collège Rollln, avenue Tmdaine,
n* 12.
Roman (Joseph), [1800], associé correspondant de la Société nationale des
Antiquaires de France, correspondant du ministère de l'Instruction
publique, rue Blanche, n*> 75, et au chAteau de Picomtal, près Embrun
(Hautes-Alpes) ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
Rothschild (baron AIpho9se db), [1214], C. ^, rue Saint-Florentin, n* 2.
DE LA âOClETÉ. 35
Rothschild (baron Bdmond db), [1183], rae do Fanbourg-Saiat-itoooré,
H* 41.
Rothschild (baron Gnstaye db), [1213], i^, me Laf&tte, n* 23.
Rothschild (baronne James db), [1962], avenne de Friedland, n" 38.
RoTT (Edouard), [1946], secrétaire de la légation soisse, rne Pierre-
Charron, n* 53-, correspondant, H. Picard, libraire, rne Bonaparte,
n» 82.
RoxjBN (Biblioihèque de la Cour d'appel de), [1884], représentée par M. le
conseiller Pain, à la questure de la Cour, à Rouen (Seine-Inférieure).
RouBN {Bibliothèque de la ville de), [2012], représenta par M. Eugène
Noël, bibliothécaire, à Rouen (Seine- Inférieure).
RoussioNi, [1033], i^, rne Bayart, n* 6.
Roux (Agricol), [2044], notaire, membre de l'Académie de Yaucluse et de
la Société française d'archéologie, à Cavaillon (Yaucluse) ; correspon-
« dant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n" 82.
Rot (Jules), [1831], professeur à l'École nationale ttes chartes, maître de
conférences à l'École pratique des hautes études, rue Spontini, n* 9, à
Passy-Paris.
Rot (Maurice), [2008], rue de Yillersexel, n* 4.
RoziiRB (Eugène db), [174*7], 0. ^, sénateur, membre de l'Institut, du
Comité des travaux historiques et de la Société nationale des Anti-
quaires de France, rue Lincoln, n* 8.
RuBLB (baron Alphonse db), [1190], rue Cambon, n* 43.
Sabatibb (Maurice), [1812], avocat au Conseil d'État et à la Cour de cas-
sation, rue Saint-Simon, n* 2.
Saintb-Aulairb (marquis db), [1580], 0. i^, ancien député, rue de Paris^
n" 22, à Périguenx (Dordogne).
SiJNTB-GBifBYiàyB (BiUiothèque de), à Paris, [2175J, représentée par
M. Lavoix, administrateur.
Salin (Patrice), [1392], secrétaire de section au Conseil d'État, boule-
vard Saint-Germain, n* 175.
Saporta (marquis db), [2167], à Aix (Bonches-du-Rhône).
Sargus (vicomte Félix db), [1137J, ancien capitaûie de dragons, à Dijon
(C6te-d'0r); correspondant, M. Pedone Lauriel, libraire, rue SoniSot,
n» 13.
Sat (Léon), [1075], sénateur, membre de l'Académie française et de l'Aca-
démie des sciences morales et politiques, rue Fresnel, n* 21.
ScHALGK DB LA Faybrib, [2072], sous-blbliothécalre à la Bibliothèque
nationale, rue Richelieu.
SoHBFBH (Charles), [1405], C. i^, membre de l'Institut, ministre plénipo-
tentiaire, administrateur de l'École nationale des langues orientales
vivantes, rue de Lille, n« 2.
SoHBLBB (Auguste), [543], bibliothécaire de S. A. R. Mgr le comte de
Flandres, rue de la Régence, à Bruxelles; correspondant, M. H. Lan-
rens, libraire, rue de Tournon, n* 6.
36 LISTE DES MEMBRES
Sghioxlbr (baron Fernand db), [1236], place Vendôme^ n* 17.
SaouT (Philippe-Ludovic}, [2155], doctear en droit, arocat à la Cour
d'appel de Paris, nie de Saresnes, n* 28.
SàcHBHATB (Charles), [1244] , O. ^, doctear en droit, ancien conseilla
de préfectore, chef de la sténographie du Sénat, au palais dn Luxem-
bourg.
Sbilliàrb (baron Frédéric), [1620], arenue de TAlma, n* 61.
Sbidoeon, [1964], ^, inspecteur des finances, rue Cassette, n* 27.
Sebyois (Gustave), [1136], ^, garde général des Archives nationales,
membre du Comité des travaux historiques, rue des Francs-Bourgeois,
n»60.
Setssbl (comte Marc db), [2148] , rue de l'Université, n* 23, et au chA*
teau de Mussin, près BeUey (Ain).
SioNBT UBRART, [2171], à Édlmbourg (Ecosse) ; correspondants, MM. Dn-
lau et C'*, libraires,^ à Londres, Soho Square, n" 37.
SoLBSMBS {Abbaye des Bénédictins de), [1661], près Sablé (Sarthe), repré-
sentée par le R. P. Abbé; correspondants, MM. Delhomme et Briguet,
libraires, rue de l'Abbaye, n* 13.
SoioaxR (Alfred), [1737], rue de Ponthieu, n* 57.
SoRBL (Alexandre], [942], ^, président du tribunal civil, à Compiègne
(Oise).
STBDf (Henri), [2084], archiviste aux Archives nationales, rue Saint-Pla-
cide, n"* 54.
Stuttgart (Bibliothèque royale de), [1610] ; correspondant, M. Lemoigne,
libraire, rue Bonaparte, n* 12.
Talhoubt-Rot (marquis db), [2023], avenue Bosquet, n* 2, et au château
du Lude (Sarthe).
Tamizbt DB Labboqub (Ph.), [1345], ^, correspondant de l'Institut,
associé correspondant de la Société nationale des Antiquaires de
France, à Gontaud, par Marmande (Lot-et-Garonne); correspondant,
M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82.
Tamdbaudb Marsao, [1176], notaire, place Dauphine, n* 23.
Tardif (E.-J.), [2114], archiviste-paléographe, avocat à la Cour d'appel
de Paris, rue Boulainvilllers, n* 16, à Passy-Paris.
Tbrras (Amédée db), [1813],^, au chAteau du Grand-Bouchet, près
Mondoubléau (Loir-et-Cher) ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, me
de Toumon, n* 6.
Tbrrat (B.), [2173], archiviste-paléographe, ancien agrégé des facultés de
droit, professeur à l'Institut catholique de Paris, rue Sa^nt-Romain, n* 18;
Tbrrbbassb (Humbert db), [1948], ^, au château de Terrebasse, par Rous-
sillon (Isère); correspondant, M. Chossonnery, libraire, quai des Grands-
Augustins, n« 47.
Tbulbt (Raymond), [1933], archiviste aux Archives nationales, rue Sainte-
Beuve, n* 3.
DE LA SOCIÉTË. 37
TsisR&T-Pomc (0.), [1913], ^, oonfieirateur da département des Impri-
més à la Bibliothèqae nationale, me Richeiien.
TnRMT (Paul), [2144J, archiyiste-paléographe, me Gantelen, n* 29, à Lille
(Nord).
TissoT, [1775], à Saint-Geimain^n-Laye (Seine-et-Oise), place Lonis XV,
n» 1.
TouLousB {BUdiothèque de la viOe de), [2082], représentée par M. Eugène
Lapierre, bibliothécaire; correspondant, M. Ârmaing, libraire, à Tou-
louse (Haute-Garonne), rue Saint-Rome, n" 42.
Toulouse [Bibliothèque universitaire de V Académie de), [2037], repré-
sentée par M. Crouzel, bibliothécaire; correspondant, M. Armaing,
libraire, à Toulouse (Haute-Garonne), rue Saint-Rome, n* 42.
TouBNOuÊa (Henri), [2115], archiviste-paléographe, attaché au ministère
des Afiaires étrangères, me des Saints-Pères, n« 11.
TBATsas (Emile), [2152], archiviste-paléographe, ancien conseiller de
préfecture, me des Chanoines, n* 18, à Gaen (Calvados) ; correspondant,
M. Picard, libraire, me Bonaparte, n* 82.
Tbibbrt (Germain), [1049], ancien conseiller général, à Fontiaux, par
Yivonne C^enne) ; à Paris, jue du Faubourg- Saint-Honoré, n« 83.
Trotbs {Bibliothèque de la ville de), [1755], représentée par M. Socard,
bibliothécaire; correspondant, M. Brévot-Leblanc, libraire, à Troyes
(Aube).
TwoMBLBT (W.), [1993], avenue Mae-Mahon, n* 1.
UNrvxRsrr]& db Frangb {Bibliothèque de T), [767], représentée par M. de
Chantepie du Dézert, bibliothécaire; correspondant, M. Picard, libraire,
me Bonaparte, n" 82.
UssBL (vicomte n'), [2145], ^, ingénieur en chef des ponts et chaussées,
me Bayart, n* 4.
Vabsbn, [1853], archiviste- paléographe, à Lyon, me de TAnnonciade,
n* 13, et à Paris, me Franklin, n* 10.
Valbnçat (M"* la duchesse db Tallbtband-), [855], au château de Yalen-
çay (Indre) ; correspondant, M. le marquis de Nadaillac, rue Duphot,
n* 18.
Vallbntin (Ludovic-Edouard), [811], juge au tribunal civil de Montéli-
mar (Drôme); correspondant, M. H. Laurens, libraire, me de Toumon,
n» 6.
Yallois (Félix) fils, [1759], à Rouen (Seine-Inférieure), me de la Savon-
nerie, n* 12.
Yallois (René), [1782], avocat, à Rouen (Seine-Inférieure), me* de la
Savonnerie, n* 12.
Yalois (Noël), [2006], docteur es lettres, archiviste aux Archives natio-
nales, me de l'Abbaye, n* 13.
Yalut, [1843], chef d'escadron à l'état-major du 19* corps d'armée, à
Alger.
38 LISHB DES MEMBfiES
Vamdal (comte Albert), [1691], rne François I", n* 1.
V.AMDBWALLB, 11663], ATOoé près le tribunal de la Seine, me Graoge-
Batelière, n* 18.
Vanbt (A.-E.), [775], ancien conseiller à la Goor d'appel de Paris, me
Dnphot, n* 14; correspondant, M. Saint-Jorre, Uteaire, me Ricfadieo,
n-9i.
YATiiasNiL (H** Albert db), [1779], ayenoe d'Antin, n* 24.
Yatat (colonel baron db), [2046], O. ^, boulevard Hanssmann, n* 82.
Vaufrblani) (vicomte db), [1848], me da Ranelagh, n* 45, et an châteaa
de Yanfreland, par Sancerre (Cher).
Vbndbutbb (baron db), [452], me de Penthièvre, n* 4.
Vbbsaillbs {Bibliothèque de la ville de), [2127], représentée par M. Déle-
Tot, bibliothécaire.
Ybssillieb (Léonce), [1287], percepteur des contributions directes, à Mont-
ceau-les-Mines (Saône-et-Loire).
YiBBATB (M"* la marquise de), [1882] , au château de Cheveray (Loir-et-
Cher), et à Paris, me de Yarenne, n« 56.
YioNAT, [1811], membre de la Société archéologique et historique de
rOrléanais, à Orléans (Loiret), dottre Saintp-Aignan, n* 7.
YiLLABD (Henri), [1203], avocat, à Langres (Haute-Marne); correspondant,
M. Yerconsin, rue Neuve-des-Capudnes, n* 6.
YnjLBNBXTYB (Gustavc db), [2090], square de Messine, n* 13.
YiLLBSAiaoN (René Giba&d db), [1898], à Siébon, par Ciron (Indre); cor-
respondant, M. H. Laurens, libraire, me de Touraon, n* 6.
YiOLLBT (Paul), [1952] , membre de Tlnstitut, bibliolhécaire-archiTiste
de la Faculté de droit de Paris, me des Uons, n* 7.
YiTU (Auguste), [2001], O. ^, avenue de Wagram, n* 36.
Yooui (marquis db), [1916], C. ^^ m<»nbre de Flnstitut et de la Société
nationale des Antiquaires de France, ancien ambassadeur, me Fabert,
n*2.
Walgkbnabr (Charles), [987], ancien chef du cabhiet du ministre de l'In-
térieur, avenue Matignon, n" 15.
Wattbyillb (baron O. db), [830], i^, directeur honoraire au ministère de
rinslmction publique, boulevard Malesherbes, n* 63.
WBBLé (comte Alfred), [1619], boulevard du Temple, à Rehns (Marne).
WiLHBLH, [1393], juge de paix, à Chartres (Eure-et-Loir).
WiTT (Pierre de), [1972], boulevard Hanssmann, n* 83.
WiTTB (baron Jean db), [461], ^, associé étranger de l'Institut, me For-
tin, n* 5.
ZmxBB, [1411], C. i^, membre de Flnstitut, professeur d'histoire A TÉcole
polytechnique, inspecteur général de l'enseignement supérieur, me
LegoflF, n» 1.
DE LA SOCIÉTÉ. 39
Zbtort (Edgard), [2092], ^y recteoi de rAcadémie de Caen, à Gaen
(Calvados).
ZuuGB (BibUothèquê de la ville de)^ [1830], représentée par H. le doc-
teur Homer, conserratear.
ARCHIVES ET BIBLIOTHÈQUES ASSOCIÉES.
Arohitbs db la Hautb-Garonnb^ [M. Baudouin, n" 2069].
BiBuoTEàQUBS DX8 CHATEAUX DB Compiègne, Fontainebleau, Pau et
Versailles [n** 595-598].
BmuoTHÀQUB de la yiUe d'An, pd. Gaut, n* 687].
— UNnrBRSiTAnui d'Ade, [M. Capdxnat, n* 2083].
— mnYBRsiTAiRB d'Alobr, [M. le Bibliothécaire, n* 2081].
— de la yille d'ANOBRS, [M. Sorin, n* 2117].
— des Arghiyes nationalbs, [M. le Garde général, a* 1147].
— de l'ATHBNiBUM Club, à Londres, [n* 2168].
— de la ville d'AvioNON, [M. Dblotb, n» 645].
— de l'ordre des Atooats de Moulins, [M. Bovbon, n* 1504].
— de l'ordre des Ayooatb de Pabis, [M. Tbmplibr, n* 720].
— de la ville de Batonnb, [M. L. Hibiabt, n* 1407].
— de la ville de Bbauvais, [M. Mabghandin, n* 2052].
— de la ville de Bbsançon, [M. Castan, n* 1371].
— UNIYBRSITAIBB DB BbSANÇON, [M. PrIBUB, B* 2055].
— UNITBRSrrAIBB DB BOBDBAUX, fn» 2118).
-- de la Cour d'appel de Boubobs, [n* 1483].
— du Bbazbnozb Collbgb, à Oxîford, [n* 2136].
— de la ville de Cabn, [M. Layallbt, n* 1015].
— UNrVBRSITAIBB DB CaBN, [M. BOUTT, B* 2078].
— de rUNivBBSiTi DB Cabibbidob, [n* 2169].
— de la Chambbb dbs dAput^s, [M. Laubbnt, n* 1^].
— de la ville de Ohabtbbs, [MM. les Conservateurs, n" 1516].
— de la ville de Cbatbaudun, [M. HBni, n* 1855].
— UNIVBRSITAIRB DB ClBBMONT-FbBRAND , [M. A. MaIBB,
n- 1937].
— du Consbil d'État, [M. Gustave Yaitibb, n* 934].
— de la Cour db cassation, [M. Richou, n* 1721].
— de la ville de Dibppb, [M. Parât, n* 1054].
— de la ville de Dijon, [M. Guionard, n* 1279].
— UNiVBRsrrAiRB DB DuoN, [M. Arghinbt, n* 2080 1.
-— de l'EcOLB DBS HAUTBS ÉTUDBS, [n» 2126].
-- de rÉooLB NATiONALB DBS GHARTBS, ptf . IcDlrecteur, n* 1703].
— de l'EcOLB NORMALB suPÉRiBURB, [M. le Directeur, n* 1617].
40 LISTE DES MEMBRES
BiBuoTHiQna de la Yille &ÉnKSAY, [M. Bbion^ n* 1474].
— de la Faoult^ db droit dx Paris , [M. Viollet, n* 1883].
— de la Yille de GenAte^ [M. Gas, n* 1821}.
— de la Tille de Grbnoblb, [M. MkioNixN, n* 948].
— UNITBRSITAIRB DB GrXNOBLB^ [M. CaLLAMAND, D* 1976].
— de la Tille de Hambourg, [M. Islbr, n* 873].
— de la Tille du Hatrs, [M. Bailuard, n* 1193].
— d'iNNBR Tbmplb, a Londres, [d* 2170].
— de la Tille de Layal, [M. B. OEblbrt, n* 1852].
— de I'Institut gatholiqub db Lillb, [M. le Rectear, n* 1854]»
— UNiyBRSiTAiRB DB LiLLB, [M. le BlbUothécalre, n» 2079].
— de la Tille de LtMooBS, [M. Lbtmarix, n* 1908].
<» de rUKiYBRSiTÉ DB LouYAiN, [M. Rbusbnb, n* 812].
— du palaifr du Luxembourg, à Paris, [M. Chobgki, n* 956].
— UNIYBRSITAIRB DB LtON, [M. DrBTFUB, B* 1998].
— de IInstitut gatholiqub db Lton, [M. le Doyen, n* 1851].
— Chbtham, db Manghbstbr, [n* 21iOJ.
— de la Tille du Mans, [M. GuArin, n* 1696].
~ de la Tille de Mamtbs, [M. Pbtit, n* 1295].
-r du MiNiSTÀRB db la Marins, [M. Durassibr, n* 1102].
— Mazarinb, à Paris, [M. Franklin, n* 33].
— UNIVERSITAIRE DB MONTPELLIER, [M. FbGAMP, B* 2045] .
— de la ville de Moulins, [M. B^ganibr, n* 1365].
— de la ville de Nangt, [M. Fayier, n* 850].
— UNIVERSITAIRE DE Nanct, [M. le D' Nbtter, u* 2062].
— Nationale, A Paris, [M. L. Deusle].
— de la ville d'ORi^ANS, [M. Loiselbur, n* 2100].
— de la ville de Paris, [M. J. Cousin, n* 135].
— de la ville de Pau, [M. Soxtugb, n* 1592].
— UNIYBRSrrAlRE DE PorTIBRS, [M. GiRARDIN, B* 2094].
— de la ville de Reims, [M. Gourmeauz, n* 2135].
— de la ville de Rennes, [M. Vbtault, n* 1956] .
— UNIVERSITAIRE de ReNNBS, [M. DUBUISSON, B* 1346].
~ de la Cour d'appel de Rouen, [M. Pellegat, n** 1884].
— de Sainte-Geneyiàyb, à Paris [M. Lavoiz, n* 2175].
— des Bénédictins de Solesmbs, [le R. P. Abbé, n" 1661].
— / Signet librart, à Edimbourg, [n* 2171].
— royale de Stuttgart, [M. le Bibliothécaire, n* 1610].
— UNIYBRSITAIRB DE L'ÂCAD^MIB DE TOULOUSE, [M. CrOUZEL,
n* 2037J.
— de la ville de Toxtlouse, fM. Eug. Lapibrrb, n» 2082].
— de la ville de Trotbs, [M. Sogard, n* 1754].
— de TUniversité de France, [11 de Chantepib du D^zert,
n* 7671.
— de la ville de Versailles, [M. DiLEROT, n? 2127].
— de la ville de Zurich, [M. Borner, n* 1830].
DE LA SOCIÉTÉ. 41
SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE
DE FRANCE.
BN FBANGB.
AcADiMlS DBS SciBNGES; AbTS ET BblLBS-LbTTRBS DB CaBN.
Agadémib DBS Sgibngbs, Abts bt Bbllbs-Lbttrbs db Duon.
AcADilUB DBS SCOBNGBS, ArTS BT BbLLBS- LbTTRBS DB MaGON.
Agadémib des Sgibngbs, Bbllbs-Lett&bs bt Abts db Tabn-bt^Gabonmb,
à Montauban.
Agadémib dbs Sgiengbs, Lbttiibs bt Aats d'Abbas.
Agadémib db Vaugluss.
Association philotbghniqub.
Commission dbs Antiquités du département de la Côte-d'Ob, à Dijon.
Société académique db Bouloonb-sub-Mbb.
Société académique de l'Aube, à Troyes.
Société académique des Sciences, Abts et Belles-Lettres de Saint-
Quentin.
Société archéolooiqub db Rambouillet.
Société archéologique de Touraine, à Tours.
Société archéologique et historique du Limousin, à Limoges.
Société archéolooique et historique de l'Orléanais, à Orléans.
Société bibuooraphique, à Paris.
Société d'Agriculture, Scienobs, Arts bt Commerce du Put.
Société d'Agriculture, Sciences et Arts du département du Nord,
à Douai.
Société de l'Histoire du Protestantisme français, à Paris.
Société d'émulation du département de l'Allier, à Moulins.
Société d'émulation de la Vendée, à la Roche-sur-Ton.
Société des Antiquaires de la Morinie, à Saint-Omer.
Société des Antiquaires de Normandie, à Caen.
Société des Antiquaires de l'Ouest, à Poitiers.
Société des Antiquaires de Picardie, à Amiens.
Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes.
Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne, à Anxerre.
Société de Statistique, Sciences, Belles-Lettres et Arts du dépar-
tement DES Dbuz-Sèyrbs, à Niort.
Société d'études des Hautes-Alpes, à Gap.
Société d'histoire et d'archéolooib, A Chalon-8ur-Sa6ne.
Société libre d'Agriculture, Sgiencbs, Arts bt BELLBS-LBmES du
département de l'Eure, à Évreux.
Société nationale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers.
Société nationale des Antiquaires de France, à Paris.
42 SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES.
EN PATS AtRANOSRS.
AOAOÉXIB ROYALE DE BELGIQUE, à BlUXelles.
Agabêmib royale irlandaise, à Dublin.
Comité de publication des Analegtes pour servir a l'histoire bgglb-
SIASTIQUB DB LA BELGIQUE, à LOUYain.
Institut archéologique liégeois.
Institut Smitbsonien, à Washington.
Société dHistoire db la Suisse Romande, A Lausanne.
Société d'Histoire et d'Archéologie de Gbnèyb.
Société historique du Massachusetts, A Boston.
Société philosophique amérioainb, à Philadelphie.
Unitbrsité de Kibl.
CONSEIL D'ADMINISTRATION.
43
LISTE
DBS
MEMBRES DU CONSEIL d' ADMINISTRATION,
avec l'indication des années où cessent leurs fonctions.
1889. 1890.
MM. Beaucourt (de). MM. Baouenault de Pughesse.
DURUY.
Broolib (de). Gautier (Léon).
Ghantbrao (de)- Himlt.
GosNAO (de). La Tr^moîlle (de).
Delislb (L.). Luçat (de).
Marst (de). Mas Latrie (de).
PlCX)T.
RiVAiN. QuBXTx DE Saint-Hilaire (de).
VioLLBT. Valois.
1891. 1892.
MM. BARTHÉLEifT (An. de). IfM. Boislisle (A. de).
boulationier.
Laborde (J. de). Geébjjel»
Lalannb (Lad.). Lair.
LoNONON. Maurt (Alfred).
Lues. PUTMAIORB (de).
MbTBR (P.). ROGQUAIN.
Moranyillé. Rublb (de).
Seryois. Wattevillb (de).
\ùQvà (de). Wittb (de).
BUREAU DE LA SOCIÉTÉ NOMMÉ EN 1888.
Président MM. de Luçat.
Vice-Présidents. ... P. Meter et de Vooiii.
Secrétaire Arthur de Boisusle.
Secrétaire adjoint . . Noël Valois.
Archiviste 'Trésorier. { ^ „
Bihliothécak-e. ... .] y- »^^^*
Censeurs . . « J. Delatille Le Roulz et P. Durrieu.
44 CONSEIL D'ADMINISTRATION.
COMITÉ DE PUBLIGATION.
MM.
MM.
A. DU Barthélémy.
Lalannb.
Db BsAUcoimT.
Picot.
Dbuslb.
Db Rublb.
COMITÉ DES FOrCDS.
MM. MM.
De Gosnac. Mobanyillé.
De Mab Latrie. Sbryoie.
JOURS DES SÉANCES
DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE
pendant l'année 1889. i
8 Janvier. 4 Juin.
5 Février. 2 Juillet.
12 Mars. 5 Novembre.
2 et 30 Avril. 3 Décembre.
7 Mai.
Xe Conseil d'administration de la Société se réunit aux Archives natio-
nales (salle des cours de l'École des chartes), à quatre heures un quart,
le premier mardi de chaque mois (août, septembre et octobre exceptés,
et sauf le cas où le premier mardi est jour de fête]. Tous les membres
de la Société ont le droit d'assister aux séances.
La séance extraordinaire du 30 avril est destinée à fixer l'ordre 'du jour
de l'Assemblée générale.
La séance du 7 mai est celle de l'Assemblée générale de la Société.
Elle se tiendra dans la salle du cours d'Archéologie, à la Bibliothèque
nationale.
Agent de la Société: M. Fr. Martin, rue des Francs-Bourgeois, n* 60,
anx Archives nationales.
LISTE DES OUVRAGES PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. 45
ORDRE DE PUBUCATION
DES OUVRAGES ÉDITÉS PAR LA SOCIÉTÉ
DEPUIS L'AMNil 1870.
{Voir, pour Vordre de publication des 151 volumes édités par la Société
depuis sa fondation jusqu'en Vannée 1869, les Annuaires-BtUletins
de 1863 à 1869.)
1870-1871.
152. COMMSNTAIRBS BT LbTTRBS DB MoNLUC, t. IV. • • • ) <c m^fa IfiTA
153. Mbmoirbs du xa&bghal db Bassompibr&b, t I . . f
154. Ghroniqubs db J. Fboissart, t. Il 1*' mai 1870.
155. Ghboniqubs dbs oomBS d'Anjou, Introduction. : . 11 juin 1871.
156. Annuaibb-Bullbtin, t VIII. Année 1870 réunie à Tannée 1871.
1872.
157. Gh&ONIQUB d'ErNOUL BT pB BbRNARD LB TRiSOHIBR. 18 oct. 1871.
158. Annalbs db Saint-Bbrtin bt db Saint- Vaast .... 29 nor. 1871.
159. Chboniques db J. Fboissa&t, t. III 5 fév. 1872.
160. GoMMBNTAiRBS BT Lbttrbs DE MoNLUG, t. V et dernier. 1*' mai 1 872.
161. Annuajrb-Bullbtin, t. IX. Année 1872.
1873.
162. Mbmoirbs du mareohal db Bassokpibrrb, t. II . . . 15 mars 1873.
163. OËUTRBS DB Brantôme, t. VI 5 mai 1873.
164. Chroniques db J. Froissart, t. IV 7 nov. 1873.
165. Histoire de BiARN bt Nayarrb, par Bordbnayb. . 4 août 1873.
166. ANNUAiRB-fiuLLBTiN, t. X. Année 1873.
1874.
167. Chronioubs de Saint-Martial db Limoges 2 déc. 1873.
168. Œuvres de Brantôme, t. VU 10 déc. 1873.
169. Ghroniqubs de J. Froissart, t. V 1" juin 1874.
170. Nouveau rbgubil de Cobcptbs db l'Argenterie. . . 1*' oct. 1874.
171. Annuaire-Bulletin, t. XI. Année 1874.
46 LISTE DBS OUVRAGES
1875.
172. OËuTRES DE BRijfTÔMB, t. VIII 31 déc. 1874.
173. MÉMOIRES Dxi MARÉCHAL DB Bassompibrrb, t. III. . . 1*' mai 1875.
174. Chanson de la Croisade contre les Albiobois, 1. 1*'. 1*' août 1875.
175. Chronique du bon duc Louis de Bourbon 1*' ayril 1876.
176. ÂNNUAiRE-BuLLEHN, t. XII. Aonée 1875.
1876.
177. ŒuYRES DE Brantôme, t. IX 31 déc. 1875.
178. Chronique de Le Fàyre de Saint-Remt, t. I ... . 1*' mai 1876.
179. Récits d'un Ménestrel de Reims 15 sept. 1876.
180. Chroniques de J. Froissart, t. VI 1*' déc. 1876.
18i. Annuaire-Bulletin, t. Xlll. Année 1876.
1877.
182. Mémoires du maréchal de Bassompibrre, t. IV . . 1*** avril 1877.
183. Lettres d'Antoine de Bourbon l^sept. 1877.
184. Mémoires de la Huouerye, t. I 1*' déc. 1877.
185. Anecdotes d'Etienne de Bourbon 15 déc. 1877.
186. Annuaire-Bulletin, t. XIV. Année 1877.
1878.
187. Extraits des AuTEURS'aREcs concbrn. les Gaules, 1. 1 23 juill. 1878.
188. Chroniques de J. Froissart, t. VII !«■ mai 1878.
189. Histoire de Bayart 15 oct: 1878.
190. MÉMOIRES DE LA HUOUERYB^ t. II 15 noY. 1878.
191. Annuaire-Bulletin^ t. XV. Année 1878.
1879.
192. Chanson de la Croisade contre les Albiobois, t. II 15 déc. 1878.
193. MÉMOIRES de Nicolas Goulas, t. 1 15 avril 1879.
194. ExTR. DES Auteurs grecs gongern. les Gaules, t. II 30 sept. 1879.
195. MÉMOi^s DE Nicolas Goulas, t. II 15 déc. 1879.
196. Annuaire-Bulletin, t. XVI. Année 1879.
1880.
197. Gestbs des Éyéques de Cambrai 15 mai 1880.
198. Mémoires de la Huouerye, t. III 15 déc. 1880.
199. Œuyres de Brantôme, t. X 1" déc. 1881.
200. Eitr. des Auteurs orecs concern. les Gaules, t. III 1" mars 1881 .
201. Annuaire-Bulletin, t. XVII. Année 1880.
PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. 47
1881.
202. Lbs Établissbmbnts db saint Louis, 1. 1 31 déc. 1880.
203. Lbs Établissbmbnts de saint Louis, t II l*''juill. 1881.
204. Ghroniqub db Lb Fèvrb db Saint-Rbmt, t. II . . . . !•' nov. 1881.
205. Chronique normande du xiy* sibclb 31 jaav. 1882.
206. Annuairb-Bullbtin, t. XVIU. Année 1881.
1882.
207. Œuvres de Brantôme, t. XI l"févr. 1882.
208. Mémoires de Nicolas Goulas, t III 30 avril 1882.
209. Relation d'Éz. Spanheim 30 oct. 1882.
210. Œuvres de Rioord et de G. le Breton, t. I. . . . 15 déc 1882.
211. Annuaire-Bulletin, t. XIX. Année 1882.
1883.
212. ExTR. des Auteurs orbcs ooncern. lbs Gaules, t. IV 15 mars 1883.
213. Mémoires d'Olivier de la Marche, t. 1 3 juill. 1883.
214. Lbs Établissements db saint Louis, t. III 15 oct. 1883.
215. Lettres de Louis XI, t. I 7 nov. 1883.
216. Annuaire-Bulletin, t. XX. Année 1883.
1884.
217. Notices et documents (Cinquantième anniversaire) . mai 1884.
218. MÉMOIRES du maréchal de Villars, t. I 15 juin 1884.
219. MÉMOIRES d'Ouvier de la Marche, t. Il 7 août 1884.
220. Mémoires d'Olivier de la Marche, t. III 7 mars 1885.
221. Annuaire-Bulletin, t. XXI. Année 1884.
1885.
222. Journal db Nicolas de Bâte, t. I X" juin 1885.
223. Lettres de Louis XI, t. II 1^'août 1885.
224. Œuvres de Rigord et de G. le Breton, t. II. . . .* 25 déc. 1885.
225. ËxTR. DES AUTEURS GRECS coNGERN. LBS Gaules, t. V. 25 mars 1886.
226. Annuaire-Bulletin, t. XXII. Année 1885.
1886.
227. Les Établissements de saint Louis, t. IV 30 mars 1886.
228. La Règle du Temple 15 avril 1886.
229. Histoire universelle d'Agr. d'Aubignb, t. I 15 nov. 1886.
230. Table générale de l'Annuaire-Bullbtin, années 1863-1884.
231. Annuairb-Bulletin, t. XXill. Année 1886.
48 LISTE DES OUVRAGES PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ.
1887.
232. MAmOIRBS du MARAnHAI. DB YlhhàMM, t. II 15 DOT. 1886.
233. Lb Joutencbl, par Jban bb Bubil, t 1 28 déc. 1886.
234. Lbttrbs db Louis XI, t. III • 25juiU. 1887.
235. HiSTOiEB UNiYBRSBLLB d'Aob. d'Aubioné, t. II ... . 15 oct. 1887.
236. Annuairb-Bullbtin, t. XXIV. Année 1887.
1888.
237. Chbonioubs db J. Froissabt, t. VIII, l'* partie . . . 20 jany. 1888.
238. Ghroniqubs db J. Froissart, t. VIII, 2* partie. . . . 20 janT. 1888.
239. Journal db Nicolas db Bâte, t. II ... 20 aTril 1888.
240. Mbmoirbs d'Oliyier db la IICarghb, t IV 1*' déc. 1888.
241. Annuaire-Bullbtin, t. XXV. Année 1888.
PROCÈS-VERBAL
' DE LA
SÉAI9GE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE,
■
TEMUB LE 8 JANTIBR 1889^
A rÉcole des chartes, à quatre heures un quart,
sous LA PRisIDBNCB DE M. LE COMTE DE LUGAY, PRESIDENT.
(Procès-verbal adopté dans la séance du 5 février suivant.)
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance
précédente ; la rédaction en est approuvée par le Conseil.
M. le président annonce la mort de M. le comte Paul
Riant, de l'Institut, qui était membre de la Société depuis
1867, et du Conseil depuis 1879. Retenu dans sa résidence
de Suisse par le mal qui vient de l'emporter, M. Riant ne
pouvait plus prendre part aux réunions des Compagnies et
des Conseils dont il faisait partie; mais néanmoins il s'est
occupé jusque dans ses derniers moments des travaux d'éru-
dition qui lui avaient fait un si grand renom, et dont l'objet
principal était l'histoire des expéditions et croisades du
moyen âge en Orient.
La Société a perdu également un membre actif et tout
dévoué aux travaux historiques dans la personne de M. Gus-
tave Masson, mort le 29 août 1888, à soixante-dix ans.
M. Masson, établi depuis de longues années en Angleterre,
était à la fois professeur de langue et de littérature françaises
et bibliothécaire au collège de Harrow-on-the-hill. Sa grande
connaissance des dépôts littéraires de l'Angleterre faisait de
lui un guide aussi utile qu'il était obligeant pour ceux de ses
compatriotes qui venaient les visiter, et bien souvent il a
enrichi nos recueils périodiques, notamment YAnnuaire'-
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 4
II
50 SOCIÉTÉ
Bulletin de la Société de l'Histoire de France^ de pré-
cieux documents découverts par lui au Musée Britannique.
Puhlicaiions adressées à la Société.
Publications périodiques. — Revue des Questions historiques,
jer janvier 1889. — Revue historique, janvier-février 1889. — But"
letin de la Société bibliographique, décembre 1888. — Bulletin de
la Société de V Histoire du Protestantisme français, 15 décembre 1888.
— Bulletin de l'Association philotechnique, décembre 1888.
Sociétés savantes. — Mémoires de la Société des Antiquaires de
VOuest, année 1887. — Mémoires de l'Académie des sciences, lettres
et arts d'Arras, 2« série, t. XIX.
Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs. '
Répertoire archéologique du département des Hautes-Alpes , par
M. J. Homan. In-4. Paris, Imprimerie nationale. -^ Heidelberg et
Strasbourg; recherches biographiques et littéraires sur les étudiants
alsaciens immatriculés à l'Université de Heidelberg de 1386 à iôdi,
par P. Ristelhuber. Br. in-8. Paris, E. Leroux. — Un Sermon iné-
dit d*une fille du roi Henri IV, imprimé pour le mariage de
M"o Madeleine Delpit et de M. René Detpit, lieutenant de vais-
seau, chevalier de la Légion d'honneur, par Ph. Tamizey de Lar-
roque. In-8. Saint-Étienne, impr. Gh. Boy. — Un magistrat éru-
dit du XVP siècle, Siméon du Bois (1536-1581); lettres inédites
publiées et annotées par Emile Du Boys, avec notice biographique
par Auguste Du Boys. Br. in-8. Chartres, impr. Durand.
Correspondance.
MM. Coville et Guillaume, admis au nombre des membres
de la Société dans la précédente séance , adressent leurs
remerciements au Conseil.
M. Alfred Baudrillart remercie également le Conseil d'avoir
bien voulu adopter en principe son projet de publication de
la correspondance du roi Philippe V avec Louis XIV et le
duc de Bourgogne.
M. le marquis de Beaucourt et M. Rivain s'excusent de ne
point assister à la séance.
DE L'HISTOIAE DS FRANGE. 51
Travaux de la Société.
État des impressions à rimprimerie Daupeley^QouTerneur :
Annuaire-Bulletin de 1888. Feuilles 1 à 9 distribuées.
Le Jauvencel. T. II. Feuilles 28 et 29 tirées; on com-
pose la feuille 30, suite de la Table.
Histoire universelle cT Agrippa cCAubigné. T. III.
Feuille 12 tirée; feuilles 13 et 14 en pages, 15 et 16 en
placards.
Mémoires de Villars. T. III. Feuille 14 tirée. Pas
de changement ; on attend la copie.
Le tome IV et dernier des Mémoires d'Olivier de la
Marche est déposé sur le bureau.
Le Conseil autorise M. René de Maulde à livrer pour l'im-
pression la copie du tome T" de la Chronique de Jean
d'Auton^ et décide que M. le comte A. de Bourmont sera
invité à soumettre au Comité de publication le manuscrit du
tome l^ de la Chronique du héraut d'armes Berry.
M. Moranvillé, président du Comité des fonds, est autorisé
à délivrer les mandats afférents aux dépenses de fin d'année.
Il annonce que, dès la distribution de la circulaire rela-
tive à la reproduction par procédé anastatique du tome P'
des Chroniques de J. Froissart, il s'est produit un nombre
de demandes des dix volumes (tomes I à VIII) assez considé-
rable pour que le succès de cette opération soit assuré.
Le Conseil autorise la mise en distribution du tome FV et
dernier des Mémoires d'Olivier de la Marche, complétant
l'exercice 1888.
La séance est levée à cinq heures.
52 SOCIÉTÉ
II.
BIBLIOGRAPHIE.
!• — Arbois de Jubainville (H. d') et J. Loth. Cours
de littérature celtique. T. III. In-8, 364 p. Paris, Thorin.
2. — Bellog (A.). La télégraphie historique depuis les
temps les plus reculés jusqu'à nos jours; ouvrage illustré de
76 gravures. Grand in-8, xi-343 p. Paris, Firmin-Didot
et 0\
3. — BÉRARD (A.). Les vieilles abbayes du Bugey :
I. L'abbaye d'Ambronay. In-8, 170 p. et planches. Bourg,
impr. Authier.
4. — Blanchet (l'abbé). Notice historique sur l'ancien
Carmel d'Angoulême. In-8, 120 p. Angoulême, impr.
Roussaud.
5. — Blin (l'abbé). Un privilège inédit du pape Inno-
cent III, publié d'après le cartulaire^ de l'abbaye de Silly.
In-8, 28 p. Avignon, Seguin frères.
6. — Gadier (L.). Les archives d'Aragon et de Navarre.
In-8, 46 p. Nogent-le-Rotrou , impr. Daupeley-Gouver-
neur.
(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.)
7. — Garré (H.). Recherches sur l'administration muni-
cipale de Rennes au temps de Henri IV. In-8, 96 p. avec
grav. et plan. Paris, Quantin.
8. — Ghevalier (l'abbé J.). Mémoires des frères Gay, de
Die, pour servir à l'histoire des guerres de religion en Dau-
phiné, et spécialement dans le Diois, publiés d'après les
manuscrits originaux, avec un texte supplémentaire, des
notes généalogiques et des documents inédits. In-S, 357 p.
Montbéliard, impr. Hoflfmann.
9. — CocHARD (l'abbé T.). Les confréries des commu-
DE L'HISTOmS DE FRANCE. 53
nautés d'arts et métiers d'Orléans. In-8, 62 p. Orléans, Her-
luison.
(Extrait des Lectures et mémoires de TAcadémie de Sainte-Croix.)
10. — CoLLABD (L.). Histoire de Saint-Germain-la-Ville.
In-8, 164 p. et planches. Chàlons-sur-Marne, Le Roy.
11. — CoYECQUE (E.). L'assistance publique à Paris au
milieu du xvi* siècle. In-8, 16 p. Nogent-le-Rotrou, impr.
Daupeley-Gouvemeur.
(Extrait du Balletin de la Sooiété de l'Histoire de Paris et de llle-de-
France.)
12. — Dareste (R.). Études d'histoire du droit. In-8,
xn-419 p. Paris, Larose et Forcel.
13. — Delabordb (H.-F.). Deux documents historiques
provenant de Saint-Germain-de&-Prés. In-8, 7 p. Nogent-
le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouvemeur.
(Extrait du BuUeUn de la Société de l'Histoire de Paris et de Tlle-de-
France.)
14. — Desponts. Jean Pardiac et la communauté des
maîtres en chirurgie de la ville d'Auch (1766-1789). In-8,
81 p. Auch, Icard.
(Extrait de la Revue de Gascogne.)
15. — Douais (l'abbé C). Documents pontificaux sur
l'évêché de Couserans (1425-1619). In-8, 37 p. Paris,
Picard.
16. — DouARCHB (A.). L'Université de Paris et les
Jésuites (xvi* et xvif siècles). In-8, x-327p. Paris, Hachette
et 0\
17. — Fagniez (G.). Le Père Joseph et Richelieu : 1® la
jeunesse du Père Joseph et son rôle dans la pacification de
Loudun (1577-1610); 2^ la préparation de la rupture ouverte
et la succession politique de Richelieu (1632-1635). In-8,
166 p. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur.
(Extrait de la Revue historique.)
18. — Favé (général). L'empire des Francs depuis sa
fondation jusqu'à son démembrement. Grand in-8, 724 p.
Paris, Thorin.
54 50CIETE
19. — FooRinsa (L.-A.). Histoire dn canton de Thiber-
TÎlle. Grand in-8, 1Q3 p. Bemaj, impr. de M°* J. et
A« Lcftvre*
20. -* GoiRAHD (J.). Documents hisiorûiQes sor Âlais:
un conflit entre Tantorité militaire et le confleQ politique en
1766, sons le consolai de M. Antoine Ramel. In-S, 35 p.
Alais, impr. Martin.
21. — GoNTAUT-BiRON (comteThéodoTeDE). Ambassade
en Tarqaie de Jean de Gontaut-Biron, baron de Salignac
(1605-1610); correspondance diplomatique et documents
inédits. In-8, xnr-451 p. Paris, Alph. Picard; H. Champion.
En rendant compte Tannée dernière (1888, p. 121) d*an premier
Tolome consacré au récit du Yoyage de Jean de Gkintant-Biron,
j'avais annoncé que la correspondance de cet ambassadeor aurait
son tour; la Yoici. Elle embrasse une période de cinq ans. On n'y
trouve point trace de c grand dessein > de croisade contre les infi-
dèles. < Henri IV, dit l'éditeur, ne semble pas avoir eu en Orient
une politique bien tranchée. Q hésita à suivre l'exemple de ses
prédécesseurs et à profiter des bonnes dispositions de la Porte,
toute prête à seconder ses desseins contre les ennemis de la France.
D'un autre côté, il ne voulut pas davantage rompre avec l'empire
turc, qui eût pu lui créer de graves embarras au moment où il
prévoyait la nécessité de conserver toutes les forces de son royaume.
Au contraire, M. de Salignac, plus confiant dans la puissance de
la France et enflammé du désir de chasser de l'Europe les infi-
dèles, se désespérait à la pensée que le roi laissait échapper les
occasions propices... »
Les originaux de cette correspondance sont conservés à la Biblio-
thèque nationale, mss. fr. 16145 et 16146, et portent tantôt Fadresse
du roi, tantôt celle du secrétaire d'État. L'éditeur y a intercalé
quelques minutes inédites de lettres royales, et il a abondamment
annoté tous ces textes, qui, avec les sommaires, les tables de
matières et l'appendice, forment un très important volume.
A. B.
22. — GoRSB (A.). L'art et les artistes en Béarn : les
Caron, une famille de sculpteurs ahbevillois en Béarn aux
XVII* et XVIII* siècles. In-4, 23 p. et planche. Pau, veuve
Ribaut.
(Extrait da Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pau.)
83. — Grammont (H,-D. de). Relations entre la France
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 55
et la régence d'Alger au xvjf siàde. Quatrième partie : les
consuls lazaristes et le chevalier d'Âryieux (1646-1690).
In-8, 142 p. Alger, Jourdan.
24. — GuiLMOTO (G.), étude sur les droits de navigation
de la Seine de Paris à la Roche-Ouyon du xi® au xv!!!" siècle.
Grand in-8, ix-143 p. Paris, Alph. Picard.
25. — HÉNOCQUB (l'abbé). Histoire de l'abbaye et de la
ville de Saint-Riquier : la ville de Saint-Riquier, sa com-
mune, sa noblesse, ses divers établissements, seigneuries et
âe& de l'abbaye situés en divers lieux, ses prieurés, l'Hôtel-
Dieu, le château de la Ferté. T. III. In-4, vi-574 p. Paris,
Chossonnery.
(Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie.)
26. — Horsin-Dbon (L.). Les portraitistes français de
la Renaissance (1483-1627). In-8, 216 p. Paris, veuve
Larousse et O®.
27. — HtTET (l'abbé L.). Histoire de l'hôpital Saint-Louis
de Caen. In-8, 63 p. Caen, impr. veuve Domin.
28. — JoTOERT (A.). Un recueil de plaidoyers inédits des
avocats angevins aux xvn* et xviii* siècles (1680-1730).
In-8, 16 p. Angers, Germain et Grassin.
29. — Lallemand (p.). Histoire de l'éducation dans
l'ancien Oratoire de France. Grand in-8, xn-476 p. Paris,
Thorin.
30. — Langlois (Ch.-V.). Textes relatifs à l'histoire du
Parlement, depuis les origines jusqu'en 1314. In-8, xxxvi-
248 p. Paris, Picard.
(Collection de textes pour senrir à Tétude et à l'enseignement de l'his-
toire.)
31. — Laval (V.). Histoire de la Faculté de médecine
d'Avignon, ses origines, son organisation et son enseigne-
ment (1303-1791). T. I : les origines et l'organisation.
In-8, v-492 p. et planche. Paris, Lechevalier.
82. — Le Chat (C). Histoire de la ville de Vemeuil
56 SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE.
(Eure) depuis sa fondation jusqu'à nos jours. In-8, 139 p.
Verneuil, Aubert-Chasle.
33. — Lenient (C). La comédie en France au
XVIII* siècle. 2 vol. in-16. T. I, vni-391 p.; t. II, 450 p.
Paris, Hachette et O*.
34. — Leroux (A.). Histoire de la Réforme dans la
Marche et le Limousin (Creuse, Haute-Vienne, Corrèze).
In-8, xLVffl-391 p. et carte. Limoges, impr. Gdy.
35. — Leroux (A.). Nouveaux documents historiques
sur la Marche et le Limousin. T. I. In-8, iv-372 p. Limoges,
impr. Gely.
36. — Lesens (E.). Antiquités de la ville d'HaMleur,
par François de la Motte, échevin, avec une introduction et
une liste bibliographique. Petit in-4, xx-227 p. Rouen,
impr. Cagniard.
(Publication de la Société rouennaise de bibliophiles.)
37. — Lettres et conférences de saint Vincent de Paul
(Supplément); procès-verbaux des assemblées et des con-
seils; règlements divers. In-8, vni-549 p. Paris, impr.
Dumoulin et C*®.
, 38. — LoiSELEUR (J.). L'Université d'Orléans pendant
la période de décadence, d'après des documents récemment
découverts. In-8, 83 p. Orléans, Herluison.
(Extrait des Mémoires de la Société des sciences et arts d'Orléaiis.)
39. — LoYE (l'abbé). Histoire du comté de la Roche et de
Saint-Hippolyte, sa capitale. In-18, 452 p. Montbéliard,
impr. HoflFmann.
40. — Magen (A.). Faits d'armes de Geoffroy de Vivant,
publiés d'après le manuscrit original. Petit in-8, xxx-211 p.
Agen, Michel et Médan.
41 . — Marmottan (P.). Les peintres de la ville de Saint-
Omer, depuis le moyen âge jusqu'à nos jours. In-8, 43 p.
Paris, Plqn, Nourrit et 0^
PROCÈS-VERBAL
DE LA
SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE,
TBNUB LB 5 FiVBIEE 1889,
A l'École des chartes^ à quatre heures un quart,
sous LA PRiSIDBNCB DE M. LB GOICTE DE LUÇAT, PRESIDENT.
(Procès*Terbal adopté dans la séance du 5 mars soiTant)
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance
précédente; la rédaction en est adoptée par le ConseiL
M. le président annonce la mort de M. Othon de Cler-
mont, membre de la Société.
M. le président proclame membres de la Société, après
avoir soumis ces nominations à l'approbation du Conseil :
2164. M°^ la baronne Edmond de Bussierre, rue de Lille,
n^ 84 ; présentée par MM. le comte de Luçay et le marc[uis
de Beaucourt.
2165. M. Napoléon Magne, sous-lieutenant au 14" régi-
ment de dragons, avenue Montaigne, n^ 31 ; présenté par
M. le comte Werlé et M. de Boislisle.
Publications adressées à la Société.
PuBUGATiONS PÉRIODIQUES. — Bulletin des bibliothèques et des
archives, année 1888, n9 2. — Bulletin de V Association philotech-
nique, janvier 1889. — Bulletin de la Société de l'Histoire du Pro"
testantisme français, 15 janvier 1889. — Bulletin de la Société biblio-
graphique, janvier 1889.
Sociétés savantes. — Bulletin historique de la Société des
Antiquaires de la Morinie, octobre-décembre 1888.
Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs.
Bibliographie des travaux historiques et archéologiques publiés par
58 SOCIÉTÉ
les Sociétés savantes de la France, dressée par R. de Lasteyrie et
Eug. Lefëvre-Pontalis. In-4. Paris, Imprimerie nationale. — His-
toire du commerce de la France, par H. Pigeonneau, t. II. In-8.
Paris, Léop. Cerf. — Lettres inédites de Michel Apo^tolis, publiées
d'après les manuscrits du Vatican, avec des opuscules inédits du
même auteur, une introduction et des notes, par Hippolyte Noiret,
membre de l'École française de Rome. In-8. Paris, Thorin. —
Études sur l'administration byzantine dans Vexarchat de Ravenne
(568-75i)j par Charles Diehl, ancien membre des Écoles françaises
d'Athènes et de Rome, maître de conférences à la Faculté des
lettres de Nancy. In-8. Paris, Thorin. — L* église et les mosaïques
du couvent de Saint-Luc en Phocide, par le même. Br. in-8. Paris,
Thorin. — Les fous, les folles et les artistes de la cour du roi René,
d'après les comptes inédits de Jehan Legay, par André Joubert.
Br. inr8. Laval, impr. E. Jamin. — La famille de M^* de Sévigné
en Provence, d'après des documents inédits, par le marquis de
Saporta. In-8. Paris, Pion, Nourrit et (?•.
Correspondance .
MM. le comte de Marsy, Rocquain et Moranvillé s'ex-
cusent de ne pouvoir assister à la séance.
Travatux! de la Société.
Etat des impressions à Timprimerie Daupeley-Gouverneur :
Annuaire-Bulletin de 1888. Pas de changement.
Le Jouvencel. T. IL Feuille 30 tirée; feuille 31, fin de
la Table et titre en pages.
Histoire universelle d' Agrippa cTAubigné. T. III.
Feuilles 13 et 14 tirées; feuilles 15 et 16 en pages.
Mémoires de Villars. T. III. Pas de changement.
M. le baron de Ruble expose que le tome III de V Histoire
universelle, comptant actuellement 272 pages, ne lui
semble pas pouvoir être complété convenablement par la
suite du texte, et cela pour deux raisons : 1® parce que le
livre II débute par une sorte de préface, comme les autres
parties de l'œuvre d' Agrippa d' Aubigné, et que ces préfaces,
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 59
imprimées en italique, ne sauraient être présentées qa'en
tête d'un volume ; 2^ parce que la coupure qui serait prati-*
quée à la an de ce tome m scinderait en deux portions un récit
des plus importants, celui de la Saint-Barthélémy, n estime
donc qu'on pourrait soit arrêter le volume en cours d'im-
pression au point où il est arrivé, et y joindre comme sup-
plément un journal inédit, celui du secrétaire Gassot (1568-
1570) , dont le texte est tout prêt pour l'impression , soit
reporter les cent vingt-cinq pages de différence sur le tome IV.
— Le Conseil, après avoir examiné ces propositions, décide
qu'il y aurait plus d'inconvénients à faire un volume de
272 pages qu'à placer dans le corps même de ce tome III la
préface et le commencement du livre nouveau ; mais il laisse
à l'éditeur la faculté de dépasser le nombre réglementaire
de feuilles pour ne pas scinder le récit de la Saint-Barthé-
lémy, à condition toutefois que cet excédent du tome III
puisse être compensé facilement lors de l'impression du
tome IV , sans que l'écart devienne trop considérable entre
les dimensions de ces deux volumes.
Le secrétaire donne lecture d'une circulaire de M. le
Ministre de l'instruction publique invitant les Sociétés
savantes à lui adresser les publications qu'elles ont faites
depuis le !•' janvier 1879, pour figurer à l'Exposition uni-
verselle dans l'exposition spéciale qui doit être installée par
les soins et aux frais du ministère. — Le Conseil décide que
cet envoi sera fait par les soins du trésorier.
Le Conseil, sur la proposition du secrétaire, examine s'il
n'y aurait pas lieu de retarder la date de rassemblée géné-
rale annuelle, en vue de l'Exposition universelle. Sur les
objections faites par plusieurs membres, il est décidé que
l'assemblée aura lieu, comme les autres années et conformé-
ment aux termes du règlement, le premier mardi du mois
de mai.
M. Servois, au nom du Comité des fonds, présente un état
des recettes et dépenses du second semestre de 1888, dont il
ressort un excédent suffisant pour solder les frais d'impres-
60 SOCIETE
sion de Y Annuaire^Bulletin y toutes les autres dépenses
ayant été couvertes.
La séance est levée à cinq heures et demie.
IL
BIBLIOGRAPHIE.
42. — Marquet de Vasselot. Histoire des sculpteurs
français (de Charles VIII à Henri III), avec une préface de
Jules Glaretie, de l'Académie française. In-8, rv-404 p.
Paris, Dentu.
43. — Martin (A.). Histoire du chef de Caux et de
Sainte-Adresse f In-8, x-237 p. Fécamp, impr. Durand.
44. — Mémoires de Jean Philippi touchant les choses
advenues pour le faict de la religion à Montpellier et dans
le bai^ Languedoc (1560-1600), publiés pour la première
fois d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale, et
accompagnés de notes. In-8, 301 p. et portrait. Montpel-
lier, impr. Martel aîné.
(Publication de la Société des Bibliophiles de Montpellier.)
45. — Meunier (l'abbé P.). Sainte Austreberte de Mar-
conne, abbesse de Pavilly (ordre de Saint-Benoît) ; sa vie,
ses miracles, son culte. In-8, xxiu-316 p. et planche. Arras,
Sueur-Charruey.
46. — Meyer (P.). Notice sur deux anciens manuscrits
français ayant appartenu au marquis de la Clayette (Biblio-
thèque nationale, Moreau 1715, 1719). In-4, 94 p. Paris,
Impr. nationale.
(Tiré des Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque natio-
nale.)
47. — MiGNARD (P.). Prolégomènes historiques sur les
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 61
divers États de Bourgogne aux v« et vf siècles. In-8, 32 p.
Amiens, impr. Delattre-Lenoël.
(Extrait de la Revoe de la Société des études historiques.)
48. — MoNTAiGLON (A. de). Correspondance des direc-
teurs de l'Académie de France à Rome avec les surinten-
dants des bâtiments, publiée d'après les manuscrits des
Archives nationales. T. I. (1666-1694.) In-8, xv-480 p.
Paris, Charavay frères.
49. — MoNTAiGLON (A. de). Procès-vcrbaux de l'Acadé-
mie royale de peinture et de sculpture (1648-1793), publiés
pour la Société de l'Histoire de l'art français, d'après les
registres originaux conservés à l'École des beaux -arts.
T. VIII. (1769-1779.) In-8, 418 p. Paris, Charavay frères.
50. — MoRANviLLB (H.). Une lettre à Charles le Mau-
vais. In-8, 6 p. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gou-
verneur.
(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.)
51. — MoRis (H.). Journal de bord du bailli de Sufiren
dans l'Inde (1781-1784), avec une préface par lé vice-ami-
ral Jurien de la Gravière, de l'Académie française et de
l'Académie des sciences. In-8, x-354 p. Paris, Challamel
et 0\
52. — MoRTET (V.). Etude historique et archéologique
sur la cathédrale et le palais épiscopal de Paris du yf au
xii« siècle. In-8, xi-90 p. Paris, Alph. Picard.
dette notice s'arrête à la fin de l'épiscopat de Maurice de Sully
(1196), époque où Féglise actuelle de Notre-Dame était déjà cons-
truite dans ses parties essentielles, et que M. Mortet avait étudiée,
au point de vue de l'évoque lui-même, dans sa thèse de TÉcole
des chartes. Le présent travail est une analyse sobre, mais solide,
des textes qui peuvent servir à l'histoire de l'édifice, et un exposé
des indications supplémentaires que les fouilles et découvertes
archéologiques permettent d'ajouter aux textes. Je signalerai,
comme particulièrement intéressants pour la topographie pari-
sienne, les chapitres relatifs à l'emplacement primitif de la cathé-
drale et du palais épiscopal qui la bordait au midi, et, pour l'his-
toire économique et financière, les paragraphes oii l'auteur raconte
62 SOCIÉTÉ
par quels voies et moyens Maurice de Sully reconstroitit Taatique
édifice. A. B.
53. — MÛLLER (l'abbé E.). Vie de Mgr Nicolas San-
guin, évêque de Senlis, fondateur du monastère de la Pré-
sentation de Notre-Dame, extraite des chroniques dudit
monastère. In-8, 63 p. et planche. Beauvais, impr. Père.
54. — Omont (H.). Deux registres de prêts de manus-
crits de la bibliothèque de Saint-Marc à Venise (1545-1559).
In-8, 42 p. Paris, Picard.
(Extrait de la Bibliothèque de l'École des ctiartes.)
55. — Pellissier (à.). L'apogée de la monarchie fran-
çaise : études historiques sur Richelieu et Louis XIY . In-8,
xiv-430 p. Paris, Haton.
56. — Pbrret (P.-M.). Notes sur les actes de Fran-
çois P' conservés dans les archives de Turin, Milan, Gênes,
Florence, Modène et Mantoue. In-8, iv-58 p. Paris, Picard.
57. — Pery (G.). Histoire de la Faculté de médecine de
Bordeaux etde l'enseignement médical dans cette ville (1441-
1888), publiée sous les auspices du conseil général des
Facultés de Bordeaux. In-8, xvi-439 p. avec sept portraits
et deux plans. Bordeaux, Duthu; Paris, Doin.
58. — Petit (E.). Itinéraires de Philippe le Hardi çt de
Jean Sans-Peur, ducs de Bourgogne (1369-1419), d'après
les comptes de dépenses de leur hôtel. In-4, xxxii-725 p.
Paris, Hachette et G'®.
(Collection de Documents inédits sur l'histoire de France.)
59. — PiETTB (A.). Cartulaire de l'abbaye de Saint-
Michel-en-Thiérache. In-4, 128 p. Vervins, impr. du Jour-
nal de Vervins.
(Extrait du Bulletin de la Société archéologique de Vervins.)
60. — Poissonnier (J.). Histoire de l'abbaye royale
d'Origny-Sainte-Benoite, canton de Ribemont, arrondisse-
ment de Saint-Quentin (Aisne). In-8, 160 p. et planches.
Saint-Quentin, impr. Moureau et fils.
61. — PoRKB (l'abbé). Le registre de là charité des Gor-
deliers de Bernay. In-8, 23 p. Rouen, impr. Cagniard.
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 63
62. — PrAtost (G.-â.). Notice archéologique et histo-
rique sur révêché d'Évreux. In-8, 45 p. et planche. Gaen,
Delesques.
(Extrait da Balletin monomental.)
63. — Prévost (L.). Recherches historiques sur la riUe et
la vallée deVeules (Seine-Inférieure). In-18 jésus, x-il4 p.
Paris, impr. Kugelmann.
64. — Prost (J.-C.-A.). Le marquis de Jouffroy d'Al-
bans, inventeur de l'application de la vapeur à la naviga-
tion. In-89 325 p. et tableau généalogique. Paris, Leroux.
65. — Prou (M.). Étude sur les relations politiques du
pape Urbain Y avec les rois de France Jean II et Charles Y
(1362-1370). In-8, 200 p. Paris, Bouillon et Yiew^.
(BibUothèque de FÉcole des haates étades.)
66. — Prou (M.). Les registres d'Honorius lY ; registres
des bulles de ce pape, publiées ou analysées d'après le manus-
crit original des archives du Yatican. Grand in-4 à 2 col.,
720 p. Paris, Thorin.
67. — RiBouis (H.-E.). Coutumes de Castel-Âmouroux
et de Saint-Pastour en Âgenais. In-8, 28 p. Paris, Larose
et Forcel.
68. — Saporta (marquis de). La lEamille de M"^ de Sévi-
gné en Provence, d'après des documents inédits. In-8,
ni-404 p. et deux portraits. Paris, Pion, Nourrit et C»*.*
M. de Saporta, dans son Exposé préliminaire (p. 4-5), explique
quelle c relation intime son étade présente avec l'histoire de la
fortune, bonne ou mauvaise, attachée aux lettres de W*^^ de Sévi-
gné, des chances qu'elles ont courues et du sort qu'elles subirent, i
Mais la première partie du volume est consacrée tout entière à
l'histoire des faits importants dont la Provence fut le théâtre à
partir de 1688 jusqu'à û mort de M. de Grignan, et auxquels celui-ci
prit la première part comme commandant la province : saisie
d'Avignon et d*Orange, troubles causés par le protestantisme,
mobilisation des milices, voyage des princes en 1701, insurrec-
tion des Gévennes, invasion austro-piémontaise, siège de Toulon;
le tout s'entremôlant avec les événements qui se succédèrent pen-
dant ces trente années dans la maison de Grignan. Nous passons
ensuite à M"» de Bimiane et au curieux historique des premières
64 SOCIÉTÉ DB L'HISTOIRE DE FRANGE.
éditions qui parurent entre 1725 et 4754. c C'est là, dit M. de
Saporta, que se déroule le petit drame qui, d'acte en acte, conduit
jusqu'au dénouement final, c'est-à-dire jusqu'à l'édition de 1754,
qui suit de si peu la mort du chevalier de Perrin, de même que
la fin de M»^« de Simiane avait coïncidé plusieurs années aupara-
vant avec l'apparition des deux derniers volumes de l'édition pré-
cédente. » Notre confrère a eu à sa disposition, pour ces deux
parties de son travail, des documents tout à fait nouveaux, qui en
relèvent singulièrement l'intérêt, et les admirateurs de M™» de
Sévigné, — leur nom est légion, — lui sauront gré de cette contri-
bution à l'histoire de la grande épistolière, de sa famille et de son
œuvre.
Je ne dois pas manquer de signaler encore le premier chapitre :
Souvenirs et portraits, à l'appui duquel l'auteur donne la repro-
duction en photogravure : 1® du portrait de M™« de Sévigné appar-
tenant à notre président actuel, comme héritier des Ville-
neuve-Yence; 2^ du portrait de M»« de Simiane, appartenant à
M*i« Goursière.
A. B.
69. — Serrigny (E.). La représentation d'un mystère
de saint Martin à Seurre, en 1496. In -8, 207 p. Dijon,
Lamarche.
(Extrait des Mémoires de rAcadémie des sciences, arts et belles-lettres
de Dijon.)
70. — Tartarin (E.). Étude historique sur Bellegarde-
en-Gâtinais, augmentée d'un essai biographique sur les
anciens seigneurs de Bellegarde et d'une vie du duc d'Antin.
In-12, 117 p. et planches. Orléans, Herluison.
71. — ViALis (G.). Documents relatifs aux représenta-
tions théâtrales en Dauphiné, de 1484 à 1535. In-8, 68 p.
Montbéliard, impr. Hoffmann.
72. — Vidal (P.). Les Juife des anciens comtés de
Roussillon et de Gerdagne. In-8, 97 p. Paris, Diirlacher.
(Extrait de la Revue des études juives.)
73. — Veuglin (V.-E.). La réédiâcation de l'abbaye de
Bernay en 1686. In-8, 23 p. Bernay, impr. Veuclin.
74. — Waddington (A.). De Huberti Langueti vita
(1518-1581). In-8, vi-145 p. Paris, Leroux.
PROCÈS-VERBAL
DE LA
SÉAT^GE DU CONSEIL D'ADMimSTRATION
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE,
TENUE LE 12 MAES 1889,
A l'École des chartes, à quatre heures un quart,
80U8 LA PRisIDENGE DE M. LE COMTE DE LUÇAT, PRESIDENT.
(Procès-yerbal adopté dans la séance du 2 avril suivant.)
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance
précédente ; la rédaction en est approuvée par le Conseil.
M. le président proclame membres de la Société, après
avoir soumis ces nominations à l'approbation du Conseil :
2166. M. DE LA Rochefoucauld, duc de Doudeauville,
député, rue de Varenne^ n*> 42; présenté par M. le comte de
Luçay et M. le marquis de Vogiié.
2167. M. le marquis de Saporta, à Aix (Bouches-du-
Rhône) ; présenté par M. le comte de Luçay et M. de Bois-
lisle.
Publications adressées à la Société.
Publications périodiques. — Revue historique, mars-avril 1889.
— Bulletin de la Société de V Histoire du Protestantisme français,
15 février 1889. — Bulletin de la Société bibliographique, février
1889. — Bulletin de l'Association philotechnique, février 1889. —
Revue de Saintonge et d'Aunis, !«' janvier 1889. — Annuaire des
bibliothèques et des archives pour 1889.
Sociétés savantes. — Bulletin de la Société nationale des
Antiquaires de France, 1887, — Mémoires de la Société nationale
des Antiquaires de France, t. XLVIII. — Proceedings of the Ame"
rican philosophical society held at Philadelphia, jaill.-déc. 1888.
annuaire-bulletin, t. XXVI, 1889. 5
66 SOCIÉTÉ
Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs.
Recueil des chartes de Vahhaye de Cluny, formé par Aug. Bernard,
complété, revisé et publié par Alexandre Bruel. T. IV. In-4.
Paris, Impr. nationale. — Les correspondants de l'abbé Nicaise,
I. Un diplomate érudit au XV II* siècle, Ézéchiel Spanhefm; lettres
inédites (1681-1701), publiées, avec avertissement et notes, par
Emile Du Boys. Br. in-8. Paris, Alph. Picard. — Valerandi
Varanii de gestis Joann» Virginis, Francs egregi» bellatricis ; poème
de 1516, remis en lumière, analysé et annoté par E. Prarond.
In-12. Paris, Alph. Picard. — Les châtelains de Beauvais, par le
vicomte de Gaix de Saint-Aymour. Br. in-8. Beauvais, impr.
Père. — Inventaire et vente des biens meubles de Guillaume de Les^
trange, archevêque de Rouen, nonce du pape Grégoire XI et ambas^
sadeur du roi Charles V, mort en 1389. In-4. Paris, Alph. Picard.
— Un recueil de plaidoyers inédits des avocats angevins aux XVII*
et XVIII* siècles (1680-1730), par André Joubert. Br. in-8. Angers,
Germain et Grassin.
Correspondance.
M°** la baronne de Bussierre et M. Napoléon Magne
remercient le Clonseil de leur admission au nombre des
membres de la Société.
Travœuœ de la Société.
État des impressions à l'imprimerie Daupeley-Gouverneur :
Annuaire-BiUletin de 1888. 1" partie. Feuille 10 tirée,
feuilles 11 et 12 en pages.
— — — 2® partie. Trois feuilles en
placards.
Histoire universelle d' Agrippa d'Aubigné. T. III.
Feuilles 15 et 16 tirées; feuilles 17 à 19 en placards.
Mémoires de Villars. T. III. Feuilles 1 à 14 tirées. On
compose l'Appendice.
Le Conseil autorise la mise en distribution du tome II et
dernier du Jouvencel.
Il invite les commissaires responsables des diverses publi-
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 67
cations dont la mise sous presse a été décidée dans les pré-
cédentes séances à activer le dépôt des manuscrits.
M. le baron de Ruble prie le Conseil de désigner, à sa place,
un commissaire responsable pour suivre l'édition des Chro^
niques de Jean d^Auton, ses travaux personnels et son
éloignement de Paris pendant une grande partie de Tannée
ne lui permettant pas de vaquer à cette fonction. Le Conseil
désigne M. Baguenault de Puchesse, et le charge de s'en-
tendre avec M. de Maulde pour la mise sous presse immé-
diate.
M. Moranvillé, au nom du Comité des fonds, présente
rétat des recettes et dépenses de l'exercice 1888 et le projet
de budget pour l'exercice 1889.
Le Conseil, après avoir donné acte de cette communica-
tion et ordonné le renvoi des documents à MM. les censeurs,
remercie M. Moranvillé, ainsi que ses collègues et que le
trésorier, du dévouement dont ils font preuve pour les inté-
rêts de la Société.
Il prononce la radiation d'un certain nombre de socié-
taires qui n'ont point acquitté leurs cotisations depuis cinq
années.
n désigne les volumes suivants pour composer le prix
d'histoire destiné au prochain Concours général des lycées
de Paris et Versailles :
Histoire de saint Louis, par le Nain de Til^
lemont. 6 vol.
Mémoires de Mathieu Mole. 4
10 vol.
Sur la proposition de M. Léon Gautier, le Conseil décide
que le même nombre de volumes sera mis chaque année à la
disposition du Conseil de perfectionnement de l'École des
chartes, pour les attribuer de la part de la Société à l'élève
de troisième année qui aura le mieux mérité cette distinction.
M. Moranvillé présente l'état des mouvements de librairie
qui se sont produits pendant l'année 1888. A la suite de cette
68 SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE.
lecture, plusieurs membres demandent que le Comité des
fonds cherche de nouveau quels moyens on pourrait adopter
pour l'écoulement des ouvrages anciens restant en nombre.
Le Comité est invité à étudier cette question.
Le Conseil, sur la proposition du Comité des fonds, décide
qu'il sera concédé à la Société archéologique du Midi de la
France un certain nombre de volumes de l'ancien Annuaire.
La séance est levée à cinq heures trois quarts.
II.
BIBLIOGRAPHIE.
75. — Alliot (l'abbé J.-M.). Cartulaire de Notre-Dame
d'Etampes. In-8, xxvi-163 p. Orléans, Herluison; Paris,
Picard.
(Documents pabliés par la Société historiqae et archéologique du
GâUnais.)
76. — Annales ordinis Cartusîensis ab anno 1084 ad
annum 1429, auctore D. Carolo Le Couteulx, cartusiano
nunc, primum a monachis ejusdem ordinis in lûcem editi.
Volumen quartum (1231-1308). In-4, 576 p. Neuville-
sous-Mon treuil, impr. Duquat.
77. — Arnauld d'Andilly. Journal inédit, publié, d'après
le manuscrit autographe de la bibliothèque de l'Arsenal, par
Eugène Halphen. In-8, 64 p. Paris, impr. Jouaust.
78. — Bagalerie (l'abbé E.-J.). La paroisse rurale dans
l'ancienne France en général, et en particulier dans le Tou-
lousain. In-8, 34 p. Montauban, impr. Forestié.
(Extrait du BuUelia de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne.}
79. — JoiGNEAux (P.). Monographie de la commune
de RuflFey-les-Beaune (Côte-d'Or). In-18 jésus, vnr-196 p.
Paris, veuve Rougemont.
PROCÊS-VERBAL
DE LÀ
SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE,
TENUS LB 2 AYBIL 1889,
A l*École des chartes, à quatre heures un quart,
80178 LA PR^IDBNCE DB M. LB COMTE DE LUGAT, PRisiDENT.
(Procès-yerbal adopté dans la séance du 30 avril suivant)
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance
précédente; la rédaction en est adoptée par le Conseil.
M. le président annonce la mort de M. Chevreul fils, qui
était membre de la Société depuis 1852.
n proclame membres de la Société, après avoir soumis
ces admissions à l'approbation du Conseil :
2168. L'Athenaeum-aub, à Londres, Pall-Mall.
2169. La Bibliothèque de l'université de Cambridge
(Angleterre).
2170. La Bibliothèque d'Inner-Temple, à Londres.
2171. La Signet Library, à Edimbourg (Ecosse).
2172. M. HoDJES, libraire, à Dublin (Irlande).
Ces cinq présentations faites par MM. Dulau et Justen.
2173. M. B. Terrât, archiviste-paléographe, ancien
agrégé des Facultés de droit, professeur à l'Institut catholique
de Paris, rue Saint-Romain, n? 18; présenté par MM. Eug.
Lelong et N. Valois.
2174. M. le baron de Bâte, membre de la Société natio-
nale des Antiquaires de France, avenue de la Grande-
Armée, n^ 58; présenté par MM. de Barthélémy et de
Boisli&Ie.
2175. M. le comte Antoine de Nigolay, rue de Lille,
70 SOCIÉTÉ
n<» 80, présenté par MM. le marquis de Vogué et le comte
de Luçay.
2176. La Bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris, repré-
sentée par M. H. La voix, administrateur; présentée par
MM. Servois et Meyer.
Publicatio7is adressées à la Société.
PUBLIGA.TT0N8 PÉRIODIQUES. — Rcvue dcs QuBsUons histoTiquôs,
l«r avril 1889. — Bulletin de' la Société de VHistoire du Protestan-
tisme français, 15 mars 1889. — Bulletin de la Société bibUogra"
phique, mars 1889. — Bulletin de V Association philotechnique, mwrs
1889.
Sociétés savàiites. — Bulletin de la Société des Antiquaires de
VOuest, 4* trimestre de 1888. — Bulletins de la Société des Anti-
quaires de Picardie, novembre et décembre 1888. — Mémoires de
la Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. XXII.
Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs.
Collection des ordonnances des rois de France; cinquième rapport
sur les travaux de la Commission chargée de la publication, lu, le
12 janvier 1889, par M. Georges Picot, membre de Plnstitut. Br.
in-8. Orléans, impr. Girardot. — Edmond Dupont (1827-1886).
Br. in-8. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur. — Étude
historique et archéologique sur la cathédrale et le palais épiscopal de
Paris du F/« au IfP siècle, par V. Mortet, bibliothécaire de l'Uni-
versité. Iu-8. Paris, Alph. Picard.
Correspondance .
M. le marquis de Saporta remercie le Conseil de l'avoir
admis au nombre des membres de la Société.
M. l'abbé G. Douais, secrétaire général de la Société
archéologique du Midi de la France, remercie le Conseil
d'avoir bien voulu concéder à cette Société une collection
d'Annuaires -Bulletins .
M. H. Lavoix, administrateur de la bibliothèque Sainte-
Geneviève, k Paris, demande l'admission de cet établisse^
ment au nombre des membres de la Société.
M''^ Dupont-Châtelain ofifre la notice indiquée ci-dessus.
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 71
OÙ sont reproduits les discours prononcés sur la tombe de
son mari.
Tra'oauœ de la Société.
État des impressions à l'imprimerie Daupeley-Gouverneur :
Annuaire-Bulletin de 1888. !'• partie. Feuilles 9 à
12 distribuées.
— — — 2« partie. Feuilles 13 et
14 en pages, 15 en placards. On compose la suite.
Histoire universelle d* Agrippa d'Aubigné. T. III.
Feuille 16 tirée; feuilles 17 à 20 en pages.
Mémoires de Villars. T. III. Feuille 16 tirée. On com-
pose l'Appendice.
M. le marquis de Beaucourt annonce que M. de Bourmont
n'a pas terminé ht préparation du texte de la Chronique
du héraut d'armes Berry, et donne quelques renseigne-
ments sur ce travail. — L*ensemble du texte et de l'introduc-
tion ne pouvant former que deux volumes de dimensions
insuffisantes, le Conseil, sur la proposition du Comité de
publication, décide qu'il ne sera fait qu'un seul volume,
sauf k ajouter trois feuilles au nombre réglementaire, s'il en
est besoin, et charge M. de Beaucourt, comme commissaire
responsable, d'en informer l'éditeur.
M. Delisle, président du Comité de publication, dépose le
manuscrit de la Chronique d*Artur^ comte de Riche-
mont, par Gruel, préparé par M. Levavasseur, et prêt à
être mis sous presse. L'éditeur estime que le texte, les notes
et l'introduction ne formeront pas plus de "350 pages. — Le
Conseil autorise la mise sous presse immédiate et désigne
M. le marquis de Beaucourt comme commissaire respon-
sable.
M. Baguenault de Puchesse, commissaire responsable
désigné pour la publication des Chroniques de Jean d'Au-
ton, dépose le manuscrit du premier volume préparé par
M. de Maulde et prêt à être mis sous presse; mais il fait
observer que l'abondance des notes et leur disposition dans
le manuscrit ne permettent pas suf&sanunent de juger des
72 SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE.
dimensiops du volume, et que, pour se conformer aux déci-
sions du Conseil, il conviendrait que ce calcul fût fait par
rimprimeur d'après les résultats de la composition des pre-
mières feuilles. — Le Conseil, sous cette réserve, autorise
l'envoi du manuscrit à l'imprimeur.
Sur la demande du Comité des fonds, le Conseil autorise
M. Moranvillé à mandater un certain nombre de dépenses.
M. Moranvillé, au nom du Comité des fonds, présente un
rapport circonstancié sur l'état des volumes en magasin et
sur les mesures à prendre pour remédier à un encombrement
trop considérable.
Sur sa proposition, le Conseil prend les décisions sui-
vantes :
1° A partir du présent jour, et sauf exceptions à détermi-
ner par le Conseil, le chiffre du tirage sera réduit à 750 exem-
plaires, même pour les ouvrages en cours d'impression.
2® Le Comité des fonds et le Comité de publication sont
autorisés à désigner les publications déjà anciennes et les
ouvrages dépareillés qui pourront être mis à la disposition
des sociétaires à un prix de rabais, ou réduits par toute
autre voie au nombre d'exemplaires reconnu nécessaire pour
les besoins de la vente courante.
3*^ Une circulaire indiquera dans quelles conditions les
ouvrages désignés par le Comité des fonds seront mis à la
disposition de chacun des membres de la Société.
4^ Des facilités particulières seront accordées aux éditeurs
qui voudraient acquérir plus d'un exemplaire de leurs
propres publications.
M. Meyer, directeur de l'École des chartes, remercie le
Conseil d'avoir bien voulu décider, dans la précédente
séance, que dix volumes seraient mis chaque année à la dis-
position du Conseil de perfectionnement pour les attribuer à
l'un des élèves de la promotion sortante.
Le Conseil fixe l'ordre du jour de l'Assemblée générale du
7 mai, et prie M. Ludovic Lalanne de vouloir bien y faire
une lecture historique.
La séance est levée à cinq heures trois quarts.
PROCÈS-VERBAL
DE LA
SÉANCE DU CONSEIL D'ADMimSTRATION
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE,
TBNTJB LB 30 A7RIL 1889,
A J 'École des chartes, à quatre heares nn qaart,
sous LA PRB8IDBNCDS DB M. LB COMTB DB LUÇAT, PRISSIDBNT.
(Procèa-yerbal adopté dans la séance du 4 juin suivant.)
Le secrétaire adjoint donne lecture du procès-verbal de la
précédente séance; la rédaction en est approuvée par le
Conseil.
M. le président proclame membres de la Société, après
avoir soumis ces admissions à l'approbation du Conseil :
2177. M. Arthur Bertrand de Broussillon, archiviste-
paléographe, rue du Bac, n** 126, et au Mans (Sarthe), rue
de Tascher, n** 15 ; présenté par MM. L. Delisle et S. Luce.
2178. M. le marquis de Mortemart, rue Chanaleilles,
n® 4 ; présenté par MM. le comte de Luçay et le comte de
Bâillon.
2179. M. le marquis de Lévis, rue de Lille, n<> 121 ; pré-
senté par M. le comte de Luçay et M. de Boislisle.
2180. La Bibliothèque de la ville de Château-Gontier,
représentée par M. Brocherie, bibliothécaire ; présentée par
MM. Eug. Lelong et Rivain.
Publications adressées à la Société.
Publications périodiques. — Bulletin de la Société bibliogro'
phique, avril 1889. — Bulletin de la Société de l'Histoire du Protes-
tantisme français j 15 avril 1889.
Sociétés Savantes. — Bulletin de la Société des Antiquaires de la
Morinie, janvier-mars 1889.
74 SOCIÉTÉ
Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs.
Lettres et documents inédits pour servir à Vhistoire de la Révolu^
tion dans la Loire-Inférieure, par André Joubert. fir. in-8. Vannes,
Eag. Lafolye. — Premiers voyages aériens à Lyon en 1684, par
Raoul de Gazenove. fir. in-8. Lyon, impr. Pitrat. — Le peintre
Van der Kabel et ses contemporains, avec le catalogue de son œuvre
peinte et gravée (1631-1705), par le môme. Br. in-8. Paris, Rapiily ;
Lyon, Georg.
Correspondance.
M. le Ministre de rinstraction publique et des beaux-arts
invite la Société à se Caire représenter au prochain Congrès
des Sociétés savantes, et, par une autre circulaire, il met à
la disposition de la Société une carte permanente d'entrée à
TExpositiou universelle.
M. le baron de Baye remercie le Conseil de l'avoir admis
au nombre des membres de la Société.
M. R. de Cazenove fait hommage à la Société des deux
ouvrages indiqués ci-dessus.
M. Brocherie, bibliothécaire de la bibliothèque municipale
de Château-Gontier, sollicite l'admission de cette biblio-
thèque au nombre des membres de la Société. Il exprime, en
outre, le désir qu'elle soit l'objet de la part du Conseil d'une
libéralité semblable k celles dont ont déjà bénéficié d'autres
bibliothèques municipales ou universitaires faisant partie de
la Société. — Le Conseil , prenant en considération cette
demande, et sur l'avis conforme du Comité des fonds, con-
cède k la bibliothèque de la ville de Château-Gontier qua-
rante volumes choisis parmi les ouvrages qui existent en
nombre dans le dépôt.
Travatix de la Société.
Etat des impressions à l'imprimerie Daupdey-Gouvemeur :
AnnuairerBtUletin de 1888. Feuilles 12 à 18 tirées
(fin du volume).
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 75
Annuaire^Btdletin de 1889. Feuilles 1 à 4 en bon à
tirer.
Histoire universelle (f Agrippa cTAubigné. T. TH.
Feuilles 17 k 20 tirées ; feuilles 21 à 25 en placards.
Mémoires de Villars. T. III. Feuilles 17 et 18 tirées;
feuilles 19 et 20 en placards.
Chroniques de Jean d'Anton. T. I. Feuille 1 en pages;
on compose la suite.
Chronique du héraut Berry. Feuilles 1 et 2 en pla-
cards ; on compose la suite.
M. Siméon Luce annonce que notre confrère M. Gaston
Rajnaud ne pourra malheureusement, pour des raisons
d'absence prolongée, continuer sa collaboration à l'édition
des Chroniques de J. Froissart. En exprimant les vifs
regrets que lui cause personnellement la perte d'un collabo-
rateur d'une compétence aussi éprouvée, M. Luce souhaite
que M. Raynaud puisse du moins se charger de la prépa-
ration du Glossaire qui, dans sa pensée, doit compléter
l'édition des Chroniques. — M. le président déclare que le
Conseil s'associe entièrement aux regrets et au vœu expri-
més par M. Siméon Luce.
M. L. Delisle, commissaire responsable de Tédition des
Chroniques de J. Froissart y expose les raisons pour les-
quelles le plan de la publication paraît devoir être quelque
peu modifié à partir du prochain volume. En passant du
livre P', dont les rédactions multiples n'avaient pu être
fondues en un seul texte, au livre II, dont, au contraire, le
texte est, à proprement parler, unique, l'éditeur, M. Siméon
Luce, croit pouvoir renoncer sans inconvénient au sys-
tème des sommaires développés, dont l'une des utilités
était précisément de condenser les renseignements donnés
dans le texte principal et dans les variantes. Suivant le nou-
veau mode de publication, les sommaires seraient réduits à
quelques lignes mises en tête de chaque chapitre, et le com-
mentaire critique viendrait se placer au-dessous du texte de
Froissart lui-même. L'un des avantages du nouveau mode
76 SOCIÉTÉ
de publication serait de pennettre à réditeur de mesurer plus
exactement à Favance les dimensions de chaque volume,
dans lequel texte et commentaire devraient suivre une
marche parallèle^ et, par là même, de se conformer plus
facilement aux règles posées par le Conseil pour la dimen-
sion des volumes.
Le Conseil, après en avoir délibéré et avoir entendu
diverses observations de MM. le comte de Marsy et Roo-
quain, approuve la modification proposée d'un commun
accord par MM. Delisle et Siméon Luce.
M. Luce fait savoir que, s'il peut utiliser pour son pro-
chain volume un précieux manuscrit du livre II de Frois-
sart appartenant à la bibliothèque du château de Mailly, il
le doit à la libéralité du possesseur actuel, M. le marquis de
Mailly-Nesle, et aussi à l'obligeante intervention de M. Ber-
trand de Broussillon, que le Conseil a aujourd'hui même
admis au nombre des membres de la Société.
M. le comte de Mas Latrie, membre du Comité des fonds,
donne lecture du rapport que les Censeurs présenteront à
l'Assemblée générale.
Sur la proposition de M. Moranvillé, président du Comité
des fonds, le Conseil autorise le payement d'une somme due
pour frais de présentation de quittances.
La séance est levée à cinq heures un quart.
n.
BIBLIOGRAPHIE.
80. — Bernus (A.). Le ministre Antoine de Chandieu
d'après son journal autographe inédit (1534-1591). In-8,
136 p. Paris, impr. Motteroz.
(Extrait do Bulletin de la Société de IWstoire do Protestantisme
français.)
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 77
81. — BouoEREL (le P.). Le Parnasse provençal, publié,
d'après le manuscrit d'Aix , avec notes et additions , par
Camille Chabaneau. In-8, 86 p. et musique. Paris, Maison-
neuve et Charles Lederc.
(Extrait de la ReToe des langues romanes.)
82. — Castan (A.). Histoire et description des musées
de la ville de Besançon. In-8, 204 p. Paris, impr. Pion,
Nourrit et C*«.
(Extrait de llnTentaire des richesses d'art de la France.)
83. — Chevalier (J.). Essai historique sur l'église et la
ville de Die. T. I : depuis les origines jusqu'à Tannée 1276.
In-8, xvii-500 p. Montélimar, impr. Bourron.
84. — Clément-Simon (G.). Tulle et le Bas-Limou-
sin pendant les guerres de religion (Henri III ; la Ligue ;
prise de Tulle par les huguenots), d'après des documents
inédits. In-8, 272 p. Paris, Champion.
85. — CoQUELm (Dom F.-B.). Histoire de l'abbaye de
Saint-Michel du Tréport, où il est traité de sa fondation,
augmentation, de divers événements, des abbés qui l'ont
gouvernée, des comtes d'Eu, ses fondateurs, de ses bienfai-
teurs et bienfaitrices, des prieurés et des paroisses qui en
dépendent, le tout justifié par plusieurs titres, chartes et
autres pièces authentiques ; publiée pour la première fois,
avec une introduction et des notes, par C. Lormier. T. H.
In-8, 407 p. Rouen, Lestringant.
(Publication de la Société de THistoire de Normandie.)
86. — Dampierre (marquis de). Monographie du château
de Plassac en Saintonge : la Saintonge et les seigneurs de
Plassac (1215-1669). Grand in-8, 476 p. La Rochelle,
impr. Texier.
87. — Dampierre (marquis de). La Saintonge et les sei-
gneurs de Plassac : le duc d'Épernon (1554-1642). Grand
in-8, ix-352 p. Paris, Picard.
88. — Dampierre (vicomte A.-G. de). Histoire de la
ville d' Agen et pays d'Agenois, suivie des Annales ou Chro-
78 SOCIÉTÉ
I
nique agenoise composée par M. Labenazie, chanoine et
prieur de Téglise collégiale d*Âgen, et colligée par M. Dar-
ribeau de Lacassagne, avocat, seigneur d'Ârtigues. T. I.
Grand in-8, xiy-423 p. Montauban, impr. Montalbanaise.
89. — Drapeyron (L.). L'image de la France sous les
derniers Valois (1525-1589) et sous les premiers Bourbons
(1589-1682) : projet d'enquête sur les géographes français
du XVI* et du xvii® siècle, soumis à l'Académie des inscrip-
tions et belles-lettres. In-8, 19 p. Paris, Delagrave.
(Extrait de la Revue de géographie.)
90. — DuGHEMiN (P.). Histoire de Bourgthéroulde et
de sa collégiale, publiée sous le patronage de la municipa-
lité de cette commune. In-8, 268 p. Pont-Audemer, impr.
Administrative.
' 91 . — FouRNiER (P.). Une forme particulière des fausses
décrétales, d'après un manuscrit de la Grande-Chartreuse.
Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur.
(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.)
92. — GiRAXJD (L.). Des promesses de mariage; étude
historique et juridique. In-8, 66 p. Paris, Pichon.
(Extrait de la Re?ue critique de législation et de jurisprudence.)
93. — Grasset-Morel. Différend entre le chapitre cathé-
dral de Montpellier et le chapitre collégial de Saint-Sau-
veur (xvii^ et xviii® siècles). In-4, 20 pages. Montpellier,
impr. Boehm.
(Extrait des Mémoires de rAcadémie des sciences et lettres de Hont-
peilier.)
94. — - Guilhiermoz (P.). De la persistance du caractère
oral dans la procédure civile française. In-8, 49 pages.
Bar^le-Duc, impr. Contant-Laguerre.
(Extrait de la Nouvelle revue historique de droit français et étranger.)
Les historiens du droit ont l'habitude d'insister sur la prédomi-
nance de récriture dans la procédure française à partir de la fin
du XIII* siècle. Sans prétendre s'inscrire en faux contre cette affir-
mation, notre confrère montre ce qu'elle peut avoir d'excessif et
de dangereux. Il prouve, par une série d'observations bien déduites,
que saint Louis a trouvé en usage une procédure orale, et qu'il en
a respecté le caractère essentiel. N. V.
DS L'HISTOIRE DS FRANCE. 79
05. — ' Histoire de l'Ecole navale et des institutions qui
l'ont précédée, par un ancien officier, avec lettre du yice-
amiral Jurien de la Gravière, de l'Académie française. In«4,
371 p., et 40 compositions hors texte, par Paul Jazet; grav.
sur bois par Méaulle. Paris, Quantin.
96. — ' Inventaire des manuscrits de la bibliothèque de
Cujas (1590). In-8, 12 p. Bar-le-Duc, impr. Contant-
Laguarre.
(Extrait de la Nouvelle rerne hUtoriqpie de droit français et étranger.)
97. — Inventaire sommaire des anciennes archives de
la maison de la Pojpe-Serrières, dressé postérieurement à
1741 par François de la Poype, comte de Serrières ; publié
d'après les manuscrits originaux, entièrement inédits, par
l'un de ses arrière-petits-flîs ; suivi d'un commencement de
généalogie de cette famille, rédigé vers 1766. In-4, xn-
245 p. Grenoble, Drevet.
98. — Jadart (H.) et P. Pellot. Maître Robert de Sor-
bon et le village de Sorbon (Ardennes) ; notice publiée à
l'occasion du monument érigé à la mémoire du fondateur de
la Sorbonne dans son pays natal. In-8, xiv-82 p. et grav.
Reims, impr. Monce.
99. — Lacaze (L.). Recherches sur la ville de Pau
(I : Dénomination des rues de Pau pendant la période révo-
lutionnaire; II : Origine des noms des rues anciennes et
modernes de la viUe de Pau). In-8, 180 p. et planche. Pau,
impr. Aréas.
(Extrait da Balletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pan.)
100. — Mamoz (D.). Histoire de la franc-maçonnerie à
Angoulême au xvm® siècle. In-8, 40 p. Angoulême, impr.
Lugeol, Voleau et C?^
101. — Mabttn (A.). Etude historique et descriptive sur
la.Cerlangue et Saint- Jean -d'Abetot; ouvrage orné de
12 planches en glyptographie. In-8, 200 p. Fécamp, impr.
Durand et fils.
102. — Prudhomme (A.). Histoire de Grenoble. In-8,
xiv-685 p. Grenoble, Gratier.
80 SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE.
103. — - Recueil des chartes de l'abbaye de Glany, formé
par Auguste Bernard, complété, révisé et publié par
Alexandre Bruel, sous-chef de section aux Archives natio-
nales. T. IV (1027-1090). In-4, 835 p. Paris, Imprimerie
nationale.
(CoUecUon de documents inédits sar l'histoire de France.)
104. — RoBfAN (J.). Le peintre Pierre GourdeUe (1555-
1588). In-8, 24 p. Paris, impr. Pion, Nourrit et O*.
105. — RoNDOT (N.). Lalyame, Hendricy et Mimerel,
sculpteurs et médaiUeurs à Lyon au xvn* siècle. Grand in-8,
44 p. et 2 portraits. Lyon, impr. Mougin-Rusand.
106. — Sagnier (A.). Les municipalités du Comtat aux
xvn« et xvm* siècles. In-8,. 26 p. Avignon, Seguin frères.
(Extrait des Mémoires de l'Académie de Yanclase.)
107. — Saint-Simon. Écrits inédits de Saint^imon,
publiés sur les manuscrits conservés au dépôt des Affaires
étrangères, par M. P. Faugère. T. VII : notes sur tous les
duchés-pairies, comtés-pairies et duchés vérifiés depuis 1500
jusqu'en 1730. In-8, xvi-400 p. Paris, Hachette et 0«.
108. — Stein (H.). Les travaux bibliographiques de
1878 à 1888. In-8, 104 p. Paris, au siège de la Société
bibliographique.
(£xtrait do Compte renda des travaux dn Congrès bibliographicfue
international teua à Paris, da 3 au 7 avril 1888, sous les auspices de
la Société bibliographique.)
Nui n'était mieux préparé que notre confrère M. Stein à donner
une suite au rapport présenté en 1878, dans un congrès analogue,
par M. G. Pawlowski. Les historiens, en particulier, consulteront
avec fruit cet inventaire méthodique et raisonné de tout ce que
l'Europe et rAmérique ont produit dans le genre bibliographique
pendant les dix dernières années. Un cadre nettement tracé, une
disposition typographique excellente, Tabondance et la précision
des renseignements font de ce mémoire un instrument de travail
aussi commode qu Indispensable. N. V.
109. — Vasghalde (H.). Histoire des troubadours du
Vivarais, du Gévaudan et du Dauphiné. In-16, xii-216 p.,
avec vignettes. Paris, Maisonneuve et Lederc.
PROGËS-YERBAL
DE
L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DE LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE FRANGE,
TBNUB LB 7 MAI 1889,
A quatre heures, dans la salle du Cours d'archéoloipe, A la Bibliothèque
nationale,
sous LA PRSSIDBNGB DB M. Lff GOMTB OB LUÇAT, PBisiDBNT.
(Procèft-yerbal adopté dans la séance du 4 jum suivant.)
L'Assemblée entend la lecture :
1® Du discours de M. le président (voir p. 82) ;
2® Du rapport de M. de Boislisle, secrétaire, sur les tra-
vaux et les publications de la Société pendant l'exercice
1888-1889 (voir p. 97);
3® Du rapport des censeurs, MM. Deïaville Le Roulx et
Durrieu, sur les comptes des recettes et des dépenses de la
Société pendant l'année 1888 (voir p. 113).
Les conclusions de ce rapport, approuvant la gestion et les
comptes de M. G. Rivain, trésorier de la Société, sont mises
aux Yoix par M. le président et adoptées par l'Assemblée.
Élections.
Sont réélus membres du Conseil, pour siéger jusqu'en
1893:
MM. DE Bbaucourt, Delisle,
DE BROGLIB, DE MaRST,
DE Chantéeag, RrVAIN,
DE COSNAC, ViOLLET.
MM. le marquis de Nadaillag et Fr. Delaborde sont
élus en remplacement de MM. Henri Bordier et le comte
Paul Riant, décédés, dont les pouvoirs expiraient en 1889.
M. Julien Havet est élu en remplacement de M. le
comte Edouard de Barthélémy, décédé, dont les pouvoirs
devaient expirer en 1891 .
annuaire-bulletin, t. XXVI, 1889. 6
82 SOCIÉTÉ
Sont réélus censeurs : MM. Joseph Dblavillb Lb Roulx
et Paul DuRRiEU.
M. Ludovic Lalanne, membre du Conseil, lit une note
historique sur une anecdote de Brantôme relative à Cathe-
rine de Médicis (ci-après, p. 116).
La séance est levée à six heures.
Discours de M . le comte de Lxjçay , président de la Société
PENDANT L'EXBRaCE 1888-1889.
Messieurs,
Ceux qui m'ont précédé au fauteuil que j'occupe aujour-
d'hui ont considéré comme leur premier devoir, en ouvrant
votre Assemblée générale, d'exprimer à leurs collègues toute
leur gratitude de la présidence qu'ils avaient bien voulu leur
décerner. Tenir, ne fût-ce qu'une année, la place qu'ont rem-
plie si longtemps, et avec tant d'éclat, deux des plus illustres
fondateurs de notre Société, le baron de Barante et son ami
et émule M. Guizot, a paru aux maîtres mêmes de la science
historique un insigne honneur, honneur que le modeste ami
de cette science qui vous parle en ce moment apprécie,
croyez-le bien, comme il le doit. Il se permet de compter, en
même temps, sur votre indulgence pour l'accomplissement de
la tâche qui lui incombe aujourd'hui.
Aussi bien cette tâche ne laisse pas d'avoir, par certains
côtés, ses difficultés comme ses tristesses. C'est, en effet, à
votre président. Messieurs, qu'est dévolu le soin de consta-
ter les vides qui, au cours de Tannée, se sont produits dans
vos rangs, pour adresser, en votre nom, aux confrères que
la mort nous a ravis un souvenir d'affectueux regret, pour
rappeler ce qu'ils ont été, quels services ils ont rendus k la
science, à la littérature, à l'histoire, quelle collaboration leur
a due notre propre Société. Trop heureux le président auquel
il serait donné, en faisant ainsi Tappel, de reconnaître que
DE L'mSTOIRX DB FRANGB. 83
tous sont Ik pour y répondre. Mais, hélas! une pareille bonne
fortune est des plus rares, si tant est qu'elle ait pu jamais se
produire. En tous cas, elle n'est pas échue à l'année 1888-
1889. La nomenclature des pertes que nous ayons éprouvées
est longue au contraire : elle ne comprend pas moins de qua-
torze de nos sociétaires.
Parmi eux, quelques-uns n'étaient malheureusement
demeurés que peu d'années avec nous : M. Constant Yan
Ouwenhuysen; M. l'abbé Degout, doyen de Mormant,
ecclésiastique distingué et instruit, dont la collection biblio-
graphique et artistique abondait, en précieux documents
sur l'hagiographie du diocèse de Meaux; M. Bertrandy-
Lacabane. Neveu et élève de l'un des créateurs de la Société,
M. Bertrandy avait débuté sous ses auspices, et c'est à lui
qu'il dédia les Études sur les chroniques de Fraissart,
guerre de Guyenne (1345-1346), l'un des plus appréciés
de ses ouvrages. Je citerai aussi les Essais et notices pour
servir à V histoire de Seine-^t^-Oise , dont il a publié
deux intéressants volumes consacrés à l'ancienne châtel-
lenie de Brétigny-sur-Orge. L'auteur a su mettre en œuvre
avec une érudition réelle les documents aujourd'hui con-
servés aux archives départementales de Versailles, dont il
avait demandé et reçu la direction, après avoir exercé les
fonctions d'inspecteur général.
Les autres sociétaires que la mort a rayés de nos cadres
cette année se rattachaient tous à nous par les liens d'une
longue confraternité ; plusieurs avaient apporté un utile con-
- tingent h nos travaux.
C'est d'abord un contemporain de notre fondation même,
M. Lucien Fouché, qui aurait pu, il y a quelques années
déjà, célébrer sa cinquantaine comme membre de la Société
de l'Histoire de France , car il fut admis dans la séance
du 2 novembre 1835. Employé dans l'administration des
finances à Evreux, notre confrère consacrait les loisirs que
lui laissaient ses fonctions à des études d'histoire et de littéra-
ture. Il a fourni à la Société libre de l'Eure, comme secrétaire
pour la section des lettres, un actif et dévoué concours, dont
il a voulu que les libéralités de son testament perpétuassent
84 SOCIÉTÉ
l6 souveair ; il a légué à la ville d'Ëvreux sa bibliothèque,
composée avec un soin tout particulier et avec un goût de
véritable lettré.
C'est M. le baron Edmond Renouardde Bussierre, ancien
ambassadeur, ancien pair de France. De 1830 k 1848,
il a successivement représenté son pays à Darmstadt, à
Dresde, à la Haye, à la cour de Naples. La révolution du
24 février est venue brusquement interrompre une carrière
déjà si bien remplie, et, à peine âgé de quarante-quatre ans,
il est entré volontairement dans une retraite dont il n'est
plus sorti, pour rester fidèle aux princes qu'il avait servis, et
ne prêter, comme il aimait à le redire avec fierté, en sa vie
qu'un serment.
C'est M. Guillaume, qui, pendant de longues années sous-
directeur au Ministère de l'intérieur, y a laissé les souvenirs
d'une haute intégrité, alliée à une grande modestie, en même
temps que d'une science administrative étendue. Ses trois
traités sur la Voirie urbaine^ la Voirie vicinale^ la Voi-
rie rurale, ont témoigné, par de nombreuses éditions, de la
juste autorité dont jouissait leur auteur. Il était le type, qui
malheureusement devient chaque jour plus rare, du servi-
teur de l'État sérieux, réfléchi, instruit, et d'une honorabilité
respectée de tous.
C'est M. Henri Chevreul, magistrat démissionnaire en
1848, que son mariage avait fixé à Dijon. Bibliophile et
numismate distingué, M. Chevreul s'était formé une belle
bibliothèque, riche surtout en ouvrages sur le xyf siècle, et
avait réuni une curieuse collection de monnaies royales et
de monnaies bourguignonnes. L'Académie des sciences, arts
et belles-lettres de Dijon, où il siégeait depuis 1853, l'avait
élu vice-président en 1872, puis président en 1875; la Com-
mission des antiquités de la Côte-d'Or lui avait conféré, en
1886, le titre de vice-président. Auteur d'une Vie d'Hubert
Languet, il a publié, d'après le manuscrit de la Bibliothèque
de l'Institut, le Livre du roy Charles de la chasse du
cerf, et réédité plusieurs ouvrages, notamment des pièces
rares et curieuses sur l'histoire de la Ligue en Bourgogne.
Notre confrère était fils de l'illustre centenaire ; il a précédé
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 85
de quelques jours dans la tombe celui qu'aux applaudisse-
ments unanimes de la Chambre une voix autorisée a proclamé
« tout ensemble un grand savant, un chrétien convaincu et
un bon citoyen. >►
C'est M. Gustave Masson. Assistant-master au collège de
Harrow-on-the-HiU, il avait voué sa vie tout entière au pro-
fessorat et au culte des lettres. Elle s'est écoulée pour une
grande part en Angleterre ; mais ses nombreuses publica-
tions sont là pour prouver que, loin d'avoir oublié la mère-
patrie, son principal souci a été d'en faire apprécier les
che£sMl'œuvre littéraires , d'en vulgariser les fastes histo-
riques. Son obligeance égalait son érudition, et tous ceux
d'entre nous qui se sont trouvés en relations avec lui ont
conservé un reconnaissant souvenir de cette obligeance, qui
les guidait à travers les dépôts littéraires d'outre-Manche.
Notre Bulletin lui est redevable, entre autres morceaux
inédits, d'une intéressante série de Lettres de la princesse
des UrsinSy découvertes par lui au Musée Britannique.
Lorsque j'aurai encore mentionné M. Othon de Clermont
et M. de Matharel, conseiller à la Cour des comptes, je me
trouverai presque au bout de notre triste rouleau des morts
pour Tannée 1888-1889. Trois noms seulement y demeurent
inscrits. Mais ces noms sont ceux de trois confrères, le comte
Edouard de Barthélémy, le comte Riant, M. Henri Bordier,
que vos suffi*ages avaient appelés à siéger au Conseil, qui
n'ont cessé de mettre au service de notre œuvre leur expé-
rience et leur dévouement, dont la collaboration comme
l'amitié étaient justement appréciées de tous leurs collègues.
Vous trouverez donc bien naturel. Messieurs, que je m'arrête
quelques instants à vous parler d'eux.
Frappé presque au lendemain de notre Assemblée géné-
rale de l'an dernier, le comte Edouard de Barthélémy suc-
combait en trois jours, plein de vie, aux atteintes d'un mal
foudroyant. D'une ancienne maison champenoise, il était né
le 21 novembre 1830, à Angers, où son père était alors
préfet. Dès 1853, il débutait à son tour dans la carrière
administrative et, après avoir rempli quelque temps le poste
de conseiller de préfecture des Pyrénées-Orientales, était, en
86 SOCIÉTÉ
octobre 1856, nommé auditeur au Conseil d'Etat. Le décret
du 8 janvier 1859 qui rétablit le Conseil du sceau des Titres
lui confia les fonctions de secrétaire général de ce Conseil,
fonctions qu'il devait conserver jusqu'à la suppression du
4 septembre 1870. Elles ne pouvaient être remises en de
meilleures mains ; car, à des connaissances toutes spéciales
en matière nobiliaire, il joignait du tact, beaucoup de dis-
crétion, une parfaite urbanité. Trop considérable est la liste
de ses ouvrages héraldiques, des recherches de noblesse et
des armoriaux qu'il a eidiumés de la poussière des archives
et produits au jour, pour que je puisse songer à la donner ici.
Je citerai seulement, à raison de son intérêt historique et
de son caractère général, le grand recueil que, de concert
avec M. de la Roque, il a publié sous le titre de Catalogue
des gentilshommes qui ont pris part ou envoyé leur
procuration aux assemblées de la Noblesse pour Véleo-
tion des députés aux Etats géfnéraux de 1789. Edouard
de Barthélémy n'était pas seulement un généalogiste ; il était
aussi un historien, unérudit, un archéologue. Collaborateur
du Bulletin monumental dès l'âge de vingt ans, membre
correspondant des Académies de Reims, de Châlons et de
Troyes, membre associé de la Société des Antiquaires de
France, membre du Comité des travaux historiques, il n'a pas
un seul jour, de 1850 à 1888, cessé de tenir la plume, mettant
une merveilleuse activité, une rare persévérance à réunir et à
publier tout ce qui, mémoires, correspondances, relations,
cartulaires, documents inédits, pouvait toucher à sa pro-
vince d'origine. Une mort imprévue ne lui a pas permis de
revoir cette œuvre inunense et d'y établir, ce qui lui a
manqué parfois peut-être, la précision des détails ; il n'en a
pas moins élevé à la gloire de son cher pays de Champagne
un monument dont celui-ci conservera le reconnaissant sou-
venir. Du caractère le plus enjoué, d'une extrême obligeance,
d'un commerce non moins sûr qu'agréable, notre confrère a
laissé autour de lui, dans sa Camille comme parmi ses nom-
breux amis, un vide que rien ne pourra combler. Vous vou-
drez bien, Messieurs, que l'un de ceux auxquels il a été donné
de jouir pendant plus de trente ans des charmes de son inti-
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 87
mité lui rende aujourd'hui devant vous ce témoignage et
exprime en même temps au savant membre de Tlnstitut son
firère, qui siège dans votre Conseil, nos plus sympathiques
regrets.
C'est loin de nous, au château de la Yolpilière en Valais,
où le retenaient les soins d'une constitution ébranlée, que le
comte Paul Riant est mort le 16 décemb^e dernier. Il n'était
âgé que de cinquant^eux ans. L'Académie des inscrip-
tions et belles-lettres, dont il faisait partie depuis 1880, a
rendu , par l'organe de son président, aux qualités et à la haute
valeur de l'éminent confrère qu'elle venait de perdre un hom-
mage public auprès duquel celui que je pourrais essayer de
formuler serait sans autorité. Je me bornerai à résumer très
brièvement les titres de notre collègue à la reconnaissance
conome aux regrets du monde savant. Elève distingué du
GoU^e de Yaugirard, il conquit fort jeune le grade de doc-
teur ès-lettres. Les deux thèses qu'il présenta à la faculté de
Paris, le LS)er Tetrasticht^s cCHincmar le moine^
patriarche de Jérusalem^ et les Expéditions et pèleri-
nages des Scandinaves en terre sainte ^ au temps des
Croisades^ lui ouvrirent la voie, alors encore peu frayée,
dans laquelle il n'a cessé de s'avancer depuis , marquant
presque chacun de ses pas par de fécondes explorations, par
de précieuses découvertes. Parmi ces découvertes, n'en est-il
pas une au moins que je dois rappeler ici : celle de la Chro-
nique de Guy de Bazoches, qu'il a reconnue dans un
manuscrit anonyme de Saintr-Médard de Soissons, et qui se
rapproche en tant de points de cette Chronique dAuhry de
Trois-Fontaines qui a souvent fait l'objet des délibérations
de notre Conseil et figure encore sur ses programmes? Les
Sacrœ eœuviœ Constantinopolitanœ^ curieuse enquête
sur les vicissitudes et le sort des trésors enlevés par les croisés
aux palais et aux églises de Constantinople^ Y Inventaire cri-
tique des lettres historiques des Croisades sont, comme
les autres travaux du comte Riant sur le moyen âge, deve-
nus classiques. Sa h^ute compétence le désignait naturelle-
ment à l'Académie pour faire partie de la Commission char-
gée de publier les Historiens occidentauœ des Croisades.
88 SOCIÉTÉ
Il laisse iDachevé le tome Y de ce recueil, dont il avait réuni
les matériaux et commencé même l'impression. Il laisse éga-
lement inachevée une grande publication sur Tévêché de
Bethléem (Nièvre), pour laquelle il entretenait une corres-
pondance constante avec les érudits du monde entier, et dont
le premier volume seul a paru.
Je ne saurais quitter le comte Riant sans parler de cette
Société de l'Orient latin qu'il fonda en 1875, de concert avec
quelques amis dévoués, à l'instar de la Société de l'Histoire
de France. Il en a été jusqu'au bout l'inspirateur, le secré-
taire général le plus actif, le rédacteur le plus assidu, en
même temps que le trésorier le plus généreux. Notre érudit
confrère avait voulu contribuer à notre volume du Cinquan-
tenaire par une notice sur la Déposition de Charles d* An-
jou pour la canonisation de saint Louis ^ déposition dont
il avait découvert les fragments dans un manuscrit de la
bibliothèque du Vatican, le Liber bellorum Domini. On
trouve en ce court mais substantiel mémoire les qualités
maîtresses qui distinguent ses autres ouvrages : l'ordre et la
clarté dans l'exposition, la rigueur irréprochable dans l'ar-
gumentation , un soin méticuleux dans l'établissement des
textes, n doit nous faire vivement regretter que les travaux
multiples, que la santé délicate du comte Riant ne lui aient
pas permis de nous donner une collaboration plus effective,
et qui eût eu pour nos publications de si féconds résultats.
Il en a été tout autrement de M. Henri-Léonard Bordier,
que nous avons eu la douleur de perdre le 31 août dernier,
à l'âge de soixante-onze ans. On peut dire qu'une bonne
partie de sa vie, toute de science et d'études, fut consacrée
à la Société de l'Histoire de France. Il y avait été admis dès
1839, et faisait partie de son Cionseil depuis 1860. De 1857 à
1865, il a publié pour elle les Livres des Miracles et autres
opuscules de Grégoire de Tours. Cette édition, en quatre
volumes^ comprend, avec les textes latins, une traduction
française, et est suivie d'une bibliographie des ouvrages du
célèbre auteur. Elle forme l'utile complément de la grande
Histoire ecclésiastique des Francs y qui a été l'une des
premières publications de notre Société. En 1852, M. Bor-
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 89
dier fat chargé de la rédaction du Bulletin. Il a enrichi ce
recueil de nombreux documents et de dissertations intéres-
santes, particulièrement sur les premiers siècles de la monar-
chie. Lorsque des raisons de famille l'obligèrent, en 1862, à
résigner le naandat qui lui avait été confié, le Conseil tint,
en acceptant sa démission, à lui en exprimer ses regrets una-
nimes. Élèye de TÉcole des chartes, auxiliaire de l'Académie
des inscriptions et belles-lettres, membre de la Société des
Antiquaires de France, ancien archiviste aux Archives natio-
nales, bibliothécaire honoraire au département des Manuscrits
de la Bibliothèque nationale, notre confrère laisse de nom-
breux et importants ouvrages, tels que Y Histoire de France
depuis les temps les plies anciens jtisqu*à nos jours,
d'après les documents originaux et les monuments de
Vart de chaque époque^ écrite en collaboration avec
M. Charton , et la réimpression, sous les auspices de la Société
de l'Histoire du Protestantisme français, dont il a été l'un des
membres les plus dévoués et les plus actifs^ de la France
protestante des frères Haag, qu'il a conduite jusqu'au
sixième volume. Vous voudrez bien. Messieurs, qu'en ma
qualité de Beauvaisin, je mentionne spécialement aussi la
curieuse étude qu'il a consacrée à Philippe de Rémi, sieur
de Beaumanoir. Dans la magistrale édition qu'il nous a
donnée des Coutumes de Beauvoisis, le comte Beugnot
avait laissé dans l'ombre les origines de leur auteur : M. Bor-
dier, à l'aide de documents puisés aux sources, a mis ces
origines en lumière et a établi qu'issu d'une famille seigneu-
riale du comté de Clermont, Beaumanoir avait vraisembla-
blement pour aïeul l'un des chevaliers qui combattirent à
Bouvines et que Guillaume le Breton, dans sa Philippide,
cite comme commandant les milices de Compiègne. Il a, en
mane temps, établi l'identité du grand jurisconsulte du
XIII® siècle avec le trouvère, jusqu'alors inconnu, qui a com-
posé les poèmes héroïques de la Mannekine et de Jehan de
Dammartin et Blonde d'Oxford.
Jeune encore, notre confrère avait formé le projet de
dresser l'inventaire des miniatures qui enrichissent les mil-
liers de manuscrits exécutés au moyen âge, et, pour le réa-
90 SOCIÉTÉ
User, il avait offert à la Bibliothèque nationale de coopérer à
la rédaction des catalogues du département des Manuscrits.
La Description des peintures et autres ornements conr-
tentM dans les manuscrits grecs de la Bibliothèque^
beau volume in-4^ avec gravures, qu'il a publié en 1885, et
qui ne fait pas moins honneur à Thabileté du dessinateur
qu'à la science du paléographe, est le résultat des longues
années qu'il a données à cette collaboration désintéressée.
Le titre de bibliothécaire honoraire au département des
Manuscrits en fut la juste récompense.
Avant d'entrer à la Bibliothèque, M. Bordier avait, pen«
dant deux années, de 1851 à 1853, occupé l'emploi d'archi*
viste aux Archives nationales. C'est là qu'il réunit les maté-
riaux de son livre : les Archives de la France^ dont je
voudrais que vous me permissiez, Messieurs, de vous entre-
tenir qudques instants.
A l'époque où parut ce livre, en 1855, l'histoire de nos
grands dépôts de Paris, aussi bien que de ceux des départe-
ments, était peu connue, ne l'était même pas. Leur création
date, vous le savez, de la Révolution. Avant 1789, les divers
corps de l'État, les parlements, les chambres des comptes,
les cours des aides, les intendances, les états provinciaux,
les archevêchés et évêchés, les ordres religieux et militaires,
les établissements monastiques, les villes, les juridictions de
tous degrés, les communautés et corporations, les châteaux
avaient chacun leurs archives, qu'ils mettaient la plupart
un soin jaloux à conserver : c'étaient à la fois leurs titres de
propriété et leUrs titres de gloire. Un relevé dressé par les
intendants, vers 1770, en réponse à une enquête ouverte
par Bréquigny, sur l'initiative du secrétaire d'état Bertin,
le fondateur du Cabinet des chartes, évaluait à 5,700 le
nombre des dépôts d'archives existant à cette époque sur
toute la surface du royaume en dehors de Paris ; les monas-
tères entraient dans ce total pour 1,700, et les maisons sei-
gneuriales pour à peu près autant. Quelles épaves en est-il
arrivé jusqu'à nous ?
En prétendant substituer de toutes pièces une nation nou-
velle à l'ancienne France historique, au lieu de diercher à
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 91
améliorer, conformément aux cahiers de leurs commettants,
à transformer graduellement les institutions existantes, les
législateurs de 1790, et plus encore leurs successeurs, en
vinrent à vouloir anéantir jusqu'au souvenir du passé. Les
archives des juridictions ainsi que des établissements suppri-
més avaient dû être versées, à Paris aussi bien que dans les
départements, aux mains des administrations nouvelles'.
Leurs dépôts ne tardèrent pas à se grossir des papiers et docu-
ments de tant de familles que dépouilla la confiscation révo-
lutionnaire. En 1792, sur la proposition de Condorcet,
l'Assemblée nationale ordonna de brûler tous les titres
généalogiques , par la raison « qu'il serait dispendieux de
les conserver, et qu'il était utile de les anéantir. » Toutes
les pièces de comptabilité remontant au delà de trente ans,
beaucoup d'autres documents encore furent condamnés au
même sort, et la sentence reçut sur bien des points, en
bien des lieux, sa lamentable exécution, au témoignage de
Michelet lui-même, qui ne saurait être assurément taxé
d'hostilité pour la Révolution : € Les parchemins eurent
aussi, dit-il quelque part, leur tribunal révolutionnaire sous
la dénomination de Bureau du triage des titres : tribunal
expéditif, terrible dans ses jugements. Une infinité de
monuments furent frappés d'une qualification meurtrière :
titre féodal. Cela dit, c'en était fait. » Cependant le
triage des titres, quelque barbares qu'aient été les pro-
cédés employés, constituait relativement un bienfait, si
l'on considère. que l'ignorance révolutionnaire avait été
d'abord sur le point de livrer aux flammes la totalité des
papiers des étabUssements supprimés. J'emprunte l'aUéga-
tion à un rapport de l'archiviste de la République, Camus.
Ce ne furent pas toutefois, quoi qu'on ait prétendu, les
intérêts de la science qui déterminèrent la Convention à ne
point donner suite aux autodafés qu'elle avait d'abord édic-
tés. Le Trésor se trouvait alors, comme il lui est arrivé plus
1. Snr la formation des ArchiTes nationales, Toir les lois des 12 sep-
tembre 1790 et 10 octobre 1792; snr celle des archives départementales,
Toir la loi du 5 brumaire an V.
92 SOCIÉTÉ
d'une fois depuis, réduit aux dernières extrémités, et Ton
avait fait remarquer la valeur réelle des parchemins et
papiers proscrits, les bénéfices qui pourraient résulter pour
la nation de leur vente aux enchères, de leur transformation
en cartouches pour le service de l'artillerie. En l'an VII, le
Bureau du triage des titres proclamait officiellement que
« ses opérations avaient produit plus d'un million pesant de
papiers ou parchemins inutiles qui avaient été mis à la dis-
position de la République. »
Combien de pertes irréparables pour l'histoire, l'archéo-
logie, la science économique, représente ce million pesant de
pièces dénommées inutiles! Il n'existe à ce sujet que des
données vagues et incertaines. Cependant, si l'on veut cher-
cher à s'en rendre compte S on le peut dans une certaine
mesure, par voie d'exemple et de comparaison, en se repor-
tant au véritable monument que notre savant et dévoué
secrétaire a élevé à la mémoire de la Chambre des comptes de
Paris et delà grande maison parlementaire des Nicolay. On
y voit quelle innombrable et précieuse collection d'actes et
de documents contenaient à elles seules les archives de la
Chambre, quelles vicissitudes subirent ces archives pendant
la tourmente révolutionnaire, de quelles dévastations elles
furent les victimes, comment enfin en furent préservées et
recueillies les épaves. On j voit aussi comment les bandits
de la Commune, sinistres émules des vandales de 1792, ont,
en mai 1871, livré aux flammes les archives reconstituées
de la Cour qui avait, en 1807, remplacé l'antique Chambre
souveraine des comptes.
Le Consulat rétablit l'ordre dans le service des archives,
comme il le fit dans toutes les autres parties du gouverne-
ment, et, pendant une période malheureusement courte, les
bâtiments de l'ancien hôtel Soubise se trouvèrent abriter les
1. Le marquis de Laborde l'a essayé dans son livre des Archives de la
France, et Toici sa conclusion : € J'ai calculé, dit-il (p. 125), que plus de
10,000 archives ont été atteintes et plus on moins dévastées, qu'elles
contenaient un milliard de documents, qu'on en a détruit plus des deux
tiers, et qu'on a bouleversé l'ordre du dernier tiers. »
D8 L'HISTOmS DE PftANCE. 93
trésors historiques, non seulement de TEmpire français, mais
encore d'une partie de l'Europe. Camus et son successeur
Daunou avaient déjà donné aux archives centrales de Paris
leur organisation presque définitive.
Le classement et la mise en ordre des dépôts des départe-
ments, des communes et des établissements hospitaliers ont
été l'œuvre de la monarchie de Juillet. Ils datent des circu-
laires des 8 août 1839 et 24 avril 1841. Une commission
supérieure avait été instituée, en même temps, au Ministère
de l'intérieur, pour concourir à l'examen et à la direction de
tous les travaux relatifs à l'organisation et à l'exploration
des archives départementales et communales. Elle compre-
nait parmi ses membres MM. Guérard, de Wailly, Lepre-
vost, Letronne, C!h. Lenormant, Yitet, J. Desnoyers, noms
chers à l'érudition comme à notre Société, qui s'honore à bon
droit de les compter parmi ses ouvriers de la première heure.
Sous leurs auspices, l'exploration ne pouvait être que féconde.
Dès 1847, la commission faisait imprimer un Catalogue
des cartulaireSj et, l'année suivante, un Tableau général
numérique par fonds des archives départementales
antérieures à 1790. Ces deux documents étoient, avec le
Tableau systématique des archives de V Empire y qui
dateit de 1812, les seuls qui fussent aux mains du public
lorsque parut l'ouvrage de M. Bordier.
C'est donc avec raison qu'un des juges les plus compétents,
notre éminent confrère M. Léopold Delisle, a pu dire de ce
volume « qu'il fut une vériteble révélation^ » comme il devait
rester plusieurs années encore, et « jusqu'aux grandes publi-
cations officielles dont il fut le précurseur, le seul fil conduc-
teur à l'aide duquel les travailleurs pussent se retrouver. »
Vous connaissez ces publications. Messieurs, et vous pou-
vez apprécier chaque jour, par les services qu'elles vous
rendent, combien elles devaient faire défaut autrefois. C'est
en 1853, l'année même où M. Bordier recueillait les éléments
de son livre, que le Ministère de l'intérieur décida de donner
au tableau général de 1848, qui s'était borné à enregistrer
pour chaque dépôt d'archives départementales le titre et
l'état numérique des fonds qu'il comprenait, son complé-
94 SOCIÉTÉ
ment nécessaire, le catalogue analytique du contenu de cha*
cun de ces fonds. Dès le milieu de l'année suivante, un rap-
port officiel le constate, l'établissement de ï Inventaire
sommaire était en pleine voie d'exécution dans toutes les
préfectures, et préparait, pour tous les genres de recherches,
la mine la plus féconde de renseignements et de documents.
L'impression en a commencé en 1861 et se poursuit, depuis,
sans relâche. L'an dernier, la collection des inventaires
sommaires des archives antérieures à 1790 comptait plus de
250 volumes, dont un tiers afférent aux archives des com-
munes et établissements hospitaliers. Elle venait de s'enri-
chir du catalogue des manuscrits conservés dans les mêmes
dépôts. Les sujets de ces manuscrits sont des plus variés :
théologie, liturgie, jurisprudence, philosophie, sciences, art
militaire, pédagogie, belles-lettres, et surtout histoire locale ;
ils fourniront aux Sociétés savantes un nouvel et fécond élé-
ment de publications.
D'autre part, le dépouillement et la mise en ordre des
pièces et documents de la période révolutionnaire ont été
entrepris et sont en bonne voie.
Je ne vous ai jusqu'ici entretenus. Messieurs, que des
archives départementales et communales. Je voudrais vous
parler maintenant des Archives nationales, du précieux con-
tingent que leur excellent et distingué personnel a fourni
aux études historiques dans le dernier quart du siècle.
Parmi les publications que nous devons à ce grand éta-
blissement, il en est qui, tout en conservant la forme d'in-
ventaires, portent un caractère d'érudition personnelle, avec
l'empreinte de la science, de leurs auteurs. Je citerai : les
Layettes du Trésor des chartes, par MM. Teulet et J. de
Laborde; les Actes du Parlement de. Paris, par M. Bou-
taric ; les Titres de V ancienne maison ducale de Bour-
bon, par MM. Huillard-BréhoUes et Lecoy de la Marche.
J'aurais à citer également les répertoires de certains fonds
principaux, où les pièces sont tour à tour analysées ou
publiées, par ordre de classement, avec une compétence toute
spéciale. Les Cartons des Rois, de M. Jules Tardif, les
Collections de sceaux, de M. Douët d'Arcq, V Inventaire
\
DE LUlSTOmE DR FRANGE. 95
des arrêts du Conseil d'État sous Henri IV, de notre
zélé secrétaire adjoint, M. Noël Valois, permettent d'ap-
précier quelles sont déjà et quelles seront l'importance et
l'utilité de cette cat^orie de recueils, qui se poursuit.
D'autres publications sont surtout œuvre d'archivistes, et
ont pour objet de fournir au public les moyens de se con-*
duire au milieu des innombrables richesses historiques que»
recèle l'ancien hôtel Soubise.
C'est sur cet ordre de travaux que se porte actuellement
l'eflfort principal de l'administration des Archives. Vous dire
que la direction en appartient à notre collègue M. Servois,
n'est-<» pas vous donner du même coup la certitude de l'ac-
tivité et de l'exactitude qui présideront à l'exécution ?
Violemment arrachés, dans la fin du siècle dernier, ainsi
que je Tai dégà indiqué, aux chartriers publics et privés,
soumis aux opérations barbares du triage, les documents
ont subi, lors de leur entrée aux Archives nationales, un
classement nouveau qui, sans tenir compte de la provenance
des pièces et brisant comme à plaisir avec la tradition, les
a trop souvent éparpillés dans des séries différentes.
D'après ce classement, le marquis de Laborde avait,
en 1867, pris l'initiative de l'impression d'un Inventaire
général sommaire. L'inventaire devait donner, suivant
l'ordre des trente-neuf séries dont se composent les Archives,
l'indication de chaque matière, en observant la succession
actuelle des numéros et des cotes. L'œuvre a été dernière-
ment reprise, et vous aurez bientôt entre les mains Y Etat
général sommaire par séries des documents conservés
atuv Archives. Cet Etat aura, avec le temps, pour complé-
ment, des Répertoires numériques par fonds; celui du
Parlement de Paris est sur le point de paraître.
Mais, État général et Répertoires numériques seraient
insufiSsants pour mettre les travailleurs à même de recon-
stituer les anciens fonds dispersés, de retrouver à travers les
diverses séries les pièces qui les composaient, et qui sont
nécessaires à l'histoire des établissements supprimés depuis
1789. Cette reconstitution, l'administration des Archives Ta
essayée en 1871 sur l'initiative de notre éminent confrère et
96 SOCIÉTÉ
coU^e M. Alfred Maurj. Vous avez depuis lors à votre
disposition le Tableau méthodique, et vous savez ce qu'il
vaut.
Il me resterait encore, Messieurs, pour terminer mon
aperçu d'ensemble, à vous parler de certains inventaires
spéciaux, tels que le Musée des Archives, à vous parler
aussi des Tables alphabétiques des Publications du Châ-
telet de Paris pendant les XVIP et XVIIP siècles,
ainsi que des Lettres patentes enregistrées au Sénat de
1804 à 1815. Mais je m'aperçois que le désir de constater
les progrès accomplis, depuis le temps où M. Bordier publiait
le premier guide des travailleurs aux Archives, m'a foit abu-
ser, plus qu'il n'aurait convenu, de votre bienveillante atten-
tion. Je m'arrête donc, et j'ose espérer que le sujet que j'ai
abordé pourra, dans une certaine mesure, me servir d'excuse
auprès de vous.
Nul ne me semble, en effet, se lier plus intimement aux
travaux, à l'avenir même de notre Société.
Les archives départementales, pour s'en tenir à elles, ne
renferment-elles pas d'innombrables séries de matériaux
indispensables à quiconque voudra désormais sérieusement
étudier notre histoire, tant générale que locale, les mœurs,
les usages, les conditions d'existence des générations qui
nous ont précédés sur le sol de la patrie? L'exploration
conduite depuis 1841 à travers ces archives n'a-t-elle pas
déjà fait reconnaître, ne découvre-t-elle pas chaque jour des
mines dont les érudits peuvent, sans crainte de les épuiser,
exploiter les filons pour tous les siècles passés? N'est-ce pas
là que Ton retrouve l'ensemble des documents relatifs à l'or-
ganisation politique, administrative, judiciaire et financière
de nos anciennes provinces, l'histoire spirituelle et tem-
porelle des abbayes et monastères, les archives complètes
des états particiQiers, qui assurèrent, jusqu'en 1789, à la
Bretagne, à la Bourgogne, au Languedoc, à la Provence
l'indépendance de leur administration intérieure, tout ce qui
concerne la convocation aux Etats généraux, l'élection des
députés et la préparation de ces Cahiers qui avaient posé
les vrais principes de la France moderne ?
DE L'HISTOIRE DE FRANCS. 97
Quant aux Archives nationales, rénumération que je viens
de faire de leurs publications ne vous a-t*elle pas rappelé,
Messieurs, les noms de ceux qui ont été ou sont encore parmi
les meilleurs des collaborateurs de notre œuvre ? N'est-ce
pas dans le personnel des Archives que vos suffrages vont le
plus souvent, et avec raison, chercher les membres de votre
Ck)nseil? N'ai*je pas été précédé dans l'honneur de la prési-
dence par l'un des chefs les plus appréciés de ce personnel,
mon excellent collègue et ami M. le comte de Mas Latrie?
N'y aurai-je pas pour successeur le savant qui, après avoir
débuté aux Archives, dirige maintenant, avec autant de
talent que de dévouement, cette grande École des chartes qui
offre aux délibérations de votre Conseil une si gracieuse hos-
pitalité, en même temps qu'elle assure à l'exécution de notre
programme la plus utile et fructueuse collaboration ?
Ce programme, Messieurs, notre Société l'a formulé dès
le premier jour ; depuis un demi-siècle, elle le poursuit sans
relâche et avec le succès que vous savez. Elle convie à y
concourir avec elle tous les travailleurs de bonne volonté
qui veulent, par la publication des documents originaux,
populariser l'étude et le goût de notre histoire nationale.
Rapport de M. de Boislisle, mebibre de l'Institut,
SECRÉTAIRE, SUR L'ÉTAT DES TRAVAUX DE LA SoCIÉTÉ.
Messieurs,
Le discours que vous venez d'entendre rend bien ingrate
la tâche d'un simple secrétaire -rapporteur, à qui il n'est
plus possible, après son président, d'aborder des sujets d'un
ordre aussi élevé ; mais, puisque les règlements exigent que
je vous expose à mon tour l'état de nos travaux, permettez-
moi de solliciter très humblement, très sincèrement aussi,
votre indulgence pour ce compte rendu annuel. De mon côté,
je m'efforcerai d'être bref et de faire que les conclusions vous
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 7
/
98 SOCIÉTÉ
semblent satisfaisantes au double point de vue des intérêts
scientifiques et de l'honneur de votre Société.
Après avoir regagné amplement l'avance que nous avions
perdue depuis longtemps, nous nous maintenons dans la
situation acquise grâce au zèle de nos éditeurs, et, cette
année, vous avez reçu dès les premiers jours, comme com-
plément de l'exercice 1888 , déjà représenté par les deux
parties du tome VIII des Chroniques de Jean Froissart et
par le tome II et dernier du Journal de Nicolas de Baye y le
tome IV et dernier des Mémoires d'Olivier de la Marche;
puis vous avez été invités à retirer de la librairie, pour l'exer-
cice 1889, le tome II et dernier du JouvenceL Ainsi, votre
Conseil a eu non seulement la satisfaction de commencer
régulièrement le service de cette nouvelle année, mais celle
aussi de terminer presque en même temps deux publications
en plusieurs volumes, qui, sans être de dimensions extraor-
dinaires, avaient quelque peu langui l'une et l'autre, pour
des moi\h divers.
Vous possédez donc complets les Mémoires d'Olivier de
la Marche. On n'en avait jusqu'ici qu'une version altérée
par le premier éditeur du xvi* siècle, Denis Sauvage, et
rajeunie à dessein, sans aucun respect du style, de l'ortho-
graphe, ni même du texte contenu au manuscrit qui porte
aujourd'hui le n° 2869 du fonds français de la Bibliothèque
nationale. C'est encore ce manuscrit que MM. Beaune et
d'Arbaumont ont pris pour base de notre nouvelle édition,
mais, cette fois, en le suivant fidèlement, parce que, sans
être la minute ou l'original des Mémoires , il provient d'une
famille alliée aux La Marche et qu'on le considère comme
ayant pu être revu et corrigé conformément aux indications
de l'auteur. Tout à côté de ce manuscrit, sous le n* 2868, il
en existe un autre, de 1495, qui ne contient que le livre P"",
et qui fut vraisemblablement transcrit sous les auspices
d'Olivier de la Marche, sinon sous sa dictée. Pour cette rai-
son, nos éditeurs ont pris au manuscrit 2868 ce texte du
livre I", que Denis Sauvage n'avait point connu. C'est donc
une restitution complète. Ainsi établis, les Mémoires ont
Ds VEssrouoL ]» nAifcc. 99
reçn de nombreases notes, tirées pour la plapart des archives
de la maison de Bourgogne, qne les éditeurs avaient hen-
rensoDent à leur portée dans le dépôt du département de la
C6te-d'0r, ou recueillies dans les archives du départaient
du Jicfrdf du royaume de Belgique, ainsi qu'à la Bibliothèque
nationale, à Douai, Turin, la Haye, Vienne, etc. Les mêmes
dépôts et bibliothèques leur ont fourni des textes nouveaux
du traité d'Arras, de la description des noces de Charles
le Ternaire, de l'état de la maison ducale, de diverses
pièces inédites ou peu connues sur les fêtes de Tordre de la
Toison d'or.
Dans une notice qui est venue se joindre au premier
volume, les éditeurs ont retracé la biographie d'Olivier de la
Mardie et la biblû^raphie raisonnée des manuscrits de ses
œuvres historiques ou poétiques, avec une appréciation de
leur valeur littéraire. Pour cette partie du travail» ils ont
pu, heureusement, se servir de la publication d'un de nos
jeunes confr^^s, M. Henri Stein, qui, lui aussi, avait tait
une étude très approfondie d'Olivier de la Marche et de ses
écrits, et dont le volume a paru juste à point, l'année der-
nière. Enfin, suivant l'exemple donné par leur commissaire
responsable dans sa propre édition de Mathieu cCEscauchy,
MM. Beaune et d'Arbaumont ont enrichi la table analy-
tique de notices biographiques et bibliographiques, se réfé-
rant souvent à des pièces originales d'archives.
Nous avons le ferme espoir que les mérites divers de leur
publication seront appréciés des bons juges, et que ces quatre
volumes feront honneur à la Société en même temps qu'aux
éditeurs choisis par elle.
J'en dirai tout autant du Jouvencel, dont le second et
dernier tome vous a été distribué il y a un mois.
Dans ce volume, M. Léon Lecestre a terminé le texte de
l'oeuvre de Jean de Bueil et donné le « Commentaire » de
Guillaume Tringant, un des compagnons du célèbre capi-
taine. Comme je vous l'ai déjà exposé, ce commentaire est
une partie intégrante, un complément nécessaire de la publi-
cation, puisqu'on fournissant la def des pseudonymes et des
événements déguisés par l'auteur, il transforme en œuvre
. iOO SOCIÉTÉ
historique ce qui n'était, à l'apparence, qu'un pur roman ou
un simple traité d'art militaire. Il forme même une sorte de
petite chronique, allant de 1423 à 1453, et où Tringant a
raconté des faits dont il avait été témoin oculaire.
L'éditeur associé à M. Lecestre, M. Camille Favre, dont
je vous ai dit, l'année dernière^ quel était l'apport dans,
l'œuvre commune, a joint encore au tome II toute une série
de pièces de premier ordre sur la part prise par Jean de
Bueil aux menées du Dauphin en 1446, sur les relations du
duc de Savoie avec la cour de France, sur les mariages de
Jean de Bueil avec sa seconde femme Martine Turpin de
Crissé, et de son fils Antoine avec la fille d'Agnès Sorel et
du roi Charles VII, sur son procès avec les Bourbons pour
la succession des Dauphins d'Auvergne et de la maison de
Sancerre, enfin sur la généalogie de la maison de Bueil
(pièce attribuée à Racan, qui était d'une branche cadette).
En tête des ouvrages qui sont en cours d'impression, le
tome III de l'Histoire universelle cP Agrippa (ÏAubigné
est le plus avancé, et il vous sera probablement distribué
dans un ou deux mois, avec le tome III des Mémoires du
maréchal de Villars. L'achèvement en a été un peu retardé
par certains scrupules que M. le baron de Ruble, bibliophile
consommé et profondément respectueux des divisions adop-
tées par son auteur, éprouvait à passer, dans ce même
volume, du livre I au livre II, et à faire une coupure au
milieu du récit de la Saint-Barthélémy. Ces scrupules, le
Conseil les a levés en prenant les responsabilités à sa charge,
et, d'autre part, en laissant quelque latitude à l'éditeur.
En partant du mois d'août 1568, d'Aubigné raconte le sou-
lèvement du parti huguenot, la réunion de ses forces en une
seule armée, et les grandes actions de guerre qui marquèrent
les deux campagnes suivantes : bataille de Jarnac, où périt
Louis P% prince de Condé; bataille de Moncontour, plus
importante encore par ses résultats ; siège de Niort, siège de
Poitiers, où s'illustra le jeune duc de Guise; prise de Saint-
Jean- d'Angély, que Charles IX assiégea en personne —
aucun roi de France n'avait paru à la tête des armées depuis
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 101
Pavie; — débuts brillants du duc d'Anjou, qui, plus tard,
sous le nom de Henri III, devait si mal les contijiuer. Alors,
rhistorien protestant arrive au récit de la Saint-Barthé-
lémy, et non seulement il y met une rigoureuse exactitude,
sauf en quelques points de détail secondaire, que notre édi-
teur rectifiera minutieusement, mais il le traite avec un soin
particulier, qui a produit la narration la plus complète et la
plus sûre de cet événement néfaste.
Sans crainte de me répéter d'année en année, je veux
encore rendre justice au labeur persistant et fructueux de
M. de Ruble, dont le dévouement à Tœuvre entreprise sous
vos auspices se maintient toujours et lui permet, comme
vous le voyez, de remplir les engagements pris au début,
sans cependant que ses autres travaux sur le xvi^ siècle en
souffrent trop, puisqu'il vient de consacrer au traité de
Cateau-Cambrésis un volume des plus remarquables, ou le
mérite de la narration ne le cède en rien à la valeur de docu-
ments innombrables mis pour la première fois en lumière.
Ne devrais-je pas adresser le même hommage, en votre
nom, à M. le marquis de Vogué? Le voici arrivé à la fin du
tome III des Mémoires du maréchal de Villars, qui
s'étend de l'année 1708 à l'ouverture des négociations de
Rastadt, en 1713. Vous y trouverez la campagne du maré-
chal en Savoie, puis ses quatre laborieuses années de séjour
en Flandre > laborieuses et glorieuses pour lui et pour la
France, autant par la défaite de Malplaquet que par la vic-
toire de Denain, qui sauve la France et hâte les négocia-
tions de paix. Ces événements ayant occupé une place ^
importante dans les deux volumes que notre éminent édi-
teur a récemment publiés à part, sous le titre de : Villars
d'après sa correspondance et des documents inédits,
il a pu se dispenser de joindre un long commentaire au récit
des Mémoires ; mais l'Appendice, qu'on achève d'imprimer,
vous offrira des pièces inédites d'un haut intérêt : ce sont
surtout des extraits de la correspondance de Marlborôugh
avec le prince Eugène, et de celle de Villars lui-même avec
le duc d'Ormond, généralissime anglais, à qui le maréchal
adressa, le 25 juillet 1712, une copie de sa relation officielle
102 SOCIÉTÉ
de la bataille de Denain. Cette dernière pièce manquait aux
archives du Dépôt de la guerre : c'est pour nous une heu-
reuse fortune qu'elle se soit retrouvée dans un lot considé-
rable de papiers du duc d'Ormond acquis en Angleterre par
M. de Vogué.
Passons maintenant aux ouvrages dont le Conseil vient
d'autoriser la mise sous presse, et parmi lesquels le pre-
mier terminé complétera l'exercice 1889. Ce sont : 1* les
Chroniqtùes de Jean (ÏAïUon, éditées par M. René de
Maulde; 2* la Chronique du héravt d'armes Berry,
éditée par M. le comte Âmédée de Bourmont; S^'la Chro-
nique d'Arthur y connétable de Richement , par (?m7-
laume Gruel, éditée par M. Achille Le Vavasseur.^ Ces
éditeurs sont tous les trois sortis très brillamment de l'Ecole
des chartes, ce qui nous répond d'eux et de leur œuvre ; le
Conseil leur a adjoint comme commissaires responsables :
pour Jean d'Auton, H. Baguenault de Puchesse, si familier
avec les textes du xvi' siècle ; pour le héraut Berry et pour
Guillaume Gruel, M. le marquis de Beaucourt, dont la
compétence en ce qui concerne le xv* siècle est connue de
tout le monde, mais que vous devez remercier particuliè-
rement , puisqu'il a bien voulu accepter en double ces déli-
cates fonctions de commissaire.
n est vrai que la Chronique de Berry et celle du Con--
nétable de Richement, qui formeront chacune un volume
unique, appartiennent tout à fait à la même période du règne
de Charles VII, le héros de M. de Beaucourt; mais encore
existe-t-il entre l'une et l'autre des divergences considé-
rables, des oppositions même, qui exigeront un surcroît de
critique et de vigilance de la part du commissaire respon-
sable, comme de la part des deux éditeurs.
L'auteur qui est échu en partage à M. le comte de Bour-
mont est Gilles le Bouvier, plus connu sous le nom de Berry,
comme héraut d'armes du roi. Sa chronique, s'étendant
de la naissance de Charles VU à sa mort, comprend ainsi,
outre le règne de ce prince, les vingt dernières années du
règne de son père. Il y a joint de plus un traité particu-
/
DE L'HISTOIBE DE FRANGE. 103
lier sur le « recouvrement », c'est-à-dire la délivrance de la
Normandie et des parties de la Guyenne où l'Anglais s'était
maintenu jusqu'en 1448*.
Bien ordonnée, écrite avec sens, dans un style sobre et
clair, la chronique du héraut d'armes pèche par une partia-
lité accusée eu faveur du prince dont il avait partagé les
rudes labeurs comme le triomphe, et qui lui marquait une
prédilection accusée; ou plutôt, on y a signalé une sorte de
parti pris d'omettre les faits et les événements qui eussent
&it tache dans un panégyrique. Ce défaut n'empêche point
que, dès l'origine, tous les auteurs de chroniques et de
mémoires, y compris l'historiographe ofSiciel Jean Ghartier,
aient fait de larges emprunts à Berry. Mais le temps est
bien venu pour la critique de faire là son œuvre d'utilité
publique. Il y a vingt-cinq ans que feu M. Vallet de Viri-
ville prenait un engagement dans ce sens, au nom de notre
Société : cet engagement, M. de Bourmont va enfin y faire
honneur pour nous.
Le plan primitif de son édition a dû être modifié en con-
formité d'une récente décision du Conseil, réduisant la publi-
cation à un volume. Pris au seul manuscrit qui fait connaître
le héraut d'armes Berry comme auteur, le texte ne sera
accompagné que des variantes importantes présentées par
les autres manuscrits, les notes et rectifications étant réser-
vées soit pour la table, soit pour l'introduction. Celle-ci
comprendra : 1® un chapitre sur les chroniques du roi
Charles VU ; 2^ une étude sur les imprimés de ces chro-
niques ; 3^ une autre étude sur les manuscrits ; 4** une bio-
graphie du héraut d'armes Berry ; 5^ une comparaison de
la valeur respective de chaque chronique. Les éléments
nouveaux font encore défaut pour la biographie; aussi
1. Un point a été présenté inexactement depuis qu'il est question de
faire une nourelle édition de la Chronique du héraut d'arme». Le traité
particulier du Bec(mvrement de Normandie avait déjà été imprimé avec
la Chronique même, c'est-à-dire plusieurs fois, lorsque, en Angleterre,
M. Stevenson en a fait la première édition à part. Nous nous empressons
de faire cette rectification, signalée comme nécessaire par M. Hellot, lors-
qu'à a publié le Recouvrement dans ses Chroniques de Normandie,
104 * SOCIÉTÉ
dois-je renouvela l'appel &it rannée dernière k ceux de nos
amis et confrères qui pourraient fournir quelques renseigne-
ments à M. de Bourmont.
Je vous ai entretenus assez longuement, en 1887, de la
Chronique d'Arthur de Richemont, connétable de
France et dtic de Bretagne (1393-1458), dont M. Achille
Le Yavasseur venait de nous proposer de &ire une édition
nouvelle d'après le manuscrit de la bibliothèque de Nantes.
Peu après, M. Le Vavasseur a inséré dans la Bibliothèque
de V Ecole des chartes une partie importante de sa thèse sur
Fauteur de cette chronique, Guillaume Gruel. Gruel a sa
place marquée, à côté du héros d'armes Berry , dont je par-
lais tout à l'heure, à côté des Monstrelet, des Ghartier, des
Mathieu d'Escouchy , dans l'histoire du règne de Charles VII ;
c'est même l'unique source des nombreuses études publiées
sur le vainqueur de Patay et de Formigny (celle de M. Le
Yavasseur est la quatrième que l'on compte dans les douze
dernières années) ; mais, en général, les critiques ont qualifié
son œuvre de panégyrique domestique, et ils accusent Gruel
de desservir la mémoire du roi au profit de celle de son maître
le connétable, comme ils reprochent à Berry d'avoir unique-
ment et exclusivement trouvé des éloges pour Charles VII.
M. Le Vavasseur, dont une des quaUtés maîtresses paraît être
l'impartialité, s'exprime très franchement sur ce point : * Il
est impossible de le nier, dit -il; le Breton, le serviteur
dévoué remplace parfois l'historien; mais on ne trouve pas
dans l'œuvre de Gruel cet esprit d'opposition systématique
qui caractérise le Journal d'un bourgeois de Paris, Et
qui pourrait dire que Berry et Monstrelet n'ont pas aussi
leurs préférences marquées ? On doit contrôler leurs ouvrages
les uns par les autres. Gruel apporte un élément de plus
dans la comparaison : c'est, qu'on nous pardonne l'expres-
sion, l'élément breton, trop négligé par les autres chroni-
queurs. » Ailleurs, M. Le Vavasseur avoue que Gruel ne
brille ni par le style, ni par la langue, ni par l'imagination.
Mais ceci n'est pas la question principale pour nous; il
importe avant tout qu'un texte si intéressant au point de vue
historique soit soumis à une critique sérieuse, devant laquelle
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. d05
tout le monde avait reculé jusqu'ici. Dégagé de ce qui est
suspect ou exagéré , vous y trouverez un tableau exact des
campagnes dirigées contre les Anglais de 1424 à 1450, et il
restera encore une belle place pour Richement dans This*
toire de la délivrance du sol français.
M. Le Vavasseur joindra à son texte une étude complète
sur cette chronique et sur sa valeur historique, un appen-
dice considérable composé de pièces relatives soit à Gruel,
soit à son héros , et des extraits de la Compilation des
chroniques des Bretons due à Pierre Le Baud. Néan-
moins, ce volumen'atteindra pas tout à fait les dimensions
normales, et il sera possible de reporter la différence au profit
de la Chronique du héraut d'armes Berry.
Nous voici enfin arrivés à l'impression des Chroniques
de Jean d'Auton, que le Conseil était obligé de différer
depuis plus de trois ans. Si l'on considère que c'est le seul
texte sérieux que nous possédions sur le début du règne de
Louis XII et sur ses premières expéditions, il paraîtra sur-
prenant que l'érudition n'en ait pas encore donné une édition
plus rigoureusement exacte et critique que celle du bibliophile
Jacob, déjà vieille d'un demi-siècle. Sans doute l'enflure et la
boursouflure poétiques de cette chronique en rendent quelque-
fois la lecture difficile ; mais Jean d'Âuton prenait au sérieux
et en homme consciencieux son rôle d'historiographe royal :
il sait bien ce qu'il raconte, et, style à part, il raconte avec
précision. Son nouvel éditeur, M. René de Maulde, devra
surtout comparer ces récits, tout français d'esprit et de ten-
dances, aux chroniques, journaux et histoires que nos voi-
sins de la péninsule italienne possèdent en grand nombre sur
la conquête du Milanais et du royaume de Naples. Il est
d'ailleurs préparé à cette tâche par des études d'histoire
diplomatique, par des visites fructueuses aux archives
d'outre-monts, par une connaissance approfondie des res-
sources que peuvent fournir nos Archives nationales et notre
Cabinet des manuscrits, et il a fait ses preuves en mainte
circonstance. On peut donc prédire que la nouvelle édition
sera accueillie avec faveur.
106 SOCIÉTÉ
La publication des Lettres de Louis XI est suspendue
depuis près de deux ans ; mais M. Yaesen compte nous livrer
dans un bref délai la copie du quatrième volume, et il y fera
entrer quatre années, de 1469 à 1472 : période des plus
agitées, des plus décisives, où nous verrons se succéder des
intrigues multiples, des conspirations, des coalitions, du côté
de la Bourgogne, du côté de la Bretagne, de la Guyenne, ou
même de la Savoie et de Milan, aboutissant à une nouvelle
prise d'armes de Charles le Téméraire, qui, heureusement,
marque le déclin de sa fortune et l'ascendant définitif de celle
de Louis XL
M. Cougny met actuellement la dernière main au sixième
volume qui doit terminer la publication des Extraits des
Auteurs grecs concernant la géographie et V histoire
des Gaules. Un voyage d'exploration dans les bibliothèques
et musées du Midi lui a donné de très nombreuses et inté-
ressantes inscriptions et légendes numismatiques ; mais nous
ne savons encore si ce supplément pourra être joint au
volume, car il doit déjà comprendre : 1^ les extraits des
poètes depuis Homère jusqu'à Grégoire deNazianze; 2f* ceux
des philosophes et savants, depuis Platon jusqu'à dément
d'Alexandrie; 3** ceux des écrivains divers, lexicographes,
compilateurs, etc.; 4^ enfin, la table générale des noms cités
dans les six volumes, et une courte introduction indiquant
les caractères de la publication et la valeur très diverse des
textes qui y ont pris place.
Nous comptons que cette publication, commencée en 1877,
se terminera à la fin de 1890 ou pour l'exercice 1891.
Il y a assez longtemps. Messieurs, que je ne vous ai parlé
de l'achèvement des Œuvres de Brantâme, craignant de
réveiller votre impatience ou de vous donner des espérances
prématurées. Aujourd'hui, sans aucune hésitation, je vous
promets le tome XII et dernier pour 1890 ; je crois même que
l'éditeur, en vous présentant tout à l'heure un des documents
recueillis à votre intention, prendra des engagements formels.
Retenu jusqu'ici par une publication d'ordre différent qui
était destinée à l'Exposition universelle, il vient de retrouver
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 107
sa liberté et a grande hâte de reprendre contact avec son
vieil ami Brantôme. D'ailleurs, tous les matériaux, ou
presque tous, sontdéjà réunis; ils présententautantde variété
que d'intérêt, et M. Lalanne n'a jamais cessé de les augmen-
ter, même pendant son excursion sur un terrain plus moderne.
Il compte joindre à la notice biographique une notice des
manuscrits, une notice des éditions, une notice sur les
sources françaises ou étrangères auxquelles ont été puisés
les récits de Brantôme, des éclaircissements sur divers sujets
qu'il a traités, tels que duels, assassinats, mœurs, usages,
etc., et enfin un relevé des dictons, proverbes et pensées les
plus remarquables. Cette simple énumération ne vous donne-
t-elle pas quelque envie d'arriver tout de suite à l'exercice
qui sera marqué par la terminaison de notre Brantâme
monumental ?
Une autre bonne nouvelle, toute récente puisqu'elle ne
date que de la dernière réunion du Cionseil, est que M. Siméon
Luce et M. Léopold Delisle^ éditeur et commissaire respon-
sable de la publication des Chroniques de J. Froissart^
ont fait adopter d'importantes modifications au plan primitif,
qui en faciliteront certainement la prompte reprise et l'achè-
vement. Jusqu'ici, l'éditeur se trouvait en présence de quatre
rédactions diàerentes, et il était obligé de disposer ses volumes
d'une feçon fort compliquée : d'une part, le texte principal,
puis les variantes historiques des rédactions et manuscrits
divers; d'autre part, un sommaire analytique et rectificatif,
où il condensait des éléments de récit souvent contradictoires,
en les accompagnant d'un commentaire courant, si copieux
que cette partie du sommaire arrivait à dépasser celle des
textes, comme étendue. Mais nous en avons fini maintenant
avec le livre P', le seul pour lequel Froissart ait refait jus-
qu'à quatre fois la rédaction, et M. Luce se trouvera désor-
mais en présence d'une rédaction unique, dont les difierents
manuscrits n'offrent entre eux que des variantes. Il ne sera
donc plus besoin de conserver les anciennes divisions, ni de
donner un sommaire analytique et détaillé ; les notes cri-
tiques, ainsi que les variantes historiques, se placeront tout
108 SOCIÉTÉ
naturellement au pied du texte même, du texte unique de Frois-
sart. Outre que cette modification rentrera dans les usages
ordinaires, eUe aura encore Tavantage de diminuer notable-
ment la besogne de notre éditeur, et lui permettra en même
temps de proportionner plus exactement les dimensions de ses
volumes dès que le texte et l'annotation marcheront paral-
lèlement; tandis que la disposition en parties séparées du
texte, des variantes^ des sonunaires commentés, n'était point
compatible avec les prescriptions que vous connaissez du
Comité des fonds. N'a-t-il pas fallu, pour le tome VIII, faire
une division en deux volumes, qui ne laisse pas d'avoir des
inconvénients?
Dans les nouvelles conditions, M. Luce a bien voulu nous
promettre que l'impression du livre II commencerait cette
année même et se poursuivrait régulièrement. C'est une bonne
nouvelle, comme je le disais en commençant; maisily a une
contre-partie regrettable. M. Gaston Raynaud, qui s'était
très obligeanunent chargé d'établir le texte des Chroniques
à partir du tome VIII, se trouvera empêché, par un long et
lointain voyage, de continuer cette collaboration. Nous espé-
rons cependant que la séparation ne sera ni définitive ni
complète, et que M. Raynaud, revenant parmi nous, con-
sentira à se charger, non plus du texte, mais du glossaire
qui doit être joint un jour à notre édition. Dans l'état actuel
de la science philologique, l'établissement de ces glossaires
s'impose absolument et exige de plus en plus un rare assem-
blage d'érudition , de délicatesse et de persévérance. Bien
préparé, comme vous le savez, pour cette entreprise, et ayant
tout loisir pour en réunir les matériaux, M. Raynaud ne
saurait se refuser à nos sollicitations, qui ne sont d'ailleurs
qu'un sincère témoignage de notre estime, la simple expres-
sion de notre gratitude et de notre confiance.
Avant de quitter le Froissart, il faut que je complète la
série des bonnes nouvelles en vous informant qu'un nouveau
manuscrit du livre II, faisant partie de la bibliothèque du
château de la Roche-Mailly, vient d'être obligeamment
signalé à M. Luce par notre confrère M. Bertrand de Brous-
sillon. M. le marquis de Mailly-Nesle, comme l'a fait jadis
DE LUISTOIIUE de FRANGE. 109
M. le duc de Mouchy au début de la publication, met ce
manuscrit à la disposition de M. Luce; qu*il veuille bien
agréer ici l'expression des sentiments reconnaissants de
notre Conseil, de notre Société et des amis de l'histoire.
Pendant le cours de l'année qui vient de s'écouler, le
Conseil n'a reçu que deux propositions de publication. La
première venait de notre confrère M. Lanéry d'Arc et se
présentait très favorablement, puisqu'il s'agissait d'ajouter
aux cinq volumes des procès de la grande libératrice un cer-
tain nombre de mémoires théologiques et judiciaires dont
Quicherat n'avait pu que donner quelques textes et indiquer
les autres. Désireux de s'associer à notre œuvre patriotique,
qui a de plus pour lui un intérêt de famille, M. Lanéry d'Arc
s'offirait libéralement à concourir pour une part notable aux
frais de la publication ; mais, comme il demandait, avant
tout, que ceUe-ci parut dès 1889, le Conseil n'a pu, à son
grand regret, accepter cette proposition.
Il a, au contraire, agréé pour une époque assez éloignée,
trois ans sans doute, la proposition présentée par M. Alfred
BaudriUart, professeur agrégé de l'Université. Vous avez tous
entendu parler des heureux résultats d'une mission que ce
jeune historien a remplie en Espagne et des documents qu'il
a rapportés des archives royales d'Alcak-de-Henarès sur
les rapports du roi PhiUppe V avec son grand -père
Louis XIV et avec son frère le duc de Bourgogne. Prochai-
nement, M. Baudrillart fera paraître un ouvrage intitulé :
Philippe Vetla cour de France, où les résultats de ses
découvertes seront exposés plus complètement qu'ils n'ont
pu l'être jusqu'ici dans des comptes rendus au Ministre ou à
l'Académie des sciences morales et poUtiques. Mais il veut
bien nous réserver les documents eux-mêmes, et le Conseil a
accepté en principe sa proposition de publier : 1® un volume
de deux cents lettres du duc de Bourgogne à Philippe V
(1703-1712) ; 2" trois volumes de lettres de Louis XIV et de
réponses de Philippe V (1701-1715). Tous ces textes sont
déjà prêts, et en partie collationnés ; M. Baudrillart possède
également les matériaux de l'annotation. Ainsi, il est pro-
liO SOCIÉTÉ
bable que Timpression de ce précieux recueil pourra com-
mencer vers le temps où M. de Vogué achèvera, sur le même
règne, son édition des Mémoires du maréchal de Vil-
lars. L'accueil empressé fait à ceux-ci, de même qu'à Vil-
lars d'après sa correspondance, et aux belles publications
de notre confrère M. le marquis de Courcy sur la Succes-
sion d'Espagne, garantit que les quatre volumes préparés par
M. Baudrillart auront aussi un grand succès.
Des autres publications que nous réservent, pour un ave-
nir plus ou moins éloigné, divers éditeurs tels que MM. delà
Borderie, de Kermaingant, Farges, Kohler, Pélicier, je n'ai
rien de nouveau à vous dire aujourd'hui.
Mais il me reste encore, pour la partie scientifique de nos
travaux de 1888^ à parler de Y Annuaire^Bulletin^ dont
la seconde section, réservée aux documents et notices histo-
riques, vient de vous être distribuée. Vousy trouverez d'abord
cinquante lettres missives adressées par les rois Charles YIII
et François P', ou par de hauts personnages de leur cour, au
corps municipal de la ville de Troyes. C'est à l'excellent
confrère dont je parlais tout à l'heure, M. Henri Stein, que
nous devons cette série de pièces inédites, qui se rattachent,
non seulement à l'histoire locale, mais à l'histoire générale,
et M. Stein a bien voulu, en outre, les annoter.
Puis vient un projet d'unification de l'impôt préparé en
1583 par le Conseil du roi Henri III. Cette pièce est publiée
par le maître du logis, notre secrétaire adjoint, dont vous
connaissez de longue date les études si importantes sur les
Conseils du roi.
Enfin, les trois dernières feuilles m'ont été obligeamment
abandonnées pour un grand écrivain qui, lui aussi, a déjà
reçu l'hospitalité dans cette maison, qui a même eu les hon-
neurs de la lecture à votre Assemblée générale de 1880.
Puissiez-vous, Messieurs, accueillir avec la même faveur
cette seconde contribution de Saint-Simon !
Permettez-moi maintenant, Messieurs, de vous parler
affaires.
DB L'HISTOIRief DE FRÀNGB. ill
DaDs une de ses dernières séances, le ConseQ, sur la pro-
position de son Comité des fonds, a pris deux importantes
décisions, que les procès- ver baux ne porteront que plus tard
à votre connaissance, mais dont il est urgent que je vous
indique dès aujourd'hui les motifs et la portée véritable.
n a été résolu, en premier lieu, que le chiffre normal du
tirage de nos publications serait, sauf dans les cas exception-
nels, réduit à 750 exemplaires^ tandis qu'il avait dépassé le
chiffre de 1000 pendant un certain nombre d'années. Tout en
assurant aux sociétaires l'intégralité de leurs droits, cette
mesure aura pour effet, d'une part, d'engager nos confrères et
les clients de notre librairie à faire plus rapidement le retrait
ou l'achat des volumes mis en distribution ; d'autre part, de
réduire sensiblement les frais de tirage, de papier et de maga-
sinage ; et enfin, de prévenir l'avilissement des prix courants
de vente qui est la conséquence inévitable de l'existence de
réserves exagérées.
En effet, malgré le renouvellement constant des socié-
taires, et quel que soit le crédit dont jouissent nos publica-
tions, devenues classiques pour la plupart, les chiffres
anciens de tirage ont amené une telle accumulation d'exem-
plaires disponibles de certains ouvrages, soit chez le libraire,
soit dans notre dépôt des Magasins généraux, que ce stock
superflu devient une charge considérable pour notre budget.
Préoccupé de cette situation, le Comité des fonds, après avoir
fait réduire les tirages au chiffre que j'ai indiqué tout à
l'heure, a obtenu le vote d'une seconde mesure, dont vous
avez été avisés sommairement par une circulaire du 30 avril :
c'est la mise en vente à des prix très réduits, niais uniquement
pour les membres de la Société et à raison d'un seul exem-
plaire pour chacun d'eux, de ceux de nos volumes qui exis-
tent en grand nombre et dont l'écoulement n'avance plus
avec la vitesse désirable. La liste en a été jointe à la circulaire
du 30 avril. Nous vous conseillons. Messieurs, de profiter
sans retard des très grands avantages qui vous sont offerts
actuellement, et de cette occasion unique d'augmenter ou de
compléter àpeu de fraisvotre collection. Il a déjà été reconnu,
en quelques jours à peine, que cette mesure serait accueillie
m SOCitiTÉ
comme il coarient. Nos confrères compreDneot que, loin de
déprécier les ourrages èditës sous les auspices de la Société,
elle en assurera et relèvera la valenr pour l'avenir, en
restreignant les existences en magasin aux chiffres rigou-
reusement nécessaires. Mais il fout que tous considériez le
laps de temps indiqué pour vous présenter à la rue de Tour-
non comme un délai de rigueur, la délivrance à prix réduit
devant même être arrêtée dès que le Comité des fonds, qui est
investi pour cela de pleins pouvoirs, le jugera opportun.
Une mesure d'un caractère tout à fait opposé a été expé-
rimentée avec succès dans les derniers mois del888. Je vous
avais annoncé que le Ck>nseil songeait à faire tirer par un
nouveau procédé de reproduction auastatique cent exem-
plaires d'un des volumes dont l'épuisement est aussi regret-
table que préjudiciable à nos intérêts, le tome I des Chro~
niques de J. Froissart. Les procès-verbaux qui sont entre
vos mains vous ont tenus depuis lors au courant de cette
opération, et vous avez été immédiatement appelés à en
bénèBcier. Les résultats ont répondu tout à fait à ce que
nous espérions, et ainsi nos confrères et bon nombre d'éta-
blissements, qui hésitaient naturellement k acquérir la suite
de cette grande publication dépareillée du tome I, se trou-
veront tout munis lorsque viendra le tome IX dont je vous
ai promis la mise en préparation.
EnSn, parmi les récentes décisions du Conseil, il en est
une encore à laquelle je ne doute pas que vous ne donniez
votre approbation pleine et entière : c'est la création
(12 mars 1889) d'un prix analogue à celui que la Société
offre tous les ans au Concours général des lycées et collèges
de Paris, mais destiné, celui-ci, aux élèves de l'École natio-
nale des chartes. Ce témoignage d'estime, de gratitude pour
un établissement qui nous donne tant d'adhérents, tant d'édi-
teurs, tant de conseillers éminents entre tous, ce témoignage,
dis-je, est si naturel, que vous vous étonnerez seulement que
la chose ne fût pas &ite depuis longtemps. Remercions donc
celui de nos collègues qui en a fait dernièrement la proposi-
tion pour resserrer nos liens avec les jeunes chartistes con-
fiés à son enseignement, et cet autre collègue qui, comme
DE L'HISTOIJUS DE FRANCE. Il 3
directeur de l'École, se chargera de faire attribuer nos
volumes à l'élève de troisième année le plus méritant.
En terminant mon rapport l'année dernière, je m'étais
permis d'émettre, non pas une proposition, mais une simple
idée personnelle en vue de l'Exposition qui s'est solennelle-
ment ouverte hier. Le Conseil n'a pas jugé qu'il y eût lieu
d'y donner suite, non plus que de prendre une part directe
à ces grandes assises internationales des sciences, des arts
et de l'industrie. J'ai donc dû m'incliner devant le vote de
mes collègues; mais, très heureusement, le ministère de
rinstruction publique m'a donné une sorte de consolation
partielle, en offrant à toutes les Sociétés savantes de France
d'exposer sous ses auspices et à ses frais les travaux qu'elles
ont produits depuis l'Exposition de 1878. Nous figurons
donc au Champ-de-Mars, en bon lieu et en bonne compa-
gnie, j'oserai ajouter en bon rang, caries cinquante volumes
que nous avons publiés de 1879 à 1888, comme suite des
deux cents volumes de quarante-cinq exercices antérieurs,
prouveront aux visiteurs venus de toutes les parties du
globe que nous n'avons ni perdu ni démérité en vieillissant,
et que notre Société, aujourd'hui comme en 1834, tient
toujours la tête parmi les Compagnies savantes qui cultivent
le champ inépuisable de l'histoire de France.
Rapport de MM. les Censeurs sdr les comptes des
recettes et des depenses de la socibté pendant
l'exercice 1888.
Messieurs,
L'examen que nous avons fait des pièces et comptes que
nous ont présentés le trésorier et le Comité des fonds nous a
permis de constater qu'au 31 décembre 1888 la situation
financière de votre Compagnie était la suivante :
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 8
Recettes.
Recette prévue au budget de 1888 . . 27,649 &. 50 c.
Recette effectuée 26,694 33
pence en moins . . 955 fr. 17 e.
Ce résultat, qui a trompé les prévisions de notre trésorier,
est dû au moins grand nombre de recouvrements des quit-
tances, tant courantes qu'arriérées ( — 750 fr.) ; nous vous
avions déjà, l'an dernier, fait pressentir que sur ce point
nous aurions un mécompte, et que l'amélioration survenae
de ce clief k nos finances ne serait que transitoire ; la vente
des volumes en librairie a également subi un temps d'arrêt
et n'a produit que 2,204 fr. 50 au lieu de 3,000 fr. espérés ;
il en est de même de celle des volumes à la Ribliothèque
nationale, quin'apaseulieu ( — 48&.). Lesintérêts de notre
compte courant ont suivi le mouvement général de nos
recettes et ont été réduits de 25 fr., chiffre prévu, à22fr. 33.
Par contre, l'intérêt de nos obligations s'est élevé de 41 fr.,
grâce & un achat nouveau effectué dans le courant de l'exer-
cice, et nous avons encaissé une recette extraordinaire de
600 fr. provenant du rachat de deux cotisations.
Nous nous hâtons d'observer que ce dernier chiffre, qui
figure aux recettes, a sa contre-partie aux dépenses, puisque,
d'après nos statuts, il doit être remployé en valeurs, et que,
dans le cas présent, le rachat a été fait très largement
(834 fr. au lieu de 600 fr.) en obligations du chemin de fer
de l'Est anciennes.
Dépenses.
La dépense totale s'est élevée à 23,014 fr. 26 c. , se décom-
posant comme suit :
Frais d'impression de cinq volumes ' . 15,017 fr. 40 c.
Réimpression du tome I de Froissari
par le procédé anastatique 932 »»
A reporter . . . 15,949 40
1. A BSToir : Chroniques de Froiisart, t. VIII, 1" et 2' paraes; Jtmr-
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 115
Report 15,949 40
Honoraires d'éditeurs 1,875 »»
Indemnités aux secrétaire et trésorier . 600 »»
— au rédacteur de Tilnnwatre 325 »»
Traitement de l'agent 1,200 »»
Impressions diverses 115 »»
Frais de magasinage 505 80 .
Frais de librairie 879 41
Dépenses diverses 730 65
Achat d'obligations Est anciennes . . 834 »»
23,014 fr. 26 c.
Les dépenses prévues étaient de 23,100 fr.; il y a donc
une différence en moins de 85 fr. 74.
La situation financière au 31 décembre 1888 se résume
donc ainsi :
Recettes réalisées 26,694 fr. 33 c.
Dépenses effectuées 23,014 26
Excédent en caisse 3,680 fr. 07 c.
Un pareil résultat est assurément satisfaisant; mais le
devoir de vos censeurs est de vous signaler la diminution
constante des membres de notre Société, que le recrutement
ne sufSt pas à contrebalancer. Il y a là un danger pour les
finances et pour la vitalité de notre Compagnie, qu'il suffira,
je pense, de vous indiquer pour que vous y apportiez le
remède, en faisant un peu de propagande pour la Société de
l'Histoire de France et en lui amenant de nouveaux membres.
Les écritures qui établissent les comptes ci-dessus nous
ayant paru régulières, nous avons l'honneur de vous pro-
poser l'approbation des comptes du trésorier pour l'exercice
1888.
J. Delaville Le Roulx. P. Durrieu.
nal de Nicolas de Baye, t. II ; Mémoires d^Olivier de la Marche, t. IV;
Ànnuaire-BnUetin de 1887.
UNE ANECDOTE DE BRANTOME
LA DOT DE CATHERINE DE MfiDICIS.
Dans la longue notice consacrée k Catherine de Médicis,
Brantôme a mentioDoé un fait assez extraordinaire et dont
lui seul a parlé. Ce fait se serait passé & l'occasion du mariage
de la nièce de Clément VU avec le duc d'Orléans .
Charles-Quint, nous dit Brantôme, * s'estonnafortdeceste
alliance avec le pape, le cognoissant habille, courageux et
vindicatif de sa prison &icte par son armée impériale au sac
de Rome. Et tel maryagelu^ drapleut tellement, que j'ay ouy
dire à une dame de vérité, lors à la court, que s'il ne fust esté
marié ayec l'impératrice, qu'il eust prins l'alliance dudict
pape, et eust espousé sa niepce, tant pour estre appuyé d'un
si grand partj, que parce qu'il craignoit que le pape luy
aidast k perdre Naples, Milan et Gênes, ainsi qu'il l'avoit
promis au roy François, lorsqu'il luy fîst livrer l'argent du
dot de sa uiepce et ses bagues et joyaux; qu'oultre tout cela,
pour Élire le douaire digne d'un tel mariage, il luy avoit
promis, par Instrument autentique, trois perles d'inexti-
mable valeur, de l'excessiveté desquelles les plus grands
roys estoient fort envieux et coavoiteux, qu'estoient Naples,
Milan et Gênes*. »
Que le pape eût gardé un souvenir amer de sa captivité et
de l'épouvantable sac de Rome, cela n'est point douteux;
mais, qu'il eût fait cette promesse extravagante de donner
ce qui ne lui avait jamais appartenu, et qu'il eût euTimpru-
1. BranUme, t. VU, p. 340.
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 117
dence de la consigner dans un acte authentique, personne
ne peut songer à l'admettre. Pourtant je crois à la bonne
foi entière de la « dame de vérité » et à la transmission fidèle
de son dire par Brantôme. En lisant ce passage, je pensai
tout de suite qu'il y avait là un écho de ces bruits de cour
qu'on rencontre si souvent dans ses livres; et, comme chez
lui il n'y a guère de fumée sans feu, je cherchai longtemps
ce qui pouvait avoir donné lieu à cette singulière l^ende.
Je finis par en trouver l'origine dans un chroniqueur italien
mort en 1558, Bernardo Segni, dont le& Storie florentine
ont été publiées pour la première fois en' 1723, c'est-à-dire
cent onze ans après la mort de Brantôme ^ Voici ce qu'il
nous raconte dans son VP livre.
Lors de l'entrevue de François I* et de Clément VII à
Marseille, au moment du mariage de Catherine de Médicis,
en octobre 1533, les entretiens des deux souverains furent
assez longs et assez fréquents pour faire redouter la rupture
de la paix avec Charles-Quint. « On avait d'autant plus de
raison de le craindre, dit l'historien florentin, que dans le
peuple courut un mot plaisant (faceto) de Philippe Strozzi,
lorsqu'il versa entre les mains des trésoriers du roi l'argent
de la dot promise. En le recevant, ceux-ci murmurèrent
entre eux que c'était une bien petite dot pour le fils d'un roi
aussi puissant. Strozzi les entendit et leur répliqua par une
belle parole : « Ce n'est pas une petite dot, messieurs^ que
« cette dot du pape à monseigneur d'Orléans, si vous y
« ajoutez les joyaux de grandissime valeur qu'outre l'argent
« il ne tardera pas à donner. » A ces paroles, les trésoriers
dressèrent l'oreille : « De grâce, monsieur l'ambassadeur,
« dites donc quels sont ces joyaux. » — < Les joyaux que le
4c pape donnera à votre roi, poursuivit Strozzi, sont Gênes,
« MÙan et Naples. Ne vous semblent-ils pas dignes de la dot
« d'un roi? » Les trésoriers se prirent à sourire. Le mot courut
par toute la cour, et, accueilli très favorablement comme
venant d'un homme gracieux et de grand esprit, il arriva
1. La notice de Brantôme parut pour la première fois en 1659, dans les
AdMUoni aux Mémoires de Castelnaa.
lis SOCIÉTÉ
jusqu'à l'empereur, qui se préoccupait et se souvenait de
toutes choses, si légères qu'elles ftiBBeiit, quand elles pou-
vaient nuire à sa grandeur'. >
Cette historiette me donnait la source du hruit recueilli par
la « dame de vérité. » Mais il restait à découvrir quel mys-
tère se cachait sous les paroles de Strozzi que les trésoriers
avaient prises au sérieux et répétées à la cour.
Quand on mit en vente à Paris, en 1887, les diamants de
la couronne,jeremarquai, dans rènumératioD que l'on publia
de ces joyaux, que Çlusieura des bijoux anciens étaient, en
raison de leur origine, distingués par des noms géogra-
phiques. Bien qu'aucun d'eux ne portât ceux de Gènes, de
Milan et de Naples, le souvenir de Strozzi me revint àTesprit,
et je pensai que sa réponse pouvait bien n'être qu'un simple
jeu de mots, dont les gens du roi n'avaient pas saisi la signi-
fication.
Si l'on possédait une liste des bijoux que le pape avait mis
dans la corbeille de mariage de sa nièce, la question serait
promptement résolue. Malheureusement il n'en existe point ;
mais on a divers inventaires des pierreries possédées par la
famille royale, et je crus ne pouvoir mieux Caire que de
m'adresser à un descendant des anciens joaiUiera de la cou-
ronne, M. Germain Bapst, que je savais avoir sous presse
I. t Tanto più ne ebbe ragione, quanto nel Tolgo si sparw un dell«
bcelo di Filippo Strozzi, utato à lesorieri del re, i quili ricereodo la
dote protnesaa, e pagata per lai, biabigliando dicevano iatn loro che pure
era plccola a un figliuolo d'un re potentiasiroa. Onde egli iccorgeadosene,
coD un bel notto rivoltoii, dièse : iVon è plceola dote, âignori, la data del
Papa a Moruigaore d'OrUens, te H ampuUranno le gloje di vabUa
grandUHma che tosto il Papa debbe dare lopra gue$ti denaH, Aile
qnali parole porto l'orecchlo, digsooo : i DI gnzia, sigDore ambascUdore,
dltene quall sono pur quesle gioje ? i E Filippo soggiouM : < Le gioje che
debbe dare Clemenle al re rostro sono Geoova, Hilano e ^apoli ; ora
non vi pajono queste degae délia dote d'un re ? ■ Sorrisero allon latli, ed
il motto, spargoal per tatta la corle, ebbe gran farore, corne detio da un
Qomo graiiozo e'di grande iagegno, e penetrû Sdo agi! oreccM di Cesare,
che. non strancurando com akaaa, benche legf^eri, che potesse nocere
■lia sua grandezza, ai ricordo poi d'ogni cosa. * — Storie /iorenlitie df
metter Bentardo Segni, gentiluomo ^orentino, dall' antto MDXXVII
ad MDLY, in Augnita, UDCCXXIII; in-f, libro aesto, p. 163-164.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 119
une très importante et très curieuse Histoire des joyatuc
de la couronne de France * . Je lui contai mon embarras et
mes conjectures, et il eut l'extrême obligeance de me com-
muniquer les bonnes feuilles des pages qui pouvaient m'inté-
resser, où, grâce à lui, je pus trouver ce que je cherchais.
Les bijoux que Catherine avait apportés d'Italie restèrent,
sa vie durant, sa propriété, et elle put en disposer à son gré.
Lors du mariage de François II, elle donna à sa bru un
carcan qui figure sur l'inventaire dressé le 26 février 1560
« des bagues de la reyne Marie d'Escoce > devant faire
retour à la couronne*. Ce bijou était, entre autres, orné de
deux diamants : l'un, à six pointes, estimé dix mille écus ;
l'autre, « en table longuette, » estimé huit mille. Onze ans
plus tard, ils sont mentionnés tous deux, dans les mêmes
termes et avec la même évaluation, sur un inventaire des
joyaux de la couronne en date du 26 avril 1571, inventaire
comprenant < les bagues que la rojne mère du roj avoit
données des siennes » ; mais, cette fois, ils sont désignés sous
les noms de table de Gênes et Appointe de Milan^. Leur
destination avait été changée, et ils servaient à orner une
bordure de touret destinée à la nouvelle belle-fille de Cathe-
rine, ÉUsabeth d'Autriche.
Enfin, dans le même inventaire^, figure « ung gros ruby
ballay à jour, percé d'une broche de fer, appelé VŒuf de
NapleSy auquel pend une perle en forme de poire ; cy-devant
estimé lxx" escus. »
Voilà donc retrouvés, à ce qu'il me semble, les trois
joyaux « de grandissime valeur » auxquels Strozzi foisait
une allusion qui causa tant d'émoi. Si les trésoriers du roi
avaient souri de satisfaction en entendant sa < belle parole » ,
le rusé Florentin dut rire plus d'une fois, et de bon cœur, en
pensant au joli tour qu'il leur avait joué.
Lud. Lalanne.
1. L'oarrage a paru chez Hachette en 1889^ un vol. gr. in-8*.
2. Bapst, p. 55^ note.
3. Ibid., p. 160 et 161.
4. Ibid., p. 24 et 169.
BIBLIOGRAPHIE.
ilO. — Babkau (Albert). La TÎe mUitaipe soas l'anciea
régime. — Les Soldats. Iq-8, tiii-385 p. Paris, Firmin-
DidotetO'.
M. Babeau, que nous sommes beuranx de compter panni dos
nouveaux coafrères, a donné au commencement de cette année
une sixième monographie, celle dn Soldai, que j'avais promise en
son nom en 1SS6. C'est le simple soldat de l'ancien régime, ou,
plus exactement, de la période comprise entre l'avènement de
Louis XllI et la déchéance de Louis XVI; nous aurons ensuite
ÏOfflder. Gomment se composait alors l'armée royale, quels étaient
les procédés de recrutement, la vie de p;amison, l'uniforme, la
solde et la nourriture, le service, la discipline, la condition des
bas orGciers, la vie des valets et femmes de soldats, l'organisation
hospitalière et religieuse, le service en guerre, les congés et les
retraites, enfin la composition des régiments étrangers; tels sont
les points que M. Babeau étudie successivement avec la même
méthode, d'après les mémen procédés qui nous ont valu ses excel-
lents tableaux de la Vie rurale, de la Ville, des Bourgeois, etc.
« Ce nouveau portrait, dit-il, dans son introduction, vaut la peine
d'être tenté. C'est celui de ce soldat vaillant qui a été l'instrument
solide, léger et bien trempé de la grandeur de la France depuis
Rocroy jusqu'à Fontenoy- C'est celui du soldat de Condé , de
Tnrenne, de Villars, du maréchal de Saxe et de Bochambeau.
Gomme l'a dit Albert Dnruy, ■ on se sent un peu plus FranQaie s
en revivant dans ce vieux temps plein de gloire et d'honneur. *
A. B.
111. — Babeàd (Albert). Eîssai sur les rapports de l'art
et de l'histoire k Troyes. In-S, 31 p. Troyes, impr. Dufour-
fiouquot.
(Extrait des Mémoires de la Société académique de l'Aube.)
112. — Bapst (Germain). Histoire des joyaux delà cou-
ronne de France d'après des documents inédits. Gr. in-8,
iv-719 p., avec 50 gravures. Paris, Hachette et C".
Même dans les rapports o^ciels qui, tout récemment, ont pro-
voqué la dispersion partielle des joyaux de la couronne, l'histoire
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. i2i
de cette précieuse collection, précieuse encore plus par les souve-
nirs de trois siècles et demi qui s'y rattachaient que par l'énorme
valeur des pièces elles-mêmes, cette histoire avait été très incom-
plètement, très inexactement retracée. C'est au nom des neuf
générations qui se transmirent successivement, dans les familles
Grermain et Bapst, le titre envié de « joaillier du roi ou de la cou-
ronne » que notre confrère a entrepris de reconstituer les origines
et les annales du trésor confié à leur garde. Les dossiers qu'il a
encore entre les mains, comme leur représentant direct, lui ont
permis de joindre une ample moisson de documents aux informa-
tions recueillies dans les dépôts publics, et le monument élevé
ainsi par lui est tout à fait digne du sujet. Siècle par siècle, règne
par règne, depuis l'année 1530, date de la constitution régulière
du trésor, comme propriété inaliénable de l'État, par le roi Fran-
çois !«', jusqu'à la vente de mai 1887, l'historien a pu retracer et
les accroissements successifs de la collection et les vicissitudes
dont elle n'a que trop souvent souffert. La valeur première,
en 1530, équivalait à peu près à trois millions six ou sept cent
mille francs; la vente, en mai 1887, n'a pas rapporté sept millions
à rËtat. Il est vrai que l'on avait eu soin de réserver le diamant le
Régent, qui, à lui seul, représente une moitié de la valeur totale
du trésor, un diamant à cinq pans conservé aujourd'hui au Louvre,
un des Mazarins, le rubis la Côte^de-Bretagne, qui remonte à l'ori-
gine de la collection, et quelques autres pièces.
Mais c'est moins au point de vue technique de la valeur et de la
composition du trésor qu'à celui de l'origine des pièces, des usages
fort variés auxquels elles furent successivement appropriées,
et surtout des relations de leur histoire avec l'histoire politique
et financière de l'ancien régime, particulièrement du xvi« siècle,
qu'il faut signaler ici tous les premiers chapitres du livre. Et beau-
coup d'entre nous éprouveront sans doute la même surprise que
l'auteur lui-môme, « lorsqu'il s'aperçut que cette étude lui faisait
approfondir de très grands événements et les lui montrait sous des
aspects nouveaux et de nature à élucider des questions historiques
encore sans solution. »
A. B.
113. — Delaville Le Roulx. Les anciens Teutoniques
et Tordre de Saint- Jean-de-Jérusalem. In-8, 12 p. Paris,
Impr. nationale.
(Extrait des Comptes rendus des séances de TAcadémie des inscriptions
et belles-lettres.)
L'auteur a retrouvé dans les archives marseillaises une bulle
du pape Gélestin II (9 décembre 1143) et une bulle de Grégoire IX
(17 août 1229) établissant d'une façon indiscutable la subordina-
tion des Hospitaliers Teutoniques, déjà répandus par tout le monde.
tn aliis mundt partibut, à l'antorité du grand maître des Uospita-
liers de Saint- Jean. '
114. — Delislb (Léopold). Mémoires sur les opérations
financières des Templiers. Ia-4 , 248 p. Paris, Impr.
nationale.
(Eitrait des Hémoirw de l'Acadëmie de* latcriplioas et bHlef-letbet.)
I Je voadrais montrer comment Lee Templiers, précareeura ou
émules des sociétés italienoes, oat eu pendant longtemps entre
leurs mains une grande partie des capitaux de l'Europe, et com-
ment la confiance inspirée par le prestige dont ils étaient univer-
sellement entourés en a fait les banquiers ou les trésoriers de
l'église romaine, de beaucoup de parûculiers, de princes et de
rois. J'insisterai principalement sur les services que, de ce cher,
ils ont rendus aux rois de France, et dont l'exposé mérite de for-
mer UD chapitre de l'histoire de nos institutions administratives
au temps de Phi lippe- Auguste et de ses successeurs jusques et y
compris Philippe le Bel, > Le fait énoncé en ces termes par
M. Delisle pouvait avoir été soupçonné, tout au plus entrevu, par
quelques érudits familiers avec les documents originaux du t«mps
de saint Louis et de ses successeurs immédiats ; mais, pour le
mettre complètement en lumière, hors de tout conteste, avec ses
conséquences si importantes ponr l'histoire du Temple et pour
celle des institutions financières du moyeu âge, il fallait une
enquête persévérante, sagace et heureuse, la production de textes
innombrables, dont presque tous ont en outre une vsleur propre,
et qui, loin de nuire à la précision rigoureuse des démonstrations,
leur ajoutent l'intérêt de faits infiniment variés. Le succès obtenu
par ce mémoire de M. Delisle lorsqu'il en a été donné connais-
sance à l'Académie, et celui qu'il a trouvé depnis lors auprès des
lecteurs, lui assurent une place d'bonneur dans l'œuvre de notre
éminent confrère, à cété de son Catalogue des actes de PMlippe-
Augusle, de ses Actes de Charles V, et de tant d'autres modèles de
la plus solide et fructueuse érudition. A. B.
115- — Dd Bots (Emile). Les correspondants de l'abbé
Nicaise. I. Un diplomate érudit au xvii" siècle : Èzéchiel
Spanheim ; lettres inédites (1681-1701). In-8, 80 p. Paris,
Àlph. Picard.
I^a correspondance du chanoine dijonnais Claude Nicaise, con-
servée à la Bibliothèque nationale, a déjà fourni d'excellents maté-
riaux pour l'histoire littéraire, scientifique et auecdotique de la
fin du xvn* siècle. Les vingt-deux lettres tirées de cette collection
par notre confrère M. Du Boys ont un intérêt tout particulier pour
nous, en ce qu'elles sont émanées de l'anteur de la Belation de la
DE L'HISTOIR£ D£ FRANGE. 123
cour de France en 1690, an des meilleurs textes mis au jour par
notre Société dans les dix dernières années, et aussi parce qu'elles
font voir le diplomate prussien à l'œuvre au milieu des érudits
parisiens et français qui lui avaient donné toute leur sympathie,
et dont il partageait assidûment les travaux, comme les plaisirs
intellectuels. Cinq autres lettres de Spanheim, adressées aussi à
Tabbé Nicaise, avaient déjà été publiées par M. Gaillemer en 1885.
A. B.
116. — Kerviler (René). La Bretagne à l'Académie
française au xvin* siècle ; études sur les académiciens bre-
tons ou d'origine bretonne : les trois cardinaux de Rohan,
Maupertuis, Duclos, Trublet, Coëtlosquet, Boisgelin. 2^ édi-
tion complètement refondue. In-8, 659 p. Paris, veuve
Palmé.
M. Kerviler, qui est tout à la fois un ingénieur et un archéo-
logue, réserve en outre une partie de ses loisirs, depuis quinze ans,
pour l'histoire des membres de l'Académie française que TOuest
peut revendiquer comme ses enfants, et, en disant que la seconde
édition du volume consacré aux huit académiciens bretons du
XVIII* siècle se présente sous les auspices de notre confrère M. de
la Borderie, j'aurai fourni une excellente caution de Fintérêtetde
la solidité de ces études. J'ajouterai cependant que l'Académie
française actuelle, qui compte déjà douze Bretons depuis le com-
mencement du XIX» siècle, a plus d'une fois récompensé son his-
toriographe régional. — Parmi les académiciens du xviii®, trois sur
huit appartiennent à l'antique et fière race des Rohans, comme
trois aussi, parmi ceux du xvii», à ces ducs de Goislin élevés et
soutenus par le souvenir du grand fondateur de l'Académie. Mais
les Rohan, tous les trois cardinaux et évêques de Strasbourg, pré-
sentent de l'un à l'autre des oppositions et des contrastes piquants.
M. Kerviler leur a fait la part belle dans son volume, sans cepen-
dant que ce soit trop au détriment de leurs compagnons : le savant
Maupertuis, militaire, philosophe, géomètre et naturaliste, l'orga-
nisateur de l'Académie de Berlin et le rival de Voltaire dans les
bonnes grâces de Frédéric le Grand ; Duclos, l'encyclopédiste, le
successeur du même Voltaire au titre d'historiographe de France,
l'auteur de Y Histoire de Louis XI, des Considérations sur les mœurs
du siècle, des Mémoires pour servir à V histoire des mœurs, de nombre
de mémoires archéologiques faits pour ses confrères de l'Académie
des inscriptions et belles-lettres, et même d'un certain nombre de
romans et de facéties ; l'abbé Trublet, à qui l'épigramme de Voltaire
a assuré plus sûrement l'immortalité que ses Essais, ses Pensées ou
ses Panégyriques ; Mgr de Coëtlosquet, évéque de Limoges, appelé
à l'Académie par les fonctions de précepteur qu'il remplit succès-
]t4 SOCIÉTÉ
Bivement auprès ^efi trois petits-flls de Loais XV ; enfin, le cardi-
nal de BolBgelin, qui fnt deux fois président de l'Assemblée natio-
nale, et dont < la magistrale Expoiilion det prinâpa rédnisit à
néant les sophismes des promoteurs de la constimtion civile et
echismatique du clergé. • A. B.
H7. — Jaeht (E.). La TÎepoliUque de Louis de France,
duc d'Orléans (1372-1407). In-8, xi-486 p. Paris, Alph.
Picard.
Froissart, puis les chroniqueurs du parti boui^uignon, beaucoup
plus nombreux que ceux du parti d'Annagnac, ont chargé la
mémoire de Louis d'Orléans jusqu'à justiGer son assassinat, et
nos historiens modernes n'ont vu en lui qu'un prince él^nt, pas*
sionné, mais incapable ou faible, et absolument dénué de sens
politique. C'est de ce cAté que M. Jarry a précisément porté ses
recherches, et l'étude attentive des documents, étude qui n'avait
pas été faite jusqu'ici, l'a amené à des conclusions fort difTérentes.
n nous le montre prenaat une part des plus actives, en Italie comme
en Allemagne, à la politique de Charles VI, gagnant pied de l'autre
côté du Rhin à l'occasion du grand schisme, comme il l'avait fait
en Piémont, par son mariage avec l'héritiëre du comté d'Asti,
conquérant Savone et Géoes, luttant jour par jour contre la mai-
son de Bavière et la reine Isabean.
Dressé avec la précision d'un itinéraire, accompagné constam-
ment de citations et de références aux documents originaux, suivi
d'un appendice de treato et une pièces justificatives des plus
importantes, ce livre est un de ceux qui marqueront parmi les
travaux historiques de ces dernières années, et l'Académie des
inscriptions et belles -lettres l'a jugé digne de recevoir la première
médaille du concours des Antiquités nationales.
A. B.
118. — La BoRDERm (A. de). Étude bibli(^aphiquesar
les Chroniques de Bretagne d'Alain Boachart (1514-Ï541).
In-4, 51 p. Rennes, H. Caillière.
Malgré ses erreurs, ses fables, sa naive crédulité, l'cenvre de
Bouchart, qni s'étend depuis la conqnéte de l'Arraorique par le
roi Brutus jusqu'au temps de Cadvaladrus, dernier roi breton, et
depuis la conquête de Conan Mériadec jusqu'à Anne de Bretagne,
cette œuvre a conservé une valeur certaine, au point de vue des
annales de la dernière période de la Bretagne autonome, comme
sous le rapport littéraire. Aussi la Société des Bibliophiles bretons
en a-t-elle entrepris la réimpression en un très beau volume, et
c'est naturellement à son président, notre confrère M. de la Bor-
derie, qu'est revenu le soin de faire la description et l'histoire des
DE L'mSTOmS DE FRANCK. 125
dnq éditions andennes qui, de i5i4 à 15419 attestèrent la grande
Yogae du nom de Bonchart. Quarante ans s'écoulèrent depuis l'ap-
parition de la dernière, sans qu'aucun autre écrivain de son pays
lui fît concurrence; c'est seulement en 1582 que Bertrand d'Ar-
gentré fit paraître VHistoire de Bretagne. A. B.
119. — Lacrodl (abbé L.). Richeliea et le Poitou. In-8,
19 p. Vannes, Lafolye.
(Extrait de la ReTue dn Bas-Poiton.)
Conférence faite à Poitiers, dans l'assemblée générale de la
Société des Antiquaires de l'Ouest, sur les rapports que Richelieu,
en raison de son origine d'abord, puis de son épiscopat, eut avec
le Poitou ayant son premier ministère.
120. — La Trsmoïlle (duc de). Archives d'un serviteur
de Louis XI; documents et lettres (1451-1481) publiés
d'après les originaux. In-4, yi-230 p. Nantes, Ennie Gri-
maud.
Dirai-je que ce volume l'emporte encore en intérêt sur les pré-
cédentes contributions de M. le duc de la TrémoîUe à l'histoire
des xrv* et xv* siècles ? Il semble que, loin de s'épuiser, le char-
trier de Thouars produise des documents de plus en plus précieux,
et que leur mise en œuvre devienne en même temps plus fruc-
tueuse. Cette fois, on nous offre la fleur des archives de Georges
de ■ la Trémoille (1430-1486), qui, sous le titre de sire de Graon,
après avoir vaillamment servi Charles le Téméraire, passa à la
cour de Louis XI, et, pendant plus de dix années, s'y distingua
conmie diplomate et comme administrateur, aussi bien que comme
capitaine. Parmi les grands événements dans lesquels son rôle
fut décisif, il faut signaler cette alliance avec les Ligues suisses et
avec le duc de Lorraine qui amena la défaite de Charles le Témé-
raire et l'annexion de la Bourgogne. C'est à ce propos que
Louis XI lui écrivit : « Maintenant est temps d'employer tous vos
cinq sens de nature, et mettre la duché et comté de Bourgogne en
mes mains; et pour tant, avec votre bande et le gouverneur de
Champagne, si ainsi est que le duc de Boui^ogne soit mort, met-
tez-vous dedans ledit pays, et gardez, si cher que vous m'aimez,
que vous y fiiites tenir aux gens de guerre le meilleur ordre que
si vous étiez dedans Paris, et leur remontrez que je les veux mieux
traiter et garder que nuls de mon royaume... £t pourtant je vous
prie que vous me serviez ainsi que j'en ai en vous la fiance i
U est vrai que, peu après, une malheureuse campagne dans la
Comté le fit disgracier, et ses dernières années se passèrent dans
la retraite à Craon ou à Ligny, qui lui était venu de la confiscation
du connétable de 8aint-Pol.
126 SOCIÉTi
Lee cinquante-cinq pièces éditées daas ce volume tant dof docu-
nienta de premier choix, tantôt d'ordre politique, comme lettres
patentes, missives, commissions, mandements, etc., taatAt d'ordre
privé, comptes, quittances, inventaires, papiers d'affaires. Dans
cette seconde catégorie se trouvent les pièces les plus curieuBes
relatives aux déportements de Marie de Montauhan, l'épouse déver-
gondée du sire de Graon. A. B.
121. — Madu>b-La-Ciatière (R. de). Les origines de
la Révolution française aa commencement du xvi» siècle ;
la veille de la Réforme. In-8, ix-361 p. Paris, Ernest Leroux.
' La thèse de notre confrère, à comparer avec celle du chanoine
Janssen pour l'Allemagne, est que l'irrésistible mouvement qui, il
y a cent ans, brisa tout ensemble Dieu et le Roi, a son point de
départ bien plus haut qu'on ne le cherche d'ordinaire, dans la con-
fusion des pouvoirs civils et religieux sur laquelle, au xvi' siècle,
reposait la société tout eotiëre^ dans le caractère sacré, hiératique
assumé par la royauté. L'initiative d'une réforme générale eût dû
venir du saint-siège; mais, i au lieu d'un Grégoire VII, d'un
Innocent III, il fut occupé par un Alexandre VI, par un Jules II,
par un Léon X, qui prirent pour ainsi dire à t&che de préparer la
catastrophe, et les pouvoirs publics, qui avaient mis la main sur
le grand édifice religieux du moyen ftge, consommèrent sa chute. *
Les divisions de cette étude indiqueront mieux qu'une analyse
sommaire comment l'auteur a traité son sujet : I. Prospérité de la
France au commencement du xvi* siècle. — II. Le roi. — III. La
foi. — IV. La police et la justice. — V. La noblesse. — VI. L'église.
— VIL Le clergé. — VIU. Le peuple. — IX. Figures du temps.
— X. Essais de réforme. Ces tableaux, plutôt philosophiques et
moraux que descriptifs, se fussent mal accommodés de références
documentaires ou de citations des textes nombreux que l'auteur
avait entre les mains; il a pris le parti de rejeter notes et renvois
à la fin du volume. Mais me permet tra-t- il de lui faire observer
que, le numérotage de ces notes et renvois changeant avec chaque
chapitre, il eût été utile pour le lecteur de trouver au haut de
chaque page, soit du texte, soit de l'appendice, l'indication cou-
rante du numéro de chapitre ? A. B.
122. — MoRANviLLÉ (H.). La Chronique du Religieux de
Saint-Denis, les Mémoires de Salmon et la Chronique de la
mort de Richai^ 11 ; étude critique. 1d-8, 40 p.
(Extrait de la Bibliothèque de l'École des Charles.)
Sans identifier bien positivement le religieux anonyme de Saint-
Denis avec Pierre le Fruitier, dit Salmon ou Salomon, dont Gra-
pelet a publié en 1833 les Réportses aux demandes faites par U roi
DB L'HISTOIRE DE FRANCE. 127
Charles VI (1409), M. Moranvillé établit et prouve que le Religieux
a suivi de près les Mémoires de Salmon et qu'il s'est même borné
parfois à les traduire. Suivant lui, Salmon réunirait toutes les con-
ditions, sauf une, requises pour qu'on reconnût en lui l'auteur de
la Chronique de Charles YI écrite dans l'abbaye de Saint-Denis.
La seule preuve qui ferait actuellement défaut serait celle de son
séjour, en qualité de moine, dans ce célèbre monastère.
A. B.
123. — Pigeonneau. Histoire du commerce de la France.
T. n : le XVI* siècle, Henri IV. Richelieu. In-8, 486 pi
Paris, L. Cerf.
L'étude rétrospective du commerce et de l'industrie de l'ancienne
France est très en honneur depuis quelques années ; mais le sujet
est tout à la fois si vaste et si nouveau, que ceux de nos confrères
qui s'y attachent ne l'abordent généralement que par un seul côté,
se bornant à tel ou tel règne, à telle ou telle industrie, à un com-
merce déterminé. C'est de l'ensemble des faits partiels mis ainsi
en lumière que M. Pigeonneau tire actuellement la matière d'un
tableau synthétique, ou plutôt d'une série de tableaux successifs,
grâce auxquels nous pouvons suivre d'un seul coup d'œil, tantôt
le progrès, tantôt la décadence du commerce et de l'industrie. Son
second volume, qui a paru en 1888, s'étend du règne de Louis XII
à la fin de celui de Louis XIII. Il fait d'abord ressortir, dans Fran-
çois I«', à côté du roi chevalier et galant, le diplomate et surtout
l'administrateur intelligent, naturellement porté à une louable
initiative; sous lui, et sous Henri II aussi, le commerce intérieur
bénéficiant de la diminution des cordons de douanes provinciales
et de la répression des abus locaux, le commerce extérieur se déve-
loppant par les expéditions maritimes en Orient et dans le Nou-
veau-Monde, par les établissements fondés au Canada, au Brésil,
dans la Floride. Cette situation brillante ne put se maintenir sous
les derniers Valois contre tant de circonstances défavorables, les
unes politiques, les autres économiques, car cette même cour, qui ne
favorisait que les industries de luxe au milieu des misères de la
guerre civile, adopta un système désastreux de taxation excessive,
ou même de prohibition absolue. C'est alors qu'on voit poindre
les premières théories d'économie financière. Mais Henri IV et
Sully, puis Louis XIU et Richelieu donnent un nouvel essor à
toutes les forces vives du pays. Sur cette période, M. Pigeonneau
s'étend avec une complaisance bien naturelle, heureux de mettre
en pleine lumière les mérites inoubliables de ministres tels que
Sully et que le grand cardinal, les efforts patriotiques de leurs
auxiliaires, Olivier de Serres, Barthélémy Laffemas, Montchrétien
ou les Notables de 1614, la circulation intérieure améliorée par les
canaux et les routes, les grandes expéditions coloniales favorisées,
128 SOCIÉTÉ DS L'HISTOIRE DE FRANCE,
l'înduatrie encooragée et réglementée, le terr&in, en un mot, pré-
paré pour l'œuvre de Loaie XIV et de Golbert, A. B.
124. — Bahead db SAiNT-PÈaE. Une colooie féodale en
Amérique : l'Acadie (1604-1881). Deux vol. in-lS, ixxn-
365 et 425 p., et carte. Paris, Pion, Nourrit et G" ; Mont-
réal, Oranger frères.
La presqu'île de quelque trente mille kilomètres cairég qui
s'étend du nord-est au sud^ouest entre le golfe Saint-Laurent et
l'Atlantique, découverte par Cabot en 1497 et baptisée du nom
d'Acadie ou de la Cad; en 1524, par le Florentin Verazzani, fut
colonisée à partir de 1605 par les gentilshommes français Pontriu-
court, Biencourt, de Monts, Champlain, etc., dont Harc Lescar-
bot se fit rhigtoriograpbe quatre ans plus tard. Ces premiers
occupants s'attachèrent à faire une création agricole, et gentils-
hommes ou bourgeois ne purent que lui donner la forme féodale
qui florissait alors dans leur patrie. Reconnue française par le
traité de Saint-Germain en 1632, cette colonie fut l'objet des soins
du cardinal de Richelieu, qui y envoya le commandeur de Rasilly.
Celui-ci tit la division du territoire en seigneuries et en fiefs cen-
sitaires, et, BOUS son successeur d'Âulnay, l'Acadie commença à
prospérer parallèlement aux établissements créés sur les conti-
nents de la Virginie et du Canada; prospérité relative toutefois,
puisqu'on 1671 la presqu'île ne comptait pas cinq cents habitants
de race blanche, tenus sans cesse en échec par leurs voisins anglais
de Boston. Et, en 1706, nos petites colonies n'étaient peuplées que
de dix-neuf mille âmes, contre deux cent soixante mille habitants
sur les territoires anglais. Celte disproportion ne pouvait aboutir
qu'à la dépossession qui fut consacrée, pour la France, par le^ trai-
tés de 1713. Toute la population primitive fut alors déportée au
loin par les Anglais, et ce n'est que grâce & des miracles d'énergie
qu'une petite quantité d'Acadiens se rejoignirent dans l'intérieur
du pays. Leur postérité compte aujourd'hui plus de cent mille
personnes, et tend toujours à s'augmenter, représentant l'élément
français et catholique, là comme au Canada, et conservant avec
piété la langue, les traditions, le culte des ancêtres. C'est cette
histoire, avec ses vicissitudes, ses épisodes dramatiques, ses ensei-
gnements économiques, que M. Rameau de Saint-Père a retracée
pour les lecteurs de la mère-patrie. A. B.
PROCÈS-VERBAL
DE LA
SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE,
TBNUB LB 4 JUIN 1889,
A l'École des chartes, à quatre heures on quart,
sous LA PEICSIDENGE DB M. LB COlfTE DE LUQAT, PEiSIDBMT.
(Procès-verbal adopté dans la séance du 2 juillet sniyant.)
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance
précédente ; la rédaction en est adoptée par le Conseil.
M. le président prodame membres de la Société, après
avoir soumis ces admissions à l'approbation du Conseil :
2181. M. Paul DE Farcy, à Château-Gontier (Mayenne) ;
présenté par MM. Bertrand de Broussillon et Rivain.
2182. M. le marquis de Mailly-Nesle, prince d'Orange,
avenue de la Tour-Maubourg, n** 19, et au château de la
Roche -Mailly, par Pontvallain (Sarthe); présenté par
MM. Bertrand de Broussillon et Siméon Luce.
2183. M. Albert Babeau, correspondant de l'Institut, à
Troyes (Aube) ; présenté par M. le comte de Luçay et M. de
Boialisle.
Publications adressées à la Société.
PuBUGATiONs PÉRIODIQUES. — Bulktin des bibliothèques et des
archives, année 1888, n<> 3. — Bulletin de la Société de V Histoire
du Protestantisme français, 15 mai 1889. — Bulletin de la Société
bibliographique, mai 1889. — Bulletin de l'Association philotech-
nique, ayril 1889.
SoGtérés SAVANTES. — Bulletin de la Société des sciences histo-
riques et naturelles de V Tonne, année 1888, 2* semestre. —
Mémoires de V Académie nationale des sciences, arts et belles'lettres
de Caen, 1887-1888. — Société des Antiquaires de Picardie; Album
archéologique, !•', 2* et 3* fascicules.
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 9
130 SOCltiTi
OuvrageM offerts par lu avleurt ou Ut idiUun.
L'Institut de Franee et \es anciennes aearUmies, par M. Léon
Aacoc, membre de l'IostitDt. Br. in-8. Paris, Pion, Noarrit et C*'.
— L'Institut de France; lois, statuts et règlements eoneemant Ut
anciennes académies et l'Institut de I6X à i8S9; tableau des fon-
dation^; collectionpabliée.soasl&direction de la Commission admi-
nistrative centrale, par M. Léon Aacoc, membre de riostitnt. In-8.
Paris, Impr. nationale. — Jean et Jacques de la TailU: étade bio-
graphique et littéraire snr deux poètes du ivi* siècle, par G. Bague-
nault de Puctaesse. Br. in-8. Orièans, Herinison. — Jacques
Boucher, sieur de GuillevilU et de Mttitres, trésorier giniral du duc
d'Orléans, en 1439; souvenirs Orléanais du temps de Jeanne d'Arc,
par M. Boucber de Molandou. Br. in-8. Orléans, Herinison. —
Mémoire) du chevalier de la Farelle sur la prise de Mahé (1725),
mis en ordre et publiés par E. Lennel de la Farelle. In-8. Paris,
Gballamel aîné. — Les anciennes instilutions municipaUs de Bourges,
par Edmond Charlemagne, ancien magistrat. laS. Bonrgen, impr.
Tardy-Pigelet. — La vie et les teuvres de Jérôme de Honteux, n\ide'
cin et conseiller des rois Henri II et François II, seigneur de Miribel
et de la Bivoire, en Dauphiné, par H. de Terrebasse. Br. iD-i2.
Lyon, Brun. — Les étudiants allemands de l'Académie protestanU
de Saumur et leurmaitre ifodan^e (1625-1642), par André JouberL
Br. in-8. Angers, Germain et Grassin. — Louis de FrotU et Us
insurrections normandes |I793-I832), d'après un ouvrage nouveau,
par le tnâme. Br. in-8. Angers, Germain et Grassin. — Jeanne
d'Arc; sa vie par un Italien du XV' siècle, par le comte de Puy-
maigre. (Eitraît de la Revue des Questions historiques.) Br. in-^.
Bruxelles, impr. Vromant et G*'.
Correspondance.
M. le marquis de Queux de SainUHilaire s'excuse de ne
pouvoir assister à la séance.
M. Paul de Farcy sollicite son admission au nombre des
membres de la Société.
M. Bertrand de Broussillon remercie le Conseil de l'avoir
admis dans la séance du 30 avril et propose l'admission de
M. de Farcy et de M. le marquis de Mailly-Nesle.
M. Aucoc fait hommage des publications : l'Institut de
France, lois, statuts, etc., et : l'Institut de France et
les anciennes académies, indiquées plus haut.
DB LlnSTOnUE DB FBANCB. 131
M. le oomte de Marsj, diiecteor de la Sodété française
d'ardiéologie, adresse un exemplaire du programme du
Congrès archéologique qui se tiendra à Eyreux, du 2 au
9juillet, soussapi
Élections.
Le Consal procède au renouTellement de son bureau
et de ses Comités.
Sont âus :
Président : M. Paul Meter.
i^ vice-président : M. le marquis de Vogué.
2^ tnce-président : M. Léon Gautier.
Secrétaire pour qoatre ans : M. de Boisuble.
Secrétaire adjoint : M. Noël Valois.
Trésorier-archiviste^bliothécaire : M. C. Riyain.
Comité de publication.
MM. Delisle,
Â. DE Barthélémy,
De Beaucourt,
De Mas Latrie,
Picot,
DeRcble.
Comité des fonds.
MM. Moranyillé,
De Cosnag,
De Luçat,
Sertois.
M. Paul Meyer, en prenant possession de la préôdence,
remai^e, au nom du Conseil, le président sortant et exprime
l'espoir qœ les Comités et les manbres du Conseil Toudront
bien l'aida lui-même à rranplir les fonctions auxqudles il
est appelé.
Travaux de la Société.
État des impressions à l'imprimerie Daupeley-GoaTemeur :
Annuaire-Bulletin. Feuilles 6 et 7 en placards.
Bistoire universelle d' Agrippa d'Avhigné. T. III.
Feuilles 21 à 25 en placards.
Mémoires de Villars. T. III. Feuilles 19 k 22 tirées;
demi-feuille 23 (fin de l'Appendice) en placards.
Chroniques de Louis XII, par Jean d'Avion. T. I.
Feuilles 1 à 8 tirées; feuille 9 en composition.
Chronique du héraut Berry. Feuilles 1 à 4 en pla-
cards.
Au sujet de cette dernière publication, M. le marquis de
Beaucourt, commissaire responsable, informe le Conseil
qu'il s'est entendu avec l'éditeur, M. le comte de Bourmont,
pour modifier le plan et l'annotation conformément aux
usages ordinaires.
M. Bagueuault de Puchesse communique divers rensei-
gnwnents sur l'état de la publication des Chroniques de
Jean d'Auton et sur les conditions particulières qui ont
permis, dès le début, de la mener très activement, l'éditeur
ayant révisé avec attention, sur le manuscrit de la Biblio-
thèque nationale, le teste donné jadis par M. Paul Lacroix.
Le Conseil décide qu'il n'y a pas encore lieu de livrer à
l'impression le tome IV de l'Histoire universelle.
Le président du Comité des fonds annonce que les résultats
de la mise en vente à prix réduit des publications qui exis-
taient en trop grand nombre dans les réserves de la Société
sont déjà très satisfaisants et justifient la mesure prise sur sa
proposition.
n demande au Conseil de conférer au trésorier les pouvoirs
nécessaires pour recevoir le remboursement d'une obligation
du chemin de fer de l'Est sortie au dernier tirage.
M. le marquis de Beaucourt remercie le Conseil d'avoir
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 133
bien voulu attribuer un certain nombre d'Ânnuaires-Bulle-
tins destinés à compléter la collection de la Société biblio-
graphique.
La séance est levée à cinq heures et demie.
IL
BIBLIOGRAPHIE.
125. — Auooc (Léon). L'Institut de France et les
anciennes académies. In-8, 48 p. Paris, Pion, Nourrit et O®.
Cette notice, qui a été lue en partie dans une séance trimes-
trielle de rinstitut, complète la collection dont il va être parlé
tout à l'heure, en expliquant, par les défauts organiques de la
constitution de chacune des anciennes académies, comment une
modification reconnue nécessaire en 1789 aboutit à la suppression
en 1793. Avant que deux ans se fussent écoulés, les académies
renaissaient sous une autre forme, avec un groupement différent,
des additions, des subdivisions nouvelles, qui, môme réformées
encore en Tan XI et en 1816, montrent « la réalisation persistante
d'une même idée sous les régimes politiques les plus différents. »
A. B.
126. — AucoG (Léon). L'Institut de France; lois, statuts
et règlements concernant les anciennes académies et llnsti-
tut, de 1635 à 1889 ; tableau des fondations. In-8, ccvin-
451 p. Paris, Imprimerie nationale.
(Collection publiée sous la direction de la Commission administrative
centrale de l'Institut.)
Ce volume ne relève de nous que pour la première partie, qui
contient les textes des actes antérieurs à 1795 et relatifs à la cons-
titution ou au fonctionnement des anciennes compagnies : Aca-
démie française, Académie royale de peinture et de sculpture.
Académie d'architecture. Académie des inscriptions et médailles
ou belles-lettres. Académie des sciences. Des unes et des autres
on n'avait jusqu*ici que des histoires plus ou moins détaillées,
mais où manquaient quantité de documents essentiels ; comme
beaucoup de ceux-ci font de même défaut dans nos recueils d'an-
134 SOCitiTti
cienneB lois, il s'eaeait qoe lenr seule réunion a exigé un yni
labeur de la part de l'académicien éminent à qui l'Institat a^ait
confié cette tàcbe. Encore lui était-iL prescrit de se borner aux actes
purement législatifs et constitutifs, ëmanés du gouiernemeiit royal
on approuvés par lui; les. règlements da détail ont été laissés de
c6té. Ce sera affaire à chacune des compagnies actuelles de com-
bler ces lacunes. Mais voici dès à présent l'Institut doté d'un
recueil qui, en mainte circonstance, lui eût été utile, et l'on
s'étonne même qu'il ait tardé si longtemps à aborder cette entre-
prise. A. B.
127. — B03RBD0N (Ph. de). Un épisode de l'histoire de
Périgueux sous la Régence. In-8, 44 p. Périgueux, impr.
Laporte.
(Extrait du BulIeliD de la Sodéti blsloriqne et archéologique du Péri-
gord.)
C'est nn curieux épisode de l'histoire administrative des der-
nières années du grand règne, un exemple de ce que l'omnipotence
des intendants pouvait produire entre des mains indignes ou peu
scrupuleuses. Ici, nous avons affaire à M. de Courson, fils du grand
Bàville, et Saint-SimoQ, qui l'exécrait, a laissé un récit curieux de
la manière donc il s'y prit pour le faire condamner par le conseil
des finances, en 1717. M. de Bosredon est parvenu à réunir teus
les principaux documents de l'affaire, qui en font comprendre à
merveille le sens et k portée. Il ressort de son mémoire que le
chroniqueur s'est trompé sur la vraie date de la solution et sur
quelques autres détails secondaires. Nous ne croyons pas non plus
que, dans cette victoire du bon droit et de la justice, Saint-Simon
ait joué nn rôle aussi important qu'il le prétend. Â. B.
138. — Châtelain (Emile). Poésies françaises de Charles
de Bovelles (1529), publiées pour le mariage de Bernard
Haussoulier et de Caroline Rey, 4 avril 1889. In-12, 20 fol.
Rennes, impr. Alphonse Le Roy.
Imprimé à l'occasion d'un mariage qui ne rencontrait que sym-
pathies dans le monde de l'érudition, ce per nome en lettres
gothiques fait connaître des vers français inédits d'un chanoine du
pays de Vermandois, dont le renom était grand comme philo-
sophe, comme mathématicien, comme grammairien et linguiste,
sous le règne de François I"'. Ce sont des fragments d'une • Vie
de Madame Saincte Catherine faicte en double rythme à douze
piedz, a et une f Méditation utile à penser de bien vivre et par-
venir à bonne fin. * Â. B.
129. — DuRRiED (P.). Les manuscrits it-peiotures de la
DE L'HISTOIBS DE FRANGE. 135
bibliothèque de sir Thomas PhiUipps à Cheltenham. In-8,
52 p. Paris.
(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.)
On trouvera plas loin (n<»141 et 142) le travail d'ensemble que
M. Omont a consacré aux manuscrits relatifs à l'histoire de France
qui se sont accumulés pendant un demi-siècle entre les mains de
sir Thomas Phillipps. Notre confrère M. Durrieu, qui accompagnait
M. Omont lors d'un dernier séjour à Cheltenham, a étudié plus
spécialement les manuscrits à peintures, et il en décrit ici cent
ving;t-sept qui sont précieux ou curieux entre tous, surtout au
point de vue de la valeur d'art, en distinguant avec soin ceux
qui doivent avoir été exécutés en France ou en Bourgogne d'avec
ceux qui proviennent de l'étranger. Dans le nombre des premiers
figurent de véritables chefs-d'œuvre, qui, selon M. Durrieu, pour-
raient être attribués à nos plus grands miniaturistes, Jean Bour-
dichon, Jean Foucquet, Pol de Limbourg. Ces trésors de l'art
national nous seront-ils ravis pour toujours ? A. B.
130. — Havet (Julien). Miracles de sainte Geneviève à
Paris (xii®-xiv® siècles); rédaction française attribuée à
Thomas Benoist. In-12, 30 p.
Cette élégante plaquette a été tirée à très petit nombre pour le
mariage de notre confrère M. Henri Omont, 23 juillet 1889. L'édi-
teur a choisi à dessein des épisodes de l'histoire parisienne, à
laquelle chacun sait que M. Omont est particulièrement dévoué,
et il a extrait ses textes d'un des volumes de la collection d'Ash-
bumham que le jeune bibliothécaire du département des Manus-
crits a eu la satisfaction de voir revenir l'année dernière à la nie
Richelieu. A. B.
131. — JoRET (Ch.). Le P. Guevaire et les bureaux de
charité au xvn* siècle. In-8, 56 p. Toulouse, Privât.
(Extrait des Aanales dn Midi.)
Le P. André Guevarre, de la Compagnie de Jésus, n'a aucune
place dans les dictionnaires biographiques, quoique le nombre
et l'importance de ses fondations charitables lui aient donné, de son
vivant, une légitime notoriété. M. Joret a donc dû reconstituer de
toutes pièces et sa biographie et l'histoire de ses entreprises, et
celle de la mendicité et de la charité sous le règne de Louis XIV.
C'est dire le double intérêt de cette étude, qui est à la fois un acte
de bonne justice et une œuvre d'érudition. A. B.
132. — JoEET (Ch.). Rapport sur une mission en Alle-
magne. In-8, 15 p. Paris, Ernest Leroux.
Rapport au ministre de l'Instruction publique sur les doeu-
136 SOCIÉTÉ
ments des archives de Prasse, de Hanovre, de Brunswick et de
Hesse qui font connaître quelles relations politiques et littéraires
la France entretenait avec ces états allemands avant 1789.
A. B.
133. — JoRBT (Gh.). Le TOyageur TaTernier (1670-
1689) ; un manuscrit des Voyages, relations de TaTeniier
ayec le Grand-Étectour, le lieu de sa mort et de sa sépulture.
In-8, 39 p. Paris, Emile Bouillon.
(Eitrût de la Rerae de géographie.)
M. Joret, qui avait publié, il y a trois ans, uneétude complète sur
J.-B. Tavernier, éeuyer, baron iTAtibonne, etc., a rocueiHi, depuis
lors, aux archives d'Élat dq Berlio, particulièrement dans la cor-
respondance d'Ëzéchiel Spanheim, une suite de documents com-
plémentaires; de plus, notre confrère M. Schefer, l'éditeur de la
Relation de Spanheim, loi a communiqué un nouveau manuscrit
des Voyages, provenant de la bibliothèque des Lamoignon. C'est en
1684, avant la Révocation, que le célèbre voyageur, pour les mômes
raisons de protestantisme qui l'avaient porté à faire une partie
de son établissement eu Suisse, prit la résolution de passer au
service de la Pnisse et offrit de se charger des colonisations que
le Grand- Électeur projetait en Afrique ; mais la mort l'arrêta cinq
ans plus tard dans la ville russe de Smolensk, non dans celle de
Copenhague comme on le croyait naguère encore. A. B.
134. — JoOBERT (André) . Histoire de l'église réfonnéede
Laval au xtiT siècle, d'après des documents inédits (1600-
1686). Id-8, 141 p. Paris, Ë. Lechevalier.
La période des guerres de religion terminée, les protestants de
- Laval et des environs ne prolongèrent leur existence que grâce a
la protection de Charlotte-Brabantine de Nassau, comtesse de
Laval, duchesse de Thouars, veuve de Claude de la Trémoïlle.
Jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes, ils se rassemblèrent
d'abor4 dans le château de Poligny, puis dans celui de Tercbant.
Ils étaient dirigés par Thomas Duchemin, sieur de la Vauzelle,
ancien ministre de l'église réformée, et par des ministres, dont le
dernier fut Pierre Demay, qui abjura devant la persécution, ainsi
qu'un grand nombre de ses coreligionnaires.
Pendant ces qnatre-Yingts ans, les petits faits intéressant la
communauté nous sont connus seulement par un registre d'état
civil, que M. Joubert a reproduit intégralement, et par des extraits
de la correspondance de l'homme d'affaires de Charlotte de Nas-
sau, conservée dans les riches archives du chartrier de Tbouars.
M. Jonbert a accompagné ces documents de nombreuses notes his-
DE L'HISTOIRE Di; FRANGE. 137
toriques, géographiques et biographiques^ et il y a joint une table
très complète, qui peut faciliter beaucoup de recherches.
G. B. DE P.
135. — Mas Latrie (comte de). Trésor de chronologie,
d'histoire et de géographie pour l'étude et l'emploi des docu-
ments du moyen âge. Gr. in- 4, vi p. -2300 col. Paris,
V. Palmé.
Gomme souvenir d'un long enseignement de la diplomatique et
de la science des dates, M. de Mas Latrie a voulu laisser entre nos
mains un manuel, — ce terme peut-il se dire d'an volume dont
le format et les dimensions rappellent VArt de vérifier les dates ? —
qui facilitât Tintelligence des documents historiques, surtout de
ceux qui sont antérieurs aux temps modernes, et dont la data-
tion, l'intitulé, la provenance présentent souvent des problèmes
difûciles à résoudre. Les trois volumes in-folio que nous devons
aux Bénédictins du siècle dernier, tout en restant an monument
incomparable, ne suffisent plus toujours aux exigences incessam-
ment croissantes de l'histoire : il a donc fallu ajouter aux tables
et dissertations qui les composent des tables nouvelles, comme
celle des Indictions, et des instruments d'information sur les croi-
sades et sur les nations musulmanes ; puis, établir de toutes pièces
des séries entièrement neuves pour les vies des saints, la chrono-
logie des papes, des Pères de l'Église, des cardinaux, des ordres
religieux, des pèlerinages. Pour les saints notamment, au nombre de
quinze mille environ, nous aurons maintenant l'indication du temps
et du pays où chacun d'eux a vécu, le jour de sa fête, la nature
des actes ou des notices qui le concernent dans le recueil des Bol-
landistes, et une triple classification alphabétique, géographique
et chronologique. Particulièrement enrichie en ce qui concerne
les dynasties de souverains et princes de l'Italie, de l'Espagne, de
l'Europe orientale, de l' Asie-Mineure, de la Syrie et de l'Afrique
septentrionale, la chronologie historique proprement dite nous
offre, pour la France, outre les grandes séries de VArt de vérifier
les dates, la suite complète des archevêques et évéques de nos
vingt-cinq provinces ecclésiastiques, des grands officiers de la
couronne, des prévôts de Paris et de certains grands feudataires.
La partie géographique du Trésor, également neuve, se compose
de tableaux de la hiérarchie épiscopale du monde chrétien, d'une
table alphabétique des évêchés anciens et modernes, qu'il faut
signaler tout particulièrement, car plus de huit mille noms géo-
graphiques y sont enregistrés sous la forme ancienne, en très
grand nombre identifiés pour la première fois avec les localités
modernes, et enfin d'une table de tous les évêchés actuels du
monde catholique, conforme à la dernière édition pontificale.
138 SOCliTt
Genx d'entre nos conMree qai ont le BOuYenir de l'uicleii
Annuaire reconaai Iront dans cette indication abrégée des princi-
pales matlËres du Trésor certains anjets qae M. de Mas Latrie
avait traités pour eux jadis, il y s près d'un demi-siècle; mais,
depuis cette époque, la science historique a foit des progrès dont
les travailleurs sont tenus de tenir compte et de tirer profit. Le
Trétor vient mettre à leur portée la portion la plus essentielle
do cet acquis nouveau, et, en abordant courageusement une tâche
si colossale, M. de Mas Latrie s'est assuré de nouveaux droits & la
gratitude générale. A. B.
136. — Masson (l'abbè).Bobigny-lez-Paris; la seigneu-
rie, la commune et la paroisse, de l'an 450 jusqu'à dos jours.
In-8, 481 p. Paria, H. Champion.
Il ne Tant pas prendre à la lettre l'indication chronologique du
sous-titre ; c'est seulement au milieu du xi> t^iècle que l'existence
du village et de l'église de Bobigny se constate avec quelque cer-
titude, et à partir du ui* que M. l'abbé Masson a relevé la suite
des premiers seigneurs qui empruntèrent leur surnom à la localité.
Après ces Bobigny vinrent les Braque, puis les Montmorency de
G ouEsai avilie, les Perdrier, les Jacquier de Vieumaison, descen-
dants du fameux muaitioanaire de Turenne, et avec qui finirent
les seigneurs de Bobigny eu 1791.
Le chapitre i" est consacré à la filiation de ces seigneurs, le
chapitre ii à l'histoire du viliage, le chapitre m à celle de l'église
et des établi ssements religieux, auxquels l'auteur porte un intérêt
particulier, ayant eu la cure de cette paroisse avant de passer à
la cure de Bagnolet.
H a joint un assez grand nombre de textes anciens, principale-
ment des aveux et des terriers, à cette intéressante monographie,
qui est ornée, en outre, de onze planches gravées, vues ou coupes
de monuments, plans de territoires, etc. A. B.
137. — Mesnard {Paul). Notice bic^aphique sur
Molière. In-8, 486 p. Paris, Hachette et C?*.
(Extrait de la collection des GraDds écrivaios de la France.)
Si l'on excepte le savant regretté que feu Louis Hachette appela
à diriger la collection des Grands écrivains de la France, aucun
des collaborateurs honorés du choix de M. Adolphe Régnier
n'aura apporté à l'œuvre commune un contingent plus considé-
rable que M. Paul Mesnard ; seul, il aura pu, jusque par deux et
trois fois, prononcer l'Ë^Wifi.... dont tant d'autres n'ont point connu
ou ne connaîtront peut-être pas la légitime satisfaction.
M. Mesnard a débuté dans la Collection, en 1862, par la notice
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 439
bibliographique mise en tète de cette édition des Lettres de M'^^ de
Sévigné préparée de si loin par Monmerqué. On lui confia alors
le Racine, et il fit paraître les huit yolumes de cette édition de
1855 à 1873, avec une régularité désespérante pour qui ne peut
l'imiter. En 1875, Eugène Despois, qui était chargé du Molière,
disparut prématurément au début de Timpression du tome IV,
ayant été précédé dans la tombe par Adolphe Régnier fils, son
zélé collaborateur pour l'établissement des textes. Cette grande
entreprise ne pouvait rester en détresse : il fut fait appel au
dévouement de l'éditeur du Racine; deux auxiliaires éprouvés,
MM. Desfeuilles et Henri Régnier, lui furent adjoints, et les
tomes IV à IX du théâtre complet de Molière purent paraître de
1876 à 1886. S'il était encore permis de se servir d'une locution
bien discréditée, je dirais que le tome X qui vient de voir le jour, et
qui contient la Notice biographique sur J.-R. de Molière, est le cou«
ronnement d'un édifice parfait en tous points, où chaque détail du
texte, de la langue, de l'histoire, de la critique littéraire, a été traité
avec autant de soin et de science que de bon goût, de mesure et
de tact. M'excusera- t-on d'insister sur ces dernières qualités,
trop souvent mises de côté lorsqu'il s'agit de Molièrç ? M. Mes-
nard avait à condenser et fondre en quelque cinq cents pages des
centaines, des milliers de volumes ou de brochures, de disserta-
tions ou d'études publiées depuis la fin du xvn« siècle sur un
sujet où cependant bien des points restent encore obscurs et énig-
matiques. Ceux mêmes d'entre nous qui apprécient le plus sin-
cèrement les mérites de M. Paul Mesnard ne laissaient pas que
de ressentir quelques craintes pour lui. Aujourd'hui, si je ne
m'abuse, les critiques les plus difficiles, que dis-je ? les moiiéristes
les plus exigeants, reconnaissent que la tâche avait été remise
en bonnes mains, que le monument est digne du héros, et les
uns et les autres s'uniront à nous pour souhaiter que ce verdict
soit consacré par les juges de l'aréopage suprême. A. B.
138. — MoLiNiER (Auguste). Géographie historique de
la province de Languedoc au moyen âge. In4, x p.-458 col.
Toulouse, Privât.
(Extrait du tome XII de la nouvelle édition de l'Histoire générale de
Languedoc.)
Je ne crois pas que personne ait parlé, dans ce bulletin biblio-
graphique, de la nouvelle édition du monument de DD. Devic et
Vaissete entreprise en 1867 et qui sera complète, en quatorze
énormes volumes in4, lorsque finira la présente année 1889. C'est
cependant une œuvre dont l'utilité ne saurait être méconnue, et
quiconque s'intéresse soit à l'histoire de nos anciennes provinces,
soit à l'histoire générale, doit rendre un juste hommage aux
hommes de labeur, de science et de dévouement qui ont osé en
140 SOCIÉTÉ
prendre la charge. PluBÎeiin ont dispara avant boq acbèvement ;
bien peu auront en la bonne fortune de voir l'édifice complet :
parmi ces demierE, et comme collaboratenra attitrèa de l'ouvrage,
nous BommeB heureux de voir figurer des noms de confrères tels
que MM. Molinier et Roman, de mâme que noue comptioUB parmi
les autres des- amis et des collaborateurs bien regrettés, tels que
Emile MabîHe. Mais, en ce moment, il n'y a pas encore lieu de
rendre compte de l'œuvre entière, et je n'ai qu'à présenter une des
dbsertations qui enfontleprii et la nouveauté. Notre confrère et
collaboratearM. Auguste Molinier avait pour attribution partica-
llëre de réviser les textes ai importants et si nombreux des Preuves
réunies par les Bénédictins, et parfois imprimées incorrectement;
mais, en debors de cette besogne aride et ingrate autant qu'utile,
il a pu nous donoer la mesure de sa connaissance parfaite du
moyen &ge languedocien, soit dans rétablissement des index géo-
graphiques de quatre volumes de Preuves, soit dans l'annotation
de l'histoire courante, soit dans un grand nombre de mémoires
importants sur la réodalité, sur l'administration de Louis IX et de
son frère, sur l'Université de Toulouse, etc., soit enfin dans la
présente Géographie, qui comprend d'abord l'historique et la des-
cription des vingt-six divisions diocésaines tle l'ancien Languedoc,
puis l'histoire de la géographie civile, subdivisée en quatre par-
ties ; temps barbares antérieurs au ix* siècle, temps féodaux du
II* au sii', géographie administrative du ix* au xvi*, description
et histoire sommaire des vingt-trois diocèses civils qai existaient
au xvni*. Bans aborder le détait de cette dissertation, il snffira,
pour en indiquer la valeur et le succès, de dire que l'Académie
des inscriptions et belles-lettres lui a attribué le second prix de
la fondation Golwrt, comme elle l'avait déjà fait, en 1880, pour
les dissertations jointes par M. Molinier aux précédents volumes,
sans parler du prix Brunet décerné l'année suivante à sa biblio-
grapbie manuscrite du Languedoc. A. B.
139. — MoRANViLLÉ (H.). Confèreoces entre la France
et l'Angleterre (1388-1393). In-8, 28 p. Paris.
(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.)
La conclusion de M. Moranvillé, en terminant l'bistoire de cet
épisode du règne de Charles VI, est que le monarque fit tous les
efforts possibles pour mettre fin à la guerre que lui avaient léguée
ses prédécesseurs. Richard II et sa cour eussent été tout aussi
favorables, de leur c6té, à la conclusion d'une bonne et sincère
paix; mais le parlement anglais rendit impossible tout accord, et,
d'autre part, les dacs de Berry et de Bourgogne tinrent, dans les
conférences d'Amiens, une conduite singulièrement suspecte et
condamnable. M. Moranvillé la qualifierait volontiers de trahison.
A. B.
DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 141
140. — Omont (HoDri). Catalogues des manuscrits grecs
de Fontainebleau sous François P' et Henri II, publiés et
annotés. In -4, xxxnr-465 p. (en langue grecque) et
planches. Paris, Impr. nationale; Âlph. Picard.
Quand François I*' monta sur le trône, la bibliothèque royale
réunie au château de Blois comptait quarante manuscrits grecs;
à la mort du même prince, la bibliothèque formée par lui à Fon-
tainebleau ne renfermait pas moins de cinq cent cinquante volumes
grecs, acquis par ses soins à Venise ou dans le Levant, et c'est
là que c les Estienne, les Tumèbe, les Morel, les Wéchel, suivant
l'exemple des Aide à Venise, allaient chercher, pour les rendre
à la lumière, de nouveaux textes de l'antiquité grecque, sacrée
et profane, i Deux catalogues furent dressés de cette belle
collection, entre 1549 et 1552; les calligraphes crétois Vergèce
et Palœocappa les rédigèrent en grec. L'exemplaire le plus com-
plet est actuellement en la possession de l'Université de Leyde,
et c'est celui que M. Omont a reproduit de préférence aux autres.
Cette publication s'imposait à notre Cabinet des manuscrits actuel,
puisque, à un seul près, il a la bonne fortune de posséder tous les
cinq cent soixante manuscrits grecs que François !•' était parvenu à
réunir. De même, Tlmprimerie nationale, comme héritière de
l'imprimerie royale du Louvre, a encore les caractères grecs fon-
dus par Garamond, sur l'ordre de François P', pour l'impression
de quelques-uns des textes de Fontainebleau, et elle a pu s'en
servir pour imprimer la présente publication des deux catalogues
alphabétique et méthodique. C'est donc un volume magnifique,
que les curieux rechercheront aussi bien que les érudits hellénistes.
A. B.
141. — Omont (H.). Manuscrits relatifs à l'histoire de
France conservés par la bibliothèque de sir Thomas Phil-
lipps à Cbeltenham. In-8, 71 p. Paris, Alph. Picard.
(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.)
142. — Omont (H.). Manuscrits relatifs à l'histoire de
Paris et de l'Ile-de-France conservés à Cheltenham. In-8,
15 p. Paris.
(Extrait du Balletia de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-
France.)
On sait combien il serait important que notre pays pût reprendre
possession des manuscrits originaires de la France qui formaient
la plus belle partie de l'incomparable bibliothèque de Cheltenham.
Si l'Allemagne, la Belgique et la Hollande ont déjà reconquis les
lots qui les intéressaient, si môme la bibliothèque royale de Ber«
142 BOCIÉTi
Un aacheté la plupart des maaufcritB de notre collège de CI«nnont,
aliéoés lors de l'expulsion des jésuites en 1764, c'est encore, non
par centaines, mais par milliers, qne l'on compte les articles qui
tronveraient leur place toute marquée, et pour beaucoup ce serait
une place d'honneur, dans notre Cabinet des manuscrits. Cet éta-
blissement est le seul, chez noos, qui puisse bénéGcier de l'anto-
risation limitative accordée par la chancellerie anglaise aux héri-
tiers de Cheltenham. Souhaitons que nos administrateurs trouvent
encore quelqae combinaison aassi heureuse que celle qui nous t
rendu les manuscrits de la collection ABhbnniham. A. B.
143. — Perret (P.-M.). Notice biographique sur Louis
Malet de GraviUe, amiral de France (144 ?-15i6). Iq-8,
n-271 p. et une carte généalogique. Paris, Alph. Picard.
N'ayant joué an rôle important que pendant un assez petit
nombre d'années, l'amiral de Graville est fort peu connu en dehors
des érudits familiarisés avec les chroniques ou documents du
zv siècle ; les biographies générales ne lui ont pas fait l'honnenr
d'un article, et c'est un vrai service que M. Perret a rendu à l'his-
toire en prenant ce personnage oublié pour sujet de sa thèse i
t'Ëcole des chartes, et en reconstitaant sa longue existence.
Serviteur zélé de Louis XI, qui lui confia des missions à partir
de 1476 et lui attribua une partie de la dépouille de M. de
Nemours, Graville devint un des premiers conseillers de sa fille
Anne de Beaujeu, quand elle prit la régence, et c'est alors qu'il
fut promu à l'amirauté; mais, la régence finie, il ne tarda pas à
être mis de côté, surtout lorsque le jeune Charles VIII l'eut trouvé
formellement opposé à se» projets de conquêtes outre>monts. Il
revint au pouvoir pour peu de temps sous Louis XII, fit de lui-
même une retraite honorable, et mourut au commencement du
règne de François I", laissant un juste renom de désintéresse-
ment et ayant donné aussi des preuves d'un goût sérieux pour les
arts et les lettres, d'une intelligente charité pour les écoliers
pauvres, etc. Appuyée sur un solide échafaudage de documents
de tout ordre, l'étude de notre confrère est suivie d'un appendice
de vingt pièces justificatives. A. B.
144. — RATNAtfD (Gaston). Les Gestes des Chiprois;
recueil de chrouiques françaises écrites en Orient aux xm*
et XIV* siècles (Philippe de Navarre et Gérard de Monréal),
publié pour la première fois. In-8, ïxviu-394 p. Genève,
impr. J.-G. Fick.
[Publication de la Société de l'Orient latin.)
La compilation que vient de publier notre confrère, d'après un
DB L'HISTOIRE DB FRANGB. 143
manui^crit récemment retrouvé en Piémont, se compose de trois
morceaux différents, quoique se rapportant également à Thistoire
des faits advenus en Syrie et dans le bassin de la Méditerranée :
i^ une Chronique de terre sainte, sans nom d'auteur, allant de 1131
à 1224 ; 2<> un récit de la guerre des Ibelins contre Frédéric II,
par le philosophe et jurisconsulte Philippe de Navarre (1212-1242),
œuvre déjà célèbre au xm« siècle, mais dont, jusqu'ici, nous ne
connaissions que le titre; 3» une continuation de 1242 à 1309,
écrite par un témoin oculaire, templier à Tyr et secrétaire du
grand maître Guillaume de Beaujeu, que le regretté comte Riant
croyait être en réalité Gérard de Monréal, autre jurisconsulte
d'importance. Peut-être celui-ci est-il aussi l'auteur du premier
morceau, la Chronique de terre sainte, qui aurait été ajouté comme
préface à l'œuvre de Philippe de Navarre vers le commencement
du XIV* siècle, d'après les textes de Guillaume de Tyr.
La langue de cette compilation est le français, mais mêlé de
quelques mots orientaux et de constructions italiennes. M. Ray-
naud a joint aux trois textes une table chronologique avec recti-
fications, un glossaire et un index général. A. B.
145. — RuBLE (baron A. de). Le traité de Cateau-Cam-
brésis (2 et 3 avril 1559). In-8, iv-347 p. Paris, Labitte,
Paul et 0«.
Contrairement à l'opinion générale des historiens qui, depuis le
xvi« siècle, se sont occupés du traité de Gateau-Gambrésis et y
ont vu surtout une renonciation définitive aux entreprises sur
l'Italie, M. de Ruble estime que la France retira de cette paix,
complétée par le traité de Vervins cinquante ans plus tard, les
avantages les plus réels et les plus durables, c'est-à-dire la fixa-
tion de ses limites naturelles, et par suite une force de cohésion
qui lui permit de résister aux guerres de religion. Ce jugement, il
l'appuie sur une étude approfondie, minutieuse, de l'exécution du
traité avec l'Italie, avec l'Angleterre, avec l'Espagne. C'est pour lui
l'occasion de nous donner le tableau politique complet de l'Europe
occidentale au milieu du xvi* siècle, et de nous prodiguer une
fois de plus des informations neuves, piquantes et sûres, criti-
quées avec une parfaite sagacité, et intercalées dans la trame d'un
excellent récit. Je signalerai particulièrement, dans le chapitre n,
les pages relatives à la Corse sous Sampiero Corso, au conclave
de 1559 qui élut pape l'inquisiteur général Pie V; dans le cha-
pitre V, l'histoire d'Elisabeth de Valois, qui fut mariée à Philippe II,
comme gage du traité, et « dont la vie et la mort ont été le sujet
de fables mensongères. » A. B.
146. — Sanson (A.). Deux sculpteurs normands : les
r
144 SOClATti Dl L'HISTOntB DE FBANCB.
frères Anguier. Petit iii-8 carré, Hl p. et grav. Rouen,
Cagoiard.
147. — Sghbfer (Cb.). Mémoires sur les aSaires du Nord
de 1700 k 1710, par le marquis de Bonnac. Iq-8, 63 p.
Paris, Ëmest Leroux.
(Extrait de U Rerne d'biBloire dlploroatiqiia.}
Neveu, élève et collsboratear d'un diplomate de la dernière
époque du gnad règne, le marquis de Bomiac fat succesaive-
ment chargé de mUaions on envoyé en ambassade auprès de
divers princes allemands, du roi Cliarles XII de Suède, du roi de
Pologne Stanislas Leszczynski, du roi d'Espagne Philippe V, du
Grand -Seigneur, et enfin des Cantons suisses. C'est de ce dernier
pays que provient le volume d'où M. Scbefer a tiré le ■ Mémoire
de ce qui s'est pasïé de plus considérable dans le Nord depuis
l'aanée 1700 jusques en 1710, et le caractère des princes qui y ont
eu part. • Ce qui ajoute encore plus d'intérèl à un recueil de très
curieux souvenirs personnels d'an homme d'esprit, bon observa-
teur, diplomate aclir. c'est qu'il a été rédigé pour a satisfaire la
curiosité de M"' la Dauphine, i c'est-à-dire la femme du duc de
Boui^ogne, et que L'auteur le lui remit à Fontainebleau en sep-
tembre 1711, dans un temps où le jeune héritier de Louis XIV se
préparait, par ud labeur acharné, à devenir digne du tréne. Cinq
mois pins tard, une mort foudroyante enlevait et ce nouveau Dau-
phin et l'épouse à l'iDstruction* do laquelle avait été destiné le
mémoire de M. de Bonnac. A. B.
148. — ScHONB (L.). Le Jargon et Jobelin de François
Villon, suivi du Jargon au théâtre; texte, variantes, tra-
ductions, notices, notes et glossaires.- Petit idS, 389 p.
Paris, Lamarre.
149. — Staffek (p.). Rabelais : sa personne, son génie,
son œuvre. In-18 Jésus, iiv-509 p. Paris, Colin et C'.
150. — Watteville {baron 0. db). Le cri de guerre
chez les différents peuples. In-8, 30 p. Paris, Emile Leche-
vaUer.
(Extrait de la Revue de la Fnuce inoderne.)
I. Le cri primitif. — n. Le cri royal ou national. — III. Le
cri chevaleresque ou féodal. — IV. Emploi du cri de guerre.
FEROCES-VERBAL
DE LA
SÉAI9GE DU CONSEIL D'ADMimSTRATION
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE,
TENUE LE 2 JUILLET 1889,
A l'École des chartes, à quatre heures un quart,
sous LA PRÉSIDENCa DE M. PAUL MEITEB, PRÉSIDENT.
(Procès-verbal adopté dans la séance do 5 novembre suivant.)
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance
précédente; la rédaction en est adoptée par le Conseil.
M. le président proclame membres de la Société, après
avoir soumis ces admissions à l'approbation du Conseil :
2184. M. Jules Angot des Rotours, au château des
Rotours, par Putanges (Orne) ; présenté par MM. Gautier
etRivain.
2185. La Bibliothèque municipale de Saint-Nazaire ;
présentée par MM. Lelong et Yalois.
*
PuMications adressées à la Société.
Publications périodiques. — Bulletin de la Société de l'Histoire
du Protestantisme français, 15 juin 1889. — Bulletin de V Associa-'
tion philotechnique, mai et jtfln 1889. — Bulletin de la Société
bibliographique, juin 1889. — Annuaire de la Société philotechnique,
année 1888. — Revue des Questions historiques, !•' juillet 1889.
Sociétés savantes. — Bulletins de la Société des Antiquaires de
V Ouest, {•' trimestre de 1889. — Mémoires de la Société archéolo-
gique de V arrondissement d'Avesnes,i, IV. — Mémoires de la Société
académique d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du dépar-
tement de VAube, année 1888. — Bulletin de la Société archéolo^
gique et historique de l'Orléanais, 3« et 4« trimestres de 1888.
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 10
Ouvraga offerts par ta auteurs ou hi éditeurs.
Les correspondants de Peiresc, XV. Thomas ^Areos; lettres iné-
dites écritesde Tunis à Peiresc, publiées et anaotées par Ph. Tami-
zey de Larroque. Br. in-S. Alger, impr. Ad. Jourdan. — Us
correspondanis de Peiresc. XVI. Franpoit Luiltier; lettres inédites
écrites de Paris à Peiresc, publiées par le même. Br. io-S. Paris,
Techener. — Les bijoum francs et la fibule anglo-saxonne de MariUei
[Brabant], par le baron J. de Baye. Br. iD-8. Pari§, Delesques.
Correspondance^
M. le marquis de Mailly-Nesle et M. Paul de Farcy
remeraent le Conseil de leur admission au nombre des
membres de la Société.
• M. le marquis de Nadaillac s'excusa de ne pouvoir assis-
ter à la séance.
M. Lanier, professeur agrégé d'histoire au Ij'cée Jaoson-
de-Sailly, amionce que l'état de sauté de M. Couguy, son
beau-père, force momentanément celui-ci de suspendre la
préparation du dernier volume des Extraits des Auteurs
grecs,
Travauœ de la Société.
État des impressions à l'imprimerie Daupeley-Gouverneur :
Aimuaire'Bulletin. i" partie. Feuille 5 tirée ; feuilles 6
et 7 en pages, feuille 8 en composition.
Histoire universelle ^Agrippa d'Aubigné. T. III.
Feuilles 31 à 25 et dernière tirées.
Mémoires de Villars. T. Ht. Feuille 23 et dernière
tirée.
Chroniques de Louis XII, par Jean d'Anton. Feuille 8
tirée; feuilles 9 à 13 eu pages, 14 et 15 eu placards.
Chronique du héraut Berry. Feuilles 1 à 4 en placards.
Chronique de Richemont. On compose le début.
Le Conseil autorise le trésorier à mettre en distribution,
après les vacances, les tomes III de V Histoire universelle
DE L'HISTOIBK DE FRANGE. 147
et des Mémoires de Villars^ auxquels Tiendra probable
ment se joindre, à la même époque, pour compléter l'exer-
cice 1889, le premier volume des Chroniques de Jean
d^Auton.
M. Daupdey, présent à la séance, donne des détails sur
cette dernière publication, que M. de Maulde mène très
activement, et sur les deux autres chroniques du xv^ siècle,
qui sont restées stationnaires pendant un temps.
Le Conseil, considérant le retard imprévu que la maladie
de M. Cougny apportera à l'achèvement de sa publication,
décide que, contrairement au vote du 4 juin, le tome IV de
Y Histoire universelle sera mis inmiédiatement sous presse,
et que le secrétaire invitera M. le marquis de Vogiié à dépo-'
ser le manuscrit du tome IV des Mémoires de Villars et
M. Vaesen à activer la préparation du tome IV des Lettres
de Louis XI.
M. Rivain présente l'état semestriel des finances de la
Société, d'où il ressort que l'excédent des recettes s'élève à
12,340 fr. 21 c.
La séance est levée à cinq heures.
IL
BIBLIOGRAPHIE.
151. — Angot (A.). Essai sur l'instruction primaire
avant 1789 dans le doyenné de Grez-en-Bouëre (diocèse de
Laval). In-8, 23 p. Mamers, Fleury et Dangin.
152. — Archives de Bretagne ; recueil d'actes, de chro-
niques et de documents historiques rares ou inédits, publié
par la Société des Bibliophiles bretons et de l'Histoire de Bre-
tagne. T. III. Monuments de la langue bretonne : le Mystère
de sainte Barbe (tragédie bretonne), texte de 1557, publié
arec une tradnctioa française, introductioD et dictionnaire
étymologique du breton moyen, par Emile Ernault, profes-
seur à la Faculté des lettres de Poitiers. In-4, xn-411 p.
Nantes, impr. Forest et Grimaud.
153. — Armoriai de Béarn (1696-1701); extrait du
Recaeil officiel dressé par ordre de Louis XIY. Première
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Maluquer, juge suppléant à Sarlat, et J.-B.-E. de Jaurgain.
T. ï". Gr, iB-8, xxi-388 p. et planche. Paria, Champion.
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interprétation et commentaire. In-8, 83 p. et fac-similés.
Paria, impr. Gîoupy et Jourdan.
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{Elirait da Bulletin de la SoctétË des Antiquaires de NoTmandle.)
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Caen, Delesques.
(Extrait da Balletin de la Société des Aoliquaire» de Normandie.)
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nale d'une petite ville dans le Marsan, au commencement
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 14S
du xTin» siècle. 1" et ^ parties. Gr. in-8, 31 et 3S p. Dai,
impr. Labèqne.
(Eitnil da BalleUn de la Société ■dentiâqae de Borda.}
161 . — Bibliographie des BénédictiDS de la congrégation
de France, par des Pères de la même congrégation. In-8,
XLrv-S64 p. Solesmes, impr. Babin.
1Ô2. — Blanchkt (l'abbé J.-P.-G.). Histoire de l'abbaye
royale de Notre-Dame-de-la-Couronne en Angoumois, avec
nne notice sur les prieurés qui en dépendaient. T. IL Grand
in-8, 500 p. et planche. Âogoulême, Coquemard.
(Extrait du Bnllelin de la Société arcliédogiqae et liialoriqne de la
Charente.)
163. — Blanchbt Q'abbé J.-P.-G.). La fin de l'abbaye
de Notre-Dame-de-la-Couronne (chapitre additionnel au
BuUetin de la Société archéologique de la Charente pour
1888). Iu-8, 32 p. Àngouléme, Coquemard.
164. — Bled (l'abbé 0.). La réforme à Saint-OmOT et
en Artoia jusc[u'aa traité d'Arras (épisode de la pacification
de Gand), 1577-1579. In-8, 286 p. SaintrOmer, impr.
d'Homont.
(Extrait des Hèmoireg de la Société des Antiquaires de la Horiaie.)
165. — Bonnabelle. Notice sur Saint-Mihiel, son abbaye,
ses dépendances, et aperçu sur le canton. In-8, 160 p. et
planchés. Bar-le-Duc, impr. Contant-Laguerre.
(Eitrait des Hémoires de la Société des lettres, sciences et arts de
Bar-le-Dnc.)
166. — Bonnabelle (C). Notes sur Vaubecourt et ses
seigneurs; la commune actuelle et aperçu sur le canton.
In-8, 55 p. Bar-le-Duc, impr. Contant-Laguerre.
167. — Bonnat(R.). Histoire de Saint-Marcellîn (Isère),
depuis les origines jusqu'à 1800. In-I2, 194 p. Saint-Mar-
cellin, impr. Giroud.
168. — Borges (l'aïdiéW. Saint Jacques de Saxeau,
ermite au ix* siècle, patron ^çla Clmpelle-d'Angillon. In-8,
28 p. Bourges, impr. Tardy-Pigriet.
160 SOCIÉTÉ
169. — Bouchot (H.). Qaelqaee dames da xvi* siècle et
leurs peintres; ouvrage illustré de 16 planches gravées en
fac-similé. Ia-4, 62 p. Sceaux, impr. Charaire et âls.
170. — BouRDERT (L.). Les Jean Limosin, émailleurs.
In-8, 40 p. et grav. Limoges, veuve Ducourtieux.
171. — BiiEuiLLAc(E.). Deux lettres d'échevinage. In-8,
8 p. Saint-Maixent, impr. Révérés.
(Bitralt des BnlleUns de la Société de BtatiaUqne, iciencea, lettres et
■rlB du département dei Deui-SèTTes.)
172. — BRoatiiER-RonBB (L.). Origine et véracité des
notes et documents pour servir à une histoire de la ville du
Pont-Saint-Esprit. In-8, 27 p. Avignon, Seguin frères.
173. — Bbdnel (L.). Les Vaudûis des Alpes françaises,
et de Fressinières en particulier, leur passé, leur présent,
leur avenir. In-16, ni-364 p. Paris, Fischbacher.
174. — C&STAN (A.). Le peintre Claude Rately, en reli-
gion firère Prothade de Besançon, de l'ordre des Capucins,
et sa « Vierge aux saints, » datée de 1636. In-S, 20 p.
Besançon, impr. Dodivers et O'.
(Extrait des HémoireB de la Société d'émulatioD du Doaba.)
175. — Catalogue de la bibliothèque publique de la ville
de Narbonne, rédigé par M. E. Roussel, bibliothécaire.
. In-8, 270 p. Narbonne, Gaillard.
176. — Catalogue général des manuscrits des bibliothèques
publiques de France. Départements. T. V : Dijon; par
MM. Molinier, Omont, Bougenot et Guignard. In-8, xn-
545 p. Paris, Pion, Nourrit et C.
177. — Catalogue général des manuscrits des bibliothèques
publiques de Franco. I)6[>arl.<^meTits. T. X : Avranches, Cou-
tances, Valognes, (r.hei-bour'g, Bayeux, Conilé-sur-Noireau,
Falaise, Fiers, Dtimfri.int, Argentan, Lisieux, Ronfleur,
Saint-Lô, Mortain, clmpitrM|| Bayeux, Pont-Audemer,
Vire. Iii-8, 557 p. Plun, NoiBtit etO".
178. — Chabannes La Palice (conitpsse A. de). Souve-
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 451
nirs histoiîqaes des environs de la Palice. In-8, 14 p. et
gray. Moulins, impr. Audaire.
(Extrait des Annales bourbonnaises.)
179. — Charpin-Feugerolles (comte de). — Les
Florentins à Lyon, discours de réception à l'Académie des
sciences, belles-lettres et arts de Lyon, prononcé dans la
séance publique du 25 juin 1889. In-8, 48 p. Lyon, impr.
Plan.
180. — CmoT DE LA Ville (Mgr). L'empire romain et
le christianisme dans les Gaules. In-8, 192 p. Poitiers, impr.
Oudin.
181. — - CiiéiCENT (l'abbé J.-H.). Tombeau et épitaphes
des de Brosse dans la chapelle collégiale de Saint-Martin à
Huriel. In-8, 28 p. et grav. Moulins, impr. Auclaire.
(Extrait des Annales bourbonnaises.)
182. — GoRDiER (H.). Les débuts de la compagnie royale
de Suède en extrême Orient au xym^ siècle. In-8, 45 p.
Paris, Leroux.
(Extrait du Recueil de textes et de traductions publié par les profe^
seurs de l^cole des langues orientales vivantes.)
183. — Costa de Beauregard (marquis). Mémoires his-
toriques sur la maison royale de Savoie et sur les pays sou-
mis à sa domination, depuis le commencement du xi^ siècle
jusqu'à l'année 1800 inclusivement; enrichis de notes et de
tableaux généalogiques et chronologiques. T. lY. In-8,
174 p. Ghambéry, Perrin.
184. — Dardier (C). La guerre des Farines et les pas-
teurs de Nîmes et du bas Languedoc (1775). In-8, 23 p.
Nîmes, impr. Chastanier.
185. — Dardier (C. ). Le maréchal de Montrevel;
quelques lettres inédites (1704-1705). In-8, 46 p. Nîmes,
impr. Chastanier.
186. — Décrue (F.). Anne, duc de Montmorency, con-
nétable et pair de France sous les rois Henri II, François II
et Charles IX. In-8, xvi-512 p. Paris, Pion, Nourrit etC^.
152 SOCIÉTÉ
187. — Dbsaiyrb (L.). Deux medeciiis des épidémies au
xvni!' siéde. n : Jean-Oabriel Gallot. In-8, 16 p. Saint-
Maixent, impr. Reversé.
(Extrait des Bulletins de la Société de statistique, sdences, lettres et
arts du département des Deux-Sèvres.)
188. — Desjardins (A.). Les otages dans le droit des
gens au xvi® siècle. In-8, 15 p. Paris, Picard.
(Extrait du Compte rendu de l'Académie des sciences morales et poli-
tiques.)
189. — Des Robert (F.). Campagnes de Charles IV,
duc de Lorraine et de Bar, en Franche-Comté, en Alsace,
en Lorraine et en Flandre (1638-1643), d'après des docu-
ments inédits tirés des archives du ministère des Afiaires
étrangères. IL In-8, xiv-413p. Nancy, Sidot frères; Paris,
Champion.
190. — DoiNEL (J.-S.). Histoire de Blanche de Castille.
Gr. in-8, 368 p. avec grav. Tours, Mame et fils.
191. — DuBARAT (l'abbé V.). Notices historiques sur les
évêques de Tancien cÙocèse d'Oloron (506-1792) ; avec une
lettre de S. G. Mgr Fleury-Hottot, évêque de Bayonne.
In-8, 99 p. Pau, impr. Aréas.
(Extrait du Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pau.)
192. — DucHEMiN (P.). Notice historique sur Vascœuil
et le prieuré de TIle-Dieu. In-16, 158 p. Gisors, impr. de
rÉcho républicain.
193. — DuFOua (A.). Le trésor de Saint-Spire de Corbeil
en 1424. In-8, 24 p. Fontainebleau, impr. Bourges.
(Extrait des Annales de la Société historique et archéologique du Gâti-
nais.)
194. — Ddssaet (le P. H.). Le dernier manuscrit de
l'historien Jacques Meyer : recherches sur le manuscrit 730
de la bibliothèque de Saint-Omer. In-8, 44 p. Saint-Omer,
impr. d'Homont.
195. — Dussœux (L.). Notices historiques sur les géné-
raux et marins du xvm® siècle. In-8, x-358 p. Paris,
Lecoffre.
DE L'HISTOIBS DE FRANGE. 153
196. — * Flburt (G.). Recherches sur les fortifications
du Maine. In-8, 24 p. avec flg. Mamers, Fleury et Dangin.
197. — FouRNŒR (P.)* Notice historique sur la collec-
tion de manuscrits de la bibliothèque publique de Grenoble.
In-8, 43 p. Paris, impr. Pion, Nourrit et O*.
«
198. — Francb (Fabbé). Saint Yves; étude sur sa vie et
son temps. In-16, vi-383 p. Saint-Brieuc, Prud'homme.
199. — FaiECT (l'abbé). La maison de charité de Châ-
tillon-sur-Seine (1788-1888). In-8, 250 p. et planche. CM-
tillon-sur-Seine, impr. Pichat.
200. — FuzBT (L.). La Branche de Veilom, chronique
de la Gaule au vT siècle. Grand in-8, 240 p. Limoges,
E. Ardant et G**.
201. — Gabriel (l'abbé). Verdun, notice historique.
In-12, 293 p. et planches. Verdun, Freschard.
202. — Gaffarbl (P.). Le portulan de Malartic. In-8,
34 p. et planches. Dijon, impr. Darantière.
(Extrait des Mémoires de la Société boarguignoone de géographie et
d'Ustoire.)
203. — Gaubin (l'abbé J.). La Devèze, histoire religieuse ;
notice sur les églises paroissiales de Saint-Laurent de Theus
et de Saint-Jean de Tieste. Grand in-8, 50 p. Auch, impr.
Foix.
(Extrait de la ReTue de Gascogne.)
204. — GiLLBT (l'abbé J.). La Chartreuse du Mont-Dieu
au diocèse de Reims, avec pièces justificatives inédites. In-8,
xni-661 p. et grav. Reims, Lepargneur.
205. — GoNTHiEE (l'abbé J.-F.). Le pouillé du diocèse
de Genève en 1481, comprenant la liste des paroisses, avec
le chiffre de la population, les revenus, les vocables et les
patrons des églises, la liste des paroisses formées depuis avec
la date de l'érection. In-8, 44 p. Annecy, impr. Niérat.
(Extrait des llémoireft et documents pttl>liét par l'Académie salésienne.)
206. — GumoNDBT (L.). L^abbaje de Beaulieu-en-
154 SOCIÉTÉ
Rouergae, canton de Saint- An tonin (Tam^et-Garonne).
In-16, 67 p, Villefranche, Dufour.
207. — HÉNAULT (M.). Récit du si^e de Valenciennes
en 1656, publié d'après le manuscrit original de Simon Le
Boucq. In-4, ra-200 p. et portrait. Valenciennes, impr.
Bonenfant.
208. — HussoN (G.). La Dubarry à Pont-aux-Dames.
In-18 Jésus, 16 p. Meaux, Le Blondel.
209. — Inventaire sommaire des archives communales
delà ville de Pontarlier (Doubs) antérieures à 1790, rédigé,
sous la direction de l'archiviste départemental, par Jules
Mathez. In-4, x-146 p. Besançon, impr. Jacquin.
210. — Jadart (J.). Les anciennes croix de chemins, de
carrefours et de cimetières dans le pays Rémois et les
Ardennes; recherches de topographie et d'archéologie,
accompagnées de la vue de sept de ces monuments. In-8,
62 p. avec grav. Reims, Michaud.
(Extrait des Travaux de l'Académie de Reims.)
211. — JoLY (A.). Etudes anglo-normandes : Gérold le
Gallois (Girauld de Barri). In-8, 68 p. Caen, Delesques.
(Extrait des Mémoires de V Académie nationale des sciences, arts et
belles-lettres de Caen.)
212. — ^ JossB (H.). Notice historique sur le village de
Douilly et ses dépendances : Margères, ancien prieuré obé-
diencier d'Arrouaise, puis de Corbie ; Forest et Montizelle ;
ouvrage illustré de nombreux dessins par Edouard Lévêque.
In-8, xn-203 p. Amiens, impr. Laforest.
213. — JouBERT (A.). La bibliothèque et le mobilier d'un
lieutenant particulier au siège royal de Château-Gontier,
sous Louis XIII (1626-1627). In-8, 40 p. Mamers, Fleury
et Dangin.
214. — JouBBRT (A.). Les prisons du roi à Château-
Gontier aux xvn® et xviif siècles, d'après des docimients
inédits. In*-8, 35 p. Mamers, Fleury et Dangin.
215. «- La Croix (le R. P. C. de). Les temples et le puits
DE L'mSTOmK BE FRANGE. 155
I de Mercure découverts sur les hauteurs de Poitiers en 1888.
In-8, 65 p. avec flg. et 7 pi. Poitiers, impr. Biais, Roy
etO«.
(Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Onest.)
216. — Lamprbcht (C). Etudes sur l'état économique
de la France pendant la première partie du moyen âge ; tra-
duit de l'ouvrage allemand par A. Marignan. In-8, 328 p.
Paris, Picard ; Guillaumin et O®.
217. — La Sicotière (L. de). Notes sur Antoine Le Cor-
vaisier de Courteilles et sur son Histoire des évêques du
Mans. In-8, 31 p. Mamers, impr. Fleury et Dangin.
218. — Launay (G.). Répertoire archéologique de l'ar-
rondissement de Vendôme, rédigé sous les auspices, de la
Société archéologique, scientifique 'et littéraire du Vendô-
mois. In-8, n-168 p. Vendôme, impr. Lemercier.
219. — Legoy de la Marche (A.). Le xm* siècle artis-
tique. Grand in-8, 425 p., avec 190 grav. Lille, libr. de la
Société de Saint- Augustin.
220. — Ledru (l'abbé). Anne de Laval et Guy Turpin.
In-12, 95 p. et planche. Paris, Lechevalier.
(CoUection de documents historiques inédits on rares concernant le
département de la Mayenne.)
221. — Ledru (l'abbé). Les Coesmes, seigneurs de Lucé
et de PruiUé ; publié sous les auspices de M"* veuve Aloùis.
Deuxième partie (de 1508 à 1601). In-8, 355 p. Mamers,
Fleury et Dangin.
(Extrait de la Revue historique et archéologique du Maine.)
222. — Lefèvre-Pontalis (E.). Monographie de Téglise
Saint-Maclou de Pontoise. In-4, 196 p. et 11 pi. Pontoise,
impr. Paris.
(Documents édités par la Société historique du Vexin.)
223. — Lefèvre-Pontalis (E.). Notice archéologique
sur l'église de Gassicourt. In-8, 12 p. Versailles, impr. Cerf
et fils.
224. «-- Lbobat (F.). Documents pour servir à Thistoire
156 SOCIÉTÉ
de rancienne abbaye de Beaulieu (Maine). Iû-8, 144 p. Le
Mans, impr. Monnoyer.
225. — Légende (la) du grand saint Antoine, translatée
dé latin en françois par frère Pierre de Lanoy, prescheur;
publiée pour la première fois, d'après le manuscrit d'Antoine
Du Saix, commandeur de Saint-Antoine de Bourg, par
M. C. Guigne, archiviste en chef du département du Rhône
et delà ville de Lyon. In-4, lxxvi-208 p. Lyon, Palud.
226. — Livre (le) juratoire de Beaumont-de-Lomagne;
cartulaire d'une bastide de Gascogne, transcrit et annoté
par M. Gustave Babinet de Rencogne, archiviste du dépar-
tement de la Charente, publié sous la direction de M. Fran-
çois Moulenq, secrétaire général de la Société archéologique
de Tarn-et-Garonne. In-8, lvi-276 p. , avec planches et fac-
similé. Montauban, impr. Forestié.
(Pablicatîon de la Société archéologique de Tam-et-Garonne.)
227. — Marin (P.). L'art militaire dans la première
moitié du xv* siècle : Jeanne d'Arc tacticien et stratégiste ;
campagne de l'Oise (1430), siège de Compiègne. In-18 jésus,
321 p. Paris, Baudoin.
228. — Martin (A.). La confrérie et charité de Notre-
Dame de Sainte-Adresse (1633-1792). In-18, 16 p. Fécamp,
impr. Durand.
229. — Maurin (G.). Une procédure criminelle au
XIV® siècle, d'après une charte inédite. In-8, 24 p. Nîmes,
impr. Ghastanier.
230. — Melgot (A.). Le Jura; dictionnaire historique,
géographique et statistique du département du Jura. In-8,
318 p. et carte du Jura. Lons-le-Saunier, Declume frères.
231. — Milon (E.). Notice sur la ville de Segré et son
arrondissement. Petit in-18, 173 p. Saumur, Milon fils.
232. — OuviBR (E.). La France avant et pendant la
Révolution : les classes, les droits féodaux, les services
publics. In-18 jésus, vin-632 p. Paris, Guillaumin et O^.
DB L'HISTOmS DE FRÀNGEi 157
233. — Petit (E.). Chartes de l'abbaye cistercienne de
Saint-Serge de Giblet, en Syrie. In-8, 11 p. Nogent-le-
Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur.
(Extrait des Mémoires de la Société nationale des Antiquaires de
France.)
234. — Petit (E.). Histoire des ducs de Bourgogne de
la race capétienne, avec des documents inédits et des pièces
justificatives. In-8, 528 p. et planches. Dijon, impr. Daran-
tière.
(Publication de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire.)
235. — Picot (G.). Le centenaire de l'assemblée de
ViziUe (21 juillet 1788). In-12, 68 p. Paris, Hachette.
236. — PoTHiER (M.-E.) . Un quartier de Nîmes à l'époque
gallo-romaine, d'après des fouilles récentes. In-8, 48 p. et
planches. Nîmes, impr. Chastanier.
237. — Proust (H.). Les revenus et dépenses de l'hôtel
de ville de Niort avant 1789. In-8, 328 p. Saint-Maixent,
impr. Reversé.
(Extrait des Mémoires de la Société de statistique, sciences, lettres et
arts des Deux-Sèvres.)
238. — Prudhomme (A.). Un épisode inconnu de la vie
privée du baron des Adrets. In-8, 35 p. et fac-similé d'au-
tographe. Grenoble, impr. Allier père et fils.
(Extrait du Bulletin de l'Académie delphinale.)
239. — QuESVERS (P.). Un procès au xv« siècle entre
l'archevêque de Sens et le doyen de Montereau, In-8, 28 p.
Fontainebleau, impr. Bourges.
(Extrait des Annales de la Société historique et archéologique du Gâti-
nais.)
240. — Read (Charles). Le maréchal de Vauban, ses
mémoires en 1689 et 1693, et ses efforts réitérés en faveur
des huguenots. In-8, 59 p., avec vue de la maison de Vau-
ban à Epiry. Paris, Agence centrale de la Société du Pro-
testantisme français.
A certains témoignages d'un ressentiment non éteint qui se sont
malheureusement produits lors du second centenaire de la Révo-
{58 SOCIÉTÉ
cation, M. Read, dont chacun connaît le dévouement à l'histoire
du calvinisme français, ne pouvait mieux faire que d'opposer
réloquente et généreuse protestation du maréchal de Yauban
en faveur des prétendus réformés. C'est en octobre 1689, il y a
juste deux cents ans, qu'elle fut remise aux mains de Louvois.
Rulhière la connut lorsqu'il écrivit ses Éclaircissements, en 1787,
et le colonel Augoyat en a publié le texte, pour la première et
unique fois, en 1843, mais avec quelques inexactitudes. M. Read
le donne aujourd'hui d'après le tome I*' du fameux recueil des
Oisivetés, récemment entré au Dépôt de la guerre. Il y a joint un
mémoire d'un docteur de Sorbonne que Yauban avait annexé au
sien propre, comme s tendant à même fin, » un autre mémoire
de Yauban, du 5 mai 1693, « sur la guerre présente et les nou-
veaux convertis, » qui se trouve dans le môme volume des Oisive-
tés, et il a accompagné le tout de divers éclaircissements sur la
véritable date du mémoire de 1689. A. B.
241 . —< Riant (comte) . Les possessions de l'église de Beth-
léem en Gascogne. In-8, 29 p. Auch, impr. Foix.
(Extrait de la Revue de Gascogne.)
242. — Richard (J.-M.). Cartulaire de l'hôpital Saint-
Jean-en-l'Estrée d'Arras, publié avec d'autres documents
et une étude sur le régime intérieur de cette maison et des
hôpitaux d'Hesdin et Gosnay dans la première moitié du
XIV® siècle. In-8, xxxvin-156 p. Paris, Champion.
243. — RiGAL (E.). Hôtel de Bourgogne et Marais;
esquisse d'une histoire des théâtres de Paris de 1548 à 1635.
Petit in-18, 116 p. Paris, Dupret.
244. — Robert (U.). Notes historiques sur Saint-Mandè ;
illustrations de M. H. Voisin. In-18 Jésus, 153 p. Saint-
Mandé, Beucher.
245. — RoBERTBT (G.) et Coyegqub (E.). Les Robertet
au XVI® siècle : registre de Florimont Robertet, catalogue
d'actes royaux du règne de François P' (15 octobre 1524-
18 août 1525). T. IL Fascicule ^«^ Grand in-8, xxxi-
105 p. Paris, Firmin-Didot et C'\
246. — RocHEMONTEix (A. de). La maison de Graule :
étude sur la vie et les œuvres des convers de Qteaux en
Auvergne, au moyen âge. Grand in-8, 298 p. et planches.
DB L'mSTOIRS DE FRANGE. 469
Clermont-Ferrand, Bellet et fils ; Aurillac, Bonnet-Picot ;
Paris, Picard.
2Atl. -— RoNDiER (L.). Marché passé entre Jean de Bau-
déan-Parabère, gouvemeur de Niort, et Jacques Trotin,
architecte du roi en Poitou, pour des ouvrages de maçonne-
rie à exécuter au château de la Mothe- Saint -Héraye
(l""' octobre 1604). In~8, 13 p. Saint -Maixent, impr.
Reversé.
(Extrait des Bulletins de la Société de statistique, sciences, lettres et
arts du département des Deux-Sèvres.)
248. — RoNDOT (N.). Les maîtres particuliers de la Mon-
naie de Lyon. In-8, 18 p. Lyon, impr. Mougin-Rusand.
(Extrait de la Revue du Lyonnais.)
249. — Tamizey de Larroque (Ph.). Les correspondants
de Peiresc : XV. Thomas d'Arcos ; lettres inédites écrites
de Tunis à Peiresc (1633-1636). In-8, 56 p. Alger, Ad.
Jourdan.
(Extrait de la Revue africaine.)
Le quinzième des correspondants de Peiresc est un aventurier
provençal que le goût des voyages et des curiosités scientifiques
entraînait à de continuelles expéditions sur le littoral de la Médi-
terranée : si bien que, pris une fois par des corsaires musulmans, il
embrassa leur religion plutôt que de renoncer à ses études, s'établit
à Tunis, et y devint le fournisseur en titre de cet insatiable Pei-
resc. Quelques-unes des lettres qu'il lui adressait ont été publiées
il y a trois quarts de siècle, mais sans les soins voulus, et notre
confrère en donne à nouveau le texte, revu sur les originaux de
la bibliothèque de Garpentras et dûment commenté, avant de
passer aux sept lettres inédites que lui a fournies la Bibliothèque
nationale. A. B.
250. — Tamizby de Larroque (Ph.). Les correspon-
dants de Peiresc : XVI . François Luillier; lettres inédites
écrites de Paris à Peiresc (1630-1636). In-8, 56 p. Paris,
veuve Léon Techener.
En dépit d'une jolie historiette de Tailemant des Réaux et du
commentaire que feu Paulin Paris y a joint, François Luillier
(mort en 1652) est beaucoup plus connu comme père du poète
épicurien Chapelle, que pour sa propre personnalité. Ce ne devait
cependant pas être un esprit médiocre, à en juger par ses amis et
460 SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE.
ses correspondants habituels, Boulliau, les de Thou, Gassendi,
Rubens, Ghanut, Mersenne, Saumaise, Peiresc enfin, et M. Tami-
zey de Larroque n'hésite pas à, placer les vingt et une lettres
écrites à ce dernier parmi les meilleures, comme style aisé et
agréable, de toute la correspondance dont il poursuit le dépouille-
ment avec tant de persévérance et d'érudition. A. B.
251. — Valois (Noël). Le Conseil du Roi aux xiv% xv«
et xYf sièdes ; nouvelles recherches, suivies d'arrêts et de
procès-verbaux du Conseil. In-8, xi-403 p. Paris, Alph.
Picard.
Gette nouvelle étude de notre très dévoué secrétaire adjoint,
venant se joindre à la publication de VInventaire des arrêts du
Conseil d'État, lui a valu le premier prix de la fondation Gobert
décerné cette année par l'Académie des inscriptions et belles-
lettres. Ici, dans le Bulletin dont la rédaction est confiée à
M. Valois, nous ne pouvons qu'appplaudir discrètement à cette
haute distinction, venant récompenser un laborieux et zélé adepte
de l'histoire, et, sans insister davantage sur les mérites de son
œuvre, nous nous bornerons à en indiquer le sujet et les prin-
cipales divisions. Dans Tlntroduction mise en tête de VInventaire
des arrêts du Conseil, M. Valois avait « concentré l'attention du
lecteur sur le Conseil lui-même, sur ses transformations, sur ses
démembrements, sur ses attributions, sur sa composition envi-
sagée d'une manière générale. » Les divers mémoires ou notices
séparées dont se compose le présent volume ont pour but spé-
cial de faire connaître plus à fond la composition du Conseil, par
conséquent ses tendances, sa ligne de conduite, son rôle politique
à des époques particulièrement importantes, comme la captivité
de Jean le Bon, le règne de Charles VI i la fin du règne de
Charles VII, les débuts du règne suivant et le gouvernement
d'Anne de Beaujeu, la première moitié du règne de Charles IX,
les règnes de Henri III et de Henri IV.
•Ces intéressantes études s'appuient sur de solides et substan-
tiels appendices, dont l'un avait déjà été publié en partie dans
notre Annuaire-Bulletin, et qui font revivre de la façon la plus
saisissante les assemblées consultatives des siècles passés.
A. B.
252. — Zeller (J.). Histoire résumée de l'Allemagne et
de l'empire germanique ; leurs institutions au moyen âge ;
ouvrage accompagné de cinq cartes. In-18 jésus, vi-729 p.
Paris, Perrin et G**.
PROCÈS-VERBAL
DE LA
SÉAI9GE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE,
TENUS LB 5 NOVEMBRE 1889,
A l'École des chartes, à quatre heures un quart,
sous LA PRESIDENCE DE M. LÉON GAUTIER, YIGE-PRésiDENT.
(Procès-verbal adopté dans la séance du 3 décembre suivant.)
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance
précédente; la rédaction en est adoptée par le Conseil.
M. le président annonce que la Société et le Conseil ont
fait plusieurs pertes regrettables depuis la séance du mois de
juillet.
M. Fustel de Goulanges, membre de llnstitut et directeur
honoraire de l'Ecole normale supérieure, mort le 12 sep-
tembre, appartenait à la Société depuis l'année 1875. Ses
travaux, soit sur l'antiquité classique, soit sur l'origine des
institutions politiques de la France, l'avaient placé au pre-
mier rang de nos historiens, et le souvenir de sa direction à
rÉcole normale, ainsi que des relations bienveillantes qu'il
entretenait avec tous les érudits ou les travailleurs, ajoute
aux regrets que cette perte cause universellement.
M. le baron de Witte, membre du Conseil depuis 1876,
était entré dans la Société dès 1841, sous le patronage d'un
de nos plus illustres fondateurs, Charles Lenormant. Quoique
Belge d'origine et membre de l'Académie royale de Belgique,
M. de Witte avait fait de la France son pays d'adoption et
avait mérité par ses travaux sur la numismatique romaine
et gauloise le titre d'associé étranger de notre Académie des
inscriptions et belles-lettres. Outre la part prise par lui aux
progrès de la science en France comme dans sa propre
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. U
162 SOCIÉTÉ
patrie, on ne peut oublier c[u'il fut un donateur des plus
généreux, tout récemment encore, pour le Cabinet des
médailles de la rue Richelieu. Malgré son grand âge et une
cécité presque complète, M. de Witte tenait à assister sou-
vent aux séances du Conseil, qui était très honoré de le
compter parmi ses membres. Il est mort le 29 juillet dernier,
à quatre-vingt-un ans.
M. Cougny, mort le 3 du même mois, à soixante-onze ans,
agrégé et docteur es lettres, ancien professeur de rhétorique,
inspecteur de l'Académie de Paris, s'était fait connaître en
premier lieu par des études historiques sur Guillaume du
Vair, Hotman, Pibrac, Béroald de Verville, etc. Helléniste
distingué, la maison Didot l'avait chargé de terminer
Y Anthologie grecque, et notre Société l'avait choisi en
1876, sur la proposition du regretté M. Egger, pour publier
le recueil des Extraits des Auteurs grecs concernant la
géographie et l'histoire des GaïUes. Cinq volumes de
cette publication avaient déjà paru, et le texte du tome VI
et dernier était presque entièrement prêt, lorsque la mort a
surpris M. Cougny. Son œuvre pourra néanmoins être
achevée, à son honneur comme à celui de la Société, qui,
dès l'origine, avait placé ce recueil au premier rang des
publications les plus nécessaires pour l'histoire primitive
de la France.
Enfin, la Société et le Conseil ont perdu un collaborateur
profondément dévoué dans la personne de M. Camille Ri vain,
qui avait succédé à feu M. Dupont, dans les triples fonctions
de trésorier-archiviste-bibliothécaire. M. Rivain a été subi-
tement enlevé le 3 octobre dernier, n'ayant point encore
quarante ans. Ancien élève de l'Ecole des chartes, ancien
archiviste du Cantal et de la Haute-Vienne, archiviste aux
Archives nationales, il s'était fait connaître par un excellent
mémoire sur le Consulat d'Aurillac, et plus récemment il
avait publié une intéressante étude historique sur le Château
de Beau fort-en-Y allée. Son trop court passage dans les
fonctions que le Conseil lui avait confiées en 1886, et où son
prédécesseur avait si longtemps fait preuve de dévouement et
f
DE L*HISTOIU NB FRANCE. 163
d'expérience, a été très profitable à la Société ; le président
actuel, M. Paul Meyer, en a rendu témoignage sur sa tombe,
et le Comité des fonds tiendra à devoir aujourd'hui de consi-
gner, dans ce procès-verbal, l'expression particulière de sa
gratitude et de ses regrets.
Le Conseil, après avoir remercié M. le président et M. le
vice-président de s'être faits les interprètes de ses sentiments
unanimes, ordonne l'insertion au procès-verbal du discours
prononcé par M. Mejer sur la tombe de M. Rivain *.
Publications adressées à la Société.
Publications périodiques. — Revue historique, novembre-dé-
cembre 1889. — Revue des Questions historiques, !«' octobre 1889.
— R&sue historique, juillet -août et septembre -octobre 1889. —
Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme français,
juillet à octobre 1889. — Bulletin des bibliothèques et des archives,
année 1889, n* 1. — Bulletin de la Société bibliographique, juillet-
octobre 1889. — Bulletin de l'Association philotechnique, juillet-
août 1889.
Sociétés savantes. — Bulletin de la Société des Antiquaires de
Picardie, année 1889, n° 1 . — Mémoires de la Société des Antiqiuiires
de Picardie, 3* série, t. X. — Bulletin de la Société archéologique
et historique de l'Orléanais, 1<" trimestre 1889. — Bulletin de la
Société des Antiquaires de la Morinie, avril-juin 1889. — Bulletin
de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 2« et 3* trimestres de 1889.
— Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, t. XXI
(1888-1889). — Mémoires de V Académie d'Arras, 2« série, t. XX.
— La Thiérache; bulletin de la Société archéologique de Vervins,
t. XI. — Proceedings of the American philosophical Society held at
Philadelphia, janvier-juillet 1889.
Publications de TAcadémie royale des sciences, des lettres et
des beaux-arts de Belgique : Bulletins, t. XTTT à XVI (1887 et
1888). — Comptes rendus des séances de la Commission royale d*hi$'
toire, 4« série, t. XIV, 2« à 4« bulletins; t. XV, 1» à 4« bulletins;
t. XVI, !•' buUetin. — Annuaires de 1888 et de 1889. — Biogra-
phie nationale, t. IX, 3« fascicule; t. X, 1" fascicule. — Intro-
duction au t. Vn de la Table des chartes et diplômes imprimés con-
cernant l'histoire de la Belgique, — Relations politiques des Pays-Bas
et de l'Angleterre sous le règne de Philippe II, publiées par M. le
1. Ci-après, p. 168.
164 SOGIÉTË
baron Kervyn de Lettenhove, t. VI et Vil. — Correspondance du
cardinal de Granvelle, publiée par M. Gh. Piot, t. VI.
Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs.
Discours prononcés à la séance générale du Congrès des Sociétés
savantes, par M. Renan, membre de l'Institut, et M. Fallières,
ministre de Tlnstruction publique et des beaux-arts. Br. in-8.
Paris, Imprimerie nationale. — Statistique des dépenses publiques
d'assistance faites en France pendant Vannée 1885, par Henri
Monod, directeur de PAssistance publique. In-4. Paris, Impri-
merie nouvelle. — Les parlers de France, lecture faite à la réunion
des Sociétés savantes, le 26 mai, par M. Gaston Paris, membre
de llnstitut. Br. in-4. Paris, Impr. nationale. — Histoire des ins"
titutions politiques et administratives de la France, par Paul Viol-
let, membre de llnstitut. T. I«. In-8. Paris, Larose et Forcel. —
Rambervilliers pendant la Révolution, par A. Fournier. (Extrait des
Annales de VEst.) Br. in-8. Nancy, impr. Berger-Levrault et G»«.
— Notes manuscrites d'un conseiller au parlement de Normandie
(1769-1789), par le comte d'Estaintot. Br. in-8. Rouen, impr. de
Espée-Gagniard. — Le château de Canteleu près Rouen et ses pro*
priétaires depuis le IVfl^ siècle, par Gust.-A. Prévost. Br. in-8.
Gaen, Henri Delesques. — Le Jupiter en bronze du musée d'Évreux,
par le même. Br. in-8. Évreux, impr. Gh. Hérissey. — Histoire
de Véglise réformée de Laval au IVlh siècle, par André Joubert.
In-8. Paris, Ém. Lèche valier. — Les réparations faites à divers
édifices du Mans, les recettes et les gages des officiers de Louis II, duc
d'Anjou et comte du Maine, de 1368 à 1374, par le môme. Br. in-8.
Mamers, Fleury et Dangin. — L'inauguration de l'hôtel de Pincé,
par le même. Br. in-8. Angers, Germain et Grassin. — Notes iné-
dites sur ChâteaU'Gontier au IVIII^ siècle, par le même. Br. in-8.
Ghâteau-Gontier, H. Leclerc. — Documents inédits sur Vhistoire
de la Révolution en Bretagne et Vendée, publiés par le même. Br.
in-8. Vannes, Eug. Lafolye. — Histoire illustrée des villes d'An-
zances et de Crocq, par Ambr. Tardieu et A. Boyer. In-32. Her-
ment, chez M. Ambr. Tardieu. — Les insurrections populaires en
Basse-Normandie au IV^ siècle, pendant V occupation anglaise, et la
question d'Olivier Basselin, par Armand Gasté, professeur à la
Faculté des lettres de Gaen. Br. in-8. Gaen, H. Delesques. — La
bibliothèque publique de Toulouse en 1790 et le bibliothécaire CastiU
Ion, par M. Lapierre. Br. in-8. Toulouse, impr. Douladoure-
Privat. — Quelques notes relatives à V Académie des sciences, inscrip-
tions et belles-lettres de Toulouse, par le même. Br. in-8. Toulouse,
impr. Douladoure-Privat. — Notes bibliographiques sur les habita^
lions ouvrières et sur le grisou, par F. Nlzet. Br. in-8. Bruxelles,
impr. Vanbuggenhoudt.
DE L'HISTOIBK DS FRANCE. 165
Correspondance.
M. Anatole de Barthélémy et M. le marquis de Beauoourt
s'excusent de ne pouYoir assister à la séance.
M. le Ministre de l'instruction publique adresse : 1* le
programme du Congrès des Sociétés savantes qui doit se
tenir en 1890 ; 2* le discours prononcé par M. Lockroj, son
prédécesseur, à la clôture du Congrès de 1888.
M. le vice-recteur de l'Académie de Paris annonce que le
prix offert par la Société pour le Concours général des lycées
et collèges de Paris , Yanves , Sceaux et Versailles a été
déoamé à l'élève Barrachin , du lycée Saint-Louis , qui a
obtenu le premier prix d'histoire en rhétorique.
Travaux de la Société.
Etat des impressions k l'imprimerie Daupeley-Gouvemeur :
Annuaire-Budletin. l^ partie. Feuilles 1 à 8 distribuées.
Histoire universelle cT Agrippa cTAubigné. T. IV.
Feuilles 1 à 4 tirées ; feuilles 5 à 9 en placards.
Lettres de Louis XI. T. IV. Feuilles 1 à 3 en pages.
Chroniques de Louis XII, par Jean dCAuton. T. I.
Feuilles 9 à 22 tirées ; feuilles 23 à 25 et demie en pages (fin).
Chronique de Richemont. Feuilles 1 à 5 tirées; feuilles
6 à 11 en pages.
Chronique du héraut Berry. Feuilles 1 à 3 tirées;
feuilles 4 et 5 en pages, 6 à 8 en placards.
Le Conseil, considérant* que le tome I des Chroniques
de Louis XII sera prêt avant trois semaines, autorise la
distribution de ce volume, pour compléter l'exercice 1889,
conjointement avec les deux autres ouvrages dont la distri-
bution avait été décidée dans la précédente séance.
Le secrétaire annonce que M. Ludovic Lalanne se pro-
pose de déposer une partie du tome XII des Œuvres de
Brantâme à la fin de l'année, et que M. le marquis de
466 SOCIÉTÉ
Vogué a bien voulu promettre le manuscrit du tome IV des
Mémoires de Villars pour le commencement de 1890.
Le secrétaire annonce que M. Lanier, gendre du regretté
M. Gougnj, lui a remis le manuscrit, préparé par celui-ci,
du texte du tome YI et dernier des Extraits des Auteurs
grecs. — Le Conseil le charge d'en aviser M. le marquis
de Queux de Saint-Hilaire, commissaire responsable de cette
publication, qui voudra bien chercher les moyens de la
faire terminer dans le plus bref délai.
M. le marquis de Nadaillac rappelle au Conseil qu'il l'a
déjà entretenu, de la part de M. le baron Eervyn de Lel^
tenhove, de l'intérêt qu'il y aurait à publier la correspon-
dance du duc d' Alençon avec la reine Elisabeth d'Angleterre,
dont les originaux, conservés dans la bibliothèque du mar-
quis de Salisbury, en Angleterre, pourraient être mis à la
disposition de la Société. — Le Conseil prie M. le marquis
de Nadaillac de se procurer quelques renseignements com-
plémentaires sur l'étendue et le caractère de cette corres-
pondance, ainsi que sur les moyens d'en obtenir commu-
nication.
M. L. Delisle, président du Comité de publication, annonce
qu'il est chargé de communiquer une très heureuse nouvelle
au Conseil. M. Paul Meyer, président actuel du Conseil,
veut bien se charger de préparer pour la Société une édition
du poème inédit de Y Histoire de Guillaume le Maréchal,
comie de Pembroke (1225), dont l'exemplaire unique a
été découvert par lui en Angleterre, et sur lequel il a fait
une très intéressante communication à une Assemblée
générale de la Société*. M. Delisle se borne à ajouter que
ce poème, au double point de vue de l'histoire et de la
langue, est un document de premier ordre, que sa publi-
cation , par l'érudit le plus compétent , ferait un extrême
honneur à la Société, et que le Comité de publication s'em-
presse de proposer l'acceptation des offres de M. Meyer.
Selon toute apparence , l'ouvrage ferait deux volumes de
1. Année 1882, l'« partie, p. 81, et 2« partie, p. 244-264.
DE X'HISTOIRE DE FRANCE. 167
texte et un volume de commentaires, notes et lexiques. —
Le Conseil, conformément à cet avis, accepte en principe la
proposition de M. Meyer, en exprimant à celui-ci sa vive
gratitude et son espoir que la publication projetée arrivera
le plus tôt possible à la période d'exécution.
M. MoranviUé, au nom du Comité des fonds, demande
que les fonctions de trésorier4irchiviste-bibliothécaire, res-
tées vacantes depuis la mort de M. Rivain, soient provisoi-
rement confiées à M. Léon Lecestre, archiviste aux Archives
nationales. — Le Conseil désigne, d'urgence et provisoire-
ment, M. Lecestre pour faire ces fonctions, en attendant
que l'Assemblée générale ratifie ce choix en faisant entrer
M. Lecestre dans le Conseil, et il lui délègue, en due forme,
les pouvoirs nécessaires pour le maniement des fonds de la
Société.
Sur un autre rapport de M. MoranviUé, l'échange de
VAnnttaire-BtUletin avec les publications de la Société
d'archéologie de Bruxelles est accepté conformément à la
proposition transmise, le 25 juillet dernier, par le bibliothé-
caire de cette Société.
Le secrétaire annonce que M. Ulysse Robert a bien voulu
insérer dans le Bulletin des bibliothèques et des archives
une note relative à la mise en vente à prix réduit d'un cer-
tain nombre d'anciennes publications de la Société, et que
des articles de MM. Levavasseur, Emm. d'A. et X., sur les
Mémoires d'Olivier de la Marche, ont paru dans la
Revue des Questions historiques, dans le Bulletin biblio^
graphique et dans la bibliographie du Correspondant,
ainsi qu'une étude de M. Alfred Maury, sur les Chroniques
de Froissart, dans le Journal des Savants.
L'édition des Mémoires de Monluc faite pour la Société,
par M. le baron de Ruble, est un des ouvrages portés pour
l'année 1890 au programme du concours de l'agrégation
es lettres.
Le Conseil est informé que, dans la distribution des
récompenses accordées à l'occasion de l'Exposition univer-
selle, une médaille d'or a été attribuée à la Société, et que
168 SOCIÉTÉ DE L'HISTODUS DE FRANGE.
les cinquante volumes qui figuraient en son nom dans l'expo-
sition particulière des Sociétés savantes, organisée par le
Ministère de l'instruction publique, ont fait retour à la
librairie.
La séance est levée à cinq heures trois quarts.
DISCOURS DE M. PAUL MEYER,
PRiéSIDBIlT DE LÀ SOCftli^
AUX OBSÈQUES DE M. CAMILLE RIVAIN.
La Société de rHistoire de France doit une parole d'adieu à celui
qui, pendant ces trois dernières années, a rempli dans son Conseil,
à sa complète satisfaction, les fonctions de trésorier -archiviste-
bibliothécaire. A des Sociétés comme la nôtre, qui n'ont d'autres
ressources que les souscriptions de leurs membres, il ne suffit pas,
pour vivre, de mettre au jour de nombreux volumes appréciés des
érudits : il leur faut encore une administration attentive à main-
tenir les dépenses en d'étroites limites, à éviter tout gaspillage,
à assurer l'application entière des revenus aux fins que se propose
la Société. Camille Ri vain possédait à un haut degré les qualités
qu'exige la fonction à laquelle le Conseil l'appela au commencement
de l'année 1886, après le décès de notre regretté confrère Edmond
Dupont. Il remplaçait un homme dont toutes les facultés s'étaient
de bonne heure tournées vers les choses de l'administration, et
qui, trouvant dans Taccomplissement du devoir la force nécessaire
pour résister aux souffrances d'une incurable maladie, avait conti<
nué jusqu'à ses derniers jours à s'occuper avec zèle des intérêts de
notre Société. Rivain ne lui fut point inférieur. Il apporta à ses
nouvelles fonctions l'intelligence, l'ordre, le dévouement sans
ostentation dont il avait donné depuis longtemps les preuves dans
sa carrière d'archiviste. Il a contribué grandement au succès des
diverses mesures prises récemment en vue de diminuer nos
dépenses. Dès son entrée dans notre Conseil, sa modestie et
l'aménité de son caractère lui avaient valu, chez nous comme aux
Archives nationales, la sympathie de ses confrères. La Société
ne perdra pas le souvenir de l'homme qui fut, pour trop peu de
temps, l'un de ses membres les plus dévoués et les plus utiles.
PROG&S-VERBAL
DE LA
SÉANCE DU CONSEIL d'ABMINISTRATION
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE,
TEKUm LB 3 DiCBMBRB 1889,
A l'École des chartes, à quatre heures on quart,
sous LA PftiSIDENGE DB M. PAUL METMM, PRBSIDEMT.
(Proeès-Terbal ëâùpié dans b séance do 7 jaiiTier 1890.)
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance
précédente ; la rédaction en est adoptée par le Conseil.
M. le président annonce qu'il vient d'assister, ainsi que
plusieurs membres du Conseil, aux obsèques de M. le mar-
quis de Queux de Saint-Hilaire, décédé le 29 novembre, à
cinquante-deux ans. Il s'est fait l'interprète des r^rets et
de la gratitude du Conseil sur la tombe si prématurément
ouverte pour un ami dévoué de la science dont chacun
appréciait les connaissances variées, la courtoisie, la géné-
reuse et amicale libéralité. — Le Conseil, s'associant aux
sentiments exprimés par M. le président, ordonne que le
discours préparé par lui, et lu, à sa place, par M. Siméon
Luoe, avant le départ du corps de M. le marquis de Saint-
Hilaire pour Hazebrouck, sera imprimé à la suite du présent
procès-verbal.
M. le président prodame membres de la Société, après
avoir soumis ces admissions à l'approbation du Conseil :
2186. M. le marquis de Podenas, rue Paul-Baudry,
n? 4; présenté par M. le marquis de Nadaillac et M. de
Boislisle.
2187. M. le comte Horrig de Beaugaire, premier secré-
taire d'ambassade, avenue Kléber, n* 78; présenté par
MM. le comte de Cosnac et le comte de Chantérac.
Publications adressées à la Société.
PuBUCATions p6biodioces. — Bulletin d'hûtotre eeeUtiastiqua et
Sarchiologie religÛMie des diodut de Valanee, Gap, Grem^le et
nvieri, septembre 1B8S à décembre 1889. — BuiUtin de la SodéU
de l'BUtoire du Protestantisme français, {5 nov. 1889. — Bulletin
de la SocUli bibliographique, aovembre 1889. — Bulletin de l'Ai-
soeiation philoteehnique, noTembre 1889.
SocifcrÉs UTÀHTiB. — Bulletin da la Soeiéti des Antiquaires de
la Morinie, jnîltet-sept. 1889. — Bulletin de la SoeiiU des sciences
hislorigues et naturelles de l'Yonne, année 18S9.
Ouvrages offerts far Us auteurs ou Us iditettrs.
Livre de raison de la famille de FonUtinemarie (1610-1774), publié
par Ph. Tamizoy de Larroqne. Br. in-S. Agen, impr. veuve Lamy.
— Petits mémoires inédits de Peiresc, publiés et annotés par le
même. fir. in-S. Amers, impr. venve de Backer. — Les seigneurs
de Mollière et de la Brossiniire (it'-ivm* siècles), d'après des docn-
ments inédits, par André Joubert. Br. in-8. Laval, impr. Moreau.
— Les troubles de Craon du \ï juillet au fO sept. 1789, d'après un
document inédit, par le même. Br. in-8. Laval, impr. Moreau. —
Lettres inédites du roi Henri IV à M. de Bithune, ambassadeur dé
France à Rome, dn 19 octobre au 24 décembre 1601, publiées par
Eug. Halphen. Br. In-S. Paris, Champion. — Mémoires et consul-
tçtions en faveur de Jeanne d'Are, par les juges du proeii de réhabi-
litation, publiés, d'après les manuscrits autographes, par Pierre
Lanéry d'Arc, docteur en droit, avocat à la Coar d'appel d'Aix,
lauréat de llnatitut. Un vol. in-8. Paris, Alpb. Picard.
Correspondance.
M. le comte de Marsy et M. Rocquain s'ezcaseat de oe
pouvoir assister à la séance.
lYavauœ de la Société.
État des impressions à l'imprimerie Daupeley-GouTemeor :
^nnuaire-Btdletin. 1" partie. Feuilles 9 et 10 en pages.
Lettres de Louis XI. T. IV. Feuilles 1 à 3 tirées;
feuilles 4 et 5 en placards.
DB L'HISTOIRE DS FRANGB. 471
Histoire universelle cT Agrippa cTAubigné. T. IV.
Pas de changement depuis la précédente séance.
Chroniques de Louis XII par Jean dCAuton. T. I.
Volume terminé et mis en distribution.
Chronique du héraut Berry, Pas de changement depuis
la précédente séance.
Chronique de Richemont. Feuilles 6 à 10 tirées ; feuilles
11 à 13 en placards.
Le secrétaire donne lecture d*une lettre, en date du
13 novembre, par laquelle M. le marquis de Queux de
Saint-Hilaire se mettait à la disposition du Conseil pour
examiner la copie du dernier volume des Extraits des
Auteurs grecs et pour chercher les moyens d'en achever
la publication. — La mort de M. de Saint-Hilaire laissant
vacantes les fonctions de commissaire responsable, le Con-
seil prie M. le président de prendre les informations néces-
saires, et particulièrement de chercher un éditeur qui puisse
terminer l'œuvre de M. Cougny .
M. le marquis de Nadaillac communique les renseigne-
ments suivants que lui a bien voulu adresser M. le baron
Kervyn de Letteriove, selon le désir exprimé par le Conseil :
Les lettres du duc d'Alençon à Elisabeth, spécimen assez étrange
d'afféterie, dans une orthographe impossible, offrent mi intérêt de
curiosité ; mais elles sont sans valeur, au point de vue de la poli-
tique et de l'histoire, et je ne pense pas que la Société de l'His-
toire de France puisse songer à les publier.
Me serait-il permis de signaler deux publications intéressantes,
toutes prêtes pour l'impression?
D'abord, les lettres de Guy de Bazoches, — monument littéraire
de premier ordre et tableau remarquable d'une époque reculée, —
dont les copies préparées pour l'impression, sous la direction de
M. Riant, se trouvaient récemment entre les mains de M. Petit,
l'un des conservateurs de la Bibliothèque royale de Bruxelles.
Ensuite, le recueil des lettres de Mondoucet, ambassadeur de
Charles IX aux Pays-Bas, copié et préparé pour l'impression,
entre les mains d'un bibliophile de Reims.
H appartiendrait à M. le baron de Ruble, l'érudit éditeur de d'Au-
m sociSté
bigné, de mettre an jour d'une manière complète, d'après les
manuscrits de Braxellee et de Vienne, les correspondances de
Chantonnay, cet intelligent et perspicace observateur des intrigues
de la cour de Catherine de Mèdicis et de Charles IX.
Chacune de ces trois publications ne formerait qu'un volume.
M. L. Delisle, à cette occasion, rappelle qu'un projet de
publier les lettres de Guy de Bazoches avait été annoncé, il
j a quinze ans, par M. Riant ou par M. ËUe Berger, archi-
viste aux Archives nationales. L'existence du manuscrit qae
signale M. Kervyn de Lettenhove permettrait peutr-être de
donner suite à ce projet.
Le secrétaire annonce que, sur la lettre qu'il a éciite,
suivant l'inTitatioa du Conseil, à M. Léon Pélissier, celui-
ci a repris possession du dossier de pièces relatives aux
débuts du règne de Louis XII qu'Q avait copiées aux
archives de Milan, et ^e cette publication, ne pouvant être
faite actuellement par la Société, sera proposée au Comité
des travaux historiques.
M. L. Delisle dépose une proposition qui lui a été adressée
par M. Viard, archiviste aux Archives nationales, de publier
les fragments du journal du Trésor de Philippe de Valois
(1348-1350) conservés dans cet établissement. Ce texte don-
nerait la valeur de deux ou trois volumes. — Renvoi au
Comité de publication.
M. Moranvillé, au nom du Comité des fonds, présente
l'état des recettes et celui des dépenses soldées ou prévues
au i" décembre. Excédent des recettes : 2,970 fr. 26 c.
La séance est levée à cinq heures.
DISCOURS DE M. PAUL MEYER,
PSéSIDBNT DE LA SOCI^Â,
AUX OBSÈQUES DE H. LE HARQUIS DE 8AINT-HILAIRE.
Le Conseil de la Société de l'Histoire de France est cruellement
DE L'HISTOIItX DE FRANCS. 473
Êproavé. U y a qoelqucâ «eaiaiues, nous rendions les derniers
devoirs à an de nos ton frères les plas dévoao.^.à H.Rivain,iiotre
trésorier, et voici que lu marqujj de Qu(;ux de Saint-Hilidre,
nommé membre du Gon^tcil dansl^e Assemblée générale de 1886,
le même joar que Rivuln, laisa^fàniii nous ua vide difficile &
combler. Loi^itemps avant d'être appelé à prendre sa part dans le
gouvernement de notro association, M, un (Ju^'ur de 8&iat-Hilaiie
était des ndtres. U s'était affilié à la Société de l'Histoire de France,
comme A bien d'antres Bociétéa, parce qn'il aimait, en quelque
mesure et à quelque titre que ce fût, à contribuer à toute œuvre
ntile. Il n'avait point sollicité nos suffrages; mais, lorsqu'on vint
Ini dire qu'il pouvait, en entrant dans le Conseil, nous rendre
service, il s'oflrit avec sa bonne grice habituelle. Nous venions de
perdre M. Egger, qui, depuis longtemps atteint de cécité, eurveil-
lùt néanmoins avec zèle la publication, entreprise par M. Ckm-
gny, des Extrait* des Auleun grecs relatifs à la Gaule. H. de
Queux de Saint-Hitaire remplaça Egger dans la fonction de com-
missaîre responsable pour cette publication, et s'en acquitta cens-
ciendeusement jusqu'au moment ob H. Gougny mourut, laissant
son édition interrompue.
M. de Saint-Hilsire avait une érudition très variée, sans être
un érudit de profession. B ne voulait être qu'un simple amateur :
c'est ainsi qu'il s'est qualifié lui-même, dans une touchante notice
sur Paulin Paris qu'il a placée en tête d'un des volumes de son
édition, malheureusement inachevée, des poésies d'Eustache Des-
champs. Mais c'était un amateur éclairé, et il l'était en des genres
très divej's. Il savait, aussi bien que personne, qu'à notre époque
d'ardentes compétitions on n'est classé parmi les savants qu'à la
conijitloii de consacrer sa vie à des recherches minutieuses con-
centrées sur un espace de plus en plus limité. Mais il ne pensait
pas à se fiire son petit domaine à lui dans le vaste champ de
i'éruditiou. Étranger à toute ambition personnelle, il fut toujours
^idé, dans les différents ordres d'études auxquels il appliqua son
ktelligenca, par des sentiments généreux et désintéressés : il devint
st4', parce qu'il aimait la Grèce; il étudia notre vieille'lit-
tûrature et contribua à la faire connaître, parce qu'il aimait son
pays et ne séparait pas, dans son affection, la vieille France de la
France d'aujourd'hui. On congoit, le connaissant, qu'il se soit
attaché à Eustache Ûeschamps, le poète patriote qui a fait la
ballade : Tel pays n^est qu'en royaume de Fratiee.
Le marquis de Saint-Hitaire était, à un degré éminent, nn
174 SOGrtTÉ
homme sociable. Par <l<^Mjuemeni pou r >-à mère, qa'il avait perdue
il 7 a dix ans, piMii-iHre aussi parce qu'il se Bavait d'une santé
cbaacelaDte, il sV^ait résigné fui célibat. Mais il avait su se for-
mer une large famille d'amisfl|d'o)i1ig<'^9. Ses manières simples
et franches, son atTalnlité, sagnlccnaturr'lle charmaient tons ceux
qui l'approchaient. Son tcmpçi, S6S rel.iiiuas du monde, ses livres,
ses conseils étaifiu à h ilispofiti.'ii (!-■ qui voulait en nser. Il
aimait à collectionner les objets d'art, les dessins, les autographes,
les manuscrits, tes éditions rares ; mais il n'était pas avare de ses
trésors. Il l'a bien prouvé tout récemment. Il y a quelques semaines,
alors que ni lui, ni personne n'avait le pressenUment de sa fin
prochaine, par pure libératité, il fit don à la Bibliothèque natio-
nale d'un certain nombre de manuscrits acquis à diverses époques.
Sa vie trop courte fut bien employée. Il a montré à ses contem-
porains comment un homme de .loisir peut, en dehors des posi-
tions officielles et de la politique, faire un usage honorable de ses
facultés et tenir dignement sa place entre ses concitoyens. Le
CoQseil de la Société de l'Histoire de France, qni profita trop peu
de temps de sa tùnne volonté, gardera un souvenir ému de cet
homme de cœur, dont la vie fut celle d'un savant, d'un artiste et
d'un véritable gentilhomme.
PRIX DÉCHBlrts PAR l'iNSTITCT ADX OtITRAGBS HISTORKIDES.
L'Académie firançaise, dans sa séance aDonelle du
14 Dorembre 1889, a décerné les prix suivaDts :
Prix Gobeet. — Premier prix à M. le Ticomte d'Ave-
Del, pour les trois premiers volumes de son ouvrage inti-
tulé : Richelieu et la monarchie absoltte.
Second prix à M. Edmond Biré, pour son volume inti-
tulé : Paris en 1793.
Prix Thérouanhe, décerné à M. Germain Bapst, potir
son ouvrage historique sur les Joyaux de la couronne.
PrixThœrs, décerné à M. A]3e] Lefranc, auteur d'un
ouvrage intitulé : la Jeunesse de Calvin.
DB L'HISTOUK DB FRANCB. {75
Fbo. Boudin, décerné à M. Ch. Ravaisson-Mollien. poar
sa publication intitulée : les Manuscrits de Léonard de
Vinci.
Prix Jean Retnacd, décOTné à M. Victor Duruy, pour
sott Bistoire des Grecs.
Phh Marcelin Gdbrin. — Prix de 2,000 fr. k M. Léon
Palustre, auteur de l'ouvrage intitulé : la Renaissance en
France. — Prix de 1 ,000 fr. à M. E. Lintilhac, pour son
étude sur Beaumarchais et ses ceuwes.
Prix Montton. — Deux prix de 1,500 fr., l'un au R. P.
Paul Lallemand, pour son histoire de l'éducation dans
l'ancien Oratoire de France, l'autre à M. V. du Bled,
pour son volume intitulé : les Causeurs de la Révolution.
Un prix de 1,000 fr. à M. Paul Gaulot, auteur d'un Cowi-
plot sous la Terreur.
Prix Vitet. — Une moitié du prix est attribuée à
M.Ch.Triarte, auteur de divers ouvrages intitulés: Venise,
Florence, la Vie d'un patricien de Venise, un Con-
dottiere du XV* siècle, etc.
L'Acad^nie des inscriptions et belles-lettres, dans sa
séance annuelle du 22 novembre 1889, a décerné les prix
suivants :
Prix Gobert. — Premier prix à M. Noël Valois, pour
ses deux ouvrages intitulés : InverUaire des arrêts du
Conseil à' État (régne de Henri IV) et le Conseil du
Roi aux XîV', XV et XVP siècles.
Second prix à M. Auguste MoUnier, pour sa Géo-
graphie historique de la province de Languedoc au
moyen âge.
AniNiinÉa de la France. — La première médaille est
décernée fa M. E. Jarry, pour aoa ouvrage intitulé : la Vie
politique de Louis de France, duc ^Orléans (1372~
Î407).
Ia seconde médaille fa M. P. Guéiin, pour le tome lY de
son Recueil des documents concernant le Poitou con-
tenus dans les registres de la Cfumcellerie de France
(1369-1376).
Ui troisième médaille à M. A. -Cl. Fallu de Lessert,
auteur d'un ouvrage sur les Fastes de la Numidie sous
la domination romaine.
La quatrième médaille fa MM. C. Favre et L. Lecestre,
qui ont édité, pour la Société de l'Histoire de France, te
Jouvencel, par Jean de Bueil, suivi du Commentaire
de Guillaume Tringant.
Première mention fa M- le duc de la TrèmoïUe, pour son
ouvrage intitulé : Archives d'un serviteur de Louis XI,
documents et lettres (1451-1481); la seconde, fa M. Ch.
Morel, pour son livre intitulé : Genève et la colonie de
Vienne, étude sur une organisation rnunicipale à
l'époque romaine ; la troisième, à MM. les docteurs Bleicher
et Faudel, auteurs de Matériaux pour une étude préhis-
torique de l'Alsace; la quatrième, à M. A. Prudhomme,
pour son Histoire de Grenoble; la cinquième, à M. H. Stein,
pour son étude sur Olivier de la Marche, historien, poète
et diplomate bourguignon; la sixième, fa M. G. d'Epinay,
pour son ouvrage intitulé : la Coutume de Touraine au
XV' siècle.
Prix de la Grahgk, décerné à M. Emile Picota pour ses
deux ouvrages intitulés : le Monologue dramatique de
l'ancien théâtre français, et les Moralités politiques
dans l'ancien théâtre français.
L'Académie des sciences morales et politiques, dans sa
D£ L'HISTOIRE DE FRANGE. 177
séance annuelle du 7 décembre 1889, a décerné les prix sui-
vants :
Prix KœNigswamer, partagé entre M. Ad. Tardif, pour
son ouvrage sur les Sources du droit canonique, et
M. Beaune, pour les tomes III et IV de son ouvrage sur le
Droit coutumier. — Mention à M. Lanéry d'Arc, auteur
d'un livre sur le FrancHilleu.
Prix Odilon Barrot, décerné à M. Marcel Fournier,
auteur d'un mémoire manuscrit sur le sujet mis au concours :
V Enseignement du droit avant 17 89.
Peux Audiffred. — Une récompense de 1,000 fr. à
M. Carré, pour son ouvrage intitulé : V Enseignement
secondaire à Trôyes depuis le moyen âge jusqu'à la
Révolution.
Prix Le Dissez de Penanrun, décerné à M* Doniol, pour
les trois premiers volumes de son Histoire de la partiei^
potion de la France à l'établissement des États-Unis
de VAifnérique.
IL
BIBLIOGRAPHIE.
253. — Abbaye (F) de Chelles (ordre de Saint-Benoît),
diocèse de Paris, 657-1790 ; résumés chronologiques, pre-
mière partie, 657-1629. Petit in-8, xuv-271 p. Paris,
Lechevalier; Meaux, Le Blondel.
254. — Carre de Busserolle (J.-X.). Armoriai de la
sénéchaussée de Saumur et du pays saumurois. In-8, 107 p.
Saumur, Milon flls.
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 4889. 12
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES
DANS LA. PREmÈRE PARTIE
DE L'ANNUAIRE-BULLETIN
DE l'ihN& 4889.
Décret reconnaïasant la Société de l'Histoire de France comme
établisBement d'utilité pnbliqne, h.
Règlement de la Société de l'Histoire de France, 6.
Liste des membres de la Société, 9.
Archives et bibliothèques associées, 39.
Sociétés correspondantes, H.
Liste des membres du Conseil d'administration, 43
Bureau de la Société nommé en 1888, 43.
' Comité de publication, 44.
Comité des fonds, 44.
Jours des séances de la Société, 44.
Agent de la Société, 44.
Ordre de publicaâon des ouvrages édités par la Société, 45.
I. — Analyse des procis-verbaux.
Assemblée générale, 81-119.
BoiBLiSLB (M. A. de), secrétaire, — Rapport à l'Assemblée géné-
rale, 97-113.
Censeurs ; MM. Delatille Le Roulx et Duhhibu. — Rapport à
l'Assemblée générale, 76, 113-115.
Circulaires du ministère de l'Instruction publique, 59, 74, 165.
Comité des fonds, 51, 59, 67, 72, 76, 132, 172.
Comptes rendus des publications de la Société, 167.
Dons d'exemplaires : à la Société archéologique du Midi de la
France, 68; — à la bibliothèque de Château- Gontier, 74; — à
la Société bibliographique, 133.
Échange de volumes, 167.
Ëlections : des membi;es dn Conseil, 81; des censeurs, 82; des
membres du bureau et des comités, 131.
TABLE DES MATIERES. 179
État des finances, 147.
Exposition universelle de 1889, 59, 74, 112, 167.
Inscription d'une des publications de la Société au programme
du concours de l'agrégation es lettres, 167.
Lalanne (M. Lud.). — Lecture à l'Assemblée générale : Une anec-
dote de Brantôme sur la dot de Catherine de Médicis, 72, 82,
116-119.
Legestre (M. L.), commis aux fonctions de trésorier-archiviste-
bibliothécaire, 167.
LuçAY (M. le comte de), président. — Discours à l'Assemblée
générale, 82-97.
Meyer fM. P.), président. — Discours prononcé aux obsèques de
M. G. Rivain, 168. — Discours prononcé aux obsèques de M. le
marquis de Queux de Saint-flilaire, 172.
Négbologib : M. le comte P. Riant, 49, 87; M. G. Masson,
49, 85; M. O. de Glermont, 56, 85; M. H. Ghevreul, 69, 84;
M. G. Van Ouv^nhuysen, 83 ; M. Tabbé Degout, 83 ; M. Ber-
trand y-Lagabane, 83 ; M. il. FouGHé, 83 ; M. le baron E. Renouard
DE BussiERRE, 84; M. E. Guillaume, 84; M. de Matharel, 85;
M. le comte Éd. de Barthélémy, 85-87 ; M. H. Bordier, 88-90;
M. FusTBL DE Goulanges, 161 ; M. le baron de Witte, 161 ;
M. Gouony, 162; M. G. Rivain, 162, 168; M. le marquis de
Queux de Saint-Hilaire, 169, 172-174.
Ouvrages offerts, 50, 56, 65, 70, 72, 129, 145, 163, 170.
Présentation de membres nouveaux, 55, 65, 69, 72, 129, 145, 169.
Prix d'histoire donné au Goncours général, 67, 165.
Prix mis à la disposition du Gonseil de perfectionnement de
l'École des chartes pour un élève de troisième année, 67, 72, 112.
Prix décernés par Tlnstitut aux ouvrages historiques, 174-177.
Procès-verbaux des séances : 8 janvier 1889, 49; 5 février, 57;
12 mars, 65; 2 avril, 69; 30 avril, 72; 7 mai, 81; 4 juin, 129;
2 juillet, 145; 5 novembre, 161; 3 décembre, 169.
Publications de la Société : Propositions, 109, 166, 171, 172. —
Exercice 1888, 51, 98. — Exercice 1889, 98, 102, 165.
Annuaire-Bulletin, 51, 58, 66, 71, 74, 75, 110, 132, 146, 165,
170.
Auteurs grecs relatifs à la Gaule, 106, 146, 162, 166, 171.
Ghronique du héraut Berry, 51, 71, 75, 102-104, 132, 146, 165,
171.
Ghronique de Richement, 71, 104-105, 146, 165, 171.
Ghroniques de J. d'Auton, 51, 67, 71, 75, 105, 132, 146, 147,
165, 171.
Ghroniques de J. Froissart, 75, 76, 98, 107-109, 112.
Gorrespondance de Philippe V avec Louis XIV et le duc de
Bourgogne, 50, 109.
180 TABU DBS MATIÈIIBS.
Correspondance du duc d'Alençon avec la reine Elisabeth d'An*
gleterre, 166, 171.
Correspondance de Chantonnay, 171.
Histoire universelle d' Agrippa d'Aubigné, 51, 58, 66, 71, 75,
100-101, 132, 146, 147, 165, 171.
Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Pembroke, 166.
Journal de Nicolas de Baye, 98.
Journal du Trésor de Philippe de Valois, 172.
Le Jouvencel de Jean de Bueil, 51 , 58, 66, 98-100.
Lettres de Guy de Bazoches, 171, 172.
Lettres de Louis XI, 106, 147, 165, 170.
Lettres de Mondoucet, ambassadeur de Charles IX, 171.
Mémoires d'Olivier de la Marche, 51, 98-99.
Mémoires du maréchal de Yillars, 51, 58, 66, 71, 75, 101, 132,
146, 147, 166.
Mémoires relatifs au procès de Jeanne d'Arc, 109.
Œuvres de Brantôme, 106, 165.
Pièces relatives au règne de Louis XII, 172.
Radiation de sociétaires, 67.
Reproduction de volumes épuisés, par le procédé anastatique, 51,
112.
Tirage deç volumes, 72, 111.
Vente des volumes, 68.
Volumes mis à la disposition des sociétaires à un prix de rabais,
72, 111, 132, 167.
n. — BibHographie.
Abbayes, 52, 53. 55, 60, 62, 64, Arcos (Thomas d'), 159.
77,80,149,153,156,157,177. Ardennes (département des),
Académie de France (1'), 61. 154.
Académies, 61, 123, 133. Argentan, 150.
Acadie (pays d'), 128. Armoriaux, 148, 177.
Adrets (le baron des), 157. Arnauld d'Andilly, 68.
Affen, Agenais (pays d'), 77. Arras, 158.
Alais, 54. Art (histoire de 1'), 54, 55, 56,
Alger (régence d'), 55. 60, 61, 80, 120, 134, 148, 550,
Allemagne, 135, 160. 155.
Ambronay (abbaye d'), 52. Artois (province d'), 149.
Angleterre, 140. Auch, 53.
Angoulème, 52, 79. Austreberte de Marconne (sain-
Anguier (les frères), 144. te), 60.
Anjou (province d'), 55. Auvergne (province d'), 158.
Antin (le duc d'), 64. Avignon, 5d.
Antoine (légende de saint), 156. Avocats, 55.
Aragon (archives d'), 52. Avranches, 150.
Archéologie, 61, 63, 77, 148,
152, 154, 155. Barbe (le Mystère de s*»), 147.
Archives, 52, 62, 135, 154. Bayeux, 150.
TABUS DES lUTlÈRSS.
m
Béarn (province de), 54, 148.
Beaulieu (abbaye de), dans le
Maine, 156.
Beauiieu-en-Rouergue (abbaye
de), 153.
Beaumont-de-Lomagne, 156.
Bellegarde«en-Gàtinai8, 64.
Bénédictins (religieux), 149.
Bernay, 62, 64.
Besançon, 77. 150.
Bethléem (église de), 158.
Bibliographie, 80, 124, 149.
Bibliothèques, 60, 62, 79, 134,
141. 150, 153, 154.
Blanche de Castille, 152.
Bobigny-lez-Paris, 138.
Boisgelm (le cardinal de), 123.
Bonnac (le marquis de), 144.
Bordeaux, 62.
Boucharl (Alain), 124.
Bourgogne (dacs de), 62, 157.
Bourgogne (province de), 6t.
Bourgthéroulde, 78.
Bovelles (Gh. de), 134.
Bretagne (province de), 123,
Brosse (famille de}, 151.
Gaen, 55.
Garon (les), 54.
Gartulaires, 62, 6&, 80, 156,
157, 158.
Gastel-Amouroux, 63.
Gâteau -Gambrésis (traité de),
143.
Geltique (littérature), 52.
Gerdagne (comté de), 64.
Gerlangue (la), 79.
Ghandieu (Ant. de), 76.
Ghapelle-d^Ançillon (la), 149.
Gharité (histoire de la), 135,
153, 156.
Oharles V, 63.
Gharles VL 140.
Gharles le Mauvais, 61.
Ghartreux (religieux), 68, 153.
Ghâteau-Gontier, 154.
Ghàtilk>iL-8ur-Seme, 158.
Ghelles (abbaye de), 177.
Gherbourg, 150.
Gbiprois (les Gestes des), 142.
Cisterciens (reliffieuz), 158.
Gluny (abbaye oe), 80.
Goësmes (les), 155.
Goêtlosquet (Mgr de), 123.
Gomédie, 56.
Commerce, 127.
Gompiègne, 156.
Gomtat-Venaissin (le), 80.
Gondé-sur-Noireau, 150.
Conseil du roi (le), 160.
Gorbeil, 152.
Cordeliers (religieux), 62.
Couronne (abbaye de N.-D. de
la), 149.
Couserans (évéché de), 53.
Cou tances, 150.
Coutumes, 63.
Cri de guerre, 144.
Croix (anciennes), 154.
Gujas (J.), 79.
Dauphiné (province de), 52, 64,
80.
Devèze (la), 153.
Die, 77.
Dijon, 150.
Diois (pays de), 52.
Diplomatie, 54, 135, 140, 143.
Diplomatique (la science), 137.
Domfront, 150.
Douilly, 154.
Droit (histoire du), 53, 78, 156.
Dubarry (M"»«), 154.
Duclos (Gh.-P.), 123.
Economie politique, 155.
Ecouis, 148.
Education (histoire de F), 55.
Epemon (le duc d'), 77.
Epigraphie, 148.
Etampes, 68.
Etats provinciaux. 61 .
Eu (comtes d'), 77.
Evoques, 62, 152, 155, 157.
Ëvreux, 63.
Falaise, 150.
Farines (guerre des), 151.
Fausses décrétales, 78.
Féodaux (droits), 156.
Fiers, 150.
182
TABLE DES MATIERES.
Florentins des), 151.
Franc-maconnerie (la}, 79.
François f», 62, 141, 158.
Francs (les), 53.
Fressinières, 150.
GaUot (J.-G.), 152.
Gascogne (proTince de), 158.
Gassicourt, 155.
Ganle, Gaulois, 151, 153.
Gay (frères), 52.
Genève (diocèse de), 153.
Genevièye (sainte), 135.
Geoffroy de Vivant, 56.
Géographie, 78, 139, 153, 156.
Gérard de Monréal, 142.
Gévandan (pays de), 80.
Giblet (abbaye de Saint-Serge
de), 157.
Giraald de Barri, 154.
Gosnay (hôpital de), 158.
Gonrdelle (Pierre), 80.
Graule (maison de), 158.
Grayille (L. Malet de), 142.
Grecs (manuscrits), 141.
Grenoble, 79, 153.
Grez-en-Bouëre (doyenné de),
147.
Gueyarre (le P.), 135.
Haâographie, 60, 135, 149, 153,
HÛrileur, 56.
Henri II, 141.
Henri IV, 52, 127.
Hesdin (hôpital d'), 158.
Honfleur, 150.
Honorius IV, pape, 63.
Hôpitaux, 53, 55, 158.
Huriel, 151.
Ile-de-France (province de T),
141.
De-Dieu (prieuré de F), 152.
Innocent IQ, pape, 52.
Institutions, 55, 79, 122, 156,
160.
Instruction primaire, 147.
Jacques de Saxeau (saint), 149.
Jean le Bon, 63.
Jeanne d'Arc, 156.
Jésuites fies), 53.
Joseph (le P.), 53.
Joufîrov d'Âbbans (le marquis
de), &3.
Joyaux de la couronne (les), 120.
JuiCb (les), 64.
Jura (département du), 156.
Languedoc (province de), 60,
1^, 151.
Languet (Hubert), 64.
La Trémoîlle ((jeorges de), 125.
Laval, 136.
Laval (Anne de), 155.
Le Batelier d'Aviron (Jacques),
148.
Le Gorvaisier de Gouileilles
(Ant.), 155.
Légendes, 156.
Limosin (les Jean), 150.
Limousin (province de), 56, 77.
Lisieux, 150.
Littérature, 52, 56, 60, 64, 77,
80, 134, 135, 144, 147.
Lorraine (Gh. FV, duc de), 152,
Louis XI, 125.
Louis XIV, 62.
Luillier (François), 159.
Lyon, 80, 151*159.
Maine (province du), 153.
Malaitic (portulan de), 153.
Mans (évéques du), 155.
Marche (province de la), 56.
Marine (histoire delà), 79, 152.
Marsan (pays de), 148.
Marseille, 148.
Maupertuis (P.-L. Moreau de),
123.
Médailleurs, 80.
Médecine (histoire de la), 55,
62, 152.
Meyer (Jacques), 152.
MiUtaire (histoire), 120, 152, 156.
Miniatures, 134.
Mœurs, 120, 126.
MoUère (J.-B. de), 138.
Mont-Dieu (chartreuse du), 153.
Montereau (doyen de), 157.
Montmorency (Anne, duc de),
151.
TABLE DES MAHÂBES.
183
MontpelUer, 60, 78.
Montrevel (le maréchal de), 151.
Mortain, 150.
Mothe-âaint-Héraye (château de
la), 159.
Moycet (Simon), 148.
Mystères, 64, 147.
Narbomie, 150.
Navarre (archives de), 52.
Nicaise (Fabbé CL), 122.
Nîmes, 151, 157.
Niort, 157.
Ocquerre, 148.
Oloron (diocèse dO, 152.
Oratoire (congrégation de T), 55.
Origny-SiBÛnte-Benoîte (abbaye
Orléans, 53, 56.
Orléans (Lonis de France, duc
dl, 124.
Otages, 152.
PaUce (la), 151.
Papes (les), 52, 63.
Pardiac (Jean), 53.
Paris, 53, 61, 141, 158.
Parlement (le), 55.
Parnasse provençal (le), 77.
Paroisses rurales (les), 68.
Pau. 79.
Pavûly (abbaye de). 60.
Peintres, 55, 56, 80, 150.
Peiresc (N.-Gl. Fabri de), 159.
Périfpieux, 134.
Philippe de Navarre, 142.
Plassac (château et seigneurs
de), 77.
Poitiers, 155.
Poitou (province de), 125, 148.
Pontarlier, 154.
Pont-Âudemer, 150.
Pont-aux-DameSy 154.
Pontoise. 155.
Pont-Samt-Esprit (le), 150.
Poype-Serrières (maison de la).
Protestants, 56, 60, 76, 77, 136,
149.
Provence (pays de), 63.
Rabelais (Pr.), 144.
Rately {Cl.), 1^.
Réforme (Ja France avant la),
, 126.
Régime municipal (le), 52, 148.
Rémois (pays), 154.
Rennes, 52.
Richelieu (le cardinal de), 53,
62, 125, 127.
Robertet (les), 158.
Roche (comté de la), 56.
Rohan (le cardinal de), 123.
Roussillon (comté de), 64.
Ruffey-les-Beaune, 68.
Saint-Denis (chronique du Re-
ligieux de), 126.
Saint -Germain -des -Prés (ab-
baye), 53.
Saint-Crermain-la- Ville, 53.
Saint-Hippoiyte, 56.
Saint-Jean-d\ÂLbetot, 79.
Saint-Jean-de-Jérusalem (ordre
de), 121.
Saint4ean-en-l'Bstrée (hôpital
de), 158.
Saint-Lô, 150.
Saint-Mandé, 158.
Saint-Marcellin, 149.
Saint-Michel-en-Thiérache (ab-
baye de), 62.
Saint-Mihiel (abbaje de), 149.
Saint-Nicolas-du-Port, 148.
Saint-Omer, 56. 149.
Saint-Pastour, 63.
Saint-Riquier. 55.
Saint-Simon (le duc de), 80.
Sainte-Adresse, 60, 156.
Saintonge (province de), 77.
Salignac (J. de Gontaut-Biron,
baron de), 54.
Salmon (P. le Fruitier, dit),
126.
Sanguin (Nicolas), 62.
Saumurois (pays), 177.
Savoie (maison de), 151.
Sculpteurs, 54, 60, 80, 143.
Seçré, 156.
Semé (la), 55.
Senlis. 62.
Sens (l'archevêché de), 157.
m
TABLE DBS MATliRBS.
Seurre, 64.
Sévigné (M»« de), 63.
Silly (abbaye de), 52.
Sorbon (Robert de). 79.
Spanheim (Ezéchiei), 122.
Suède (compagnie royale de),
Suffrcnn (le bailli de), 61.
Tavernier (J.-B.), 136.
Télégraphie (la), 52.
Templiers (les), 122.
Teutonique (ordre), 121.
Théâtres (les), 158.
Thiberville, 54.
Toulousain (pays], 68.
Tréport (abbaye au), 77.
Troubadours (les), 80.
Trousse (marquisat de la), 148.
Troyes, 120.
Trublet (l'abbé), 123.
Tulle, 77.
-Turpin (Guy), 155.
Universités, 53, 55, 56, 62.
Urbain V, pape, 63.
Yalenciennes. 154.
Vascœuil, 152.
Vauban (le maréchal de), 157.
Vaubecourt, .149.
Yaudois (les], 150.
Yeîlom (la Branche de), 153.
Vendôme (arrondissement de),
155.
Verdun, 153.
VerneuiL 56.
Veules, 63.
Villon (François), 144.
Vincent-de-Paul (saint), 56.
Vivarais (pays de), 80.
Vizille (assemblée de), 157.
Yves (saint), 153.
\
]
I
ANNUAIRE-BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE
^F SECONDE PARTIE.
DOCUMENTS ET NOTICES fflSTORIQUES.
NOUVEAU MANUSCRIT DE LA RÈGLE DU TEMPLE»
Personoe n'igoore la rareté des manuscrits qui contiennent
la Règle des Templiers; le dernier éditeur de celle-ci, H. de
Gurzon ^, n'en a connu que trois, ceux de Parie, de Rome et de
Dyon : une heureuse fortune nous permet d'en signaler aujour-
d'hui un quatrième, que nous aroos découvert aux archives
de la couronne d'Aragon à Barceloue, où il porte le n« 33J4
des ■ Cartas Realea. * Il avait jusqu'ici échappé à toutes les
invesUgatioos. C'est un petit volume, en papier, d'un format
réduit (hauteur O^i 5, largeur 0°'45), incomplet dans son état
actuel, et comprenant 70 feuillets, répartis en cinq cahiers non
reliés entre eux. U est écrit à longues lignes; des rubriques
rouges ou vertes appellent l'attention sur les divers articles.
Les vers, malheureusement, ont rongé le texte en plus d'nn
endroit. Dans son état primitif, le manuscrit devait, selon
toute vraisemblance, contenir, avant le foiio i actuel, plusieurs
1. Ce trtTail a été Id à l'Académie des inscTiptiong et belles- lettres
dus la etSDM du 21 mars 1889.
%. la Règle du Temple, publiée ponr la SodèU de rbialaire de France
eolS86.
AMNVAIRB-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 13
186 SOClâTft
feuillets ou cabiera, aujourd'hui perdus ; si l'examen du docu-
ment ne permet pas l'afBrmation absolue sur ce poÎDt, des
considérations d'un autre ordre, que noua indiquerons plus
bas, l'autorisent el la justifient. Le texte, tel qu'il nous est par-
venu, se poursuit sans lacunes, sauf deux pages restées blanches
(fol. i6b et 47 0}; mais le dernier fui m aoknl (lui. 70' n'était
pas originairement le dernier, et lo maiiu.^cril usl c^irlaiiienient
incomplet par la fin.
Les caractères paléographiques permettent d'assigner à la
Règle de Barcelone, comme dale. les dernières années du
XIII* siècle. Copiée sur un texte franraîs, elle a été émaillée par
le copiste d'une grande quantité de inuls appartenant à la langue
d'oc, sans avoir cependant été traJuJU' m prnvenral on ni cata-
lan. Ëmane-t-elle d'un scribe vivant en Terre Saiule ou à Chypre?
Est-elle plus particuUèrement languedocienne ou catalane? La
question est délicate à résoudre. Quelques habitudes orthogra-
phiques [x ou xh, g oaj pour représenter le son chuintant eh]
semblenl plus spédales au catalan, et le texte contient un cer-
tain nombre d'exemples particuliers, — inconnus des autres
exemplaires de la Règle, — qui tous se rapportent à l'Aragon
et à la Catalogne-, mais rien n'est assez caractéristique pour
autoriser une conclusion absolue. L'origine du manuscrit n'est
pas difficile à déterminer : nous sommes, à n'en pas douter, en
présence de l'exemplaire de la Règle que possédait le maître du
Temple en Aragon et en Catalogne. Rien, il est vrai, n'indique
cette propriété; mais, si l'on songe que les Règles étaient très
rares chez les Templiers, et que celles qui ont subsisté pro-
viennent deschef^Iieux des grands prieurés de l'ordre, on n'hési-
tera pas à attribuer la possession de celle de Barcelone au mattre
d'Aragon et de Catalogne. Une remarque accessoire corrobore
cette hypothèse : à l'endroit où il est question de la réception des
frères (fol. 4S-21|, les pages du manuscrit sont beaucoup plus
fatiguées qu'ailleurs, et témoignent, par leur état même, que cet
exemplaire servait au maître d'Aragon lors des réceptions dans
l'ordre. La présence enfin du manuscrit aux archives de la cou-
ronne d'Aragon n'a rien qui aille à rencontre de l'origine que
nous lui assignons. On sait que le roi d'Aragon, d'abord hostile
à la suppression des Templiers dans ses états, ne consentit à la
DB L'HISTOIRE DB FRANCB. 187
transmission de leurs biens aux Hospitaliers qu'à la condition
de s'en réserver personnellement une partie ; les archives sui-
virent le sort des commanderies : elles furent, comme elles,
partagées entre Tordre de THôpital et le roi d'Aragon. Ainsi
s'explique que la Règle ait été conservée aux archives d'Aragon,
à côté des splendides cartulaires du Temple qui sont un des plus
beaux ornements de ce dépôt incompar^le.
La Règle du Temple, telle que nous la connaissons par la
publication de M. de Gurzon, se compose d'éléments distincts,
juxtaposés les uns aux autres, et non fondus ensemble: c'est
un recueil de règlements, plutôt qu'un code. Une première partie
comprend la règle primitive , celle que saint Bernard donna,
dit-on, lors du concile de Troyes, à Tordre naissant^ ; elle est
suivie des statuts relatifs aux droits et devoirs des grands digni-
taires du Temple et d'un chapitre concernant l'élection du grand
maître. Une seconde partie renferme le code pénal et les ordon*
nances réglant la vie conventuelle des Templiers et la tenue des
chapitres ordinaire^'; une sorte d'appendice donne un commen-
taire sur le code pénal, avec exemples à l'appui, et détermine
le cérémonial de la réception des frères dans Tordre. Le manu-
scrit de Barcelone, dans son état actuel, ne comporte plus que
la seconde partie, celle qui concerne la pénalité et la vie con-
ventuelle; mais il n'est pas douteux que, dans son intégrité, il
ne contint, avant ce qui nous est parvenu, la règle primitive et
les statuts hiérarchiques. Nous avons déjà remarqué que Texa-
men du volume laissait soupçonner la lacune du début; à
début de ces soupçons, le simple bon sens indique qu'on n'a
pu imaginer de recueillir les dispositions relatives au code pénal
et aux règlements conventuels du Temple, sans les faire précé-
der de la Règle primitive et des statuts hiérarchiques, bases
1. Pnitz {Die Templerregely dans Kœnigsberger StudUen, l, p. 147-180)
établit qa» cette règle n'émane pas de saint Bernard, puisqu'elle contient
des dispositions empruntées à la règle de saint Benoît, qu'elle ne fut pas
donnée par l'abbé de Clairraux au condle de Troyes (1128), auquel il
n'assista pas, et qu'elle n'est pas antérieure aux années 1130 à 1135.
2. Prutz (ibid*) essaie un classement chronologique des diverses parties
de la Règle et de ses appendices; ses conclusions méritent d'être eiami-
nées avec attention.
188 SOCIÉTÉ
fondamentales de Tordre. On pouvait, au contraire, comme
cela s'est produit dans le manuscrit de Dijon, ne transcrire que
la Règle primitive et les statuts hiérarchiques, soit parce que
cette transcription suffisait aux besoins des maisons d'ordre
inférieur ^ soit plutôt parce qu'à l'époque où la Règle de Dijon
a été transcrite, la pénalité n'était pas encore fixée.
M. de Gurzon distingue quatre rédactions successives dans ce
recueil de textes, formé sans revision, parfois sans divisions.
Des trois copies par lesquelles il nous est connu, deux sont com-
plètes : ce sont celles des manuscrits de Paris et de Rome, qui
datent des dernières années du xiii" siècle. La troisième, celle
de Dijon, ne comprend que la première partie du recueil (Règle
de saint Bernard ^, statuts hiérarchiques et élection du grand
maître) et remonte au commencement du xni« siècle; mais
toutes trois procèdent d'une source originale commune, d^un
texte unique, auquel elles ont puisé.
En/ est-il de même pour le manuscrit de Barcelone ? Nous ne
le croyons pas. Il se peut que le rédacteur ait eu devant les
yeux les mêmes textes que les rédacteurs des Règles de Dijon,
de Rome et de Paris; cela est même probable : mais il s'en est
servi autrement. Ce qui caractérise les Règles du Temple, c'est
l'absence de toute codification; le même objet, la même pres-
cription figurent à trois ou quatre endroits. Dans le manuscrit
de Barcelone, le souci de la codification se fait jour; ce n'est
pas encore un classement méthodique, mais une tentative de
groupement analytique. Ainsi, tout ce qui concerne les chape-
lains a été réuni sous un même chef; des transitions sont
observées pour certains passages que les Règles de Paris et de
1. Citfïon, Règle du Temple, p. ti. Nous croyons qne ni la Règle ni
les Retrais n'étaient aux mains des commandeurs, et, contrairement à
l'opinion générale, nous pensons que les commandeurs des provinces en
possédaient seuls un exemplaire; la distinction établie entre la Règle et les
Retrais nous semble subtile. Cf. Knœpfler, Die Ordensregel der TempeU
herren, dans Historisches Jahrbuch, 1887, p. 666-695; H. Prutz, Die
Templerregel, dans KoeiUgiberger Studienj I, 147-180.
2. M. de Curzon a donné le texte latin de la Règle dite de saint Ber*
nard d'après le ms. de la Bibl. nat. lat. 15045. Knœpfler (op, eitatum,
p. 671-95) le redonne d'après un manuscrit nouveau, le ms. lat. 2649 de
la bibliotlièque de Munich, qui semble meilleur.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 189 *
Rome nous présentaient sans aucun lien entre eux; d'autres
endroits sont abrégés ; les répétitions, si fréquentes dans l'édi-
tion de H. de Gurzon, deviennent plus rares. Les idées cepen-
dant et le fond même de la Règle n'y subissent aucune modi-
fication essentielle : c'est plutôt la forme qui change et qui se
concentre. Enfin la Règle de Barcelone met en œuvre des élé-
mrats étrangers à celles de Paris et de Rome; elle nous fournit
un assez grand nombre d'exemples historiques qui lui sont spé«
daux, et des ordonnances qu'on chercherait vainement dans les
manuscrits de Paris et de Rome.
n n'entre pas dans le cadre de cet examen sommaire de faire
ressortir toutes les différences qui distinguent la Règle de Bar-
celone des Règles précédemment connues. Nous nous bornerons
à signaler les passages sur l'ivrognerie, sur la situation faite aux
Templiers prisonniers des Infidèles et déUvrés ensuite, sur les
maladies pestilentielles dont ils pouvaient être atteints (fol. 9 a-
iib) et sur TofOce de gonfalonier (fol. 69 a-70) ; ces passages
étaient ignorés jusqu'à présent. Mais c'est surtout sur les
exemples historiques qu'il importe d'insister. La publication de
M. de Gurzon était déjà très riche en exemples de ce genre : le
manuscrit de Barcelone complète plusieurs d'entre eux en don-
nant des noms aux acteurs de ces faits ; il contient en outre une
dizaine de nouveaux exemples qui, presque tous, concernent la
Terre Sainte ou l'Espagne. Citons, parmi ceux-ci, le cas d'un
Templier reçu dans l'ordre sans être fils de chevalier (fol. 49 ab) ,
un événement dont un prieur d'Aragon, frère G. de Gardona,
fut le héros, une très curieuse histoire de falsification de bulles
survenue en Catalogne (fol. 49), et un document du plus grand
intérêt historique sur la perte d'Antioche et de GasUn par les
Templiers en 4268 (fol. 53 6-57 b] *. L'arrivée du sultan Bibars
, devant Antioche dont il s'empare, l'anxiété des Templiers enfer-
més, sans armes et sans ordres, dans le château de Gastin, sous
le commandement de frère Guérant de Sauzet, commandeur
d'Antioche, la résolution prise par un simple Templier, Guy de
1. Ce qu'on sait de la prise d'Antioche est résumé dans R. Rœhrieht,
Études iur les derniers temps du royaume de Jérusalem {Archives de
rorieni lat*n, 11, 391-392).
190 SOCIÉTÉ
Min, de rendre le château au Soudan, résolution exécutée
pendant le repas des frères, la retraite des assiégés à la Roche-
Guillaume, sont autant de détails précieux pour Thistoire des
Croisades. On pourrait multiplier ces exemples; qu'il nous suf-
fise d'avoir inijiqué en quelques mots l'importance du manuscrit
de Barcelone et son intérêt exceptionnel.
Nous espérons que la publication des passages nouveaux que
contient la Règle de Barcelone justifiera la valeur que nous
avons cru devoir lui accorder.
J. Delaville Le Rovlx-
DE L'HISTOIRS DE FRANCE. 191
TABLEAU DE CONCORDANCE"
DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE HANCSCBIT DE BARCELONE
ET DAKS L'imnOW ffB U BË6LE DOHfllÏE FAB X. DB GUBZON.
386, 503, 503.
402, 507, 389
(cf. 407, 410).
475, 651.
652, 653.
f.2.
f. 2.
f. 2 6-3.
Avec quelques varianteB.
Idem.
Voy. ci-deBSouB, n" I-IV.
La fin diffère, Voy. le texte, n- V.
Au lieu des quatre dernières
lignes du % 653, le manuscrit
de Barcelone porte ; f E ei
di qne il Eufrira la justice de
la maiso, e si Deu playt qne
il se gardarad'aqui en [a]vant,
hom lo deit far exir defore
deu. *
654, 4»,
474.
t. 3 6.
B. ajoute ce qui eet bous le
n- VI; 11 a pour le g 490 de
fortes variantes.
468- 4J2,
497,
l.iJi.
Avec de grandes Tarianles.
500,50
,520,
522,505,507.
f. Sol..
V. U teita, u- -ra-X.
f. 10 a».
V. le texte, n" Xl-Xm.
(cf. 44S.I
f. 10 6-11.
V. le texte, n- XIV.
(cf. 444.)
f. llaè.
V. le texte, n- XV.
1. 11 i.
V. le texte, n-XVI-XVra.
(.12.
V. le texte, n- XIX-XXH.
268-274.
f. 12-13.
l SOCI^Tâ
CtrazoN. Ma. dk Babgelohb.
Obehktatiohs.
271-278.
657-fi86.
267.
f. 14-15.
f. i5-21.
221-281. f. 2i.
232. f. 21 6.
f. 2i 6-25 6.
l- f.25ft.27 6.
f. 27 6-29 b.
î. 29 b, 31.
B. ajoute qnelijues dleposittoiiB
relatives aux chapeloine, no-
tamment celle en venu de
laquelle an fràre chapelain
nommé érëqae porte le man-
teau blanc s'il est chevalier.
Suivent quelques règlements
relatifs au port des divers
manteaux.
Le g 271 est précâdé dans B.
d'on préambule. V. n- XXIII.
Le texte, très endommagé par
les vers, diffère beaucoup,
dans la façon dont il est dis-
posé, deceluideM.de Curzon.
B. ajoute les n" XXIV et XXV.
B. ajoute au S 609 : «Et fo el
tems de maistre frère P. de
Montagnt. *
Variantes considérables dans les
exemples.
V. le texte, n* XXVI.
554-7, 558 en
partie, 560.
f. 33 6-34.
578, 579, 581, f. 34.
563.
564-567. f. 35.
574, 575. f. 35 6.
f. 35 6-38 6.
V. le texte, n* XXVH.
B. abrège ; il mentionne que
l'anecdote donnée au S 556 se
passa sous le magistère d'A.
de Périgord, et celle du S 560
sous le magistère de Thomas
Bérard.
V. le texte, n* XXVm.
B. abrège Its gg 579 et 563. V.
le texte, n- XXIX et XXX.
B. abrège le g 567.
Variantes importantes.
V. le texte, n-XXXI-XXXV.
V. le texte, n- XXXVI-
xxxvn.
DE L'HISTOIRE DE FRANCE.
GuBZON. Mb. de Barcelone. Obsebvations.
193
561, 562.
580, 582.
583, 563.
570.
569, 573.
576
576; 577.
588, 618.
619, 620, 591.
585, 606.
614, 615.
616, 617.
f. 39 6-40.
f. '40 a b.
f. 40 6-41.
f. 41 M2.
f. 42 h.
f. 43afr.
f. 43 &.
f. 44 a-45 a.
f. 45 a-46 a.
f. 46 6-47.
f. 47 M8 h.
f. 48 M9.
f. 49 a b.
f. 49 ^50 b.
f. 51 a b.
f. 51 6-52.
f. 52 a b.
f. 52 6-53.
f. 53-57 b.
f. 58 a b.
f. 58 b,
f. 59.
f. 60 a b.
f. 60 6-61.
f. 61 6-62.
V. le texte, n- XXX VUI-
XXXIX.
B. ajoute que le frère dont il
est question au § 561 était
allemand:
B. nomme le frère dont il est
question au § 562 frère Marli.
B. porte que le chapelain men-
tionné au § 563 venait, non de
Tripoli, mais de Jérusalem.
B. porte que le frère s'appelait
Esteven.
B. donne le nom du frère héros
de l'histoire du § 573 : fr. G.
de Permenteria.
Pages blanches.
V. le texte, n* XL.
V. le texte, n* XLI.
V. le texte, n* XLII.
V. le texte, n- XLni-XLIV.
V. le texte, n* XLV.
y. le texte, n» XL VI.
V. le texte, n- XLVH.
V. le texte, n* XLVIU.
V. le texte, n* XLIX.
V. le texte, n« L.
V. le texte, n* LI.
B., dans le § 585, au lieu de
c frère Guiraud de Braies , »
donne c frère Richart de
Bures. »
Avec d'importantes variantes,
dont la principale est la men-
tion de maître Thomas Bérard .
194 SOCIÉTÉ
GuRZOH. Ms. DE Barcelone. Obsebvatiohs. ^
f. 62 ^63 b. B.y jusqu'au^ fol. 66, est très
abîmé par les vers ; on y dis-
tingue cepeùdant qn'ii s'agit
d'une histoire de Sarrasins à
Tortose.
— de deux frères ivrognes.
— d'une histoire où figurent les
frères Gy et Dider.
— d'un frère malade à Damiette.
— de deux frères allemands qui
s'emparent des manteaux.
V. le texte, n» LU.
V. le texte, n* LDI,
f. 69. Place réservée pour une grande
lettre en couleur qui n'a pas
été exécutée.
f. 69-70 b. V. le texte, n» LTV.
f. 64.
f. 64 b.
f. 64 6-65 b.
f. 65 6-66 a.
f. 66 a-67.
1
f. 61 ab.
603, 605, 607,
f. 67 6-68 b.
608, 610.
DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 195
MANUSCRIT DE BARCELONE *.
I. {Fol. 2.) — E si nuil frère disoit en xhapitre algnna parola
qne dir ne dense, un antre frère li pot dire sens mover de... : c Vos
diteç mal, et cries merci. »
II. — Frère ne deit a frère lazer sa falia traire de xhapitre ; e se
il la laxe traire, e antre xhapitre li volie mostrer assestni frère,
qni a Tantre la lexa traire, sa falia de xhapitre, et no li mostra,
penre pot hom en lui qant que hom deit pendre en frère, salv son
abit ; e a l'autre frère segons so que il aura fait e li autre frère
voudrant.
m. — E frère que geist en Fenfermaria ne pot rependre li
enfermers, ne autres frères, tant com il y est ; mas pus que il en
est esus il le repenre.
rv. — En qualque manera frère trespasara lo comandament de
la maiso, hom pot penre en lui qant que hom pot penre en frère,
salY son abit ; car nuyll comandament no y ha [p]etit ; hom no
pren tant deu (o) dit com deu fayt.
V. (Fol 3.) — (Fin du § 651). E si il a faita chosa per qne il no
la deya recovrer (la maiso), hom li det doner congé de aler salver sa
arma en altra religio, e doner carta de congé se il la demanda,
ço est a entendre a Torde de Sent Agusti o de Sent Benehet. E se
il no a faita chosa per que la deia perdre, hom ne la li doit tolir,
axi com dit es desus, mas hom li pot tenir una peça a la porta
segons lo portament de lui.
YI. (Fol. 3 b.) — {Le ms. de Barcelone ajoute ceci au % 654) :
Al chep de l'an e de jom, hom li deit rendre Tabit ; e puis est a
un jom tant com a Deus e als frères playra. Mas el est use que,
al primer manger que il aura fayt ab son abit, hom lo leva de
terra. Si hom vol, hom lui pot tenir longament.
1. Nous ne publions ici que les passages qui ne sont pas dans l'édition
de M. de Garzon. Le texte a été transcrit à Barcelone avec le plus grand
soin par notre confrère et ami M. A. d'Herbomez; mais le mauvais état
de conservation du manuscrit, les incorrections nombreuses qa'ii ren-
ferme n'ont pas permis de l'établir partout d'une façon absoloe et définitive.
196 SOCIÉTÉ
Vn. {Fol. 9.) — E si anqun freré est acustume de tant beure
que el n'aveya ivre, e il no s'en volia chastier, e hom lui avia
esgardea falia, lo maestre ab lo chapitre ly pot dire : « Biau frère,
vos estes invroye et nos volez chastier; ora nos vos metem en
Pesta (?) que vos prenez de ces .ij. choses quai vos plazia : o que
vos demandez congé de la maiso e que vos aies sauver en autra reli-
gio, que vos laxez d[e beure] a toz jors de vestra vida. » E si lo
frère prenque la maiso lexara, hom doit douer chartre ques pusque
sauver en autra religio. E si il pren que jamais no beura vin, il
s'en deit sofrir que jamais non beva si doues li maestre, per acort
deus frères, no l'en donaven lo congé : car per si lo maestre non a
poer. E si el en bevist, en era atent, il en perdria la mayso.
Ym. — E si frère mange o bet en loc o no deia, que sia
défendu, o chosa que no deia manger, e yl en era (a) [fol. 9 b)
atent, lis frères li poent esgarder a perdre la vianda, salv lo pan,
.j. an e .j. jorn, e tal falia com a ills playra, salv son abit. E le frère
no deit manger dins lo terme que li sera esgarde si doncs il no
ère malaute en la maiso de l'enfermeria.
IX. — Si alcun frère es blasme de mauvays portament c'on no
l'en pot acenier, o d'autre chosa que fos honta ne damage de la
maiso, e hom nol pot acenyer, e no s'en vol xastier, e aucuns frères
li veu alcun mal senblant far, el ne fa crier merci en chapitre, los
frères no li devent esgarder a perdre Tarnes en chapitre ; mas el
es use que, si la chosa es petita que il aura fayta, los frères lo la-
zen sur lo coseyl deu maestre. E la cosa porie estre tan gran qe los
frères li esgardarient falya, e pus lo maestre ab son consel lui
porie far durte.
X. — E [can] lo maestre vont fayre durte a .j. frère, il la deu
fayre per conseyll d'una partia dels prodomes qui seran la ou yl
sera. Apres, lo meneschal, o celui qui te aquel ofizi, li dira ço
que li a este esgarde el conseyl, davant .ij. o .iij. frères. E si il est
acorde que hom l'en mande a .j. chastel o a maiso, e que no pas la
porta, e que renda son arnes, el lo deit far, e deit rendre son âmes
de la mereschalchia au merchau, e da permenteria au draper, e
est en cez bescesces^ e cotes armaures se les estues; e pot retenir
sa roba de ves- (foL 10 a) -tir [e de] jasir, e l[a x]arpita e les petites
beazes ^. E lo merechal el draper poent donar Pâmes la bon les
1. Besaces ?
2. Brayes?
DE L*HISTOI]IS DB FBANGK. 197
playra. £ cant le maestro li voat rendre son âmes, il le doit faire
par conseil ; e pax li mereschal li pot doner del âmes axi com li
senblara, e lo draper ausi.
XI. — El est défendu que hom (que hom) no faca nuil frère de
nuil hom que aie este en religio si be yl s'a congé de so major que
posca entrer en antra religio per sa arma saluer.
Xn. — E si nuil qui eu s'estre^ nostre frère, que hom li ouse^
doue congé d'entrer en autra religio, e puis el voleyt tomer a nos,
bom no lo deit recovrer', aîa este en aura religio o no, pus que
d a congé de la mayso.
'Xni. — El est acustume enia maiso que, can frères son pris
en poder de Sarasins, que eus ne^ deven porter abit; aussi eus an
manteus, o chapes, o jupel d'armer, ne deven lever la croys, car
mientre son en preson il no deven aver nuil abit. E si nuil frère
deseus esteit bailius qant il fo pris, il est relaxes, que si il esteit
délivre aies' d'un jorn o de .ij., el no deit user de sa baylia que il
tenit, sens congé deu mestre et deu co- (fol, 10 b) -vent, si estoit
bailiu per chapitre; e si el avoit autra bailla, poreit estre per
congé de celui qui Taureit fayt bailiu. E si nuil dels frères enpre-
sones esteyt mande en la chrestiante, il no doit porter abit si no
tan solament a les ores e al menger, e lo pot porter mentre
que seit en la chrestiante, e quan il tornera en la tera deus Sara-
sins il n'en deit punt porter. E quant a Deu playra que nuil de
seus frères sien délivres, quan seran venu a la chrestiante, els
deven aver lurs abits al manger e a les ores, mas els se deven gar-
der de porter surs joms (sic) entro que agen parle ab lo maestro
a celui qui te son loc. Eu maestre, ho celui qui te son loc,
deu comander que il sien vestu de tous robes com a chascun afer.
E les frères devent venir, quant ixen de preso, au maestre o a celui
qui te son loc.
XIY. — El est use de la nostra maiso que si nuil frère esdevent
mesel, l'enfermer li doit dire au maestre. Eu maestre deit coman-
der a .ij. frères o a .iij. quemenen selui frère au maestre de Sent
1. Corr. .* qai oust este.
2. Corr. : oust.
3. Corr. : recever.
4. Corr. : no.
5. Corr, : nés, même»
i98 SOCIÉTÉ
Ladre o a celui qai te son loc, e dir, de part nostre maestro, que
tel frère est malate de meseleria, segons que hom li fa entendre;
don el lo preya qu'el lo fasa garder a sos frères que pus saben
d'esta maladia (fol. il). Eu maestre y doit faire aler les milors
fiziçians qu'el pora aver. E si les fezisians eus frères de Sent Lazer
dien e conexen quel frère no es malaute, el s'en doit torner a la
maiso e estre azi con esteit davan. E si els conexen quel frère es
meseu, li frères qui ant menet le frère a Sent Laser devent retor-
ner au maestre e dire que li frère es juge per meseu. Adoncs li
maistre deit preyer li frère e fer prier a .ij. o a .iij. prodomes, que
pus que DeuB li a done sela maladia, que el deman congé de la
mayso e que s'en entre en Torden de Sent Lazer. Eu frère doit
hobeir la preyerà deu maistre. (Cf, 443.)
E si per aventura le frère ne voloit obéir a la preyera deu
maistre, dien los viens bomes de nostra maison queu maistre, ab
[acort] deu cbapitre, li pot comander que s'en aie a Torden de
Sent Laser ; eu frère o a affayre. E bom deu doner au frère tota
sa roba de vestir e de jasir, e li dpit bom doner un esclave per lui
servir, e .j. asen per son givaucber, .1. besanz, e cascun an vestir
com .j. frère.
E si en les partides d'oltramer avenoyt que nuil frère fos meseu,
lo comandaor de la provincia lo deit faire a malades agarder e a
mege, axi com desus es dit, que entre a Sen Laser. E si ea la
provincia no a orden de çella malaudia, lo comandaor {fol, H b)
lo deit fere mètre en una maiso, e fare servir a .j. bom, e doner li
la roba el vestir com a .j. frère, e la vianda, e doit porter son abit.
XV. — E si esdevent que aucun frère podise si fort l'alende^
quels altres frères no lo poguesen sofrir, neus meges ne lo poguie-
sen garir, hom lo deit mètre a una part e doner li las cbosas que
li seran besuin, ensi com a .j. autre frère, e deit porter abit; e
quant sera garit deit estre ab los autres frères. [Cf. 444.)
XVI. — E si a nuyl frère esdeve que sia malade de mal de
demoni, bom lo deit mètre a porta, e doner las choses que li seran
besuin, ausi com a .j. autre frère; e port son abit. E quant sera
garit, sia ab los autres frères.
XVn. — E si alcun frère esdeven fora del sen, lo det pendre e
mètre en ferz en una maiso, per tel que damnage no fasa a nuil
1« Corr, : alêne.
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 199
bom, e lever l[i] l'abit, car aaîl gai sent ■ en preso qft^deit porter
abit. Quant il sera ^rit, hom li det rendre son abit IBayre deas
fers, e deit estre com .j. autre frère.
B tôt so pot fere li maistre, o qui te son loc, sens cbapitre.
XVm. — Nnil comandaor des provinçias no pot tenir cbapitre
en autrui baylia, ne br frère sens congé e licencia del comandaor
de la provinzia. Mas can sels comandaors venen desa mer, els po«nt
fere frère en la nau [fol. 12), abans q[uell8 veyen [la terjra desa
mer. E tos comaadaments devent estre tenuz en la bayllia don el
es comandaor, e ses chartes devont estre tenues tro qne faxa son
relaxament.
XIX. — Lo moistre ne pot nnil comandaor de provincia per
chapitre fer? venir iIg sa', si no ab acort deu covent, ne relaxw;
mais si ea fait per conseil, el lo pot fer venir e relaxer per conseyi.
}^K. — BstabUt[eE] cl Temple quels comandaors de la terra de
Triple e d'Ajitiocba (ieven venir cascun an a chapitre la ou lo
maesire el covent ^ia; yl maistre ne pot mander qne demorent
sens acort del covent
XXI. — Lo megere frère Gi de Soanay' manda a frère Rosoli*
qne aies en Espannya, e que prêches la bolla da frère Palayho,
comandaor, e que tenges loc de comandaor e charta del maistre, a
frère Palayo que rendes la bolla a frère Rosoli. E frère Palayo fe
lo comandament e vint deçà a Damiata. El covent li dix per que
era vennz deza qnan il no l'avien mande qne ve, e qne retomaa
en sa baylia; e axi lo Kst.
XXn. — E si le maistre manda a ancan frère qne vage a oltra
1. Corr. : selt.
î, Corr. : sa.
3. GnUlanme de Sonnac, gnnd maître de 1247 i 1^.
4. Il s't^t de Mre Rocelins de Fos, qai, en 1252, était maître dn
Temple en Angleterre ; il fat envoyé par le roi Henri III, cette même
année, anpTés de Blanche de CuUUe et en Gascogne, i l'occasion de la
trêve intervenue entre les rois de France et d'Angleterre; il avait l'entière
confiance de son BoaTerain, el pendant son voyage eu Gascogne il fnt
chaîné de» misetons les plus délicatea. Il fat ensoite maître des maisons
du Temple en Provence et occapait encore cette charge en janvier 1274.
{Roy. and hiit. lelUrs... of Henry III. U II, p. 69, 71, 76, 91-2, 391;
DeUville Le Ronli, Àrch. de MaUe, f. 1S3, note.)
juer, el c^mt ve quel maistre l'ay mande pet mala voleatet, e
sens rud^Ptol fer durte, lo covent l'en pot retenir, el maistre
1d n'a a hoDeir.^
XXITI. (roi. 1i.) —Elense en nostra maisoque quant hom Ea
frère capela, e eu loc hom âge chapelan, hom lî fa Caire sa prome-
Bio sur l'auter, e qais vol hom pot fer frère [capelan] axi com d'un
antre &ere sens ajenulier. Ço ee la promisio que il fa sur l'auter :
{Suit le texte donné par M. de Curton aux ^ 274-278.)
XXIV. {Fol. 21 b.) — 232. Ajoutes : La X* es sodomtta.
XXV. — La XI> cboea : qui laia chastel marcha sena congé.
XXVI. {Foi. 29 b.) — Frère G. de Cardona* ère comandaor en
(en) Arago, e tint japitre (e) a Moneo*, c gua .ij.lreres defors pcr
fer baylies, e demanda auB frères, e .j. pt-uJume dist : « Je ne m'en
acor a nnil. > El comandaor li demanda per coy (fot. 30|; e il
dissoyt que uo ti seubloyt Buhciens, car il u'avia en zel chapitre
quy siriont pua suficieoa que nuil de (/.i?]us qaa aron dpfors. El
comandaor comanda qu'el s'acordas a uji do /.i>u^. El frère dit>t:
a Ço no es pas razo ; e pus voe fêtes le comandament, je m'acort
a tel, per lo comandament a tenir. • E après li comandaor vint
deçà mer; e frère G. d'un Mont trépassa lo comandaor deu coman-
dament' que aveit fait en chapitre; e el uo avia este en sen cha-
pitre on lo comandament fo &yt; el comandaor ueya que noho
avie fait (est comandament. E frère G. dist : < H y a frères qni y
furent en zeu chapitre. > El maistre comanda, si avoit nuil frère
qui aveit {fol. 30 b) este en sen chapitre, que venist avant. E u
frère que y avie este au chapitre dist au maistre :' f Sire, çesta
chosa fo en chapitre ; volem que vos nos asenes si podem dire
chosa que eia fayta en chapitre, i Eu maistre dist : ■ Oil, qael
1. Guillaume de Cardons èt«it maître du Temple en Aragon et Oalalogne
Ters le milieu du un* siècle; deux bulles d'Innocent IV des 30 ivril 1247
et 18 mars 1250 le désignent avec ce titre. (Barcelone. Arch. d'Aragon,
bull. leg. XI, n- 30 et 50 ; texte dans Pmts, EntvrUklwng vnd Vnder-
gang det Tempaberren ardent, Berlin, 1S88, p. 283.) Nous avons de lui
un acte scellé du 21 mai 1251. Le sceau est au type équestre avec la
légende: ( S. Hinistri TempU in [Arag]on. et Catalon. ■ (Arch. d'Alcala,
ord. de 8aiDt.Jean de Jérusalem, langue d'Aragon, leg. 171, comm. Ambel.)
2. Htnzon, Espagne, place forte des Templiers, prov. de Haesca, entre
Ssragosse et Lérida.
3. Corr. .* lo comandament deu comandaor.
DK L'mSTOIBB DK FRANCK. 20i
mairtre, o xeloi qni est en son loc, pot ben comander en chapitre
que, si noveleta a este fayta en autre chapitre, que ht diant devant
loi en chapitre. ■ Le frère que avoit porte garentia a l'antre e dist
qae il aveit descuhert chapitre ; eu frère no vol repenre lo coman-
daor, et dist que ço (que avie re) que dit havie per asenament deu
mabtre qu'el aviet dit davant le covent, e fon gite defors. En
covent dist qu'un frère puet ben dire per les gens (?) que desns
son dites; eu frère fo mis en pays. £ fou demande a frère G. que
li {fol. 3i) aveitdit ço que li aveiteste dit en seu chapitre, e frère
G.^dist que .j. frère, eu frère estet mort. £n comandaor et frère G.
foi[entJ mis en respit.
XXVn. — El avtet^ que frères forent mis en penanze a Safet
.j. dimenge, e Innsdi frère den Ghastel Pelery yindrent, e Tendema
preyaren le comandaor de chivalers que, per amor Deus, que
demandas los frères. El comandaor demanda ans frères. Eus frères
levoren les per amor Deus. Eu maistre cant o sabe {foL 31 b) fetz
criar merci a toz cens qui s'eront acordes au lever, e fols engarder
ùdia. E fon dit que nuil frère que no preyest per frère, [si] doncs
no era molt viel om ; e fon dit que no era razon que frère que fos
en penance fos levé la primera setmana, si doncs no era malada,
o per prey[e]ras d'aucun prodom, rie om, o amie de la maiso.
E 80 fo eu tems de frère Tomas Berart.
XXVin. IFoL 33 b.) — {E\l maistre ne pot fere nuil coman-
daor {foL 34) des provinces si no per chapitre gênerai, ne venir
deçà mer, ni ester, sens chapitre.
XXIX. {FoL 34.) — 579. E si visitaor ha oltramer*, lo coman-
daor db la provinzia deit totes ces choses e bestes mander au
maistre e au covent axi com de Tautra^, salv la roba de jasir e de
vestir que det doner por Deus.
XXX. {Fol. 34 b.) — Gan frère capella mor deçà mer, tota la
roba els libres son deu maistre, e oltra mer del comandaor de les
provinzes. (Cf. 563.)
XXXI. (FoL 35 b.) — Si alcnn frère va a oltra mer (fol. 36)
1. Corr. : avint.
2. Le copiste a passé un membre de phrase dont le sens est : H ^'U
iott mort.
3. Les mots eom de t autre se réfèrent au cas prévu dans le | 578.
ANNUAIBE-BULLSTIN, T. XXVI, 1889. i4
202 SOCIÉTÉ
sens congé, el jorn qes partey de la mayso se recuil en la nau, es
partey del port, el frère se repent de la falia que el fa, el deyt dire
al senyor de la nave e als aatres prodesomes, e dir lur [co]ment
est parti e que s['en] repent. Si la nave pren port en aucun loc, el
ne det exire de la nave si doncs el loc [n'avia mjaiso nostra ; lors
poreit exir fors e aler a nostra maiso e no a altra part, e parler ab
lo comandaor e ab los frères que serion la, e preyer que ills
envieson charta au maistre outramer, e com el es porte en la nave
e en sel loc, e cornent se repente de ce que il a fayt. Si no i a
maiso nostra, el ne det de pendre^ delà nave. E si il près port en la
terra que sia comandament de son major, det aler vas son conian-
daor al pus dret chami que il pora de maiso en mayso; e si no
troba nostra maiso, det auberguer en {fol, 36 b) maiso d'om de
religio o de clergie o de prodome, axi com es dit en nostra religio
en nostra maiso. Gant il sera davant son comandaor, il det criar
merci de sa falhia, e tôt ce li det estre conte axi com çel qui jay
.j». nit défera la maiso sens congé, si es ausi com desus e[scri]t.
£ si la nave pren port en autre [loc] en la terra ou lo frère sera
parti, il nos det par[ti]r de la nave jusques seyt en Acre. E lors el
det preyer lo senyor de la nave et aucuns autres prodesomes que
vagen ab lui per davant li maistre, e dire au maistre cornent 11
frère s'es porte en la nave e preyer per lui. El frère det crier
merci al primer chapitre que il sera de sa fallya. E si la chosa seit
ausi coment seit çerta, hom ne li pot aler, sino a l'abit, per so car
il se repent de so que il a fayt; e si fos en terra, il fore torne a son
comandaor. Mas qui es en nave ne pot fere a sa volente. Mas si
lo frère, can fo en Acre, aies a TEspital o en autre {fol. 37) loc, e
jausse una nuit fora, a an e a jorn. E si tenese plus de .ij. nuis las
chosas de la mayso, il agra perdua la maiso a tozjors mays. E si
frère partise de la maiso que fos luin de la mer, que jausse una
nuit ans que ontrase en la mer, [c]ar la mer no li es conte cor per
.]. jorn, e si il se [par]tit per enten[zon] de laxer la maiso e se
meteit en la nave axi [com] de[sus e]s dit, e que el no ausse chosa
de la maiso e venise dret a nostra maiso a Acre, ensi com desus
es dit de l'autre frère, e que no ausse jay deçà mer ne delà mer
nulia nuit, hom no li poreit aler sino a l'abit. E si avest este una
nuit ans ques recolise fora de la maiso, o depus que el seyt en
Acre jay una nuit fora de la maiso, el aureit perdua la maiso
per so car aveit este fora de la maiso, e te nulias chosas defen-
duas pus de .ij. nuis. E ayço a este avenus aucuna fes.
1. Corr. : dessendre.
DE LUISTOIRE DE FRANCE. * 203
XXXn. — Si aucun frère se part fora ou el sera sens congé de
son comandaor, e di que s'en ira ai co- (fol, 37 b) -mandaor de la
provinzia, hom no li pot aier sino a Tabit. E si lo frère qui lo
chamj te no trobe maiso nostra, el deit alberguer en maiso d'om
de rdigio, o de cler[gie], o d'aucun prodome; e aso no li d[ei]t
estn^îonte, mais per .j*. nit. M[a]s sil[o] frère exi fora de chami,
e qn\ no tenc se[l] chami quels autres frères devent tenir, e
ja[i]ga .ij. nits fora de la maiso i'una après Tautra, il seret [a] an
e a jom. Mais si il se pàrteit per entenzio de laxer la maiso, se il
aveit ren perdu de son ameis o de las chosas que aureit treitas
de la maiso, il aureyt perdua la maiso segons los establimens
de la maiso. .
XXXin. — Il es dit zayns que tota chosa que frère deu Tenple
faza oltra la defenza deu maistre o de son comandaor, e damage
en avent de .iiij. deners {fol. 38) en sus, Tabit es en la volente
deus frères.
XXXrV. — Tôt frère deu Tenple doit estre creu [del] profit (?)
deu Tenple de nostra maiso.
E le frère det egarder [ca]l chosa peu., ser essy, car si la chosa
no ère [en]si com il diret, hom li esgardaret faiia [sejgons que
seret la chosa que el aureit dita; il poreit dire tel chose,
poret hom fer sen damage.
XXXV. — Il est acustume en la maiso que, quan .j. frère fa apel,
que tuit y deve[nt] aler. E si alcu senbla quel frère no pusca fer lo
comandament, yl lo det dir, e selui s'en det ester. E se no s'en
Yolia ester, hom li pot esgarder falia, sau son abit. E si a aucun
que deuse fere lo comandament, e ne y a que autre frère y ausse
que lo volguiese fere, e no sen volguies ester, yl det depar-
(/b/. 38 b) -tir les frères, e garder celui frère (e) els autres que no
pusqen salir, si doncs no era gran damage de la maiso se il s'es-
tave de fer lo comandament; adont il det dire a aucuns prodospmes
que fasen selui frère zeser. E se il [no] s'en vol ester, lo maistre
autre frère que soyt sor eus, el maistre est en [l]a maiso, elli
deven far a sauver. E si n'aya nuil [que sor]eus set, les frères se
deven asenbler e regarder quel det fayre li comandament segons
los nostres establimens,«e aler au comandament de selui qui lo
deit fayre, e far son comandament.
XXXVI. — Gan les frères sont en albergues e se ten covent,
204 SOCIÉTÉ
en quoique loc quel covent venya auberguer, près de chaste! o de
vila, si quel covent venya manger a maiso, de vent toz les frères
penre congé au comandaor de givalers de covent ; e el det fere toz
les comandamens quel comandaor de {fol. (39) chivalers det fere
la ou meneschal no es. E si le covent es albergue luin de la maiso,
en comandaor de chivalers y ve, il no a poeer si no axi c<mun
autre frère.
XXX Vn. — Se .j. frère a paroles Tnn ab Taltre, o repr[enia]
fora de chapitre l'un Taltre, aucun prodome les [v]ult [mjetre en
pals, il lo pot fere sils frères s'[i ajcordent que avien aues les
paroles. El est use que si un frère era use qu'el parlasa ab frères
ab chascun per se il deseyt mal, e puis hom y ave, si .j. frère lo
reprenia, hom li poria esgarder falia, salv Tabit, si ben il neyava
so de que il era repres, pero qu'el frère ne fos costume, per so car
di les paroles en conseyl e di mal al prodosomes, e ne le cuida
com li pusca esgarder falia, car .ij. frères ne le poent acenier segons
nostra costum.
E per so fo establit que nuil frère que fos conzeliador costumer
qu'el frères s'en clament (fol. 39 b) e que hom l'en avie chastie
que .j. frère l'en pot ausi repenre. E si per so no s'en volie chastier
le maistre l'en pot fere durte.
XXXYm. — El est use en nostra maiso que si .j. frère cria
merci d'alguna falia, e hom li esgarda .j. venredi, e par la des-
ho[be]dienzia que a fayta li pot hom esgarder altre venredi, e
penre altra disciplina, o plus gran fallya quis vol. E se alcun frère
cria merci, e li esgardon .j. venredi, e en zel (zel) chapitre d'altra
falia cria merci, e li esgardon altre venredi o .j. jorn, el det fere lo
primer venredi que li fos esgarde, si doncs no era tantost mis en
sa penanze, car el det fere çella primera, e can sera levé de terra
jeûner lo venredi.
XXXIX. — El es establi que nui! frère no det penre comande
de nuil hom que no set de nostra religion sen congé de son
comandaor ; e quant hom la pren, si det dire le frère que la penra
que, si la comanda se pert en nulia manera, que lui ni la maiso
no fos tengu de rendre {fol. 40). E ensi est entendu deus frères qui
sont sobrel bestiar. Ë zeus qui reeben les comands devent aver
escririet^ que reeben, e de coy, si doncs selui qui fa la comanda
1. Cùrr. : escript so.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 205
no Yol mètre .j*. uxa el trésor, e que il tenya la clau o beazes o sac
que [sia] seelle de son seel, e comanda de qui la [cho]8a es. E si
coma[n]de bestiar, det se fer ab escrit, ax[i corn la] chosa est
enprisa enfre eus.
XL. {Fol. 48 b.) — [G]an lo Turcoplirs ha mester de Turcoples,
il en det parler au mereschal, e per 11 endret retenir la quantité
que il dira. E si retent Turcoples a .j. an, a charité [aur]a .iij. besants
al chep de Tan. E a Tivem, li det doner cota, e chamisa, e brayas
causas, et .j«. garnacha de baria que li pot prester, e .j<^. esclavina
per cobrir sa besta quan les frères renden les lurs; eausien esti<
det aver charité. E si ista demis an, il det (fol. 49) aver la mita
de charité segons sa sayson. E si il rete Torcuplers^ a sou, il det
garder ses armaures; e si s'avent ab quels del sou e del restou^, el
det mètre en escript lo tems del restou ; mas no det estre de tant
de près can la besta val, e ausi det estre mis en escrit.
XLI. — Il avint que il ot fayt en la maiso .j, frère givaler qui
avoy nom Oliver, et no era fil de chivaler ni de dona; e vent deçà
mer e fo repris de çesta chosa, et font atent, e hom esgarda li a
perdre la (la) maiso. Mays, per so car il avoyt gran pesa estoyt^
en la maiso, le maistre els prpdomes de la maiso acorderen se
que hom li dixes que il avia perdua la maiso, car il ère frère com
no dévie, e que, sy il volie remanir a la maiso, el convenrie que
il fos (fol. 49 b) frère serchant ; e aquesta honte li farien les pro-
dômes de la maiso. E il prega por Deu que hom li donas congé
que el [si] feses ordener a prevere; e le maistre el covent li ator-
garent e feren li aquesta honte que el [si] feses ordener a frère
chapela. E [azo fo fet en chapitol gênerai.
XLn. (Fol. 49 b.) — El avint en Gatalunnya que .j. frère fist
falsa bolla del penedençer del papa per mal d'[a]utres frères de la
terra et blasmant eus. Ge[lui] frère apella autres frères e lur dist
si li tend[rien] conseyl, e il IL autreyerent e li promeserent. [Ë]
lors lus mostra las cartes ab les falses bollas, e dist que il las avoit
faytes fare e la chosa per (pie. E .j. dels autres frères lî dist : « Vos
1. Corr. : este.
2. Corr, : Tnrcoples.
3. Le restor était nne somme payée anx chevaliers et écuyers pour
rentretien et le renouvellement de leurs chevaux et mules. {Assises de
Jérusalem, l, p. 613.)
4. Corr. : este.
206 SOCIÉTÉ
faytes mal et mal vos en vendra » ; et puix partis del conseyl. Et
blasmerent las chosas que il aveit faytes, et no volgren autreyer
las (fol, 50) chartas ni las boUas, ni n'en parlèrent au oomandaor
ne a nuil autre frère, ni no destorbaren que ellas no fosen mos-
trad[a]s. El frère mostra las chartas el chapitre gênerai de la terra;
et quant lo comandaor eus frères virent çesta chosa, sint forent
moït coroçes. El comandaor manda qjie toz les frères que re y
sabien de ceste[s] chartes coment forent faytes, que viguisent
avant. Els frères vindrent e diçtrent les choses coment faytes ; e
hom demandet l[o]s si aviet pus frères, e il dist[rent] que oil,
e... no est E... el comandaor fist los criar merci de cesta chosa,
e il distrent que no avien cosenti en çesta cbosa, e que lur pesave,
e foren mis en respit per davant le maistre d'outre mer el covent,
e partils hom per las maisons que la un no fôs ab Taltre, e
comandals hom que no pasasen la porta jusqu*al pasage del co-
{foL 50 b) -mander. E quan lo frère ^^i ^ chartes aveit
faytes vit ço, il laxa la maiso e s'en aie. El comandaor fi venir le
frère que no avia este au chapitre, e dis li per que no avie dita
çesta chosa ? E el frère dis li que il aviet blasme a çest fayt, e al
frère qui aço avie fayt, e que nos cuidavent que les choses vin-
guiesent avant. El comandaor fist li criar merci de cesta chosa.
E qu[ant] lo comandaor vint deçà mer, e los amena ab si, e [i]ls
criaren merci en Acre au chapitre gênerai az[i] com les choses
eren aleàs. E .j<^. partida deus vie[ls] hommes de la maiso distrent
que aço eren com [unes], e autres distrent que no eren pus que ils
no s'eren autreyes. E la mayor partia del chapitre s'acorderent que
hom los presist lur abit, e que hom los tenguies longament en
penança, e que james no fos nuil en la baylia d'Arago, et que la
un fos en .j<^. terra e Taltre en altra, per que jamas ne fosen ensems,
per so {foL 51) car els no feront sen poer de destorber la chosa, e
no distrent au comandaor o autre frère qui lo poese destorber.
E de celui qui exi del conseyl e blasma la chosa, per so car el era
sinple orne, et ques cuidave que là zarta non anas avant, fo li laxe
Tabit por Deus. E si nuils d'els autreye, el fore tenu a comuna e
agren perdua la maiso. E aço fo per davant le maistre frère Tomas
Berart.
XLin. — Lo comandaor del Mas-Deu^ comanda à un frère ques
preses garda d[e] blat de la era. El frère n'en done .j<^. mesura sens
congé; e fon dit au comandaor. E il de[man]da al frère se il aveit
1. En Roassiilon.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 207
vendu d[e] blat, e] il dist que no. £ pus le frère fo aient de ço,
en cria merci au chapitre, e perde la maiso per so car il lo neya
au comandaor; el venc sens congé e despis los dir^
XLIV. — Frère Gi * de Basenvila era comandaor de França, e
.j. frère exi de la maiso per la murallya. Eu frère fo repris de çesta
chosa, e cria merci en chapitre, e fo mis en respit (foL 51 b) tro
n'eusen asenament de maistre e deu covent, per ço car ils no cui-
daven que nuil frère ne perdis la maiso si no era en castel de
marcha. El comandaor vin deçà mer, e manda au maistre e au
covent, et fo li dit que frère que isqes de maiso closa per altre
loc que per la dreta porta, que il a perdua la maiso. Ensi fo mande
en França ou li frère era demore, e perde la maiso. E aço fo a
Gesayre per davant le maistre frère Renaut de Yixer^.
XLY. — .1. sergant requist la [c]ompanye de la maiso, e hom le
fist frère. E puis .j. [senyor] lo demanda per ser sierve; e zelui qui
era frère autreya que era vérité. E fist li om criar merci de çesta
chosa. E per ce car il avey menti en son chapitre cant hom le fe
frère, hom le leva Tabit, e rendel hom (fol. 52) a son senyor, e ah
perdua la maiso. Aso fo a Damiata davant le maistre frère G. de
Saonay; e la reyne avoy paye por lui que hom le feise frère'*.
XLVI. — Un frère que avie nom frère Johan Plantarosa laxa la
maiso el regisme de Jherusalem, e aie s'en en Pulhya ; et a chef
de tems il revint, e cria merci a la porta, axi com es acustume a
la maiso. E feist li hom demande per quai chosa il avoyt laxea la
maiso, e ou s'en esfoyt aie. E il dist que el s'en aie por ce car il
avoit feme, e que il aveit esteit ab lui depuis que il aveit laxea
la maiso, e hora ère morta, e per so voloit retorner à la maiso.
E la parola vint au chapitre; e fo demande a frère Joufre de
Fos*, e il dist que il era costume que nuil frère no deveit estre
1. Carr. : el vendet sens congé, e despois lor dis.
2. Do Chesne {Hist. Franc, script, Y, 272) publie une lettre de Guy
de Bassainville à Tévéque d'Orléans sur l'état de la Terre Sainte au moment
de la croisade de Philippe -A ngaste. Il semble avoir été grand comman-
dear da Temple à ce moment.
3. La mention du grand maître Renand de Yichier limite le fait raconté
ici aux années 1250 à 1252.
4. Guillaume de Sonnac, grand maître du Temple de 1247 à 1250. Le
séjour à Damiette de la reine Marguerite, femme de saint Louis^ se place
dans l'été de 1249, et date ainsi exactement cette anecdote.
5. Geoffroy de Fos figure, comme témoin, dans un acte d'octobre 1252.
(Delaville Le Roulx, Doc. sur les Templiers, p. 30.)
208 , SOCIÉTÉ
créât se il se mentoit ^ chosa sar se per aver (foL 52 b) comune
de la maiso. Els antres distrent que pus que il diseit que il
avoit fema quant il vint a la maiso, dons fo il perjur, car il neya
la vérité cant il fu frère, cant hom li demanda si avoit fema, e
per so s'acorderent tuit que il perdes la maiso. E azo fo a Safet
per davant £rere Tomas Berart^.
XLVn. — Il avint que .iij. frères criaren merci en la prise
d'Alapa. L'un dist que .j. frère ère malade en l'enfermeria e morut;
e celui frère près Pausbert de celui. E l'autre [pr]ist .j. chapel de
fere d*un frère qui s'en alava a oltramer, e rendi lo sen en loc de
zelui. E Paître frère porta lo fren de son chaval a la chabestreria
per adober; e per so car hom deveit fere chivalchea, el sen fre no
ère adobe, hil prist .j. altre fre. E chaseuns de cést .iij. feren aço
sens congé. Les frères que (foL 53) eront en la prise, on avie molz
de veyls homes, e sabien molt del fait de la maiso, distrent que
s'eus eusent crie merci de çestes choses al covent que hom los
pogra aler a la maiso e noter a larezyn, per so quar est costume
de nostra maiso que nuil frère no deyt pendre arnes d'autre sens
congé, e car els Tavien tenu tan longament hom los pogra aler
a 80 que davant es dit. Mais per so car eus erunt en prise, e
avieh ases de pena e de mesayse, laxaren paser la chosa axi que
no lur fo esgardea altra falya. E can vindrent de la prise nuil deus
frères n'en parla per so car les frères qui la falya avien fayta eren
prodesomes.
XLVni. — Il avint que frère Gueraut de Saùzet' era comandaor
de la terra d'Antiocha. Eu Souda ^ exi ab tôt son poder de Babi-
lonia e ven (fol, 53 b) s'en en Antiocha. E avant que il fos en
Antiocha, le comandaor trames au maistre que il avie entes quel
•
1. Corr. : metoit.
2. Nous savons que Thomas Bérard était grand maître dès octobre 1252 ;
il mourut le 25 mars 1273 ; mais, Safet (Chastdblanc) ayant été déman-
telé en 1271 par les HusulmanSf le fait raconté ici ne saurait être posté-
rieur à cette dernière date. (Delaville Le Roulx, Arch. de MaUe, p. 181,
n* 79; Arck. de l'Or, laU, \, p. 390; G. Rey, Monum, de l'architecture
milit. des croisés en Syrie, p. 92.)
3. Ce personnage, originaire du diocèse de Limoges, était déjà précep-
teur d'Auvergne vers 1280. Il semble qu'il ait occupé cette charge jus-
qu'à sa mort, survenue avant le procès des Templiers. (Michelet, Procès
des Templiers, passim.)
4. Il s'agit du Soudan d'Egypte Malik Daher Rokn eddin Bibars Bon-
dokdari. Son expédition contre Antioehe se place en mai 1268.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 209
Solda exie de Babilonia, e que hom deye que vernie en Ântiocha,
e que per Deu li fos que li trameses gens [e] autres choses que
a li ayie besuyn e a garniso deu chastel, que de tôt avion
defauta à Gasto^ Eu maistre trames li a dir que sil Solda anave
ves Antiocha, el li trametrie gens e so que besuyn h[i] fos, e que
il saveit queu Solda aveit trames ves Ântiocha e no y fareyt mal.
E sur so lo Solda tent davant Antiocha, e pris la en la ve[nual,
q[ue] no i esteit mais .ij. joms que la ac prisa.
E, cant lo Solda ac prisa Antiocha, les frères qui eront a Gasto
feront molt esmayes, e no saveren que so deusen fere, per ço car il
no avien rien d'arncs ni autre conseyl que a besunya a garniso de
jastel. .1. frère de layns, {foL 54) que avie nom frère Guis de Belin,
mentre queus frères menjaven, monta en son chivau e près les cleus
del chastel^ e porta les al Solda, e dist li quel chastel de Gasto era
seu, car los frères dedins lo volien desenparer, e se il y anave o i
trametie : «E veus las cleus del chastel que yos e aporteas. i E quan
lo Solda vi so, el manda gran gens. Els frères el sergant qui y erent
distrent au comandaor que... consel pendryen, car b[en] veyen il
que no se porien de défendre. [Ë]u comandaor dist que il se defen-
drie tant cant yl porie, e sereyt a la volonté de Deu. Els frères
distrent que farien ço que il voirie ni comandarie. Eus sergans
distrent que eus s'en yrien; que pus que eus visent que nos
poguesent de- (fol. 54 b) -fendre, eus no y volien morir, e volien
s'en aler. E sur ço le comendaor eus frères agren lur acort que, pus
la vila d' Antiocha era prisa tantost, els no avien rien d'arnes ab
ques poguiesen défendre, nil maistre nols porie dar secors, eu Solda
savie(nt) lur afayre, que mes valeit que ils se salvasent, e gastasent
ço que ère en chastel, que no faroyt siu chastel eP eus perdist. E
convengro que portarient a la Rocha Guileuma^, que se restau-
rari[a], car la Rocha Guileuma era mal establia; e z[o f]o lur acort.
E cant ilz virent las geiïs deu Solda, els desenpararen lo chastel,
e portarent ço que poguierent, e gastaront ço que pogront del
rémanent, e no tôt ; e azi fo desenpare e gaste.
E quant {foL 55) le maistre eus frères sauerent que fo prisa Antio-
cha, eus frères agren gran dolor, e agren lur acort sobrel feyt de
1. Ch&tean-dU'FiU; château s'élevant sur an des contreforts de i'Ama-
nas, d'où l'on découvre Antioche.
2. Ccrr. : e.
3. La Roche-Guillaume ou la Roche-de-Russole, château d'abord pos-
sédé par la famille de la Roche et ensuite par les Templiers, près d 'An-
tioche et de Port-Bonnel.
240 SOCIÉTÉ
Gasto ; e Tacort fo aytel que be veyen que Gasto no s'porie tenir, ni
els no porien trametre socors ; e fo lur acort que ils tramesisent
.j . frère astyvament, e portas .j. gonfano. E can fos al 8ouda, que alas
près de terra (?) que si Deus aveit tanta de gratia donea au comandaor
e aus frères que els eusen desenpare io chastel, e que eus frères
fosent en la montanya q[uel] o pousent veer e que, se nuil venise
a lui, que los recolis ; e si no aviont desenpare lo chastel, que il
y entras, si fer ho podia, o y trametes e que los dises, del part le
maistre eu covent, que ils desenparasen lo chastel de Gasto e que
s'en anasen a la (fol, 55 b) Rocha Guileuma ab tôt so que s'en
porien portar, el sobrepus gastasent tôt ; e de ço portage letres de
crença. E qant il fo la, frère Pelestort, qui anave per mesage,
trova que ils [ayien] desenpare lo chastel, axi com es dit desus.
E can lo comandaor eus frères foren en Acre venus, yls criaren
merci, cor avien desenpare lo chastel de Gasto sens congé, ensi com
es dit desus. Eu maistre fist en demanda ; e .j<^. partia deus frères
distrent que ils avien perdua la maiso, per so qar est dit en nostra
maiso que, qui desenparara chastel de marcha sens congé den
maistre eu covent, que la maiso ne li pot demorer; e Tautra
partia dient que no avien perdua la maiso per zo car (fol, 56) ils
aviont fayt ço que avie acorde le covent ; e ja fos so que no auesent
aut le mesage quel maistre avie mande, a la totes fes el aviont
fayt ço que lui el covent avion acorde, e avant qu'el frère qui
[an]ava fos partit d'eus. Eu meysme chapitre preyant Deus le
maistre e toz les frères qu'els anse Deus tant de sen done au
comandaor eus frères que ils ausen lo cha[stel] desenpare, e'
avuiem mande au frère qu*i alanala, (sic) si'ntrobave nuil que les
reco[li6] ? Donques sils frères eu comandaor a fayt ço que o maistre
eu covent s'acordaven, ab quinya conciençia le pot hom gua[r]der
tal falya encara ; part aço que ils eren p[oy] de gens, e a ycels
poys de sergans que ils aviont s'en voliont [a]ler,e que .j. frère [s'en]
ère aie au [Sou]da e [li] av[ie] portées (/b^ 56 b) les cleus deu
chastel... avie... encara que no avien nullya chosa que los fos
besunya per [garnizon] deu chastel. E per çestes choses desusdites
no lur era avis que hom lur deust [esjgarder fallya
en nostra maiso que ^
•: {fol. bl)
tôt lo fayt escrit ensi com desus es dit. E lur acort fo tel que, segons
les [establimens] deu Tenple, lo comandaor et toz lo [covent] s'acor-
1. A partir de cet endroit, le manuscrit devient absolument illisible.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 211
derent a desenparar lo cbastel de [Gasjto sens congé e sens ço
qneu chastel n[o fossja aseges ny hasalit or lo desenpararen,
que eus arien perd[ua la ma]i8o, si no fos per so, car le maistre
el c[ovent s'a]6orderent que mandasen au comandaor e de
la terre d'Antiocha que ... us ra presa que desenpara[re]n
Gasto ; e encora tuit preyaven a Deu que lur don[e]s tant deu teni-
ment que eus l'ensen ja desenpare. E doncs pus que yls fayeren
zo que Yos votiez que fos[s]a fayt, nous es senblant que fos ben
fayft] que els perde- (fol, 57 b) -sen la maiso, ja sie ço ques pusque
fayre per rayso. iWfc por Deus e por pieté ; et car es no vêla chosa
e car le maistre el covent volguîerent que ja fos desenpare, nos
acordomes que ils no perdan la maiso. Ma[i8 per] ço car yls ne
gast[e]rent tôt zo que e[ra] el chastel, nos acordarien que fosen
an e jors. Go es nostre avis, mays vostre sen es tan gran que nos
nos metreiem part vostre avis. Mays a nos es semblant] zo que
nos vos avem mande ; mays farez ensy com senyors. E cant le
maistre ac lur respost, ello mostra al covent, e cominaltmen
tôt lo covent tengren azo que eus avion mande. Ensi fo esgardea
la falya de Gasto.
XLIX. (Fol, 58.) — Il avint que .j. frère laxa la maiso en Proenza
e no 8*e[n] porta nulya cbosa que porter non deussa, e demoret
en segle ; .j. frère troba lo, e pris lo, e amenai a nostra maiso, e
mis lo en .j^. cbanbra. E cant les frères ' menjaven, yl troba la
p[ort]a de la xanbra aberta, e prist .j<^. espea, e vint a la porta de
la maiso... El portyer ni autre no le dist ryen, e ala s'en. E cant
vint a chef de tems, yl vint a la porta criar merzi, e vole recobrer
la maiso. Eu comandaor frère Rozoly^ fist ne demanda aus
frères; e .j*. partia distrent que deveyt recovrer la maiso per so car
il laxa la maiso que il no aveit rien(t) porte ; e Tautra partia dist
que yl aveyt perdua la maiso per so que .j. frere le prist el mis en
(fol, 58 b) una xanbra, e zelui s'en ana et portan .j*. espea, e per
Fespea que s'en porta e no la rende deyt aver perdua la maiso ;
easo s'acorda la maior partia. E puis fo demande au comandaor
frere Rosoly : il dit que la falya aveit este gardea segons les esta-
blimens de la maiso.
L. — El avint que frere exi del xastel de Tortosa^ per'entenzio
de laxer la maiso, e ala a TEspital. El jom mismes a la maiso el
cria merci, els frères li laxeren Tabit por Deu. Apres le frere
1. V. plus haut, p. 199, note 4.
2. Ville épiscopale du comté de Tripoli, possédée par l'ordre du T^mple«
212 SOCIÉTÉ
demanda a nostre maistre asenament si frère que tel manera lexet
la maiso si pert honor, e que no fos en eleczio de maistre. Eu
maistre dist que pus que frère feist tant d'onte a la religio qu'el
paset la porta per entenzio {fol, 59) de laxer la, que no seyt en
eleczio de maistre ; car axi est establit en nostra maiso.
LI. — Frère Po[n]s de Gusans laxa la maiso en Proenza e prist
fema, e, a chef de tems que sa fema fo morta, il requist la maiso
tôt de novel. Eus frères distrent que yl aveyt este nostre frère, e yl
no poet torner a la maiso, si no fazeit enans ipi|Maan8e. £ il dezeit
que no aveit fait vot ne promesio ; mais vérité esteit que aleit en
la Santa Terra e fo malade en la nave, e requist la maiso, e hom
gita li lo manteu desus com a la mort, e no fist vot ni promesio ;
mais ver es que el usa coma frère, e fo Torcuplez^ deu covent.
E pus fo li avis que il no esteit tenu de res au Tenple, e posa le
manteu, e {fol, 59 b) rende tôt ço que devet rende, que no porta
nulya chosa, e usa coma hom fet, e hora voleit estre frère. Eus
frères distrent que pus yl av[ei]t tant este en la maiso, si [b]e yl
no aveit fait promesio, si est tenu axi com frère ; car dret es que,
si un hom voleit estre en religio, en cela en que a esprove el a estet
plus d'un an e d'un jorn qe el no s'en partise, hom no li dona
congé ni çeluy frère ne s'en pot partire de la religio, car ell a
p[ro]ve zela religio per bona, eus frères lui per bo, e dient aytant
valer, e segons dret d'esglesia, com se yl aveit faite promesio ha
ordens qui ont esprove. Eus frères distrent qe si be el dizeit que
no aveit fayt promesio, el no seret pas creu ni deveit pas estre. E
fo mis en penanze d'an e de jorn, e fist sa penance, e recobra
son abit.
LII. {Fol. 66.) — Le maistre avoit mandes frères en la terra de
Triple, e foren partis per les mandres^ e frère cria merci a m[aistre],
e fu mis en respit per davant le comandaor. E après los frères par-
laren e distren que la falya era petita, que meus fore que fos
esgar[d]ea que misa en respit. E après en dimenge lo frère [cr]ia
merci, eus frères esgarderen li la falia ; e aucuns frères parlaren
de zesta xosa, [et dixtrent que] {fol. 66 b) nulya falya que fos misa
en respit per davant le maistre hol comandaor de .... nos podie
1. On ne savait pas jusqu'ici que Pons de Gusans eût été tarcoplier;
c'est un nom à ajonter à la liste publiée par M. Rey. {VOrdre du Temple
en Syrie et en Chypre, p. 23-4.)
2. La Règle défendait {l 320) aux Templiers de pénétrer sans permission
dans les fermes.
DE L'HISTOIRS DE FRANGE. 213
esgarder sens eus ; e al[tres] distrent que si poy[nt]y pos que la
falya n[o] era de la maiso ni de l'abit ni x[08a] no7[e]la, que cove-
nise asenament ; e de [so] fo demande asenament au meistre, e
.}^, carta del[8] prodesomes de la maiso. Eu maistre dist que pos toz
les frères que foren au primer xapitre ou la falya fo misa en
respit, e cant en l'autre xapitre ou la falya fo esgardea, e la Mya
no era de la maiso ne de [xo]sa ou ause asenament besunyua, be
s' podia esgarder la falya ; mais si la fallia fos de las xosas da[vant]
ditte, que li frère qui furent au {fol, 67) primer xapitre «disent
que no fosent en l'autre xapitre, la falya nos se pogra esgarder si
no davant zelui en q[ue] era mi[s] en respit. E azo s'acorderen tos
les autres.
Lin. (Fol. 67.) — Un frère [c]lama merci davant le maistre
firere Tomas Berart^ d'una falia. Eu maistre demana 11 si ço de
que clamava merzi si sabla que fos défendu. E il dist que oïl. Eu
maistre demand^n e dist que il no Pagre gitat defors si no fos zo
que il dist que il diseyt que saveit que esteyt défendu ço que yl
aveit ⁢ [qslt] zo que il aveit fayt no esteyt pas défendu; e pus
que il se teneyt a fali, el Ten av[eit] gite defors. Eu frères distrent
que pus {fol. 67 b) qu'el fazeyt xosa don il cuida falir, que hom
li poreyt esgarder [falya] de qualque xosa que ço fos gran o
petita.E [a] cestui fo esgarde .j. veredi, e fon dit que aytal fareyt
hom a tôt frère que [crias merçy] de nulya xosa, que fos gran o
petita, segons que la xosa sereyt que il aureyt faite, pus que yl lo
fazeit a bon enteniment que ço que il fazeyt era défendu.
LIY. (Fol. 69.) — [G]an le ganfanoner o autre frère receu les
mayn[e]es, illi deyt demander si solui que il rece es pestre ni a
ordens, si es givale[rs], ni est escomunie, e si est sans de son cors
per que posa fere lo servi[c]e de la maiso, e si a fayta f[ian]za a
nuil hom per que il se fementi ; e le det dire que se nuhas de ces*
tas chosas aveyt, hom nol recevreit. E si il neyave sestes choses,
et fazeyt sa fia[n]za q[ue] fos ... q[ue e]n lui aus nuUya de zes
xoses, hom li daret congé, e auret perdue la déserte. E si di que
il no a nula chosa per que il no pusca fere lo servizi de la maiso,
hom lo pot retenir. E si hom lo retent, hom le deit dire : c Vos
prometez a Deu e a nostra dona Senta Maria e a toz sans e a totes
s[ente8] de Deu que vos servirez be e lealment a la {fol. 69 b)
i. Cette anecdote se place entre 1252 environ et le 25 mars 1273, dates
extrêmes connaes du magistère de Thomas Bérard.
214 SOCIÉTÉ DB L'HISTOIRE DE FRANCE.
maiso a vostre poer jnsques a Yostre terme, e qaan il fidirez que
vos n'esmendarez* axi oom est acostume a la maiso. i E Tom det
dire : c Sire, asy le promet-je. ■ Et le frère det dire : c Et aos vos
prometemes le pa e Tayga de la maiso, e de la foyn e del mesayse
ases, e de 1 usamenta de la maiso. ■ E si est a chantée,
la pobra chantée; e si es a sou, seli sou de que serou avenus.
E pus li det li frère retrayre les choses de que lo coven a
garde[rj e que il det fayre. £ ze sont les choses qne hom li det
retrayre :
Primerament, que il ne det mètre sa man yreament sor nul
frère; ni det ferir cristia de pera ni de basto ; ni dar ma ni de xosa
don ni may poese a .j. colp. Ne det penre ren d'aa-
trui âmes sens congé de selui {fol, 70) qui l'a en garda, en manera
que lo neyas, car série tenu a larazin ; ne det fere xosa per que
nulya besta de la maiso sia prisa ; ni maynea [n]e esclave ne det
re enbler; ne deyt tr[a]y[re] de palays .j. pan enter en manera de
larezin; [nje det fere comuna encontra les maynees ne les xoses
de la maiso. E si il fazeyt nulya de zestas chosas damon dites, el
série mes en fers e a les mes^ ques en série fruste 3, e aune perdua
la maiso a toz jorns mais de sa vie. E si il fazeit lo damage de la
maiso de .iiij. dr. en sus a son escient, o de chosa que sie defendna,
el ne sera mes en fers segons que aurie fayta la chosa.
E li det hom dire que il [no] det mentire sa fianza, car, si il lo
fazeyt {fol. 70 6), el aurie perdu sen servizi e dan,
e recrie la justizia de la maiso al palays davant totes les maynees.
E s'inportave la garnacha de ba[rrie], els solers, ne nulya [chosa
de] son maistre ne d'autnii, el en [sereyt] mes [en] fers. E si il
jasia .j*. nit [defors] sen[s congé], el en recrie la j[ustizia] al palays
davant totz, e n[om de] Deu ni de sa Mer[e] ni de Sans [o de
Sen]tes, e si o fazeyt ren contra la justizia
de la maiso.
E ly det hom dire que il no d[ia nulya vilania] a nul frère ; e si
fazeyt que il en [rec]rie a la justizia de la maiso.
[E] il ne det be *.
1. Corr. ; o ou l'esmendarez.
2. Corr. : ves, à la fois, occasioimeliement.
3. Corr, : faste.
4. Ici finit le manascrit de Barcelone.
RAYMOND DE TDRENNE
ET LES PAPES D'AVIGNON.
(4386-1408.) .
Dans les derniers jours de sa vie, H. Camille Rivain, Thablle
et zélé trésorier dont la Soelété de THistoire de Franee d^ikm
la perte, s^occupait à préparer l'établissement d^on texte, fort
eorieox, qa'il destinait à notre Annuatre-BtUleHn. C'était un
mémoire émané de Raymond-Louis de Turenne , oe seigneur
turbulent dont la Camille fut illustrée et enriehie par deux
papes, et dont deux antres papes (ou prétendus tels) subirent,
à diverses reprises, les revendications et les attaques. Le rédt
de œ eonflit présente, chez tous les historiens, beaucoup d'obs-
curité. Nul texte ne pouvait mieux édairer le sujet que le
document découvert par H. Camille Ri vain, et nul n'était mieux
préparé i en tirer un excellent parti que ce regretté confrère,
dont l'attention s'était naguère portée sur la fSunille de Raymond
et sur Tune de ses possessions les plus notables, le château de
6eaufort-en-Yallée.
Désireux de placer sous les yeux de nos lecteurs une pièce
intéressante, transcrite à leur intention, je l'ai complétée^ comme
on le verra plus loin, par des emprunts Hauts à un manuscrit de
la CoUeetian de Périgard, et j'ai essayé de reconstituer, au
moins dans ses grandes lignes, un épisode qui, mieux connu,
ne laisserait pas que de tenir une place importante dans This-
toire de la papauté d'Avignon, sans parler de l'influence néfaste
qu'il a pu avoir sur la politique des papes et du sao'é collège,
par suite sur la prolongation du schisme d'Occident. Les docu-
ments dont j'ai Ëtit usage sont pour la plupart inédits -, beau-
216 SOCIÉTÉ
coup étaient connus de M. Camille Rivain, qui en eût tiré assu-
rément les éléments d'une notice solide et originale.
Le schisme, consommé depuis plusieurs années, divisait la
catholicité en deux obédiences inégales. Celui des deux posses-
seurs de la tiare qui avait trouvé asile dans le palais d'Avignon
n'était reconnu ni en Angleterre, ni en Italie, ni en Allemagne.
Pour lui, le patrimoine de saint Pierre se réduisait aux terres
du Comtat : heureux encore si le bruit des armes ne l'avait pas
poursuivi jusque dans cette retraite, et s'il avait pu jouir pai-
siblement de ses modestes états baignés par la Durance et par
le Rhône !
A vrai dire, la soumission des villes de Provence à Louis
d'Anjou, oncle du roi de France, puis à sa veuve, Marie de
Blois, et à son jeune fils Louis II, fortifiait la situation de Clé-
ment VII dans Avignon. Mais, parmi les seigneurs provençaux
qui avaient paru accepter la suzeraineté de la seconde maisoa
d^ Anjou, un, tout au moins, manifestait des prétentions peu ras-
surantes et constituait, pour la Curie elle-même, un voisinage
dangereux. Raymond -Louis de Turenne, fils de Guillaume
Roger, vicomte de Turenne et comte de Beaufort, neveu du pape
Grégoire XI, petit-neveu du pape Clément VI, occupait, avec
le consentement de son père, une partie des vastes domaines
concédés en Provence à la famille Roger : c'étaient, pour ne
parler que des places fortes, Ëguilles, Pélissanne, les Pennes,
Pertuis, la redoutable forteresse des Baux, et, plus près encore
d'Avignon, la ville de Saint-Remy^ Ëléonor de Comminges,
1. Douët d'Arcq, Choix de pièces inédites relatives au règne de
Charles VI, 1 1, p. 69. — Dans un de ses factums, Raymond de Tarenne
affirme que lai et sa mère tenaient les Baux, non de Guillaume Roger,
mais de Jeanne de Beaufort, sœur de Raymond, mariée, en premières
noces, à Raymond II de Baux, puis remariée à Guy de Ghauvigny : c Car
c je ne tieng pas le chastel des Baux par le nom de M. mon père, ne ne tins
c onques; mais Madame ma mère et moy le tenons de ma suer de Chau-
c vigny, en serement et par certaines condicions, ne à autre ne le devons
c baillier. » (Arch. nat., K 55, n" 22, fol. 23 r".) — Il est à remarquer
que, le 8 juin 1385, la reine de Sicile, Marie de Blois, avait reçu l'hom-
mage lige de François de Baux, seigneur d'Aubagne, pour les châteaux
des Baux, d'Éguilles, de Puyrieard, etc. (L. Barthélémy, Inventaire chnh
DE L'HISTOnUB DE FRANCE. 217
mcore de Raymond, tenait, de son côté, la place de Meyrargues.
Vers le printemps de Tannée 1386; Fentente fut rompue entre
Raymond de Turenne et la reine Marie * ; non pas, comme le
rapportent les historiens provençaux^, que Raymond eût à se
plaindre d'une spoliation générale de ses terres, mais plutôt par
suite d'une contestation au sujet d'Aureille, bourgade située près
des Baux, où la reine arait fait arborer ses bannières et celles
du roi, son flls^. La réunion de Saint-Remy au domaine pro-
nologiçue et analytique des chartes de la maison de Baux, Marseille,
1882, in.8% n« 1593.)
1. Jean le Ferre, chancelier dn roi et de la reine de Sicile, rapporte,
dans la partie encore inédite de son Journal, qne, le 15 janvier 1386, il
avait scellé des lettres favorables à Raymond de Tarenne : c Une lettre
c poor messire Raymon de Tarenne, par la quelle ICadame li confirme,
c et à son père le visconte, et à sa mère , toutes les terres qu'il ont
c en Pronvence, et li promet à faire droit dn visconte de Yaleme, son
c oncle, et de la mère, etc. — Item, une lettre au dit messire Raymon,
c par la quelle ICadame mande aus juges d*Arle que il facent justice
c au dit mesure Raymon de cenlx qui eurent les joyaulx de sa seur, à
c la prinse des Baux. — Item, une obligacion par la quelle ICadame pro-
c met au dit messire Raymon m chasteaulx en la viconsté de Limoges... »
Le 19 ou le 20 janvier, Raymond avait prêté serment de fidélité à la
reine, et, le 23, celle-ci avait retenu à son service deux des écuyers de
Raymond. (Bibl. nat., ms. fr. 5015, fol. 104-107; cf. Baluze, Viisc papa^
rum avenionensium, t. I, c. 1394.)
2. Je renonce à suivre César de Notredame, H. Bouche, J.-S. Pitton, J. de
Gaufrîdi, etc., dans leur récit déclamatoire de c la plus horrible guerre que
les siècles passez ayent jamais jeue en Provence, i Ce qu'ils rapportent de
Raymond de Turenne, c ce got et cruel Attile, » semble être surtout inspiré
d'un Discours dos troubles que foron en Provensa dau temps de Louys
second.,., pet aqueou Reymond Rougier sumomat lou viscounte de ThO'
reno, que Papou {Histoire générale de Provence, t. III, p. 292) dit remon-
ter au règne du roi René, mais dont il déplore, en même temps, les erreurs
et le dé&ut de chronologie. On pourra vérifier Texactitude de ces cri-
tiques en consultant les copies manuscrites du Discours, qui sont con-
servées à la bibliothèque Méjanes (n* 794; cf. F. Vidal, les Manus-
crits provençaux de la Méjanes, Aix, 1885, in-8*, p. 13) et dans celle de
Carpentras (Add. aux mss. de Peiresc, n* 11). M. Paul Heyer a reconnu,
dans cette dernière copie, la main de Jean de Notredame. — Un auteur
moderne, l'abbé Rose, a réuni, dans une brochure intitulée : Étude his-
torique, Raymond de Turenne (Pont-Saint-Esprit, 1858, in-8*)) quelques
extraits empruntés an Journal de Jean le Fèvre.
3. Le 10 mars 1386, c Bosquet dit à Madame que messire Raymon de
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 15
2! 8 SOCIÉTÉ
vençal, opérée par lettres du 40 août 4386\ constitua bientôt
un second grief dont Raymond dut se prévaloir pour justifier
sa prise d'armes.
Presque au même moment, la guerre se trouve déclarée entre
Raymond et Clément VIL Le prétexte flit sans doute quelqu'une
des créances que Raymond faisait valoir contre la Chambre
apostolique. Déjà ses gens « avoient couru jusques aux portes
d'Avignon, » quand, le 24 août, Clément Vn^ ne se croyant
plus en sûreté à Châteauneuf-du-Pape, vint se réfugier dans
son palais des Doms^. Le 3 septembre, les gens de Raymond
battirent, devant Eyrargues^ les troupes pontificales et leur
firent une vingtaine de prisonniers *.
De nouvelles rencontres durent avoir lieu avant Thiver; car,
le 2 octobre, une troupe où Ton remarquait Georges de Marie,
maître d'hôtel du Pape, et Eudes de Yillars, dont il sera lon-
guement question plus loin, sortit d'Avignon pour aller com-
battre l'ennemi de la cour romaine^.
Soit que les hostilités aient été renouvelées durant les années
suivantes', soit que Clément VU ait acheté par l'offre d'un
c Turenne forment se complaignoit de ce qne Hanssart estoit en Anreille,
c lequel dist estre sien. Dit li fu que Madame estoit merveillée comment
c le dit messire Raymon avoit fait courir sur ceulz d'AureilIe, depuis les
c bannières de Madame et du roy Loys mises, et en avoient ses genz
c occis trois, i {Journal de Jean le Fèvre, fol. 113 r*; cf. fol. 115 r*,
116 V, 117 r, 122 r, 127 v. Abbé Rose, op. cH.)
1. Jean le Fèvre, lorsqu'il scellait ces lettres, en prévoyait les consé-
quences : c Je doubte, i écrivait-il (fol. 136 v*), c que ceste lettre ne
c suscite escandle contre le visconte de Turenne, à qui sont ceulz de
c Saint-Remi. i
2. Ibid., fol. 138 V.
3. c Vindrent nouvelles que, le jour précèdent, les genz d'armes du
c Pape avoient esté desconlis devant Eraguez, et Gérard d'Arlo, le capî-
c taine, s'en estoit fuy, et avoient esté prins xx hommes d'armes : et ce
c avoient fait les gens messire Raymon de Turenne. » (Ibid., fol. 138 v^}
4. Ibid., fol. 141 V*. Cf. Baluze, Vitx paparum avenionensiuniy t. I,
c. 1395. — Le 16 septembre, la reine Marie fait commencer le procès
de Raymond de Turenne c sur les maléfices que il fait et a fait en Prou-
vence. » (Journal de Jean le Fèvre, fol. 140 r*.} Le 12 octobre, Clé-
ment VU approuve la réunion de Saint -Remy au domaine provençal.
(Ibid., fol. 141 V.)
5. Vers le mois de septembre 1387, des ambassadeurs envoyés à Aix
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 219
tribut annud le désarmement de Raymcmd * , la guerre était) au
mois de janvier 4389, à la veille d'être de nouveau portée sur
les terres du saint-siège. Clément VU, fort alarmé, en même
temps qu'il prenait à sa solde François de Saint-André, avec
soixante lances, s'empressait d'envoyer des gens d'armes dans
plusieurs châteaux du diocèse de Valence, particulièrement à
Ghâteaimeuf-d'Isère ^. Raymond avait épousé, cette fois, la
querelle de sa tante Alix de Beaufort, comtesse douairière de
Vaientinois : de là ses incursions sur les terres du comte de
Valentinois, Louis de Poitiers. Avec non moins de bonheur que
de hardiesse, il s'était emparé, par surprise, de Ghâteauneuf-
de-Mazenc, de Félines, de Soyans, de Saint-Gervais, de Savasse,
de Rochefort et de la Roche-Saint-Secret. Ces châteaux, situés
dans le comté de Vaientinois, faisaient partie d'un 8ef de l'Ëglise ;
mais là ne se bornèrent pas les méfaits de Raymond à l'égard
du saint-siège. La campagne d'Avignon, avec ses routes sillon-
nées de prélats, de pèlerins, de voyageurs que des intérêts de
toutes sortes appelaient sans cesse auprès du Pape ou du sacré
collège, lui offrait le théâtre d'une guerre plus commode, et non
moins lucrative : vraie guerre de bandits, qui convenait à mer-
veille aux gens de compagnies dont il s'entourait. Il prit Roque*
par la yille de Tarascon furent c prins sur le chemin par les genz de la
▼icontesse de Turenne et menés à Merargues. » {lbid»y fol. 170 y*.)
1 . Dans le registre des Arch. nat. R^* 38 (Papiers Bouillon), qui con-
tient un inventaire ancien des titres de la maison de Turenne, je relève la
mention d'un traité conclu, en 1387, aux termes duquel la Chambre apos-
toUque s'engageait à payer chaque année à Raymond cinq cents francs et
cinq cents florins de chambre. Malheureusement j'ai constaté plus d'une
fois l'inexactitude des dates fournies par cet inventaire. Mais, d'autre
part, Jean le Fèvre mentionne, aux dates du 2d août et du 27 décembre
1387, sept lettres de la reine de Sicile favorables à Raymond de Turenne ;
à la date du 20 seplembre> une rémission pour un de ses compagnons;
au mois d'octobre, des démarches tendantes à réconcilier Éléonor de Com-
minges avec Marie de Blois; enfin, le 28 janvier 1388, une rémission plé-
nière pour tous les pillards qui ont dévasté la Provence c sous Tombre »
de Rayn^ond de Turenne. (Ms. fr. 5015, fol. 166 v, 178 r% 188 V, 191 v,
203 r*" et 210 r*,) Les rapports étaient donc bons à cette époque, au moins
entre Raymond et la cour de Sicile.
2. Arch. nat, JJ 137, n<* 47; O. Yaissete, Histoire générale de Lan-
guedoc, édit. Privât, t. IX, p. 957; t. X, c. 1780.
220 SOCIÉTÉ
Inartine^ à sept lieues d'Avignon : ce ftit, avec les Baux, son
quartier général. De là, ses mercenaires s'élançaient au pillage.
Les voyageurs détroussés ou emmenés prisonniers , mis à la
question et rançonnés appartenaient, en grand nombre, à la
classe des clercs, voire même à celle des prélats. L'évêque d'Albi
Guillaume de la Voulte^ n'échappa point au sort commun; lui
et ses serviteurs revenaient d'Avignon, quand, à six lieues de là,
ils firent la rencontre d'une des bandes de Raymond : argent,
joyaux, tout leur fut enlevé. Puis, c'étaient des paysans mal-
traités ou blessés, des bestiaux volés, des tonneaux de vin, des
sacs de blé, des marchandises de toutes sortes dirigés vers l'une
des places dont Raymond avait foit ses magasins généraux :
Ancone, par exemple, ou Ghâteauneuf-de-Mazenc. Fréquem-
ment le sang coulait, comme à la prise de Vaison, qui fut
Tœuvre de Raymond lui-même. Visan, Pierrelatte, Robions,
Menerbes, autres châteaux du Gomtat, dont les gens de Ray-
mond tentèrent l'escalade, ne lui échappèrent que grâce à la
vigilance de leurs gardiens. Les châteaux d'Oppède et de
Baumes tombèrent en son pouvoir^; tous les habitants, hommes
et femmes, furent emmenés prisonniers. Plusieurs villes et vil-
lages devinrent la proie des flammes *.
Sans doute, il y eut des trêves et des négociations. Dès le
mois de février 4389, les gens d^armes furent licenciés de part
et d'autre*. Pierre, comte de Genève, frère du Pape (22 février),
1. Bonches-dn-Rhône, comm. d'Eygaières.
2. Il n'est pas vrai, comme le rapportent les antenrs de la Gallia ehrU"
tiana (t. I, c. 29), que Gnillanme de la Yonlte ^écat jnsqn'en 1397; il
moumt le 15 octobre 1392 (abbé J.-H. Albanès, Armoriai et ngittogra-
phie des évéques de Marseille, Marseille, 1884, in-fol., p. 90), et Clé-
ment VU, dans sa bnll& dn 15 décembre 1393, pent dire de lui : c ... bone
a memorie Guillermam, episcopam Albiensem. »
3. Circonstance ignorée de M. l'abbé A. Allègre, auteur d'une tonte
récente Monographie de Baumes-de-Venisse (Carpentras, 1888, in-4%
p. 38).
4. Arch. nat., Titres de la maison d^AnjoUj P 1351, n* 694. Cf. Pithon-
Curt, Histoire de la noblesse du ComtaUVenaissin^ Paris, 1750, in-4',
t. IV, p. 48, et Baijavel, Dictionnaire historique, biographique et biblio-
graphique du département de Vaucluse, Carpentras, 1842, in-8*, t II,
p. 348.
5. Les officiers royaux dn Dauphiné défendirent à tous les bateliers de
DE L*HISTOmE DE FRANCE. 221
et, plus tard, le Pape lui-même (34 mars) accordèrent à Ray-
mond des sauf- conduits pour venir régler ses aflEaires en
cour de Rome; les serviteurs de Raymond devaient pouvoir se
procurer denrées et marchandises sur les terres du Pape ou du
roi de Sicile ^
A plusieurs reprises, il fût question également d'arbi-
trages' : on espérait terminer, du même coup, les que-
relles de Raymond avec Clément VII, avec Louis II d'Anjou,
avec les comtes de Genève et de Yalentinois et avec Févêque
de Valence. Ainsi, durant Tété de 4390, ces divers litiges
furent soumis au jugement de Guérin d'Apchier et de Raoul
de l'Estrange, arbitres désignés par Raymond de Turenne, de
Févéque de Mende et de TErmite de la Faye, arbitres désignés
par la partie adverse, enfin de Jean m, comte d^ Armagnac,
« surarbitre » choisi par toutes les parties, et auquel devaient
être livrées les places litigieuses. On leur donnait jusqu'au
45 août 4394 , et, au besoin, jusqu'au 45 août 4392, pour expé-
dier les parties^. Cette mission contribua peut-être à prolonger
le séjour du comte d'Armagnac en deçà des monts. Cepen-
dant, bien longtemps avant l'expiration du premier terme, vers
le printemps de Tannée 4394^ Jean 111 prit la route de l'Italie,
ne songeant plus qu'à se mesurer avec Jean-Galéas Visconti^.
*
passer ancnn de ces hommes d'armes du Yalentinois en Danphiné. (Arch.
nat., JJ 137, n* 47; D. Yaissete, lac. cit.)
1. Hoillard-Bréholles, Titres de la maison ducale de Bourban, n*' 3758,
3759 et 3764.
2. Le P. Anselme (t. III, p. 816 et 832) mentionne un accord conclu, au
sujet des Baux, le 20 février 1389 (y. st.?), entre le Pape, la reine et
Raymond, grâce à rinterreniion de Guérin d'Apchier, des cardinaux de
Palestrina et d'Amiens, des comtes de GenèYe et de Yalentinois, choisis
par les parties comme arbitres. C'est évidemment le traité dont parle
Raymond lui-même dans une lettre du 12 juillet 1393. (Arch. nat., K 54,
n*26.)
3. Convention du 29 mai 1390 entre le comte d'Armagnac et l'évéque
de Conserans, légat du Pape. (Bibl. nat., coll. Doat, ms. 204, fol. 53-56.)
Accord passé à Mende, le 9 août 1390« ratifié les 20, 26 et 28 du même
mois. (Baluze, op. cit., t. II, c. 1052-1057; D. Yaissete, t IX, p. 955;
cf. P. Anselme, t. YI, p. 318 ; comte de Circourt^ Louis d'Orléans, dans
la Revue des Questions historiques, juillet 1887, p. 51.)
4. Notre confrère M. P. Durrieu {les Gascons en Italie, Auch, 1885,
222 SOCIÉTÉ
Il avait auparavant chargé son frère Bernard de tenter une
démarche auprès de Raymond de Turenne pour Ten traîner à
sa suite : « Bernard, avait-il dit (c'est Froissart qui le raconte);
« vous retournerés par devers nostre cousin Raymon de Thou-
« raine, qui se tient icy en la conté de Venissin, terre de
a pape, et moult la guerroie et traveille... Si luy priés, de par
a moy et de par vous, car j'en suis requis du pape Clément,
a que il s*ordonne pour venir avec moy en ce voyage : et le fèray
«c mon compagnon en toutes choses, et que il soit tout certain
« que je le sourattendray en la cité de Gap, séant entre les
« plus aspres montaignes. i> Bernard, voulant s'acquitter de sa
mission auprès de Raymond, « luy remonstra tout Paffaire...
« très sagement et doulcement, à celle fin que il y euist plus
«c grande inclination. » Mais la réponse de Raymond ne fut qu'à
moitié satisfaisante : « Beau cousin, avant que vostre frère soit
« entré en Lombardie trop avant et que il ait assiegié chastel ne
« ville, il pourra bien advenir que je le sieuvray ; mais il est
« encoires assés tempre pour moy et mes gens mettre au cfae-
a min. Si me rescripra mon cousin, vostre frère, de ses nou-
« velles; et, contre ce may, je le sieuvray, car là en dedans je
« pense bien avoir fin de guerre [à mon oncle, ce pape d'Àvi-
« gnon\ et aux eardinaulx, qui ne me veulent faire nul droit
« et me retiennent de force tout ce que mon oncle, pape Grégoire,
« me donna et ordonna. Ils me cuident lasser par moy faire
« excommunier; mais non feront. Ils prient chevalliers et
« escuiers, et les absolvent de peine et de coulpe pour moy
« guerroier : mais ilz n'en ont nul talent. J'auroye plus de gens
(K d'armes pour mil florins, que ils n'auroient pour toutes les
« absolutions que ils pourroient faire et donner en sept ans! —
« Beau cousin, respondy Bernard, vous dittes vérité. Tenés
in-8', p. 69) a trouYê encore trace du séjour de Jean d'Armagnac à
Avignon à la date du 7 avril 1391 ; le comte n'aurait passé en Italie qu'au
mois de juin.
1. Raymond de Turenne avait épousé Marie de Boulogne, nièce de la^
mère de Clément VII. 11 était donc, par alliance, cousin de ce pape. De
là à dire, comme Bouche (t. II, p. 420} ou comme Pitton {Histoire de la
ville d'Aix, p. 20S), que Clément VU ménageait en Baymond un proche
parent^ il y a loin.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 223
« vostre prommesse; car je ne vous vueil autrement conseillier,
« et, tout ainsi que vous m'ayés respondu, j'en rescripray à mon
« frère. — Dieux y ait part! respondy Raymon. » Froissart
ajoute qu'en recevant cette promesse évasive, le comte Jean
d'Armagnac « passa oultre et n'en flst pas trop grant compte. »
Il eut raison : le mois de mai, le mois de juin, le mois de juil-
let s'écoulèrent sans que Raymond trouvât le moment de fran-
chir la chaîne des Alpes. La guerre qu'il continuait à mener en
Provence, malgré les offres séduisantes des états du pays^ ne
lui laissait aucun loisir. Il est vrai que, le 6 octobre, longtemps
après que le comte d'Armagnac eut succombé sous les murs
d'Alexandrie, Raymond conclut avec le roi el la reine de Sicile
un traité, qui, d'ailleurs, lui était entièrement favorable^. Mais
les plénipotentiaires de la reine n'avaient pu maintenir dans la
rédaction définitive une clause, insérée dans les conventions
préliminaires, suivant laquelle Raymond devait promettre de
ne plus faire guerre au Pape « publiquement ne occultement^ »
hormis le cas de légitime défense'.
1. 0£fre de 20,000 florins par les états tenas, à Aix, le 22 juillet 1391.
(Reg. Polentia, cité par Papon, t III, p. 282. Cf. Ch. Cottier, Notes
historiques concernant les recteurs du ci-devant Comté-Venaissin, Car-
pentras, 1806, iii-8*, p. 98.)
2. Louis II d'Anjou lai restituait les Pennes, Meyrargues, le péage de
Bouc (Bouches-du-Rhône, comm. de Fos), le port de Sainte-Réparade
(comm. du Puy*Sainte-Rêparade), etc., le faisait mettre, lui ou son père,
en possession d'une moitié de la yicomté de Yalernes, saisissait les deux
forteresses de Montpaon et de Gastillon, dont les garnisons, par suite,
deyaient cesser d'inquiéter les habitants du territoire des Baux, lui payait
14,000 francs de dommages-intérêts, se reconnaissait débiteur d'une rente
de 1,000 livres, enfin pardonnait à tous les gens et complices de Raymond,
sauf à R. Baudet de Rémusat. De son côté, Raymond devenait yassal
du roi, pour ses nouvelles possessions, et se réconciliait avec les Marseil-
lais et autres qui avaient pris part au démantèlement de Meyrargues et
des Pennes. Ce traité, ratifié par la reine Marie le 10 novembre suivant,
se trouve transcrit tout au long dans le registre R^* 37 (fol. 83-107) des
Arch. nat.; un texte moins complet en a été conservé parmi les Titres de
la maison d'Anjou (P 1351, n» 693). — A la date du 15 février 1392, la
reine Marie transporta à Raymond, en déduction de ce qui lui avait été
promis, tous ses droits sur un tiers du château de Sénas. (Chr. Justel, His-
toire généalogique de la maison de Turenne, Paris, 1645, in-fol., pr., p. 124.)
3. c Item, que le dit mess. Reymont promettra et asseuera que, des
224 SOCIÉTÉ
Ce fut seulement le 5 mai 4 392 que Fintervention du roi de
France ^ sollicitée par Clément YII lui-même, aboutit, après
de longs pourparlers, à la conclusion d'une paix, qui devait
être perpétuelle, entre Raymond de Turenne et ses alliés,
d'une part, le Pape, Tévêque de Valence et le comte de Yalen-
tinois, d'autre part'. Les noms des commissaires royaux
qui prirent en main l'affaire et se transportèrent en Avignon
pour interroger les parties, Philippe de Moulins^ évèque de
Noyon, Bureau de la Rivière, Jeannet d'Estouteville , Henri
Mauloué, secrétaire du roi, plus tard Jacques de Montmor,
gouverneur du Dauphiné, indiquent suffisamment l'importance
que la cour de France attachait au rétablissement de la paix
dans la vallée du Rhône. Cette fois, du moins, toutes les pré-
cautions semblaient bien prises. Raymond de Turenne devait
évacuer les places fortes qu'il occupait sur les terres de ses
adversaires et les livrer aux gens du Roi, à l'exception de
Châteauneuf-de-Mazenc, qu'il était autorisé à remettre à sa
tante, la comtesse douairière de Valentinois. De leur coté.
Clément YII et ses alliés livraient aux gens du Roi les forteresses
qu'ils avaient prises, sauf Savasse et Félines, qui devaient être
c Bans ne de nul antre lieu qu'il tiengne ou obtendra en Prouyence, ne
c fera guerre publiquement ne occultement au Pape^ ne ne receptera per-
c sonne qui mal luy veuille faire qu'il le puesse savoir. Ou cas toutesfoiz
c que le Pape luy fera guerre, Madame est contente qu'il se deffende. »
(Arch. nat., R»* 37, fol. 101 ▼•.)
1 . Charles VI était fort intéressé à la cessation des hostilités ; en Dau-
phiné, le rendement des péages des gabelles et antres taxes avait notable-
ment diminué par le fait de Raymond de Turenne ; les gens de Raymond
ayaient capturé les c gardiers t delphinaux et refusé de les remettre en
liberté, malgré les injonctions du gouverneur. (Voy. un mémoire remis
aux réformateurs le 10 janyier 1392 : abbé U. Chevalier, Choix de docu-
mcnis inédits sur le Dauphiné, Lyon, 1874, in-8% p. 216 et 217.) D'ail-
leurs, Charles VI, grâce aux pourparlers entamés avec Louis de Poitiers,
au mois de novembre 1391, pouvait déjà considérer le comté de Valen-
tinois comme devant, un jour ou l'autre, appartenir à la couronne (Arch.
nat, J 287, Valentinois, n* .1).
2. Arch. nat., K 54, n» 10; J 288», Valentinois, n" 1 et 2. Baluze, op,
cit., t. II, c. 1058-1070. " C'est le traité dont Papou résume, tant bien
que mal, quelques dispositions, et auquel il assigne la date erronée de
1393 (t. m, p. 285, 286).
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 225
également restituées à la comtesse douairière de Yalentinois. De
part et d'autre, on désarmait ; les compagnies, depuis si long-
temps la terreur du Gomtat, devaient chercher une autre pro-
vince à rançonner et à piller. Raymond de Turenne, pour sa
part, avait lieu d'être satisfait : il recevait immédiatement dix
mille francs, sans compter les deux mille qu'on avait déjà versés
pour lui faire prendre patience, ni les vingt mille qui allaient
être payés à ses hommes d'armes, par les soins du gouverneur
de Dauphiné^ dès qu'ils auraient juré d'évacuer la contrée et
fourni, en, garantie de cette promesse, un certain nombre
d'otages. Raymond devait toucher, par la suite, encore vingt
mille francs; comme gages, le Pape lui assurait le^ revenus
du prieuré de Saint-Pierre de Saint-Remy et les terres, rentes
et dîmes possédées à Pertuis et à Pélissanne par l'abbaye de
Montmajour. On lui faisait espérer des lettres de rémission pour
tout attentat commis sur les terres du roi de France. Un sauf-
conduit Pautorisait à circuler dans le royaume et dans le Gomtat-
Yenaissin, escorté de cent hommes armés ^. On promettait de
fodre bonne justice à sa tante Alix de Beaufort, qui déjà rentrait
en possession de ses châteaux du Yalentinois et du Yivarais^;
quant aux autres litiges, Charles YI ou ses délégués devaient
statuer sommairement, et en dernier ressort, avant le 30 no-
vembre ou, au plus tard, avant le 34 décembre 4392. Enfin le
Pape promettait de rendre bonne justice à un changeur auquel
Raymond portait, comme créancier, un intérêt particulier^; il
1. Cette clause, mal interprétée, a donné lien à une légende : le gou-^
yeraeur de Dauphiné passe pour avoir soutenu Raymond dans cette guerre,
et l'on déplore, à ce propos, Finsubordination des officiers royaux,
Tanarchie qui régnait alors. (Yoy. Bouche, t. II, p. 421 ; Papou, t. III,
p. 283, etc.)
2. Cf. Arch. nat., K 55, n« 22, fol. 52 v».
3. Privas, Baix, Chalençon, etc. Il était stipulé que Raymond ne se
servirait pas de ces places pour faire la guerre soit au Pape, soit au
comte de Yalentinois ou à Tévéque de Valence. Il en prit, en effet, l'en-
gagement positif, le 1*' septembre, à Châteauneuf-de*Mazenc, engagement
dont se portèrent garants, le 8 et le 27 septembre, Edouard, sire de
Beaujeu, et Louis, seigneur de Montboissier (Arch. nat., J 288^, n** 3,
4 et 5).
4. Cf. ci-dessous, art. VII et VIII, et Arch. nat., K 55, n» 22, fol. 56 v.
226 SOGKTÉ
promettait également de consulter huit cardinaux sur la révoca-
tion, ptus ou moins justifiée, d*un fonctionnaire de la chancellerie
apostolique dont le frère, messire Guy de Pesteil, appartenait
à Raymond ^
Je le répète, les précautions semblaient bien prises pour enle-
ver à Raymond de Turenne tout prétexte de renouveler la guerre.
Cependant ce traité, conclu au prix de tant d'efforts, grâce au
concours de, tant d'importants personnages, et confirmé, le
23 août^ par le duc de Rerry, servit tout au plus à maintenir
pendant quatre mois la paix dans la Provence et dans le Gomtat'.
Qui est responsable de la reprise des hostilités ? Raymond de
Turenne, au dire du Pape^ ; Clément VU, si Ton s'en rapporte
à Tun des factums de Raymond^.
Il parait certain que Tagression ne vint ni de l'un ni de l'autre,
mais de plusieurs seigneurs provençaux, parmi lesquels Eudes
de Yillars. Déjà l'on a vu ce personnage, en 4386, marcher
contre Raymond ; celui-ci refusa, parait-il, de le laisser com-
prendre dans le traité du 5 mai 4392^. Eudes de Yillars avait
épousé Alix de Baux, comtesse d'Avellino^ nièce de Raymond.
De ce chef, il élevait des prétentions sur la baronnie des Baux,
sur les châteaux et terres de Montpaon, de Castillon, d'Éguilles,
de Puyricard, de Mouriès. U avait même obtenu une sentence
des réformateurs du Languedoc et plusieurs arrêts du Par-*
lement qui obligeaient le comte de Beaufort à lui restituer la
baronnie des Baux. En attendant l'exécution de ces jugements
1. Cf. ci-dessous, art. XX.
2. Le 31 août 1392, Pierre de Cherrease ordonna an sénéchal de Beau-
caire de marcher à la tête des milices du pays et d'empêcher que doaze
cents hommes d'armes des gens des compagnies qui avaient fait la guerre
pour Raymond ne pénétrassent en Languedoc. (D. Yaissete, t. IX^ p. 966,
note d'A. Molinier.)
3. Bulle du 15 décembre 1393 (Arch. nat., P 1351, n* 694).
4. Arch. nat., K 55, n* 22, fol. 4 et suiy. — Ce factum remonte au
commencement de Tété de 1396 (yoy. fol. 8 r* : c Un dimenche en juing.
qui Tendra aura trois ans... v). Je lui emprunte une grande partie des
renseignements qni vont suivre. On peut en rapprocher le récit^ plus bref,
inséré par Raymond dans sa letlre à Jean de Vienne du 12 juillet 1393
(K 54, n» 26).
5. Yoy, ci-dessous, art. V.
DE L'HISTOnUE DE FRANGE. 227
si préjudiciables aux intérêts des Beaufort, et dont Raymond ne
cessa pas de poursuivre Finfirmation * , Eudes de Yillars avait
reçu, à titre de gages, Séderon^ Mais, Anduze, etc.^. Peur le
moment, secondé par le seigneur d'Oraison el par Foulque de
Pontevez, il Élisait irruption sur les terres de Raymond et de
son père, et, sans déclaration de guerre, leur causait un dom-
mage que Raymond évalue à plus de vingt mille firancs.
Il appartenait au Pape et à la reine de Sicile, si intéressés Tun
et l'autre au maintien de la paix, de détourner dès le début ce
commencement d^orage. Raymond prétend que tout autre fut
leur secret dessein ^. Il se persuade que Clément VII encoura-
geait sous main l'attaque des seigneurs d'Oraison, de Villars et
de Pontevez; il croit reconnaître parmi leurs troupes des sou-
doyers du Pape et de la reine. Il se plaint : les magistrats se
bouchent les oreilles. Les réponses de Jean Pèlerin, gouverneur
de Provence, lui laissent entrevoir une entente entre la reine et
Clément VII et un parti pris de ne tenir compte d'aucune de ses
observations. C'est alors qu'il se décide à entrer en campagne :
du premier coup, il enlève quatre ou cinq places à ses enne-
mis, tout en protestant de sa fidélité envers le roi de Sicile, dont
il oblige ses gens d'armes à respecter les terres^.
Provoqué ou non, Raymond donnait de nouvelles preuves de
sa force. Mais il rappelait aussi, non sans quelqpie imprudence,
que, malgré les promesses de désarmement contenues au traité
du 5 mai, il avait conservé presque intacte Tarmée de merce-
naires qui avait fait si longtemps la terreur du Comtat^. Dès
1. Voy. les arguments qu'il faisait valoir (K 55, n» 22, fol. 22 v).
2. Jnstel, op. dty pr., p. 127. Cf. h. Barthélémy, op. cit., n*" 1626 et
1631. — Lors d un accord qui intervint après la sentence des réformateurs,
Eudes de Yillars fut représenté par un personnage bien connu, M* Oudard
d'Attainville (K 55, n* 22, fol. 22 r).
3. Les relations de Clément VU avec Eudes de Villars ne sauraient
être niées : au mois de mai 1390, le Pape avait nommé Eudes recteur
du Comtat-Yenaissin (L. Barthélémy, op. cU,, n« 1630), et ce rectorat dura
trois ans, suivant Ch. Cottier (op. cit., p. 97).
4. Ceci se passait au mois de septembre 1392, si j'en crois une indication
fournie par le registre R2* 38 des Arch. nat. — Dans K 55, n* 22 (fol. 13),
on trouvera les noms des capitaines au service de Raymond en 1392.
5. Cf. la bulle du 15 décembre 1393 (Arch. nat., P 1351, n* 694).
228 SOCIÉTÉ
lors, dans le conseil de la reine de Sicile, à la cour d'Avignon,
comme aux états de Provence^ toute politique semble subordon-
née au besoin d^expulser sans retard, sinon Raymond, au moins
ses compagnies. Le Pape et la reine s^entendent pour mettre
un certain nombre de combattants en ligne, et ils annoncent
l'intention de faire la guerre à quatre ou cinq des capitaines qui
servent sous Raymond. Si, en apparence, la reine Marie sépare sa
politique de celle de Clément YII, rejette sur celui-ci la respon-
sabilité d'une nouvelle guerre et Pexplique par le désir qu'aurait
le Souverain pontife de grouper sous son bégémonie les villes de
Provence, elle n'en insiste pas moins auprès de Raymond pour
le renvoi des compagnies. A leur tour^ quatre cardinaux, char-
gés de rassurer Raymond au sujet de la concentration de troupes
qui s'opère au même moment, et qui, à les entendre, n'est aucu-
nement dirigée contre lui, — « car ilz ne lui vouloîent faire ne
« mal ne dommaige , mais lui vouloient faire tout plaisir et
<K amour, » •— quatre cardinaux, dis-je, lui promettent une forte
indemnité à la condition de Mre déguerpir ses routiers sans
retard. Enfin les gens d^ Arles joignent aux offres d'argent des
offres de services : ils promettent de compter à Raymond vingt-
cinq mille florins et s'engagent à mettre eux-mêmes le siège
devant Gadenet et Lauris-sur-Durance, qui lui ont été enlevés par
les seigneurs d'Oraison et de Pontevez, pourvu que ses merce-
naires évacuent la contrée. Il n'est pas jusqu'aux officiers du roi
de France qui ne surveillent d'un œil inquiet les mouvements de
ces bandes. Dès le 4 4 octobre^ Hector du Caillar, bailli de Grai-
sivaudan, se présente à la porte du château de Leyne et remet
à Raymond, de la part des commissaires royaux, un ordre
écrit d'avoir à faire déloger promptement ses hommes d'armes
de toutes les places et terres mentionnées au traité. Raymond
jette les yeux sur le papier et refuse de le lire, défend à un
notaire présent d'en publier le contenu, déclare ne point con-
naître les pouvoirs du baiUi, et ne veut promettre d'observer le
traité du 5 mai que si ses adversaires en font autant. Hector du
Caillar renouvelle les mêmes injonctions de vive voix et annonce
à Raymond qu'en cas de désobéissance, il peut, dès à présent,
considérer tous ses biens comme confisqués, soit au profil du Roi,
soit, dans les terres d'Empire, au profit du dauphin, vicaire impé-
DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 229
rial^ Peu après, les seigneurs dauphinois reçoivent Tordre de
se trouver en armes à Grenoble, le 4 2 novembre, pour marcher
contre les aventuriers de Raymond', et, au mois d'avril 4393,
le sénéchal de Beaucaire est chargé de transmettre au belliqueux
chevalier la défense d*entraver le commerce du sel sur le Rhônç
ou d'arrêter les marchands français^.
Devant de si nombreuses prières, accompagnées de si sérieuses
menaces, Raymond paraît avoir cédé. Mais il n'obtint pas du
premier coup l'assentiment de ses capitaines : Jehannin le Fran-
çois, Gonnin de Marmignac, Guillaume Gassien, le Bourc de
Yerdusanne, après avoir déclaré quUls hiverneraient en Pro-
vence, se décidèrent à traiter directement avec Georges de Marie.
Ils prirent le chemin de la Lombardie, non sans maudire Tin-
gratitude du chef qui les abandonnait, et non sans lui prédire
sa ruine à brève échéance : « Ilz savoient bien que, au plus
« tost qu'ilz auroient passé les montaignes^ que le Pape et la
« roynemettroienttoutelapainequ'ilzpourroientàledestruire. »
Peu s'en faUut que cette prédiction ne se réalisât. Cependant
le temps n'était pas encore venu, pour Clément VU et Marie de
Blois, de ne garder aucune mesure à Tégard de Raymond. Loin
de là ! Ton ménageait en lui, non plus le chef de bandes, mais le
père d'une des plus riches héritières de France. L^unique enfant
légitime de Raymond était une fille, Antoinette de Turenne : il
s'agissait de la marier.
Sur cette question, comme sur beaucoup d'autres, Tentente
s'était faite entre la reine et Clément VU; leur projet, qu'ils
1. Arch. nat., J 288% n* 8.^— Le même jour, à Baix, Jacqaes de Hont-
mor faisait à Alix de Beaufort une déclaration analogue, qui ne paraît
pas avoir été aussi mal accueillie. La comtesse reconnut que, conformé-
ment au traité, elle avait été remise en possession de ses châteaux de
la rive droite et de la rive gauche du Rhône, notamment de Leyne, de
Savasse et de Chàteanneuf-de-Mazenc (ibid., n*" 6, 7 et 9). «
2. A. Prudhomme, Inventaire sommaire des Arch. dép, de VIsère,
série B, t. II, B 3258. — Cette mesure de précaution semble avoir coïn-
cidé avec un mouvement de retraite des troupes qui occupaient, au
nom de Raymond, plusieurs châteaux du Yalentinois. (Cf. A. Lacroix,
l'Arrondissement de MontëHmar, géographie, histoire et statistique ,
Valence, 1882, in-8% t. VI, p. 6.)
3. D. Vaissete, t. IX, p. 966, note d'A. HoUnier.
230 SOCIÉTÉ
avaient eu soin, au préalable, de fiiire approuver par Guillaume
Roger, père de Raymond, consistait à obtenir la main d'Antoi-
nette pour le prince de Tarente, frère puîné du roi Louis II * .
De la 8(vte, on assurait tôt ou tard à la maison d'Anjou la pos-
session des domaines qui, pour le moment, faisaient de Ray-
mond un si redoutable voisin.
La perspective d'allier son sang à un petit-flls de roi de France
épouvanta plus qu'elle ne flatta Raymond. La rente de douze ou
de quinze cents florins promise à Antoinette par Guillaume
Roger lui paraissait insuffisante. Il entendait être respecté et
servi par son gendre : un prince devant lequel « il lui feusist
agenouillier » ne faisait point du tout son affaire. II eût mieux
aimé voir sa fille morte, disait-il, que de la donner à Charles de
Tarente'. Aussi accueillit-il avec peu d^empressement les ouver-
tures de la reine Marie; c'est même ce qui contribua sans doute
à paralyser les efforts que faisait, vers le mois de mai 4393^,
le duc de Rourbon pour amener un accord^. En même temps,
Raymond prétait l'oreille à d'autres propositions, moins bril-
lantes assurément, mais mieux fiâtes pour lui plaire, car elles
mettaient à un prix plus élevé la main d'Antoinette de Turenne.
La cour de France, malgré les embarras que lui avait cau-
1. Ce projet a^ait reçu d'abord, paralt-il, l'agrément de la coar de
France; c'est du moins ce qu'affirme Raymond, dan» Ton de ses mémoires :
c Premièrement, par la Yoalenté da Roy, le mariage fnt traictié entre le
f prince de Tarente et Anthoinette de Torena; et tant ala avant qne
« M. mon père promist et jnra le dit mariage, et y avoie Ixmne Yoa-
c lente. » (Arch. nat., K 55, n* 22, fol. 31 r*.}
2. Donêt d'Arcg, op. eU.f t. I, p. 94.
3. Les gens du duc de Bourbon s'occupèrent de ces négociations pen-
dant un mois ou six semaines. Or, le séjour du duc de Bourbon à Avi-
gnon paraît avoir pris fin entre le 3 et le 16 juin 1393. (Yoy. les documents
cités par Ghantelauze, en notes de son édition de La Mure, Histoire des
ducs de Bourbon et des conUes de Forez, Paris, 1868, in-4*, t. II, p. 82 ;
cf. Titres de la maison dttcale de Bourbon, n* 3923.)
4. Raymond prétend qne, « en la parfin, M. de Bourbon ne trouva point
a de fondement on Pape ne à H"* la royne ; si alerent mander les gens
c de M. de Bourbon au dit mess. Remond que le Pape et la royne avoient
« plus à cuer à lui foire guerre qne de aidier au roy Loys, et qu'il feroit
c que saige de soi gouverner saigement et de soi advisier en ses besoignes. »
(Arch. nat., K 55, n* 22, fol. 7 r.)
m LUICTOIBB DB FHAKCS. 231
flé§ Iqrmoiid, à diTerses reprises, sur les frontières du Dau«
phiné ou du Languedoc, n'avait jamais cessé d'user envers lui
de certains ménagements. En 4385, quand elle avait élevé
quelques prétentions sur la Provence, elle considérait coDune
acquises d'avance à la cause française les places occupées par
Guillaume Roger et par Raymond de Turenne^ Tout récem-
ment, au printemps de i 392, une paix très avantageuse avait
été conclue entre Raymond et ses adversaires grâce à Finterven*
Uoa de Charles YI, et, dans toute cette aflkire, le Pape ne pas-
sait pas, aux yeux des princes français, pour avoir complètement
raison '. Rien de surprenant dès lors à ce que des pourparlers
se soient ouverts et aient pu aboutir entre la cour de France et
Raymond de Turenne au sujet du mariage de sa fille. Le parti
que proposaient les oncles de Charles VI était un simple gentil-
homme, mais réputé la fleur de la chevalerie, fils de maréchal
de France et maréchal de France lui-même depuis dix-huit mois
environ, Jean le Meingre, dit Roucicaut, le deuxième et le plus
fameux de ceux qui ont illustré ce surnom. Un tel mariage
rendait aux vues de la politique française; il établissait forte*
ment sur les rives du Rhône une des créatures du Roi ; et, de
plus, il semblait combler les espérances de Raymond, puisqu'on
lui promettait l'annulation de la sentence prononcée, à son détri-
ment, par les réformateurs du Languedoc, après quUl aurait tou-
tefois compté vingt mille florins à Eudes de Villars '. Telles furent
les bases de la négociation que les ducs de Rerry et de Rourgogne
1. Doaet d'Arcq, op. cit., t. I, p. 69. — U est qiiestion ci-deft8oaft,
dans Tart. III, de seniees que Rajmood anrait rendus à Charles VI en
Flandre : peaUétre avali-ii accompagné son p^e, en 1383, dans la clie-
vaachée die Boarboorg. (Cf. G. Demaj, Inventaire det sceaux de la coU
leetUm ClairamhauU, n* 7886.)
2. Honoré Bonnet écrivail pins tard, en pariant de Bajmond : < Oo
c tonps passé, il faisoit entendre an Roy et à nosseigneurs que la guerre
c il ne faisoit que contre le pape Clément ; et, pour ce que lame estoit
< que aucunement le Papes loi aroit tort, 1 y Roys et nosseigneurs avoient
« aucunement pacience. Hais, maintenant qn'ilz royent tout le contraire,
s J'ay espérance que bien briefment il congnoistra quel courrouder fait
« le sang des fleurs de lis... > {Vapparitéan nuMre Jehan de Mteun.
BibL nat, ms. fr. 810, fol. 32 v.)
3. or Afeb. nat, Vfl* 37, fol 79 r.
232 SOCIÉTÉ
nouèrent avec Raymond dès le printemps de Tannée 4393,
qui nécessita la rédaction de vingt ou trente lettres et renvoi
successif en Provence de Jean de Pertuis, de Blain Loup, de
Regnaudon de RufQgnac, d'Ëlyon de Neilhac et d'Oudard d^At-
tainville. Enfin Ton demeura secrètement d*accord qu'avant le
4«' novembre Raymond ne disposerait point de la main de sa
fille sans le congé du Roi, et que, de son côté, Charles YI accom-
moderait le diiTérend de Raymond avec Eudes de Yillars.
Tout eût été au mieux des intérêts communs, si, par suite
d'une indiscrétion, d'une trahison, pour parler le langage de
Raymond de Turenne, dont Ëlyon de Neilhac se serait rendu
coupable. Clément VU n'avait eu vent de l'union projetée. Sa
déception ne fût pas moins vive que celle de la reine Marie. On
s'enquit près de Raymond ; on lui offrit la paix, s'il voulait
renoncer à Talliance de Boucicaiit; les parents que Raymond
comptait dans le sacré collège furent mandés près du Pape.
Clément VII leur remontra comment Raymond « vouloit perdre
« sa fille...; c'estoit par dépit de lui... Si il la vouloit donner
« au prince de Tarente, » le Pape lui ferait don d'une « bonne
« somme d'argent. » A toutes les ouvertures Raymond opposa
l'engagement qui le liait, jusqu'à la Toussaint, aux ducs de Berry
et de Bourgogne.
C'est alors, ou plus exactement c'est le 25 juin 4 393 qu^afin
de confirmer Raymond dans ses bonnes dispositions, en même
temps que pour calmer la colère du Pape, le Conseil de Charles VI,
siégeant alors à AbbeviUe, remit à deux nouveaux ambassa-
deurs, Jean Blondel et Jean de Pertuis, des instructions détail-
lées que les érudits, par suite d'une erreur de lecture, ont tous
fait remonter au 25 juin 4388^ Il s'agissait surtout de persua-
1. L'origîaal, conseryé aax Arch. nat., sous la cote K 53b, n* 87, porte
incontestablement la date du c xxy* jonr de juing l'an de a g[race
M] CGC Iinxx et xni. f II est vrai qu'au premier abord le X du mot
XIII, légèrement e£facé, présente quelque ressemblance avec un V, sur-
tout avec un Y moderne. Tous y ont été trompés et ont daté hardi-
ment la pièce du 25 juin 1388, sans remarquer que le séjour de la cour
à Abbeville ne peut se placer, historiquement, qu'en 1393, et qu'en tout
cas le texte, qualifiant Boucicaut de maréchal, ne saurait avoir été rédigé
qu'après la promotion de ce dernier^ c'est-à-dire après le 23 décembre
1391. N'importe 1 suivant rex<smple des archivistes anciens on modernes
DE L'HISTOIAB DE FRANCE. 233
der au Pape qu'il se trouverait bien du mariage arrêté par les
ducs : « Car ilz ont nourry ledit mareschal, et sont certains
« qu'il ne fera fors ce qu'ilz voudront et que, li dit mariage
c acompli, ledit mareschal mettra paine de retraire messire
« Remon d'aucunes entreprinses qu^il pourroit faire au dom-
« mage du Pappe et de FEglise ou de H""' la roynne de Cecille...
t Et s'il advenoit que la fille dudit messire Remon feust mariée
« autre part, et qu'elle espousast un homme qui ne feust pas
« obéissant au Roy..., et que les chasteaulx, villes et forte-
« resces dudit messire Remon venissent en estranges mains,
c plusieurs dommages... s'en pourroient ensuir tant à l'Eglise,
c comme au Roy, et à ladite M""' la royne, et à Messeigneurs
« ses enfans. )» Charles VI, en même temps, rappelait en France
l'amiral Jean de Vienne, qui s'était fait le chevalier servant de
la reine Marie * , et que l'on soupçonnait, avec raison, de méditer
le siège des Baux.
Cet ordre arriva trop lard. Dès le lundi 7 juillet*, Raymond
avait reçu un défi de Jean de Vienne et de ses capitaines, au
nombre de trente, qui chacun le provoquaient en combat sin-
gulier. Il répondit à l'amiral en déclinant le combat, par ce
motif qu'entre un « chef de guerre », comme lui, et un « sou-
doyer », comme Jean de Vienne, la partie n'était pas égale.
Ses capitaines se chargèrent de relever les autres défis. Puis,
qui avaient écrit aa dos de l'acte c 1388, » M. Jules Tardif Ta fait figurer
sons cette date dans son inventaire des Carions des roU (n* 1692);
M. Donët d'Arcq Ta pobliée in extenso avec la même date (op, dU, t. I,
p. 94); enfin M. A. Molinier s'en est servi pour établir, contrairement
au texte de D. Yaissete et à l'opinion générale, que le mariage de Bou-
cicant ne doit point être placé à la fin de Tannée 1393, mais bien être
reporté avant le mois de juin 1388. (D. Yaissete, t. IX, p. 984, n. 3.)
Cette fois, par hasard, les Bénédictins auteurs de X Histoire générale de
Languedoc ont raison contre leur savant éditeur.
1. Jean de Vienne écrivait ainsi à Raymond, en parlant de la reine :
c Je tien et croy qu'elle est si belle, si vaillant et si noble qu'elle ne
c vous a riens promis qu'elle ne vous ait tenu, s'il n'a tenu à vous... »
(K 54, n* 26, fol. 2 r».) — L'auteur de la Chronique des quatre premiers
Valois donne à entendre (p. 335) que Tamiral servait plutôt les intérêts
de Clément VII.
2. Cette date est fournie par la pièce K 54, n* 26. Raymond se trompe,
dans son factum, en disant que ce fut un vendredi.
ANNUAIRE-BXJLLETIN, T. XXVI, 1889. 16
234 SOCIÉTÉ
tandis que les hérauts allaient de Tun à l'autre, porteurs de
répliques et de dupliques , Raymond traitant Jean de Vienne
d*ivrogne « rassoté », oelui-ci accusant Raymond « de mentir
faussement et déloyalement par sa fausse mauvaise gorge ^, »
le château des Baux, où se trouvait Raymond, subissait Passant
d'une grande partie des troupes de Tamiral ; la garnison opé-
rait de brillantes sorties^; toute la force armée d'Arles et de
Tarascon venait, avec les bannières de la reine, grossir la
troupe de Jean de Vienne, ravager les blés et les vignes ' . Georges
de Marie, après avoir reconduit en Piémont les compagnies jadis
1. On trouvera dans le carton K 54 (n* 26) et dans l'ooTrage dn mar-
quis Terrier de Loray {Jean de Vienne, amiral de France, Paris, 1877,
in-8% p. GLxx à cxcn) : 1* le défi de Jean de Vienne et la réponse de
Raymond; dn 7 juillet, Tnn et l'autre imprimés par Juste! (op. di,^ pr.,
p. 125 et 126); 2'* les défis de Jean de Nant et de Gérard de Bourbon,
arec les réponses de Jean de Beaumarchais et de Guyot de Messac;
3' les répliques de Jean de Nant et de Gérard de Bourbon, du 9 juiUet;
4* la réplique de Jean de Vienne, du 10 juillet; 5* les dupUques de Jean
de Beaumarchais et de Guyot de Messac, du 11 juillet; ô" la duplique
de Raymond de Turenne, du 12 juillet ; 7* une troisième lettre de Jean
de Vienne, avec une troisième réponse de Raymond, des 22 et 23 juiUet;
8* une lettre de Raymond à Gérard de Bourbon.
2. La Chronique des quatre premiers Valois (loc, eU.) joint aux assié-
geants le comte de Valentinois : c Et dit le dit amiral au dit Mgr Remond
qu'il se rendis!. Le dit Mgr Remond lui demanda : c Me requerez-vous
c comme amiral de France, ou comme Jehan de Vienne? ~ Je le dix
c comme Jehan de Vienne, et pour le pape Clément. — Ne an pape
c Clément ne à tous je ne rendroy le chastel. Mais, se le roy de France
c me mandoit que je lui rendisse, je lui rendroye. » Aprez ce, yindrent
gens par ung bois à Mgr Remond de Thouraine et entrèrent eu chas-
tel par une poterne secrètement. Et, par ung point du jour, le dit
Mgr Remond, o ses gens, vint soudainement, abatant logeiz et tentez,
et desconfit cil qui Pavoient assiégé. » — Jean de Vienne passa l'au-
tomne de 1393 dans ses domaines de Franche-Comté. (Terrier de Loray^
op, cit, p. 263.)
3. Raymond de Turenne, dont je suis pas à pas le récit, a peut-être ici
groupé des événements séparés par un assez long intervalle. Bertrand
Boysset, dans ses Mémoires, nous apprend, en e£fet, que le siège des Baux,
après avoir duré assez longtemps, fut levé, puis repris ; quant au « dégât i>
fait par les gens d'Arles et de Tarascon, il n'aurait eu lieu que les 12, 13
et 14 ma! 1394. {Le Musée, revue arlësienncy historique et littércàre,
Z* série, Arles, 1876-1877, p. 27 et 28.)
DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 235
entretenues par Raymond, mettait le siège devant Saint-Paul-
lès-Durance et devant Meyrargues. Les écuyers que Raymond
ava^t envoyés comme otages dans plusieurs villes, afin que les
Provençaux pussent sans crainte se livrer aux travaux de la
moisson, se voyaient partout emprisonner. L'un de ses capi-
taines, passant par Arles, était arrêté, tiré à la corde et noyé
avec ses valets. 1a reine Marie déclarait que, quand Raymond
lui avait refusé sa 011e, elle lui aurait mangé volontiers le
visage, ajoutant qu'elle voulait le jeter promptement hors du
pays*.
De son côté, Raymond renouvelait tous les excès de ses pré-
cédentes campagnes, et, reniant du même coup sa foi politique
et sa foi religieuse, il faisait proclamer, sur les remparts des
Baux, les deux noms abhorrés de Boniface IX, le pape de Rome,
et de Ladislas de Durazzo, le concurrent de Louis II au trône
de Sicile^. Cette manifestation, fréquemment répétée, exaspéra
Clément VII. Le procès de Raymond et d'un grand nombre de
ses capitaines ftit entamé en cour d'Avignon. Une bulle ful-
minée le 45 décembre 4393 rappela les peines promulguées
par Grégoire XI et par Clément YII lui-même contre les
envahisseurs des états de FÉglise, énuméra longuement les
forfaits de Raymond, ce ûls ingrat « qui crachait à la face de
rÉglise le lait sucé à son sein maternel, » lui enjoignit de res-
tituer immédiatement les biens et terres usurpés, et le cita, ainsi
que ses complices, au prochain consistoire, pour se voir con-
damner comme larrons, incendiaires, bandits et dévastateurs
publics*.
Ce fut le moment choisi par Raymond pour conclure le mariage
de sa fille avec Boucicaut. Il est vrai que Charles YI, empêché
1. Suite du factam de Raymond (K 55, n* 22, fol. 8 y*).
2. Cette circonstance a toujours été passée sous silence. L'auteur de
Tune des yies de Clément VII se borne à dire que Raymond reconnais-
sait en ce pontife le pape légitime. (Balyze, t. I, c. 532.)
3. Arch. nat., P 1351, n" 694. — Relevons, en passant, une des nombreuses
erreurs de Bouche : il prétend (op. cit., t. II, p. 416) que Clément VII avait
excommunié Raymond ayant 1390. — Au sujet des pn>£etnations commises
par les soldats de Raymond, yoy. le P. Boyer de Sainte-Marthe, Histoire
de l'église cathédrale de Saint ' Paul -Drois- Châteaux ^ Avignon, 1710,
in-4% p. 154.
236 SOClâTÉ
par la maladie ou par des affaires plus urgentes, n'avait pu
encore faire annuler les sentences rendues jadis au proflt d'Eudes^
de Yillars et d'Alix de Baux ; mais rengagement en était pris
et renouvelé, à plusieurs reprises , par les ducs de Berry, de
Bourgogne et d'Orléans, qui, en outre, promettaient d^intervenir
en faveur de Raymond dans sa querelle avec le Pape et la reine
de Sicile. Boucicaut lui-même prenait à sa charge les coûts et
dépens de l'affaire et s'engageait à obtenir, dans le délai d'un
an, Tannulation tant désirée*, les envoyés de la cour de France
se portaient garants de cette promesse, et Boulbon, un château
acheté par Boucicaut sur la rive gauche du Rhône, devait, à
toute réquisition, ouvrir ses portes à Raymond et même lui être
livré, à partir du 4" avril 4394, jusqu^à Taccomplissement défi-
nitif des clauses du traité. Raymond abandonna donc à sa fille
tous ses droits sur le comté d'Alais, sur les terres et baron-
nies d*Anduze, de Portes-Bertrand et de Sainte-Étienne-Valfran-
cesque*, en Languedoc, se réservant, à la mort de son père,
de lui donner, en échange, le comté de Beaufort-en-Vallée. Le
mariage fût célébré, la veille de Noël, dans la chapelle du châ-
teau des Baux^. Raymond reconduisit son gendre jusqu'à Baix,
en Yivarais, et, comptant sur lui pour recouvrer les places de
Gharlus^, de Montredon et de Ghampagnac, en Auvergne, dont
le duc de Berry consentait à se dessaisir en sa faveur, il lui donna
une procuration, conçue dans les termes les plus larges, de
telle façon que Boucicaut pût se faire livrer tous les châteaux
de son beau-père. Le maréchal se répandit en offres de services,
1. Auj. Saint-Etienne- VaUée-Française (Lozère, cant. Saint-Gennain-
de-Galberte).
2. Arch. nat., R^* 37, fol. 79 et sniy.; Balaze, Hist généalog. de la
maison (ffÀwvergne, t. II, p. 219; Ju^tel, op. dt, pr., p. 127. — Pilham
{Histoire du maréchal de Boucicaut, Paris, 1697, in-8*, p. 7) et Papon
représentent le mariage de Boucicaut sous des couleurs romanesques :
a C'étoit, » dit ce dernier en parlant d'Antoinette de Turenne, « une des plus
a belles femmes du royaume. Bougeant, avant son mariage, l'avoit célébrée
« en vers de plus d'une manière; et, dans les tournois, il avoit rompu plus
tt d'une lance pour soutenir qu'elle n'a voit point d'égale. » (Op. cit., t. III,
p. 290 ; cf. Terrier de Loray, op. cit., p. 262.) Le passage du Livre des
faicts visé dans ce passage ne se rapporte aucunement à la fille de Raymond,
3. Cantal, cant. Saignes, comm. Bassignac.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 237
en protestations de reconnaissance : Raymond lui avait fait un si
grand honneur en lui donnant la préférence I S'il possédait deux
cents châteaux Y il les livrerait à Raymond ; il ne manquerait pas
de courir au secours de son beau-père, dût-il pour cela résigner
son ofGce de maréchal de France : « Et par Dieu, Monsieur,
« vous me Mttes grant honeur de me baillier vostre procuration,
« qui est si forte qu'elle ne puet plus... Mais je vous jure, par
« ma foy, que je ne feray jà chose de la dicte procuracion, si non
« tout par vostre voulenté. > Roucicaut baisa son beau-père
sur la bouche, et ils se séparèrent fort contents Tun de Fautre.
n arrive quelquefois qu'on se repent d'un marché, à peine
est-il conclu. Roucicaut ne tarda guère à être, aux yeux de Ray-
mond, un traître dont celui-ci ne pouvait énumérer « toutes
les tricheries, desloiautés et barateries. > Si Ton veut voir le
héros de Roosebeke et de Nicopolis peint sous des traits bien
différents de ceux auxquels ses biographes nous ont accoutu-
mes, il faut lire les jugements portés sur lui par son beau-
père : c'est, du reste, une page de la vie de Roucicaut sur
laquelle l'auteur du Livre des faicts garde un silence prudent.
Une fois en possession de la dot de sa femme et de la procu-
ration de Raymond, le maréchal n'aurait plus songé à tenir
aucune de ses promesses. Au lieu de reconduire son beau-père
jusqu'aux Raux, il se serait hâté de retourner en France, sou»
prétexte de répondre à un appel du Roi. Raymond, réduit à
descendre le Rhône dans une barque, avec deux compagnons,
manqua de se noyer et n'échappa que par miracle aux galères
du Pape. Des cent vingt hommes d'armes, des quarante arbalé-
triers que devait lui envoyer Roucicaut, point de nouvelles, non
plus que des chargements de grains qui devaient servir à ravi-
tailler Roulbon. Le capitaine de cette dernière place trouvait
dVxcellentes raisons pour en différer la remise et, finalement,
pour en rendre le séjour impossible à Raymond. En revanche,
Roucicaut tentait, à l'aide de la procuration qui lui avait été
donnée, de s'emparer de Pontgibaud, l'un des châteaux que son
beau-père possédait en Auvergne^ et celui-ci lui attribuait
1 . Circonstance ignorée de M. Ambr. Tardien {Pontgibaud en Auvergne,
Moulins, 1882, in-4% p. 65).
238 SOCIÉTÉ
Finitialive de plusieurs mesures prises par les autorités fran-
çaises pour interdire à ses gens le passage du Rhône, ou pour
empêcher ses hommes d'armes d'Auvergne, de Limousin, de
Quercy de venir à son secours ^ Enfin, et ce fut peut-être le
plus sérieux des griefs de Raymond, les délais prévus par le
contrat étaient depuis longtemps expirés^ et Boucicaut n'avait
point encore obtenu de la cour de France l'annulation des
femeuses sentences prononcées en faveur d^Eudes de Yillars et
d'Alix de Baux ^.
Tandis que les espérances qu'il avait fondées sur le mariage
de sa fille s'évanouissaient les unes après les autres, Raymond
continuait d'être en butte au ressentiment de la Gurie^. Une
bulle du 46 avril 4394, publiée à son de trompe et affichée aux
portes de la cathédrale d'Avignon, renouvela toutes les anciennes
sentences contre les persécuteurs de l'Église, tels que Pierre
Tomacelli (Boniface IX) et Marguerite de Durazzo, mais s'attaqua
plus particulièrement à Raymond de Turenne et à ses complices :
elle les déclara privés de tout bénéfice et incapables d'en acqué-
rir, leur enleva le droit de tester, confisqua leurs biens au pro-
fit des suzerains ou du fisc, défendit de leur fournir des vivres
ou des armes, de leur adresser même la parole, et mit l'interdit
sur les lieux de leur résidence^. Vainement, au mois de mai,
1. Je résume sommairement nn des mémoires de Raymoi^d, malheu-
reusement incomplet. (Arch. nat., K 55, n<* 22, fol. 31 à 33.) — Dès le mois
d'octobre 1393, ordre avait été envoyé au sénéchal de Beaucaire d'empê-
cher à tout prix les gens d*armes de passer le Rhône pour aller renforcer
les troupes de Raymond ; cet ordre fut renouvelé au mois de janvier et
le 26 avril 1394. (D. Vaissete, t. IX, p. 966 et 970.)
2. Arch. nat., K 55, n» 22, fol. 23 v.
3. Boucicaut et Guy de la Trémoîlle s'étaient entremis inutilement pour
faire la paix de Raymond avec la cour pontificale : c Et là vint Piquet,
c qui me aporta lettres dudit sire de la Trémoille et du mareschal, en quoi
c estoit contenu le traitté de la paix d'entre le Pape et moy. Et, après
c pluseurs parolles, je alay dire que j'en ferois riens : car je veoie que
< ce n'estoit que ma decevance, se je le feisse... Hz vouloient que je leur
c baillasse et me dessaisisse de mes chasteaux et les meisse es mains
c dudit sire de la Tremoîle et dudit mareschal. » (K 55, n* 22, fol. 32 r*.)
— Sur les bonnes relations qui existaient entre Boucicaut et Guy de la
Trémoîlle, voy. un acte du 23 février 1395 (duc de la Trémoîlle, Guy de
la Trémoille et Marie de Sully, Nantes, 1887, in-4% p. 196).
4. Arch. nat., P 1351, n* 696.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 239
les ducs de Bourgogne, d^Orléans et de Bourbon, fort ennuyés
de cette interminable querelle, décrétèrent, en séance du
Conseil, le maintien du traité de 4 392, annoncèrent que le Roi
demeurait seul juge des griefs anciens ou nouveaux, et ten-
tèrent d'imposer la cessation immédiate des hostilités; vaine-
ment ils envoyèrent, comme messagers de paix, des personnages
considérables : Philippe de Moulins, évêque de Noyon, Enguer-
ran, sire de Goucy, Jean de Trie et Jean de Sains. Raymond
aurait volontiers accepté l'arbitrage royal, pourvu que le juge-
ment ne se fit pas trop attendre, et qu'on lui rendit les chartes
volées aux Baux, les places prises en Provence durant la der-
nière guerre. Le Pape lui-même se montrait assez accommo-
dant, bien qu'il déclarât ne rien savoir des chartes en question.
Mais les exigences de Marie de Blois rendirent la paix impossible :
elle refusa de se dessaisir, même entre les mains d'une per-
sonne neutre, d'aucune des places prises sur Raymond, les
déclarant dûment acquises au domaine provençal, à moins que,
de son côté, Raymond n'abandonnât les Baux, Roquemartine,
Meyrargues, Ghâteauneuf-de-Mazenc, en un mot tout ce qui lui
restait sur la rive gauche du Rhône. A ce prix seulement, elle
promettait, d'accord avec le Pape, dix ou onze mille francs pour
faciliter le départ des soudoyers de Raymond (40 juillet 4394) ^
Les négociations furent donc rompues, et Clément VU, dont
cette guerre, dit-on, abrégea les jours ^, employa les derniers
mois de sa vie à aggraver, par de nouvelles bulles, la condam-
nation déjà portée contre son infatigable adversaire : Raymond
et ses principaux capitaines, les Gantonnet d'Abzac, les Guil-
laume Pot, les Tristan Roger, furent déclarés déchus de la
dignité de chevalier; les complices de Raymond et Raymond
lui-même condamnés au célibat perpétuel; leurs descendants
mâles privés du droit de tenir un fief, ou de remplir un office
public, jusqu'à la deuxième génération; les sujets du Pape
1. Je tire ces renseignements de pièces qui m'ont été obligeamment
communiquées par notre confrère M. Henri Lacaille.
2. Instructions de Benoît XIII citées, d'après un ms. du Vatican, par
Seb. Fantoni-Castrucci {Istoria délia citta d'Avignone e del Coniado
Venesino, Venetia, 1678, in4% t. I, p. 272).
240 SOClâTÉ
encouragés à s'emparer de leur personne, en respectant toute-
fois leur vie et en évitant de les « mutiler ^ »
La guerre que Raymond de Turenne faisait au Souverain
pontife empêcha Clément VU, au dire d'un de ses biographes,
de pourvoir, comme il l'aurait voulu, à l'extinction du grand
schisme'. Après la mort de ce pontife (46 sept. 4394), empé-
cha-t-elle également les cardinaux avignonnais de différer, sui-
vant le vœu de la cour de France et suivant Tintérèt de TËglise,
l'élection d'un nouveau pape ? C'est ce que donne à entendre
Jouvenel des Ursins; ou du moins, c^est l'excuse qu'il place
dans la bouche des cardinaux : « Il leur falloit un chef...; mes-
« sire Raymon de Turenne, qui se disoit neveu du feu Pape,
« leur menoit guerre très grande et avoit pris, par la vaillance
c de son corps, plusieurs places ausquelles il avoit mis garni-
« sons : par quoy il tenoit les cardinaux, en Avignon, en grand
« subjetion. » H est certain que la cour de France avait prévu
le danger, l'objection si l'on veut, et tenté de l'écarter. Dans le
conseil tenu, le 23 septembre, à Paris, le duc de Berry avait fait
remarquer combien il importait d'écrire et d'envoyer à Raymond
« afin qu^il cessât de faire guerre au Collège et à la royne. »
Chose curieuse, le choix du Conseil tomba sur Boucicaut. Était-ce
pour donner satisfaction au vicomte de Melun qui avait, dans
le même conseil, exprimé le désir que les ambassadeurs envoyés
1. Arch. nat., P 1351, n* 697. — Suivant Pithon-Curt {op. cit^ t. IV,
p. 358 et 361), an jugement rendu par Clément VII, en 1394, enleva la
seigneurie des Baux à Raymond de Turenne et l'attribua à François de
Baux, seigneur d'Aubagne.
2. Baluze, op. cit., t. I, c. 532. — Il est certain que, pendant la der-
nière année de sa vie, Clément VII fit des armements considérables
pour combattre Raymond et Alix de Beaufort. La prise de Savasse et celle
de Leyne (juin 1394), peu après remis aux mains du roi de France (voy.
ci-dessous art. XXXVII), furent les principaux fruits de cette campagne.
Un assaut donné à Chàteauneuf-de-Mazenc (29 juUlet) fut repoussé par
Tristan de Beaufort, et le blocus qui s'ensuivit ne parait pas s'être ter-
miné à l'avantage des assiégeants. (A. Lacroix, op. cit., t. VI, p. 8 et suiv.;
cf. t. II, p. 51, 52 et 62.) Cependant Tristan, vivement poursuivi par le
gouverneur du Dauphiné, fut obligé de mettre bas les armes et obtint,
au mois de décembre de la même année, des lettres de rémission de
Charles VI. (Arch. nat., JJ 146, n* 421, documeqt cité par M. A. Molinier,
Bist. de Languedoc, t. IX, p. 966.)
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 241
en Provence « Missent gens qui n'y eussent que foire fors ce
que on leur auroit encbargié ^? » Tout au contraire, les médi-
sants insinuaient que Boucicaut avait de graves Intérêts à
régler dans le Midi, et qu'il avait manœuvré de façon à se faire
choisir^. En tous cas, il partit , se faisant fort de conclure
la paix entre PÉglise et Raymond; et, quand la nouvelle de
l'élection de Benoît XIII parvint en France, il reçut Tordre néan-
moins de continuer son voyagea
Il ne paraît pas cependant avoir ramené la paix dans le Gom-
tat-Venaissin. Raymond continua, ou recommença bientôt à
foire, comme on disait alors, la guerre au pape sans Rome et
au roi sans couronne^. Benoit XIII et Louis d^ Anjou durent
s'allier aux états de Provence pour lui opposer une résistance
efficace. Un impôt de soixante-dix mille florins, levé même sur
les seigneurs, prélats et cardinaux, servit à mettre sur pied
quatre corps d'armée, payés à raison de quinze florins par
lance'. En même temps, le procès criminel de Raymond de
Turenne fut entamé, cette fois devant la juridiction laïque du
sénéchal de Provence.
Les charges étaient lourdes : le fait d'entretenir aux Baux, à
Castillon, à Pertuis un ramassis de vils brigands recrutés dans
tous les pays, et qu'au besoin il renforçait des troupes de
Meyrargues et des Pennes, autres repaires de bandits, les nom-
breux meurtres qu'il avait commis, notamment celui de Jean
1. D. Martène, Veterum scriptorum amplissima colleciio, t. VII,
c. 482. Cf. Religieux de Saint- Denys, t. II, p. 194.
2. C'est ce qui résulte d'une lettre du comte de Valentinois que M. Paul
Fournier a ea l'extrôme obligeance de copier, pour moi, sur le ms. 1428 de la
bibliothèque de Grenoble (n** 843) : c Le mareschal Bouciquaust s'enz va
c à court de Rome de par le Roy, combien que autres y alassent; mais,
c pour la grant importunité qu'il a fait au Roy, yl a falu qu'il i soit
c alez. Et ledit mareschal ce fait fort qui fera la paix de l'Esglise et de
c Mosen Reymont. Et vous poyez bien pancer à quel fin y le fait... »
3. Àmpliss. collect.y loc. cit.
4. JouYenel des Ursins, qui rapporte ce propos {loc. cit.), ajoute : c Et
c au prince d'Orange sans terre ; car toutes ses terres estoient occupées. »
5. Papou, op. cit., t. ITI, p. 290. — Est-ce alors que le Pape fut taxé
à 50,000 fr. par les états de Provence? (L. Blancard, Inventaire des
archives du département des Bouches-du-Rhône, B 49, reg. Potentia,)
242 SOCIÉTÉ
de CbazeroOf précipité^ ainsi qne tant d'autres, du haut du
rocber des Baux, des rapts, des adultères, des sacrilèges, des
incendies, des « courses » en Provence et dans les pays adja-
cents, où de nombreux chrétiens se voyaient réduits au déses-
poir par « cet ennemi des âmes aussi bien que des corps, » la
violation de son serment, le crime de lèse-majesté constituaient
autant de chefs d'accusation sur lesquels il devait répondre
le 24 décembre 4 394. L^assignation ftit publiée, à son de trompe,
à Tarascon, à Arles, à Saint-Remy, et afQchée nuitamment aux
portes du château des Baux. Le 22 décembre, Raymond de
Turenne n'ayant point comparu, le sénéchal Pierre d'Acigné,
siégeant à Tarascon, déclara ses biens et ses terres confisqués
au profit de Louis II, affranchit les sujets provençaux de toute
obligation envers le coupable, enfin prononça contre lui une
condamnation capitale qui devait recevoir son exécution aussitôt
(et cela ne tarderait guère) que Raymond serait tombé aux mains
des officiers du roi^
On ne voit donc pas bien clairement les avantages qui résul-
tèrent du voyage de Boucicaut, pour la paix générale s'entend.
Si Ton se place, au contraire, au point de vue particulier des
intérêts du maréchal, le bénéfice de son séjour apparaît bien
plus nettement. Il a fait agréer, le 4 5 novembre, par la reme
Marie, son hommage du comté et du châteaude Beaufort, qu'une
, donation récente de Guillaume Roger (28 septembre) avait trans-
portés en ses mains et en celles d'Antoinette, sa femme, au grand
détriment de Raymond, son beau-père^.
La guerre ne prit fin que vers le mois de février 4395. Henri
de Marie, président, et Pierre le Fèvre, conseiller au parlement
1. Arch. nat., P 1351, n* 695. — A défaat de cette sentence, qu'il ne
connaît point, Papon cite (t. ITI, p. 291) un acte du mois de mars 1395
par lequel la tète de Raymond aurait été mise à prix. Les négociations
qui s'engagèrent, comme on ya le voir, dès le mois de février 1395, me
font douter de l'exactitude de cette indication.
2. Justel, op. cit., pr.j p. 138 et 139. — La première impression de Guil-
laume Roger avait pourtant été mauvaise, quand il avait appris le mariage
de sa petite-fille Antoinette : c M. mon père, écrit Raymond, me ala roan-
c der que J'avoie mal fait d'avoir marié la mareschalle si meschaument
c et à sy grant honte et deshonneur et honte de nostre lignage. > (Arch.
nat., K 55, n* 22, fol. 31 v.)
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 243
de Paris 9 ftirent envoyés à Perlais, auprès de Raymond de
Turenne, pour négocier la paix. Par malheur, cette ambassade
donna lieu à un incident qui, sous la plume de Tiotéressé, revêt
tous les caractères d'un odieux guet-apens. Je reproduis son récit,
sans en garantir Texactitude. Deux des hommes de Raymond,
Paul Triboulet et Jean David, avaient été chargés d'escorter les
négociateurs ; forts des assurances recueillies de la bouche même
de Benoit, ils s'en retournaient en Avignon, le 4 5 février, quand,
aux approches de la ville^ ils se virent assaillis par une troupe
d'hommes armés, parmi lesquels un écuyer du cardinal de
Viviers. Emmenés aussitôt au château de Mornas, propriété du
Pape, ils furent mis aux fers *, l'un d'eux, Paul Triboulet, a jeté
en la fosse maie et profonde. » Bientôt arriva l'ordre de Benoît
de les tenir sous clef, et, chose plus grave encore, le trésorier
du Pape s'empara de tous les titres et mémoires dont ils étaient
porteurs et dont ils devaient s'aider, en cour romaine, pour sou-
tenir les revendications de leur maître ^
Les pourparlers continuèrent néanmoins, et les trente-sept
premiers articles de la pièce donnée en appendice sont précisé-
ment les demandes que Raymond adressait à la cour d^ Avignon
vers la seconde partie du mois d'avril 4395 : demande de liberté
pour Paul Triboulet et Jean David (art. XXVIII et XXXIII) 5
demande de réparation et de restitution pour la comtesse douai-
rière de Valentinois (art. XXXVII) ; demande de réintégration
en la charge de grossateur pour maître Pierre Vincent (art. XXI) -,
demande d'ofDce pour le frère du chevalier Guy de Pesteil
(art. XX) ; demande de bénéfices pour Pierre Morgant (art, XIX) ;
demande de justice pour Jean Panival (art. VI) ; demande d'ar-
gent pour les héritiers de « Jean de les Ages » (art. XXII) , pour les
écuyers Pierre Mauroux et Yves Trébignon (art. XXIII à XXVII),
et surtout pour Gantonnet d'Abzac, qui, avant de comman-
der les bandes de Raymond, avait guerroyé en Italie comme
capitaine général à la solde de TÉglise, puis avait servi sous
Clément VII dans la guerre de Provence, contre les Tuchins et
au siège d'Aix (art. XIII à XVIII). Si Raymond pensait aux
siens, il n'avait garde de s'oublier lui-même : c'étaient des
1. Voy. ci-dessou8, art. XXVIII, XXXIX et XL.
244 SOCIÉTÉ
créances remontant au règne de Grégoire XI (art. I et XXXIY)*;
des ornements, des joyaux et des tapis de Turquie qu'il préteu-
dait lui avoir été donnés lors du départ de ce pape pour Tltalie
(art. rV) ; son père et lui avaient prêté de fortes sonimes au
saint*8iège sous Grégoire XI et sous Clément YII (art. IX et XI) ;
lui-même avait servi en Italie pour le compte de TÉglise^ (art. X).
Puis, à Avignon, sans sa permission et sans celle de son père,
le cardinal de Thurey, depuis plusieurs années, occupait leur
hôtel de Turenne (art. XII). La Chambre apostolique devait
lui répondre des dettes du changeur André de Tix (art. VU
et YIII), ainsi que des dommages que lui avaient causés,
depuis 4392, les agressions d'Eudes de Yillars (art. Y). Clé-
ment Yn avait violé la paix jurée (art. XXX) et lui avait retenu
les revenus des bénéfices de Saint-Remy, de Pertuis et de Pélis-
sanne (art. XXXYI). Raymond demandait, en tout, plus de deux
cent mille francs, une absolution générale et publique, l'annu-
lation des sentences prononcées contre lui et ses gens au mépris
de tout droit (art. XXXII) , la restitution des chartes et des
titres qui lui avaient été enlevés par Jean de Trie et sur les-
quels se fondaient une grande partie de ses réclamations
(art. XXXI) \
Ces demandes furent examinées par les officiers du Pape, et
je les ai retrouvées, dans un manuscrit de la Collection de
Périgordj accompagnées des réponses de la Curie. Sauf en ce
qui concerne Paul Triboulet et Jean David, déjà remis en liberté,
ce sont autant de fins de non-recevoir. La plainte d'Alix de
Reaufort est renvoyée au Roi-dauphin. Des protégés de Raymond,
les uns ont été justement punis, comme serviteurs d'uti ennemi
de l'Église, les autres peuvent se passer de son intervention :
tel est Gantonnet d'Abzac, qui a déclaré s'en rapporter person-
nellement à Benoit XIII. Le Souverain pontife n'est responsable
1. Raymond paraît aToir été nommé, vers 1376, capitaine général des
troupes da Comtat (Gh. Gottier, op, cit, p. 90). An sujet de son rôle en
Italie, M. Henri Lacaille a recueilli dimportants documents, qu'il doit
faire connaître dans un ouvrage sur Enguerran Vll^ sire de Coucy.
2. A deux reprises déjà, Raymond s'est plaint d'avoir été dépouillé de
ses titres ; cette fois il rend responsable du toI Jean de Trie, l'un des
négociateurs envoyés par Charles VI au mois de mai 1394.
DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 245
ni des attaques d'Eudes de Villars, ni de renlèvement du char-
trier : simple &it de guerre qui s'esl produit à une époque où
Raymond était en lutte ouverte avec TÉglise. Dans les autres
demandes, on relève des contradictions, des inconséquences,
des défauts de preuves. La paix de K 392 a été violée, non par
Clément, mais par Raymond ; et, quand celui-ci s'occupera de
réparer les graves dommages qu'il a causés à FËglise, l'Église
pourra peut-être songer à reviser son procès.
La situation resta donc à peu près la même, et les années
suivantes n'offrent guère que la répétition d'incidents déjà con-
nus. Gantonnet d^Abzac s'intitulait pompeusement « vicaire et
capitaine gênerai es contés de Provence et Forcalquier pour
noble et puissant seigneur messire Raymond, viconte de
Turenqe et de Yalerne et seigneur de la ville et baronnie de
Pertuis^ » Quand les bandes de Raymond étaient lasses de
combattre, elles se laissaient nourrir par le pays, trop heureux
d'acheter à ce prix un peu de tranquillité; c'est ainsi qu'au
mois de décembre 4395, Arles, Tarascon, Toulon, Marseille
conclurent des « patis » avec les compagnies répandues dans
les forteresses des Baux, de Roquemartine , de Pertuis, de
Vitrolles, de Roquefure, tandis que la partie militante des
troupes de Raymond, trois cents combattants au moins, s'en
allait continuer la guerre sur la terre du prince d'Orange^. Puis
un nouvel accord, du 44 mars 4396, semblait promettre l'éta-
blissement d'une paix plus durable, au moins entre Raymond,
le roi de Sicile et la Provence : Raymond rendait le château de
Vitrolles, recouvrait en revanche Saint-Remy et les terres
Baussenques, les cens jadis possédés par les seigneurs des Baux
1. Arch. nat., K 55, n* 22, fol. 16 r*. — Vers cette époque, Raymond
se yantait d'a?oir en Proyence cinq cents combattants de plus qu'autre-
fois et de pouyolr facilement s'en procurer encore mille autres. (Ibld.,
fol. 29 y.)
2. Ibid., foi. 16 r*, 18 v, 4446. — Raymond réclamait à Jean de Gha-
Ion, prince d'Orange, une partie de l'héritage de Catherine de Baux, dame
de Courtheson et de Gaudissart, morte en 1393, sans postérité, et dont
les terres ayaient été confisquées, dés 1365, au profit de Raymond de
Baux V, prince d'Orange. Elle avait donné à Guillaume Roger de Beau-
fort, le 12 noyembre 1375, son château de Gaudissart. (L. Barthélémy,
op. d(., p. xiz, 412 et suiy.)
ne SOCIÉTÉ
à Taraseon, à Aureille, à Sénas et à Pélissanne, le péage de Boue,
leportdaPuy-Sainte-Réparade, Éguilles, Puyricard, Gaudissart,
Séderon et une moitié de la vicomte de Yalernes; durant la
trèye, il touchait^ chaque mois, quatre mille francs ; l'évacua-
ticMa de ses compagnies devait coûter à la Provence de quarante
à soixante mille francs ; toutes les difficultés restaient soumises,
en dernier ressort, à l'arbitrage du duc d'Orléans ^ Mais, comme
d'habitude, cette paix n'était que le prélude d'une nouvelle
guerre. Un Arlésien déclare qu'on ne saurait estimer le dom-
mage causé, vers cette époque, par les gens d'armes de Raymond,
et il affirme que, sans une trêve conclue par la ville d'Arles le
7 décembre i 396, le pays environnant risquait d'être entièrement
dévasté '. On signale, en cette même année et en la suivante, des
armements considérables du côté de la Provence, une démarche
infructueuse de Reforciat d'Agoult auprès d'Éléonor de Gom-
minges, les sièges de Yitrolles et de Heyrargues'. Le 27 avril
4397, Georges de Marie, sénéchal de Provence, se disposait à
marcher contre les Baux et Roquemar tine , repaires toujours
occupés par les < vils brigands {latruncuK\ » de Raymond iie
Turenne *. 11 mettait, le 30 juillet, le siège devant Pertuis, et
s'en emparait au bout de dix-huit jours, grâce peut-être à cer-
taine bombarde qui lançait des pierres de trois « quintaux ».
Les gens d'Arles et de Taraseon n'osaient faire la vendange que
sous la protection de petits corps d'armée soudoyés à cet effet,
précaution dont l'événement démontra la nécessité. Enfin ils ne
tardèrent pas à élever à Saint-Hippolyte-de-Moulès une sorte
de redoute ou d'observatoire fortifié, dont la garnison, nuit et
jour, veillait sur les vignes de la Grau '.
Raymond, de son côté, renouvelait ses attaques contre les Ëta^
de l'Église, détroussait de plus belle voyageurs et pèlerins et,
qui pis est, s'emparait du château de la Fare, en plein Gomtat-
Yenaissin. Force ftit à Benoît XIII de recourir aux moyens
1. Arch. nat., K 55, n* 22, fol. 12 f; cf. ibid., fol. 1 et 52.
2. Mémoires de Bertrand Boysteê, loc. eii,, p. 44.
3. PapoD, t. m, p. 293.
4. Arch. des Boochea-da-Rhône, B 1S08 (communication de M. F. Rey-
naod).
5. Mémoires de Bertrand Boysset^ toc. d(., p. 50 et 51.
DE L'HISTOIBB DS FRANCS. 247
employés, sans beaucoup de suecès d'aillears, par son prédé-
cesseur : une bulle du 20 août 4 397 assigna, pour le 4 9 octobre,
Raymond et ses complices, afin qu'ils fiissent intwrogés au snji^
de leur fol, qu'une si longue obstination rendait singulièn»neal
suq[>ecte. Un consistoire se tint à la date indiquée-, deux cardi-
naux sortirent du palais d'Avignon, pour appeler à baute voix
Raymond et ses complices, et Benoît Xm, encouragé par une
récente irictoire^ fulmina contre eux l'excommunication^. Le
45 février suivant, mêmes formalités, même appel £adt aux
portes du palais des papes; du coup, l'interdit fut jeté sur tous
les lieux où résidaient Raymond et ses complices; les curés
durent, chaque dimanche et chaque jour de fête, foire porter
processionnellement une civière devant la porte des excommu-
niés ou, tout au moins, à travers les chemins, en chantant le
psaume GIX, plein d'amères imprécations, puis lancer à terre
trois cailloux, en signe de malédiction éternelle^.
Quelques mois s^écoulèrent, et aux mesures de rigueur suc-
cédèrent les propositions de paix. Le cinquante-septième feuillet
d'un petit registre conservé dans les Cartons des Rois contient
un firagment de charte à moitié efikcé : j^en ai pu déchiffrer
juste assez pour apprendre qu'au mois de juin 4398, quatre
cardinaux furent pris pour arbitres par les envoyés de Raymond
et par le Camerlingue, représentant de la Chambre apostolique^.
Us eurent à examiner, sous une forme plus développée parfois,
les demandes déjà produites par Raymond trois ans auparavant.
Bien qu'elles ne semblent pas avoir reçu un accueil beaucoup
plus favorable qu'en 4395, la paix, tant désirée, se serait
1. Averti à temps da passage à Cadolet d'un des caqpilaines de Raymond^
eommandant qaatre-TÎiigt-dix lances, le gouYernenr du Comtat avait
appelé en toale hâte les tronpes de Raymond de Mondragon, qui, tom-
bant à l'improYiste sur les soldais du Ticomte, n'en laissèrent pas échap-
per un seul. (n>id.y p. 51.)
2. Aieh. nat, P 1351, n?* 697 et 698. — Jnstel, au oontraire, prétend
qu'en 1397 Raymond fut absous par Benoit Xin (op. cit., p. 68).
3. Arch. nat., P 1351, n* 699.
4. Ardi. nat, K 55, n* 22, foL 57 y*. — L'effectif des troupes de Raymond
avait diminué : an mois d'avril, cent quarante de ses hommes d'armes
ayaient été dirigés sur la Camai^e et sur le Languedoc {Mémoires de
Bertrand Boffsset, toc. cit., p. 51.)
248 SOGlâTÉ
peut-être fidte. Mais la papaaté d'Avignon traversait alors une
crise qui compromettait plus que son repos, son existence même.
La cour de France était lasse d'assister aux tergiversations
des deux pontifes qui se partageaient l'Église : dans Tespoir
d'abréger le schisme , elle venait de retirer son obédience à
Benoit XIII. Abandonné de presque tous ses cardinaux, ce pape
allait être assiégé, dans son propre palais, par Greoffiroy le
Heingre, frère du maréchal Boucicaut *.
C'était pour Raymond de Turenne une trop belle occasion de
reprendre la campagne. Froissart le nomme parmi ceux qui se
joignirent à Geoffroy le Meingre^. J'ai, en effet, trouvé trace
d'une promesse qu'auraient faite, à ce moment, les soldats de
Raymond de le servir envers et contre tous, particulièrement
contre le Pape*.
Dans tous les cas, ce fut un des derniers exploits de Ray-
mond sur les terres de l'Ëglise. Privé des secours qu'il atten--
dait de France (le sénéchal de Beaucaire avait pour consigne
de barrer le chemin à tout renfort), rejeté en Yivarais et en
Yelay, il fut assiégé, en 4400, dans le château de Bouzols,
par Pons de Langeac, chambellan du duc de Berry^. En même
temps se poursuivait et se consommait l'œuvre de sa spoliation
au profit de Boucicaut, son gendre, et d'Antoinette, sa fille^,
que Raymond n'avait pas attendu jusque-là pour déshériter et
désavoua ^. Boudcaut avait conclu, le 7 juillet 4399, un traité
1. Et non pas le maréchal lai-méme, comme on le croit généralement.
Le P. Ihrle, qui Tient de mettre ce dernier point en lumière {Àrchiv
far Literatur und Kirchengetchichie des Mitidalters, Bd. V, Heft 3, 1889,
p. 465), aurait pu citer à l'appui de sa thèse le témoignage de Boysset.
2. Éd. Kerryn de LettenhoYe, t. XYI, p. 126.
3. Arch. nat., R»* 38.
4. Voy., pour plus de détails, D. Vaissete, t. IX, p. 983, et Arch. nat.,
R2 40. Cf. Douet d'Arcq, op. cit., t. I, p. 139.
5. Aussitôt après la mort de Guillaume Roger (27 mars 1395), Bouci-
caut s'était fait envoyer en possession du chAteau et du comté de Beau-
fort (voy. l'ordre de Charles VI, du 8 avril [1395], Arch. nat., K 55, n*22,
fol. 16; cf. ibid., fol. 39 et 51). Les châteaux de Bouzols et de Fay, éga-
lement livrés à Boucicaut vers cette date (K 55, n* 22, fol. 51), firent
ensuite retour à Éléonor de Comminges (ibid., fol. 50) ou à Raymond de
Turenne (R^* 38).
6. Le 17 novembre 1395, Raymond fait jurer à un nouveau capitaine à
DE LlnSTOIBB DE FRANCE. 249
par leqoel il s'engageait à réduire en l'obéissance de la reine
les Baux, Roquemartine et autres places encore occupées par
son beau-père, à embarquer pour Gonstantinople, s'il pouvait
les y décider, les routiers guerroyant en Provence et à barrer
le passage du Rhône aux troupes levées par Raymond sur la
rive languedodenne^ Peu de temps après, il recevait en don
la seigneurie des Pennes', et, dès la même année, ses domaines
provençaux comprenaient PertuiSyPélissanne, Saint-Remy, etc.';
enfin, en i 404 , il se faisait amener la mère de Raymond, prison-
nière à Aix, pour négocier avec elle la cession de Meyrargues^.
Quant aux Baux et aux châteaux de Montpaon, de Castillon,
de Houriès, de Séderon, d'Éguilles, etc., ils paraissent avoir
été attribués à Eudes de Yillars et à Alix de Baux'. Amsi se
qui il confie la garde da château de Montvalent (Lot, canton de Martel)
de ne jamais remettre ce chAtean, ni à Bondcant, ni à Antoinette, qne
dès à présent il déshérite : < Et ceste priyacion, disoit qu'il Tavoît
< faite et faîsoit par pluseurs causes raisonnables qui à ce faire le mon-
c voient, et par les grans mauyaistiez, ingratitus qu'il disoit qne elle,
c enluminée de l'art du deable, avoit fait audit M. le conte... i Raymond
accusait alors Boucicaut d*aYoir fiiit mourir de douleur son père^ Guil-
laume Roger, et d'avoir cherché à le faire périr lui-même (K 55, n* 22,
fol. 14 y«). — Le 5 juillet 13d9, il fait son testament, par lequel il renie
de nouYeau et déshérite sa fille et institue comme héritiers sa sœur
Éléonor et le duc d'Orléans (A. Yayssière, Documents relatifs à VMstoire
de la maison de Turenne, dans le Bulletin de la Soc. scientif., histor.
et archéol. de la Corrèze, t. YII, 1885, p. 359-378]. Justel toujours plein
de ménagements pour la maison dont il écrit l'histoire, interprète ainsi
cette pièce : Raymond fit sa sœur Éléonor son hériUère nniyerselle c en
cas qu'Antoinette de Beaufort, sa fille unique, moumst sans enfans. i
{Op, cit., p. 70.) Expilly ya plus loin : à l'entendre, le testament da
5 juillet 1399 fut fait en faveur d'Antoinette. {Dictionnaire géographique
des Gaules, t. I, p. 83.)
1. Reg. Uvidi de la Chambre des comptes d'Aix, analysé par Papou
(t. m, p. 294-295). Cf. Bouche, t. U, p. 424.
2. L. Blancard, op, cit., B 597; cf. B 602.
3. Ibid., B 1670 à 1675.
4. Ibid., B 602; cf. B 1676 à 1678. Papou, t. III, pr., p. lxz.
5. Voy. un hommage du 8 octobre 1399 (L. Barthélémy, op. cit., n* 1674;
cf. n* 1692). — M. A. Molinier affirme qu'en 1404 Raymond de Turenne
était l'alUé du roi de Sicile et se servait de lui contre le maréchal Bouci-
caut. (Eisi. génér. de Languedoc, t. IX, p. 984.) Notre confrère interprète
un peu trop librement une analyse de l'inventaire des HonvmewU histO'
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXYI, 1889. 17
250 SOCIÉTÉ
réalisait la prédiction d'Honoré Bonnet, prieur de Salon : « Je
« verray encores, s'il plaist à Dieu, que le commun parler de
« Lombardie sera verifOé en Raymond Rogier ; ce dit le Lom-
i< bard : Home depoco retourne enpoco*. »
J'ai nommé Honoré Bonnet, Tauteur de V Arbre des batailles.
Mais les circonstances qu'on vient de rapporter ne permettent-
elles pas de préciser la date d'une de ses' œuvres littéraires^
r Apparition maistre Jehan de Meun ? H. Paulin Paris la place
entre 4397 et 4403^. Je crois que l'on ne peut hésiter qu^entre
4397 et 4398. En effet, dès l'année suivante, on a vu que Ray-
mond était dépossédé de ses terres de la rive gauche du Rhône ;
rien n'eût empêché dès lors Honoré Bonnet de s'en retour-
ner en Provence et d^y jouir paisiblement des revenus de son
prieuré de Salon : il n'eût donc pas écrit ces mots, qui sont
insérés dans sa dédicace au duc d^Orléans : c [Je] suy hors
« de mon pays, et pour la guerre que maistre Remond Rogier
a a faicte tant longuement en Prouvence contre le jeune roy
« Louis de Gecille, pour ce que pas ne me plaist d'estreenpays
«de guerre; car ne sçay, ne doy armes porter, et mon bénéfice
« est maintenant de petite value. Sy me suis tenus par deçà, et
a m'y tiens tousjours, en attendant que Dieu meist remède
« contre cellui tirant Raymon Rogier'. »
Le rôle de Raymond de Turenne en Provence et dans le Gom-
tat-Yenaissin était bel et bien fini. Cela est si vrai que les histo-
riens provençaux placent à cette date le récit de sa mort, qu'ils ne
manquent pas d'agrémenter de circonstances dramatiques : « Le
« 40 mai 4399, disent-ils (quelques-uns mettent 4400, ou 4404),
« Raymond voulant repasser le Rhône, avec ses soldats, pour
« éviter la cavalerie du prince de Tarente, qui le suivait de près,
« il piqua son cheval pour entrer dans une barque; le cheval la
c franchit, se précipita dans le fleuve et tenta en vain d'en
« regagner les bords : Raymond tomba et disparut*. »
riques (a** 1816) qui, elle-même, est loin de présenter l'exactitude désirable.
1. Bibl. nat., ms. français 810, fol. 33 r». — Cf. Paulin Paris, les
Manuscrits françois de la Bibliothèque du Roi, t. YI^ p. 265.
2. Ibid., p. 260 et 271.
3. Bibl. nat., ms. fr. 810, fol. 32 r*.
4. A. Fabre, Histoire de Provence, t. II, p. 369. Gf. Bouche, t. II,
DE L'HISTOIRB DE FRANCE. 251
n est certain cependant que Raymond de Turenne vécut, sinon
jusqu'en 4417, comme Pont cru les auteurs de Y Art de vérifier
les dates *, au moins jusqu^en 4414 3, et peut-être jusqu'aux pre-
miers mois de Tannée 1413'. N'eût-il laissé d'autres traces de
son existence remuante que les nombreux procès qu'il ne cessa
de poursuivre *y ou que les violents réquisitoires qu'il rédigea
contre son gendre', nous serions sûrs qu'il n'a pas péri dans le
Rhône vers l'an 1400. Le Parlement, pour ne citer qu'un bit,
p. 425; Pitton, p. 214; Gaufridi, t. I, p. 270; Papoa, t. III, p. 296; abbé
Boze, Histoire d^Apt (Apt, 1813, in-8*)> p. 196; abbé Rose, op. cit., p. 54;
Baijavel, t. II, p. 348> etc.
1. T. II, p. 403. — lis se fondent nnignement sor une lettre du dac
Jean de Berry imprimée par Juste! (pr., p. 138) sous la date de 1417. Or,
comme le duc de Berry était mort depuis le 15 juin 1416, il faut proba-
blement reporter la lettre en question à l'année 1397, dale qui lui est
assignée dans une analyse du registre R^* 38.
2. Lettres de Charles Yldu 22 septembre 1411. (Arch. nat., R> 41.) Le
16 décembre 1409, Raymond était interyenu dans un procès pendant au
Parlement. (Arch. nat, XU 4788, foi. 386.)
3. D'après un acte cité par Baluze (Viix papanim^ 1. 1, c. 966), et dont
6. Lacoste (Histoire de Çtaercy, t. III, p. 354) conteste inutilement l'au-
thenticité, Boucicaut et Antoinette auraient constitué procureur, le 12 mars
1413, pour prendre possession de la vicomte de Turenne. Une preuve
plus convaincante de la mort de Raymond ressort du testament d'Antoi-
nette, daté du 10 avril 1413 : elle y recommande à Boucicaut l'Âme de
son père, et le charge de pourvoir à rétablissement des bâtards de
Raymond. (Arch. nat., R** 37, fol. 240 et suiv.; texte publié, en 1885, par
M. A. Vayssière, dans le Bulletin de la Soc. scientif., kislor, et archéol.
de la Oorrèzcy t. YII, p. 378, et, tout récemment, par M. Joseph Denais,
le testament d'Antoinette de Turenne, comtesse de Beaufort, femme
du maréchal de Boucicaulty\asme&, 1889, in-8*.) — L'épitaphe de l'église
Saint-Martial d^Avignon, dont on a voulu conclure que Raymond avait
vécu jusqu'au 12 mai 1420, pourrait bien se rapporter à son oncle Ray-
moQfd de Beaufort, vicomte de Yalemes. (Cf. P. Anselme, t. YI, p. 317.)
4. Arch. nat., XU 4786, fol. 120 r», 127 v,277 v%etc. — On trouvera
dans K 55, n* 22, fol. 35 v« et 37 v*, l'état des causes que Raymond avait
pendantes, en 1398, au Parlement et au ChÂtelet. — A signaler aussi la
curieuse lettre d'un des hommes de Raymond qui, ayant maille à partir
avec la justice royale, contait sa mésaventure, et ajoutait : f Dictes à
c Monseigneur que, se je usse soufferte tant de mal ne de maischansté
f pour servir Dieu comme j'ay pour lui servir, que m'arme fùst sauvée. »
(K 55, n» 22, fol. 36 V.)
5. Yoy. notamment un acte d'appel du 27 juin 1407. (Arch. nat, R' 41.)
252 SOCIÉTÉ
défend à Fun de ses avocats, le 5 février. '1 406, « sur peine
d'encourir Findignalion du Roy..., que, en nulle manière il
ne conseille, ,ne ayde, ne conforte messire Raymon de Turenne,
chevalier, ou préjudice du Roy, de son honneur ne de sa
court, mais le induise et exhorte de son povoir à obéir au
Roy^ » Raymond, à cette époque, n'osait plus s'aventurer en
France, même pour plaider, et ses serviteurs, à ce qu'il assure,
étaient arrêtés par les gens du duc de Berry pour ne point vou-
loir se prêter aux complots dirigés contre la vie de leur maître*.
C'est alors aussi que Raymond, vieilli, ruiné, chassé, mis au
ban du royaume, parut pour la première fois plier sous les
excommunications. Sentant le besoin de se réconcilier avec
l'Église, il sollicita son pardon de ce même Benoît XIII qu'il
avait vu repoussé, puis de nouveau obéi en France, et dont il
devait bientôt voir, pour la deuxième fois, la déchéance et la
fuite. Il demanda seulement à être dispensé de venir en per-
sonne se prosterner aux pieds du Souverain pontife, faisant
valoir les dangers auxquels l'exposerait ce voyage. Par bulle du
U février 4408, datée de Porto-Venere, Benoît XIII, cédant aux
supplications de Boucicaut, alors gouverneur de Gênes, et
tenant compte, dans une large mesure, de la parenté de Ray-
mond, donna de pleins pouvoirs à l'archevêque de Tours pour
entendre la confession du coupable, pour recevoir son serment,
lui imposer une pénitence et l'absoudre : mais il fut stipulé
qu'en aucun cas Raymond, eût-il par devers lui des obligations
écrites, ne réclamerait un seul denier des officiers pontificaux,
ni de la Chambre apostolique ^.
1. Arch. nat., X 1» 1478, fol. 251 y«; pa&sage cité par M. Félix Aabert
{le Parlement de Paris de Philippe le Bel à Charles VIj son organisa-
tion, Paris, 1887, in-8% p. 242).
2. Arch. nat., R» 41 (27 juin 1407).
3. Balaze, ViUs paparum, t. II, c. 1136-1142. — Jastel a imprimé
(pr., p. 136) et, ce qui est plu» étrange, Baluze a utilisé (op. cit., t. I,
c. 965 et 1396) une prétendue bulle d'absolution donnée à Raymond de
Turenne le 6 féyrier 1408. Quand nous n'aurions pas, dans Baluze même,
le texte de la véritable bulle, ni le fond ni la forme de l'étrange document
imprimé par Justel ne permettraient d'en attribuer la rédaction à la chan-
cellerie de Benoit XIII. La phrase n'y présente aucun vestige du rythme
propre à la chancellerie pontificale. De plus, on y fait tenir à Benoît xni
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 253
Tel tat l'épilogue d'une lutte célèbre dans les annales du
Midi, célèbre^ dj&-je, autant que mal connue. Peut-être les
exploits de ce brigand de bonne famille eussent- ils moins
frappé les imaginations, si, comme tant d^autres chefs de bandes
qui, vers la même époque, ravageaient les provinces, il se fut
borné à des attaques contre les puissances temporelles. La
guerre au chef de l'Église, même quand ce chef est contesté, a
dans le monde plus de retentissement. Celle qu'entretint Ray-
mond de Turenne, pendant plus de dix années, prouva que,
sous un gouvernement faible, le séjour d'Avignon n^était guère
plus favorable aux papes que celui de lltalie; elle absorba
une grande partie des ressources de la Curie, elle paralysa son
action, elle mina sourdement sa position déjà branlante. Sui-
vant la pensée ingénieuse d'un biographe de Clément YII^ cette
guerre fut le châtiment du népotisme des papes : Grégoire XI
avait enrichi les siens, peut-être avec excès ; son neveu retourna
contre le saint-siège les armes qu'il en avait reçues.
La pièce que je donne en appendice a été transcrite par
M. Rivain d^24)rès le carton £ 4 1 44 (n*' 37) des Archives natio-
nales. J'y ai joint des variantes et des « réponses » emprun-
tées à un texte du même document conservé à la Bibliothèque
nationale, dans le ms. 4 de la Collection de Périgord. L'intérêt
en avait été signalé par notre confrère M. A. Holinier' ; quelques
extraits en devaient paraître dans le BuUetin de la Société
historique et archéologique du Périgord^.
n est aisé de s'apercevoir que ces deux textes n'ont pas été
rédigés tout à Eût à la même époque. Quand l'un (celui de la
Bibliothèque) compte (art. XXXIY et XXXYI) trois termes échus,
le langage le plus ootrageant pour son prédécessear. Nul doute que nous
ne soyons en présence d'one bulle apocryphe, ou peut-être d'un projet de
buUe préparé par Raymond lui-même. Dans ce cas, ce texte présenterait
on certain intérêt, en ce qu'il ferait connaître les expUcations que four-
nissait Raymond au sujet du mariage d'Alix de Baux avec Eudes de Yil-
lars et au sujet des événements qui en furent la conséquence.
1. Balnze, Fito paparwny t I, c. 534.
1. D. Yaissete, t. IX, p. 957.
3. Communication de H. Maimier (3 février 1881).
254 SOCIÉTÉ
l'autre en compte six. Cherchons à déterminer la date précise
de la première rédaction, qui ne comprend que trente-sept
articles.
J'y relève (art. XXVIII) une mention de l'arrestation de Paul
Triboulet et de Jean David^ qui eut lieu, comme on le sait par
ailleurs, le 45 février 4395. De plus, à Fart. XXI, je lis :
a Gonune le xvii* jour du mois de janvier et Tan derrenièrement
« passé, c'est assavoir Tan mil CGC lUI" et XIIII.. . » Ray-
mond de Turenne usait du style de France : Tannée 4394, pour
lui, avait pris fin le jour de Pâques (U avril) 4395. De ces
deux passages on peut conclure que la première rédaction est
postérieure au 44 avril 4395. Mais, d'autre part, Raymond de
Turenne y parle de son père comme s'il vivait encore (art. XI
et XII), et n'y prend pas encore le titre de comte de Beaufort;
or, Guillaume Roger était mort, à Paris, le 27 mars 4 395 S et
il est difficile d^admettre que son fils ait ignoré sa mort plus de
quatre ou cinq semaines. Par conséquent, la date de la première
rédaction doit être placée vers la seconde moitié du mois
d'avrU4395.
Quant à la seconde rédaction, qui comprend quarante articles,
elle ne peut être antérieure au mois de mai 4398 (voyez
art. XXXYIII) ', ni postérieure à la Saint-Jean (24 juin) de la
même année (voyez art. XXXIY). En la plaçant au mois de
juin 4398, on la fait coïncider avec un arbitrage dont la trace
a été retrouvée et signalée au cours de ce mémoire.
Noël Valois.
1. Arch. nat., R> 40; Kbl. nat., ms. Balaze 23, fol. 125 r*.
2. M* Paal Triboalet dut être, comme on i'a vu, remis en liberté vers
le mois de mars ou d'anil 1395 ; il lirra son neyeu comme otage : or, la
captivité de ce neveu avait déjà duré, au moment de la rédaction de
l'art. XXXYIU, trois ans et trois mois. H y a bien cet intervalle entre le
mois de mars 1395 et le mois de juin 1398.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 255
Ce soirr lbs demandes que messqie Ratvon, gohtb de Bjeàufort
ET YICONTE DE TUKBIflfB^ FAIT A NOSTES SAIHT FEUS LE PaFE ET
A SON CHAMBELLAN.
[AvriH395-jum 4398.]
L — Premièrement, comme, du temps de bonne mémoire pape
Grégoire, derrenier trespassé, et par compte fait entre ledit messire
Raymon, d'nne part, et le trésorier du Pape, d'autre, nostre Saint
Père soit tenuz à icelui messire Raymon [de la] somme de iij™
ve lij frans, comme par lettres scellées du seel dudit trésorier puet
apparoir et autrement deuement, se mestier est, demande ledit
messire Raymon que nostre Saint Père le face paier la dite somme
de iij» yc lij frans.
[Réponse de 4395^ :] In compromisso in articuh viso prius,
etc., ubi désignât istam litteram, ponit quod continet vj vel
vy" franeos, et sic Hbi contradidt,
[Réponse de \ 398 :] Attende.
[N. B.] Geste présente lettre a robée audit messire Raymon
Jehan de Trie : si requiert ledit messire Raymon que elle [lui]
soit rendue, pour prouver [sa] demande.
[Réponse de 4395 :] Ista petitio ex se ipsa injtista est et
iniqua.
n. — Item, requiert le dit messire Raymon que nostre Saint
Père le face paier ij" xl frans, d'une part, et ij"» c xlv frans, d'autre,
èsquels icelui nostre Saint Père lui est tenuz, comme il appert
par cedules escriptes de la main dudit trésorier et autrement
deuement.
[Réponse de 4395 :] In compromisso [ef] in articulo visis
prius, etc. y ponit quod iste cedule continent circa viij vel
ix^ franeos sive florenos eamere : et sic est contradictio.
\. Le texte du ms. 4 de la Collection de Périgord porte simplement :
< Messire Raymon de Tnrenne. »
2. Elle ne se trouye que dans le ms. 4 de la Collection de Périgord. il
en est de même de tontes les réponses faites, en 1395, aux demandes de
Raymond.
256 SOCIÉTÉ
[Réponse de 4398 :] Attende.
[N. B.] Gestes cedules a robées Jehan [de Trie] audit messire
Raymon : si requiert ledit messire que elles lui soient rendues
pour prouver ses demandes.
[Réponse de i 395 :] Ut supra.
[Note se rapportant aux deux premiers articles :] Mgr le cardi-
nal du Puy^ scet bien que le trésorier du Pape devoit cest argent
audit messire Raymon.
[Réponse de 4 395 :] Domirvus cardinalis dicit quod nichil sdf.
[Réponse de 4395 se rapportant aux deux premiers articles :]
Ad duos primas articulas potest respanderi quad de quantita-
tibus in eis cantentis etpetitis, si débite prabahuntur, et Caméra
apastolica ad eum tenebitur, faciet daminus naster fieri satis^
factianem.
ni. — Item, quant le dit messire Raymon ala au mandement
et service du Roy à la bataille de Flandres, et mena pluseurs gens
d'armes avecques lui, et, pour paier ses gens d'armes, engaiga à
feu maistre Bernart Garit, jadiz collecteur de nostre Saint Père,
deux fermaux d'or, desquelz l'un estoit fait à la façon d'un P,
chargié de pierreries fines, et avoit dedans le P une ymage de
Nostre Dame d'or, et estoit garni de perles, et valoient bien les
deux fermaux viijc frans ; et semblablement engaiga icelui messire
Raymon au dit feu Garit, au dit temps, deux chopines et deux
gobelès d'or, tout pour la somme de iiijc frans; et il soit ainsi
que il n'ait recouvré du dit feu Garit, collecteur, que les dictes
chopines et gobelès, parmi paiant ijc frans, qu'il en a baillié roiau-*
ment ; et, pour les autres ijc frans, il ait baillié au dit collecteur
une assignacion de iijo l frans ; et que le cardinal du Puy ou de
MuroP ait pris, après le trespas du dit collecteur, pour nostre saint
père le pape Glement, derrenier trespassé, les diz fermaux : requiert
ledit messire Raymon que nostre Saint Père lui rende les diz fer-
maux et la dite assignacion, parmi recevant ij» frans, que iP est
prest et offre à paier'*.
1. Pierre Girard.
2. Jean de Marol.
3. Ms. : quiel.
4. La réponse faite à cet article en 1395, et i/iBcrite en marge da ma. 4
de la Collection de Périgord, est presque entièrement effacée. Les quelques
mots restés lisibles permettent de croire que les gens du Pape engageaient
Raymond de Turenne à s'adresser aux héritiers de Bernard Garit.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 257
[N. B.] Les gens de feu Bemart Garit ont dit qae Mgr de Mnrol
cm le cardinal dn Pny prirent les biens dudit Mgr Bernard Garit.
[Réponse de ^1398 :] Papa non sueeessU isti, née habuit ait'
quid de bonis suis; ymo se submisit parlamento Régis.
rv. — Item, le pape Grégoire derrenierement trespassé donna
an dit messire Raymon, quant il parti derrenierement de Romme,
deux grans tapiz de Turquie, et valoient bien chascun v« ducas,
et une chapelle de draps de damas et les paremens d'autel rouges,
la dicte chapelle garnie de diacre et de soubzdiacre, de [plu]yals,
d'orfirois, et un grant fermaU d'or garni de pierreries et de perles,
qui ayoit cousté iiijc et l ducas, et une grant venue de FeuYre de
Naples, les quelles choses feu le cardinal d' Arle * print et emporta
de Romme en Avignon ; et par ainsi estoit tenuz en son vivant de
le rendre audit messire Raymon; et il soit ainsi que, après le
trespas du dit cardinal, nostre Saint Père derrenier trespassé ait pris
touz les biens d'icelui cardinal, et ait donné ung des diz tapis au
sire de la Rivière ; et, pour ce, requiert le dit messire Raymon
que nostre Saint Père, comme successeur es biens du feu cardi-
nal, lui rende les biens et choses déclarées en cest présent article.
[N. B.] M. P. de Gassaignes, que Diex absoille, savoit bien ceste
chose, et aussi M. J. de Bar; et Mgr de Xainctes^ en scet bien
la certaineté et en a bien oy parler.
[Réponse de 4395 :] Qui deeesserunt... niehil scire^,.. [eer-
tos] institua heredes; contra quos agat ipse dominus Raymun^
dus, quia Papa née hères, nec suecessor ^sius domini cardinalis.
[Réponse de 4398 :] Probetf
V. — Item, comme, ou trectié et en l'accort fait, à Saint Espe-
rit, par Mgr le duc de Berry entre nostre saint père pape Glement
derrenierement trespassé, Tevesque de Valence, le conte de Valen-
tinois et messire Odo de Yillars, duquel nostre Saint Père [se fist]
fort et s'est obligié, d'une part, et le dit messire Raymon, d'autre,
ait esté dit par ledit Mgr le duc que bonne paix seroit entre les
dites parties, et que le dit messire Odo ne feroit ne porteroit
aucun dommage au dit messire Raymon, ne en ses lieux et terres;
et il soit ainsi que, depuis et après ladite paix et la prononcia-
cion d'icelle faicte par ledit Mgr le duc, ledit messire Odo et ses
gens aient £edt guerre audit messire Raymon et de M. son père,
1. Pierre de Gros.
2. tille de Lestrange.
3. La première partie de cette lépoiae est eilacée.
258 SOCIÉTÉ
et icelles endommagés jusques à la somme de xx» frans et plus,
de quoy nostre Saint Peice estoit et^devoit estre tenuz, pour ce
qu'il s'estoit fait fort et omigié pour le dit messire Odo, comme il
est dict : requiert ledit messire Raymon que nostre Saint Père lui
paie ladicte somme.
[N. B.] Cet article se puet prouver par les lettres de la paix et
par les sauf conduis qui ont esté donnez par les gens de messire
Odo de Yillars, depuis que la paix fut prononcié par Mgr de Berry.
[Réponse de 4395 :] Per dictas liiteras apparet de contra-
didione, quia in eis nulla fit mentio de dicto Odone; et, licet
fuisset actum quod ipse dominus Odo comprehenderetur in dicta
p[aee,] tamen ipse dominus Raymundus nullo modo voluit; et
propter hoc fuerunt refecte [littere] ipsim domini Ducis super
dicta pace,
[Réponse de 4398 :] Attende, quiadictus Reymundus noluit
consentire quod dominus Odo includeretur, etc., et ideo agat
contra eum,
YI. — Item, comment, par le trectié de la dite paix prononcié
le v« jour de may, nostre Saint Père derrenierement trespassé et
son chambellan feussent tenuz de faire droit et raison des habi-
tans d'Avignon et en la conté de Yenice audit messire Ra3rmon
et à ses gens, serviteurs et familiers, et certains marchans d'Avi-
gnon soient tenuz à Jehan Panival, serviteur et familier du dit
messire Raymon , en la somme de xiiijc frans , qui leur a bail-
lez et nombrez de la somme de \\^ cent frans qu'il avoit receuz des
propres deniers dudit messire Raymon, et il soit ainsi que le
dit messire Raymon ait sommé et requis le dit chambellan qu'il
feist paier aux diz marchans les diz xiiij<» frans qui leur a baillez
et nombrez, a&n qu'il feust paiez desdiz ij°> cent frans à lui deuz
par ledit Panival, et qu'il a interest que ledit Panival reçoive les
diz xiiijc frans, pour ce qu'ilz furent de son argent : requiert ice-
lui messire Raymon que nostre Saint Père paie audit Panival les
diz xiiije frans, ou les lui face paier dedens ung certain brief jour.
[Réponse de 4395 :] Nunquam ipsi domino Raymundo, nec
ejus servitoribus, seu familiaribus, fuit denegata justicia per
ipsum Camerarium, velalium officiarium; unde et satis apparet
quod istapeticio est indebita et exquisita. Quare, etc.
[Réponse de 4398 :] Petat a dicto Panival, qui captus est;
et fiet sibi justicia.
DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 259
[N. B.] Geste lettre roba J. de Trie audit messire Raymon : si
requiert le dit messire Raymon que la dicte lettre lui soit rendue
pour prouver ses demandes.
[Réponse de 4395 :] Manifeste injuste petit.
YIl. ~ Item, comme pareillement, par le dit trectié prononcié
le dit y^ jour, nostre dit saint père le pape Clément derreniere-
ment trespassé et son dit chambellan soient tenuz de faire droit
et raison audit messire Raymon de Ândrieu de Tix, lequel lui
est tenuz en la somme de v» frans, oultre ce qu'il a, et le dit mes-
sire Raymon ait sommé et requis par pluseurs foiz le dit cham-
bellan qu'il lui feist droit et raison dudit de Tix, de quoy il a esté
refusant : requiert ledit messire Remon que nostre Saint Père 11
paie ladicte somme de v*» frans, ou la lui face paier, dedens ung
certain et brief jour.
[Réponse de 4395 :] Istudnon est verutn, quia ymo ad requis
sitionem simplicem ipsim domini Raymundi fuerunt dati
[judiees] illi, quos ipse voluit, super omnibus petidonibus
qms volebat facere contra dictum Andream; qui judiees, pro^
sequente procuratore dicti domini Raymundi, eognoverunt et
pronunciaverunt , et eorum sentencia.., protU... per publica
instrumenta. Quare, etc.
Vin. — Item, comme, par deffaut de ce que ledit de Tix n'a
paie au dit messire Remon les diz v"^ frans, et qu'il a esté des-
loial, et en demeure de lui rendre certains joiaux, c'est assavoir
veselle d'or garnie de pierreries et de perles qu'il avoit en garde
de lui, la quele le dit de Tix a vendu oultre sa voulenté, et la tient
pour emblée et n'eust pas donné le marc pour deux cens frans,
et pour ce ait esté endommagiez en la somme de xxx"* frans, des-
quelz dommages ledit messire Raymon doit estre creu par son
serement, comme il apperra par certaines lettres ou instrumens
sur ce passez , et il soit ainsi que ledit chambellan n'ait voulu
faire aucune raison au dit messire Raymon du dit de Tix, ne des
diz dommages, combien qu'il en ait esté requis et sommé, comme
dit est, et qu'il est tout prest de jurer que les diz dommages
montent tant, et offre à faire le serement sur ce : pour ce requiert
ledit messire Raymon que nostre Saint Père lui paie ladicte somme,
ou lui face paier, par ledit de Tix dedens ung certain et brief jour.
[N. B.] Ces ij articles se prouveront par les instrumens.
[Réponse de 4395 :] Respondetur ut inpreeedenti articulo.
260 SOCIÉTÉ
[Réponse de 4398 :] Habuit sententiam contra se.
IX. — Item, que ledit messire Raymon a preste à nostre saint
pare pape Clément derrenierement trespassé vij°^ v^ florins de
chambre, d'une part, et ij^ et iiij", d'autre, comme il apperra par
bulle de nostre Saint Père, et autrement deuement, se mestier
est : et pour ce requiert le dit messire Raymon à nostre Saint Père
qull lui paie les diz vij™ vc florins, d'une part, et ijc iiij» frans,
d'autre.
[N. B.] Geste bulle roba Jehan de Trie à messire Raymon : si
requiert ledit messire Raymon que on lui rende la dicte bulle pour
prouver ses demandes.
[Réponse de 4 395 :] Peticio est iniqua et [injusta] *, sed doceat
ipse dominus Raymuf^dus de débita, et dominus noster faciet
fieri debitam satisfactionem.
X. — Item, comme nostre dit Saint Père soit tenuz et obligés
audit messire Remon en la somme de vij™ florins de chambre
pour cause des services par lui faiz ou pais d'Italie, es guerres de
l'Eglise, comme apperra par bulle de nostre Saint Père, et autre-
ment deuement, se mestier est : requiert ledit messire Raymon
que nostre Saint Père lui paie les diz vij™ florins.
[Réponse de 4395 :] Respondetur ut supra proxime ad alium
articulum.
[N. B.] Jehan de Trie a robe ceste bulle audit messire Ray-
mon : si requiert ledit messire Raymon que on lui rende, pour
prouver ses demandes.
[Réponse de 4398 se rapportant aux articles IX et X :] Dœe.
XI. — Item, comme feu l'evesque de Magalonne^ derreniere-
ment trespassé, jadiz trésorier du Pape, confessa devoir à Mgr de
Beaufort, père dudit messire Raymon, la somme de iiij"> florins
de chambre, à cause de prest fait à nostre dit Saint Père, lequel
obliga pour ce les biens de la Chambre, messire Raymon au {sic)
interest que son dit seigneur et père soit paiez ; et, par ledit trectié
de la paix prononciée ledit v« jour de may, nostre dit Saint Père
se soit soubzmis à Tordenance du Roy et de ses députez de tout
ce en quoy il puet estre tenuz et obligez audit Mgr de Beaufort :
requiert icelui messire Raymon que nostre Saint Père paie audit
Mgr de Beaufort, son père, la dicte somme de iiij™ florins.
1. Pierre de Yemobs.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 261
[Réponse de 4395 :] Doceatur de debito, et fiei débita res"
ponsio.
[Réponse de 4398 :] Attende si Thesawarius potuit obligare,
et doce de litteris.
[N. B.] Mgr de Beaufort a ladite bulle.
[Note ajoutée en 1398 :] Et Mgr de Beaufort qui est huy a
monstrée la dicte bulle à Mgr de Saint Marçal^, et Ta veue^ et a
mandé à Mgr de Beaufort qu'il a veue la bulle en la main de
M. Alzias^. Mgr a de cette bulle yidimus signé de deux notaires,
que Merigot a entre ses mains, pour les monstrer aus arbitres.
Xn. — Item, comme Mgr le Gardinal.de Thury' ait occupé de
fait, et contre le gré et voulenté des diz Mgr de Beaufort et de
messire Raymon, son ûlz, leur bostel, assis en Avignon, appelle
Fostel de Turenne, et Tait détenu l'espace de viij ans, et detiengne
encores, et le dit messire Raymond ait requis audit chambellan
qui lui en feist raison et justice, et lui feist rendre le dit hostel et
les louages d'icelui, comme faire le devoit, par le dit cardinal, de
quoy il n'a riens voulu faire : poar ce, requiert ledit messire Ray-
mon que nostre Saint Père rende à M. son père et à lui ledit
hostel, ou le leur faire rendre dedens un certain jour que sur ce
lui sera prefigé, et à paier ou faire paier, dedens ung certain
jour, les diz louages, c'est assavoir iiijc frans par an desdictes
xij années, et ceulx qui escharront jusques à plaine restitucion
dudit hostel audit pris.
Gest article se puet prouver par Tinstrument de Mgr Enguer-
ran de Heudin et par l'instrument de l'argent que on présenta
audit Mgr Enguerran ou à son procureur.
[Réponse de 4395 :] Dirigat* ipse dominus Raymundm suant
peticionem contra pomdentem diçtam domum, et fiet justi'
cia sibi,
[Réponse de 4398 :] Fiet justicia.
XIII. — Item, comme messire Gantonnet d'Apzac ait esté capi-
taine gênerai pour l'Eglise ou pais d'Italie, et, pour ce, lui
feussent deuz pluseurs gaiges, et, avecques ce, lui estant prison-
1. Hugues de S&int-Hartial, cardinal-diacre du titre de Sainte-Marie
in Porticu.
2. Alcias^Oasc, un des familiers de Raymond.
3. Pierre de Thorey.
4. Ms. Ùrigatat.
262 SOCIÉTÉ
nier pônr la gnerre de la dicte Eglise on lien d'Arone, lequel il
recouYra sar les ennemis de la dicte Eiglise, plnsenrs biens qu'il
aToit laissez en Tostel de bonne mémoire feu Raymon, aroevesque
de Nicossie*, jadiz son oncle, lesquels estoient siens et lui appar-
tenoient, eussent esté pris par les gens de la chambre de feu pape
Grégoire, et encores le dit arcevesque eust Mt audit d'Apzac plu-
seurs lais en son testament, pour lesquelles choses le dit d'Apzac
faisoit poursuite par devant nostre Saint Père et contre lui, c'est
assavoir que sur les dictes choses fut foite composicion, transac-
tion et accort entre le dit chevalier, d'une part, et le trésorier de
nostre dit Saint Père, d'autre, et les gens de sa Chambre, et par
icelle composition fut dit et accordé que icelui chevalier auroit
certaine somme de florins pour les choses dessus dictes, de la quelle
somme reste encore à paier yi}^ florins de chambre , comme il
apperra par bules sur ce faictes et autrement deuement, se mestier
est^ : pourquoy requiert ledit messire Raympn, par le moien du dit
trectié, et que ledit d'Apzac est son serviteur et famlUer, que
nostre dit Saint Père paie ou face paier au dit d'Apzac la dicte
somme de yiy^ florins.
[N. B.] Gest article se puet monstrer par bulle.
XIY. — Item, comme ledit d'Apzac ait baillé pieça en garde
et deposts à feu l'evesque de Magalonne, jadiz trésorier de nostre
Saint Père, mille florins de chambre, et il soit ainsi que nostre
Saint Père ait prins et eu touz les biens demeurez du décès du dit
feu evesque et trésorier : pour ce, et par le moien dudit trectié, et
que ledit d'Apzac est serviteur et famillier du dit messire Raymon,
requiert messire Raymon que au dit d'Apzac soient paiez les mil
florins dessusdiz de chambre.
[N. B.] Gest article se paet prouver par le cardinal du Puy et
par pluseurs autres tesmoings que Mgr Gantonnet produira.
[Réponse de 4398 se rapportant aux articles XIII el XIY :]
Fietjmticia dicto militi.
XV. — Item, le dit messire Gantonnet a demeuré, par le com-
1. Raymond de la Pradèle, qai moamt avant 1382 d'après les docn-
ments recueillis par M. le comte de Mas Latrie (Histoire des archevêques
latins de Vile de Chypre, Gènes, 1882, in-4% p. 70).
2. Gantonnet d'Abzac revient sur ces diverses questions dans son testa-
ment fait, à la Douze, le 18 décembre 1401 et publié en partie par M. de
Mas Latrie {Histoire de Chypre sous le règne des princes de la maison
de Lusiçtnan, Paris, 1852, in-8% t. U, p. 460-464).
DE L'QISTOm Vm FRANCE. 263
mandement et wdenance de ûostre saint père pape Clément derre-
nierement mort, en la guerre de Provence, et contre les Touchins,
et servi l'Eglise et nostre dit Saint t^ere, par l'espace de vj ans, à
zxx ou à xl hommes d'armes, qui estoient à lui et soubz son pen-
non et retenue, de quoy il n'a riens esté paie : et, pour ce, requiert
ledit messire Raymon, par le moien dudit trectié, et que icellui
Gantonnet est serviteur et famillier dudit messire Raymon, que
nostre Saiilt Père paie audit messire Gantonnet ses gaiges et de
ses dictes gens d'armes, c'est assavoir xviij florins pour mois ponr
chascun homme d'armes, pour les dictes yj années.
[N. B.] Mgr Gantonnet dit qu'il les prouvera.
XVI. — Item, comme ledit messire Gantonnet ait demeuré,
du commandement et ordenance de nostre Saint Père, en la ville
de Saint Esperit et ou paîs denviron, et servi icellui Saint Père
par l'espace d'un an, avecques xl hommes darmes, qui estoient à
lui soubz son pennon, et desquelz il avoit la charge : pour ce
requiert ledit messire Raymon que, pour les moiens et causes
dessus dictes, nostre Saint Père paie audit messire Gantonnet ses
gaiges et de ses dictes gens d'armes pour xj mois de la dicte année,
c'est assavoir xviij florins, pour chascun homme d'armes, pour
chascun mois.
XVU. — Item, que le dit messire Gantonnet fut et ala oultre
mer pour avoir le paiement et satisfaction d'aucunes assignacions
que les gens de la chambre de nostre dit Saint Père lui avoi[en]t
fait ou dit païs ; et, combien qu'il en feist toute diligence, il n'en
peust avoir un denier, et despendit ou voyage la somme de iiij°* flo-
rins de chambre : pourquoy requiert ledit messire Remon, par
les moiens dessus diz, que nostre Saint Père paie audit messire
Gantonnet la dicte somme de iiij°^ florins de chambre.
[N. B.] Mgr Gantonnet dit qu'il prouvera ces ij articles.
XVin. — Item, quant le pws de Prouvence se rebella contre
l'arcevesque d'Âix, ledit messire Gantonnet fut, du commande-
ment et ordenance de nostre dit Saint Père, avec ledit arcevesque
et au siège d'Aix, l'espace de iij ans, avecques quarante hommes
d'armes, qui estoient à lui soubz son penon et ordenance, et il
soit ainsi que, les diz trois ans, le dit messire Gantonnet n'ait esté
paie oultre ung mois : pour ce requiert le dit messire Remon, par
les moiens dessus diz, que nostre Saint Père paie audit messire
Gantonnet ses gaiges et de ses dictes gens d'armes par les dictes
iij années, ledit mois excepté, c'est assavoir xviij florins, pour
chascun mois, à chascun homme d'armes.
264 SOCIÉTÉ
[Réponse de 4395 :] Ad xiij et supra pnoxime sequentes, ad
isium inclusive, respondetur quod dietus dominus Gantonetus
scripsit et notificavit domino nostro quod, super omnibus die-
tis peticionibus et aliis que hdbet facere cum Caméra, vult stare
ordinacioni Sue Sanctitatis, nec vult per alium quemcumque
pro eo aliquid peti, Quare, etc.
[Réponse de 4398 se rapportant aux articles XV à XVIII :]
Fiet justicia dicto militi.
XIX. — Item, comme nostre dit Saint Père ait osté, sanz cause
raisonnable, sauve sa grâce, à Pierre Morgant, mes tant seule-
ment en haine de ce qu'il estoit serviteur dudit messire Raymon,
et qui lui révéla comment on le vouloit emprisonnier, les pro-
vendes de Briode en Auvergne et de Sainte Opportune de Paris :
requiert ledit messire Raymon que notre Saint Père rende et res-
titue audit Morgant les dictes provendes, ou le recompense en
autres bénéfices equipollens, et aus fruis et levées que ledit Mor-
gant eust perceu des dites probendes depuis Fan mil CGC min
et nu, que elles lui furent ostées, comme dit est, et ceulx que
icelui Morgant en pourroit percevoir et percevroit, jusques ad ce
que icelles probendes lui seront rendues, ou il soit recompensez,
comme dit est, en autres bénéfices.
[N. B.] Gecy est public et se puet prouver par bulles et autres
enseignemens.
[Réponse de 4395 :] Iste Petrus serviebat inimico Ecclesie et
ipsiîis domini nostri Clementis, unde juste debuit et potuit pri*
vari. Quare, etc.
[Note ajoutée en 1398 :] Gest chapitre Mgr ne laisseroit point
que le Pape ne lui en fist raison, et aussi bien les arbitres.
[Réponse de 4398 :] Prosequatur Morgant jus suum.
XX. — Item, comme par le dit trectié de la paix, ait esté dit
expressément que le registre de court de Rome, le quel avoit esté
osté au frère de messire Guy de Pesteilz, chevalier, sanz cause et
raison, comme il a esté depuis cogneu par les cardinaux qui à ce
ont esté commis, lui seroit rendu en Testât qui Tavoit par avant
qui lui feust osté, et, ce non obstant, nostre dit Saint Père ait
chargié ledit registre de la pension de mil florins envers le cardi-
nal de Saluce^ : pour ce requiert le dit messire Remon que, en
1. Amé de Saluées.
BB L'HISTOIRE DE FRANGE. 265
entérinant le dit trectié, la dicte charge soit ostée du dit registre
roianment et de fait, et on en tiengne quitte le frère dudit cheva-
lier, car la rente que le Pape a ou roiaume de France en est hien
ohligié, comme il apport par le trectiô de ladicte paix faicte par
les gens du Roy et de Mgr de Berry^
[Réponse de ^395 :] Respondetur qtiod Papa hoc offieium
potest committere cui vult et quando vult, et, si uni commi-
sUj potest pro libito voluntatis alteri committere, nec aliquis
mortalium débet ei dicere : Cur ita facis ? Quare [etc.].
[Note ajoutée en 1398 :] De cest chapitre, messeigneurs les car-
dinaux lui veillent faire justice.
[Réponse de ^398 :] De hocfiet verbum domino nostro Pape,
XXI. -« Item que, comme, le xvij* jour du mois de janvier et Tan
derrenierement passé, c'est assavoir l'an mil GGG IIIUz et XIIII,
l'auditeur de la chambre de nostre dit Saint Père eust fait prendre
et encarcerer maistre Pierre Vincent, grossaires des lettres apos-
toliques de nostre Saint Père ; et, estant en la prison, par force et
par paour le tourment, le fit renoncier audit office, le quel pape
Grégoire, que Diex absoille, lui avoit donné, et l'avoit tenu et
possidé paisiblement, par Tespace de xxij ans, le dit auditeur ; sanz
cause et senz raison le despoulla dudit office, et ses autres biens
pris par ledit auditeur, à tort et à pechié et sanz cause et raison,
ainsi comme il se puet clerement prouver, fors tant seulement
pour ce qu'il avoit esté serviteur dudit messire Raymon ou temps
du pape Grégoire : et, pour ce, requiert ledit messire Raymon que
ledit maistre Pierre Vincent soit restitué en son dit office et en ses
biens dessus diz ; car il ne les a perduz, se non pour ce qu'il avoit
esté serviteur du dit messire Raymon, et cecy scet bien l'auditeur
de la Ghambre qui est aujourdui.
[Réponse de ^395 :] Respondetur quod iste sancte et juste
fuit privatus, ut apparet per processum existentem super hoc
in curia audiioris Camere. Quare, etc.
[Réponse de ^398 :] Fiet mencio domino nostro.
XXII. — Item, comme nostre Saint Père feust tenuz et obligez
à feu Jehan de les Âges, jadiz serviteur et famillier dudit messire
Raymon, en la somme de viijc florins de chambre, comme il
1. Ces deraiers mots « comme il appert, etc., » ne se trouvent pas dans
le ms. 4 de la Collection de Périgord.
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 18
266 SOCitiTÉ
apperra par bulles et autrement deuement, se mestier est : pour
ce requiert ledit messire Raymon, par le moien dudit trectié, et
que ledit feu Jehan de les Ages estoit son senriteur, comme dit
est, que nostre Saint Père paie ans héritiers dudit feu Jehan la
dicte somme de yiij<^ florins de chambre.
[N. B.] Gecy se puet prouver par la bulle que Filol a.
[Réponse de 4395 :] Respondetur ad ùtam petieionem et
sequenteSy usque ad xxvij incltisive, quod dominus [Raymun*
d%ui\ non débet esse procurator istarum; sed ipsi pétant a
Caméra, si qwd eis débet, et ipsa débite eos contentabit.
[Note ajoutée en 1398 :] Mgr ne laisseroit point cecy aler; car
ledit Jehan de les Ages devoit à Mgr plus de mil florins.
XXUI. — Item, comme Pierre Mauroux, escuyer, ait esté ou
service de nostre Saint Père, ou chastel de Saint Angel, Tespace
de ziiij mois, estant le siège devant ledit chastel, du quel service
ledit Mauroux n'a aucunement esté paie : pour ce, et par le moien
du dit trectié, et que le dit Mauroux est serviteur et famillier dudit
messire Raymon, requiert icellui messire Raymon que nostre Saint
Père paie audit Mauroux ses gaiges desdiz xiiij mois, c'est assa-
voir xviij florins pour chascun mois.
[N. B.] Gecy se puet prouver clerement : car ledit Pierre Mau-
roux estoit l'un des plus grans capitaines qui feussent dedens et
qui plus fist endurer le chastel de Saint Angel.
XXrV. — Item, comme nostre dit Saint Père soit tenu et obligié
audit Mauroux en la somme de ij» florins de chambre, comme il
appert par lettre ou bulle ou autrement deuement, se mestier est :
requiert ledit messire Raymon que ledit Mauroux soit paie de
ladite somme de ijc florins de chambre.
[N. B.] Jehan de Trie roba ceste bulle : si requiert ledit messire
Raymon que on la lui rendes
XXV. — Item, comme nostre dit Saint Père ait prins ou fait
prendre tous les biens que ledit Mauroux avoit en Avignon, pour ce
que icellui Mauroux, qui est vassal et serviteur et famillier dudit
messire Raymon, lui avoit gardé et défendu une sienne forteresse,
et en hayne dudit messire Raymon : pour ce, et par les moîens
dessusdiz, requiert ledit messire Raymon que audit Mauroux soient
renduz ses diz biens, ou la somme de v^ florins pour la value d'iceulx.
1. Cette note a été cancellée dans K 1144, n* 37.
DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 267
[N. B.] Gecy se puet prouver par voix commune; et ledit
P. Mauroux n'est pas en cest pais : mais on le mandera quérir.
[Réponse de ^1395 :] Iste Petrus nominatus in istis tribus
articulis erat serviens armorum et faciebat guerram, domino
nostro régnante. Quare, etc.
[Réponse de ^398:] Veniat et petat,
XXVI. — Item, comme Yvon Trebignon, escuier, ait servi
nostre dit Saint Père en la guerre de l'Eglise ou pais dltalie, l'es-
pace de vj mois, avecques trois hommes d'armes soubz lui et des-
quelz il avoit la charge, requiert ledit messire Raymon que, par
le moien du trectié, et que icelui Yvon est serviteur et famillier
dudit messire Raymon, que nostre Saint Père paie audit Yvon
ses diz gaiges et des diz iij hommes d'armes des diz vj mois, et
pour chascun homme d'armes, pour chascun desdiz mois, xviij flo-
rins ; et de ceci sont bonnes lettres d'eux.
[N. B.] Jehan de Trie roba cestes ij lettres : en requiert ledit
messire Raymon que elles lui soient rendues, pour prouver sa
demande.
XX Vn. — Item, comme nostre dit Saint Père soit tenuz audit
Yvon Trebignon, pour cause du service par lui fait en la guerre de
TEglise ou païs d'Italie, en la somme de ixc ducas, comment il se
puet prouver par bulles ou lettres et autres deuement : requiert
ledit messire Raymon, par les moiens dessusdiz, que nostre Saint
Père paie audit Trebignon ladicte somme de ix^ ducas.
[N. B.] Cest article se puet prouver par les lettres scellées du
scel du cardinal de Genève, qui lors estoit légal (sic) et tantost
après fut pape.
[Réponse de 4 398 :] Petat, si velit.
XXVIII. — Item , requiert ledit messire Raymon que Jehan David
et maistre Paul Triboulet lui soient renduz et délivrez, car nostre
Saint Père leur avoit dit qu'ilz povoient aler et venir seurement;
et, d'autre part, ilz avoient saufconduiz de M™« la Royne, et
furent pris de lieux du Pape, en foré, et recuillis en ses lieux.
[N. B.] Gest article est notoire à chascuns.
[Réponse de ^395 :] Isti fuerunt expediti. Quare, etc.
[Réponse de 4398 :] Expediti sunt.
XXIX. — Item, que l'en face justice au dit messire Raymon,
en toutes les cours d'Avignon, de touz ceulx que le dit messire
268 SOCIÉTÉ
Raymon pourra monstrer par lettres oa instrumens qui lui seront
tenuz ou obligiez.
[Réponse de ^395 :] Respondetur quod et sibi [et] omnibus
ibi petentibtAs fit et fietjusticia,
[Réponse de ^1398 :] Papa mandabit fieri justiciam de
subditis,
XXK. — Item, comme se soit chose que le Pape derreniere-
ment très passé, ouitre ce qu'il avoit promis et juré ou trectié de
la paix qu41 ne feroit ne ne pourchasseroit mal ne dommage audit
messire Raymon ne à ses gens, ait fait et pourchassié le contraire,
qui tourne en dommage audit messire Raymon de plus de cent
mille frans, tant de la perte de son héritage, comme de ses gens,
et de ce qu'il leur doit : pourquoy requiert ledit messire Raymon
à nostre Saint Père que il lui en plaise faire restitution, car ledit
messire Raymon s'en remeit en sa conscience.
[Réponse de ^395 :] Istum [non] est verum. [Quare,] etc.
XXXI. — Item, comme Jehan de Trie ait robées audit messire
Raymon lettres jusques au nombre de xvij, qui lui seront necces-
saires à prouver ses demandes, et nostre Saint Père lui ait mandé
qu'il trouvera bien manière que ledit messire Raymon recouvrera
les dictes lettres : pourquoy requiert ledit messire Raymon que
les dictes lettres lui soient rendues, car autrement il ne pourroit
prouver ses demandes.
[N. B.] Gest article se puet bien prouver comment ledit Jehan
de Trie roba les dictes lettres ; et ceci scevent bien Mgr Girart de
Bourbon et messire Girart d'Arlo, qui s'ofiFroit de les faire rendre,
mes que messire Raymon en quitast le Chambellan et pluseurs
autres ^
[Réponse de i 395 :] Iste articulus continet manifestant injus-
ticiam, quia dominus noster non débet emm[daré] furta vel
dampna dicta vel facta ipsi domino Raymundo per suos, nec
eciam per alios, quando ipse faciebat [guerram] apertam contra
Ecclesiam, Quare, etc., et petat litteras suas ab eo quem asse-
rit cas sibi suttraxisse, etc.
[Note ajoutée en 1398 :] Et cestes lettres ont tenues par pluseurs
fois Meirigot de Palisses, maistre Paul Triboulet, Gobert de Luseul,
Merigot Bermon, maistre Pons Girart, et Jehan Bon Vin, et par
1. Dans la pièce K 1144, n* 37, cette note se termine ainsi : c En'qui-
tast le Chambellan et print Tobligance de la Chambre du Pape. »
DE L'HISTOIBS DE FRANCE. 269
cenlx là se puet prouver ; car il ont tenues les dictes lettres. Et
anssi ont yea et tenu lesdites lettres maistre Gliment de Reilhac
et maistre Jehan Andriquel, advocas en Parlement, maistre Jehan
de Betisy et maistre Jehan Naudon, procureurs de Parlement,
lesquelz adYocas et procureurs firent les demandes dudit messire
Raymon selon les lettres et instrumens en quoy le Pape estoit
tenuz audit messire Raymon, et les gens du Pape doiyent avoir
le roulle qui leur fat haillié devant le chancelier de France, et
signé de la main maistre Henry Mauloué, secrétaire du Roy.
[Réponse de 4398 :] Injuste petit.
XXXII. — Item, requiert ledit messire Raymon que nostre
Saint Père révoque et mette au néant touz et quelconques procès
ou sentences faiz par son prédécesseur contre ledit messire Ray-
mond et ses gens, et leur donne absolucion générale et publique,
se mestier est ad cautelam * : car, contre tout droit et raison, les diz
procès et sentences ont esté faiz et données publiquement contre
lui et ses gens, et le pape derrenierement trespassé lui rompy la
paix et les convenances qu'il lui avoit faictes, et le Pape et le Gham-
bellain les avoient promises et jurées'.
[N. B.] Et ce se puet prouver par l'accort qui fut fait par les
gens du Roy et de Mgr de Berry, et par les paix qui furent faites
à Saint Rémi et à Saint Esperit.
[Réponse de 4395 :] Quando ipse daminus Raymundus emen-
dabit dampna que fecit Ecclesie, providebitur sibipraut fuerit
racionis.
[Réponse de 4398 :] Faeta paee, fiet talUer quod dehebU
eontentari,
XXX in. — Item, nomme les personnes pour qui il veult avoir
saufconduit : premièrement messire Gantonnet d'Autissac, Jehan
David, messire Paulet Triboulet, Jambert de Gomilli, Guynot de
Tession, messire Alsias €rasc, maistre Pierre Vincent, et chascun
d'euix portant le saufconduit, et x autres en sa compagnie, et que
le saufconduit soit du Pape et de la part de la royne, et que ilz
se lacent fors de toutes gens et de toutes pars 3.
[Réponse de 4395 :] Ad istum artictUum non est [opw] res-
ponsione.
1. Ces cinq derniers mots ne se tfoarent pas dans le ms* 4 de la Col-
lection de Périgord.
2. La dernière proposition a été également rajoutée en 1398.
3. Dans la pièce K 1144, n* 37, cet article est cancellé.
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 18*
270 SOCIÉTÉ
XXXIV. — Item, comme ce fenst chose que pape Grégoire
derrenierement trespassé deust au dit messire Raymon la somme
de xxj» iiijc iiij frans ou florins de chambre, et en eust baillié
audit messire Raymon deux bulles comment il lui recongnois-
soit devoir la dicte somme, lesquelles deux bulles ledit messire
Raymon bailla au cardinal d'Arle derrenierement trespassé, ainsi
comme il devoit faire, par Taccort de la paix, qui fut faicte en
Avignon; et, parmi ladicte paix, Mgr le chambellan de nostre
Saint Père se soit obligez audit messire Raymon, en présence de
mes seigneurs les cardinaux de Poitiers*, d'Amiens 3, de Gusance^,
de Saint Marsal et de Mgr de Xaîntes, de paier audit messire
Raymon, chascun an, à chascune feste de saint Jehan Baptiste,
v^ frans et v^^ florins de chambre, jusques à tant que ledit messire
Remon feust parpaiez de la somme contenue es deux bulles des-
sus dictes, et en prist sentence d'escommeniement de Tauditeur de
la Ghambre ou cas qu*il defauldroit d'un seul jour à paier audit
messire Remon v^ frans et vc florins de chambre à chascune feste
de saint Jehan Baptiste, comme dit est; et il soit ainsi que Mgr le
Chambellan ait deffailli de paier audit messire Raymon de trois
termes : requiert ledit messire Raymon à nostre Saint Père qu'il
le face paier à Mgr le Chambellan des diz iij termes^, et qu'il
face mettre en segur que, deci en avant, Mgr le Chambellan lui
tiengne ce qui lui a promis et juré, et lui face rendre les ij bulles
en quoy est contenue ladicte somme; car maistre Pierre Vincent
les bailla au cardinal d'Arle derrenierement trespassé, ainsi comme
il le devoit faire parmi le trectié de la paix qui fut faicte en Avi-
gnon, et Mgr de Xaintes le scet bien', Mgr Pierre Bourier etplu-
seurs autres gens d'estat, chevaliers et escuiers.
Item, devra plus le Chambellan, à la Saint Jehan qui vient,
à Mgr de Beaufort vc frans et v» florins de chambre, oultre les
vj termes dessusdiz.
[Réponse de ^395 :] Ad istum articulum respondelur prout
in instructione seu memoriali quod incipit : Dominus Cle-
mens VIL
i. Guy de Malesset.
2. Jean de la Grange.
3. Nicolas firancaccio, archevêque de Gosenza.
4. Le texte rédigé en 1398 et conservé dans la pièce E 1144, n* 37,
porte : c vi termes. »
5. Les quelques liftes qui suivent ne se trouvent pas dans le ms. 4
de la Collection de Périgord : elles ont été ajoutées en 1398.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 271
[N. B.] Il en doit bien souvenir à messeigneurs les cardinaux
de Poitiers, d'Amiens, de Gusance et de Saint Marsal, et aussi à
Mgr de Xaintes^, comment le Chambellan s'obliga et emprint
sentence d'escommeniement, et aussi leur doit })ien souvenir que
Mgr de Beaufort qui est huy bailla les bulles au cardinal d'Arle
ainsi comme il le devoit faire ; car ainsi fut ordené par les sel-*
gneurs cardinaux qui firent la paix : par quoy rende l'en les bulles
audit Mgr de Beaufort, et là il verront les bulles en quoy le Cham-
bellan est obligez audit Mgr de Beaufort.
[Réponse de 1398 :] Attende.
XXXV. — [Article ajouté en 1398 :] Item, demande plus ledit
messire Raymon audit Mgr le Chambellan, pour les dommages,
fraiz, interez et despens faiz et soutenuz par ledit messire Raymon
à cause du deffaut de la paie des diz vj termes dessus diz, et à cause
aussi que il n*a tenu ne acompli les autres choses contenues en
ladicte paix, aussi comme ilz Tavoient promis et juré, et l'avoiènt
obligié à tenir et ou trectié de la paix acomplir, vint mille francs,
sur lesquelles et desquelles (sic) dommages, fraiz et despens ledit
Chambellan voulsist, promisist et jurast à croire audit messire Ray-
mon, et à sa simple parole et sanz sacrement et nulle autre pro-
messe, ainsi comme il appert par les lettres faictes sur ladicte paix.
Et ledit Mgr de Beaufort s'offre de jurer et prouver qu'il y a de
dommage de plus de xx™ frans, pour ce que le Chambellan ne lui
a tenu la paix qui lui avoit promise et jurée. Si requiert le dit
Mgr de Beaufort aux seigneurs cardinaux qui sont arbitres qui lui
en facent paier au Chambellan la somme et dedommagier le dit
Mgr de Beaufort.
Item, devra plus le Chambellan à Mgr de Beaufort, à la Saint
Jehan qui vient, v^ frans et v^ florins de chambre.
XXXVI. — Item, comme ce soit chose que nostre Saint Père
derrenierement trespassé doie audit messire Raymon de la somme
de xx»^ frans, et lui en eust baillié en gaiges les beneûces de Saint*
Rémi 2, de Pellissaine^ et de Pertuz^, à prendre et lever les fruiz
dlceulx, jusques à tant que ledit messire Raymon feust paie tout
à un coup de ladite somme ; et il soit ainsi que ledit nostre Saint
1. Les lignes suivantes ont été ajoutées en 1398.
2. Saint-Remy-de-Provence (Bouches-du-Rhône, arrondissement d'Arles,
chef-lieu de canton).
3. Pélissanne (Bouches-du-Rhône, canton de Salon).
4. Pertuis (Yaucluse, arrondissement d'Apt, chef-lieu de canton).
272 SOCIÉTÉ
Père ait esté audit messire Raymon les beneiices de Saint Hemi
et de Pelissaine et de Pertnz, et pris les fmis d'iceulx par Tj années,
et de Pertuz depuis la Tonssains en ça : requiert ledit messire Ray-
mon estre restitué es diz bénéfices des dictes années, qui se montent
plus de xij'B florins^ et que nostre Saint Père conferme la bulle
sur ce faicte par son prédécesseur, car, en la paix faicte entre nostre
Saint Père et ledit messire Raymon par les gens du Roy, le Pape
et le Collège doivent confermer les dictes choses en la plus forte
manière que faire se pourra.
[Réponse de 4395 :] Respandetur qtiod per factum vel operam
[domini nostri dictus] dominus Raymundus nichil perdidit,
quodque ipse pacem de qua supra fit [sermo] non servavit.
Quare non débet contentis in ea gaudere, etc.
[Note ajoutée en 1398 :] Item, messeigneurs les cardinaux ont
mandé à Mgr de Beaufort, par maistre Paul et Pierre Meingot, qui
feist la procuracion de cel arbitrage, car messeigneurs les cardi-
naux lui garderoient bien son droit, et qu'il meist par escript ses
mémoires à part; car, se que Mgr de Beaufort mettroit en ses
mémoires, messeigneurs les cardinaux li garderoiisnt bien son
droit entièrement. Et Mgr de Beaufort supplie à mesdiz seigneurs
les cardinaux que ilz vueiilent faire confermer les bénéfices par la
manière que le Pape et TEglise en est obligée, et qui donne sen-
tence d'escommeniement à touz ceulx qui mettront empeschement
que Mgr de Beaufort n*ait les diz bénéfices et les frais, et qu'ilz
mettent entredit es villes de Pertuz, de Pelissane et de Saint Rémi
jusques à tant que ilz aient paie à Mgr de Beaufort la valeur des
bénéfices et arrérages.
XXX Vn. — Item, comme ce soit chose que nostre Saint Père
derrenierement trespassé, sanz cause et sanz raison, ait fait mettre
le siège devant Alêne >, et destruit ledit lieu, etSavace^ : requiert
ledit messire Raymon que les diz lieux soient remis en la main de
Ifme de Yalentinoys, et que on lui en baille la possession, et que
on lui amende les dommages qui lui ont esté faiz ; car ma dicte
dame de Yalentinois ne mère mal de ce que le Bastart^ faisoit à
1. Dans le texte de 1395, les lignes qui précèdent sont remplacées par
ces mots : c ... pour iij années, qoi se montent pins de ii^" florins. »
2. Leyne (Drôme, commune de Savasse).
3. Savasse (Dréme, canton de Marsanne).
4. Tristan de Beaufort, fils naturel de Guillaume II Roger de Beaufort.
DE L'HISTOIBE DE FRANGE. 273
Gastel neaf ^ ; et, d'autre part, requiert ledit messire Raymon que
le lieu de Gastel neuf soit mis en la main de madicte dame de
Yalentinois.
[Réponse de ^395 :] Respondetur quodpetat a Dalphino,qui
tehet dicta castra ^.
XXXVni. — [Articles ajoutés en 1398 :] Item, il est venté
que, Tan mil CGC IIII»» et Xlin, ou mois de février, le premier
an de la creacion de nostre saint père pape Benoist, que aujour-
d'hui [est] , par certain trectié de . paix entre M»* la royne de
Sicille, en nom du roy Loys, son filz, et le paîs de Prouvence,
d'une part, et Mgr de Beaufort qui est huy, d'autre part, de la
voulenté, consentement et exprès commandement de nostre saint
père le Pape, et par Tordenance de nosseigneurs les cardinaux
d'Amiens, Thurin, Albane^ et Petramale^, Penestre*, Jherusalem*,
Agrifueille^ et le Vert^, touz assemblez en l'ostel de Mgr d'Amiens,
Tan dessusdit et le mi« jour de février, maistre Henry de Marie,
Fun des présidons de Parlement, et maistre Pierre le Fevre,
conseiller du Roy en son Parlement à Paris, lesquelz furent
envolez à Partuz devers Mgr de Beaufort qui est huy, au conduit
de Mgr Girart de Bourbon, pour les tenir seeurs des Prouvençaz,
et au conduit de maistre Paul et de Jehan David, pour les tenir
seeurs des gens de Mgr de Beaufort, et fu ordené par les seigneurs
cardinaux que aus diz maistre Paul et Jehan David le -chambel-
lan du Pape donnast lettres certifficatoires de seurté, car Mgr de
Beaufort n'a voit point pour lors de guerre au Pape; laquele sceurté
le chambellan du Pape ne voult donner, et disoit qu'il ne povoit
jà chaloir, et que Mgr de Beaufort qui est huy n'avoit point de
guerre au Pape. Après, les diz maistre Paul et Jehan David alerent
prendre congié de nostre saint père le Pape, en la présence du
prevost de Thoulouse, de Tevesque de Terrassone et de l'evesque
1. GhAteauneuf-de-Mazenc (Drôme, canton de Dienlefit).
2. Anenn des articles qui suivent ne se trouve dans le ms. 4 de la Gol-
lection de Périgord. On lit du reste en marge de cet article, dans la
pièce E 1144, n* 37 : c Iste non est in primo datis, nec aUl sequentes. »
3. Nicolas Brancaccio.
4. Galeotto Tarlato di Pietramala.
5. Guy de Malesset.
6. Bertrand de Ghanac.
7. Guillaume d'Aigrefeuille.
8. Sans doute Pierre de Vergne.
274 SOCIÉTÉ
du Pay, qui pour le temps estoit evesque de Saintes^, où nostre
saint père le Pape estoit en la chambre de Romme, conmianda à
maistre Paul et Jehan David qu'ilz allassent à Partuz, pour con-
duire lesdiz maistres Henry de Marie et maistre Pierre le Fevre,
en leur enchargant de dire certaines paroles à Mgr de Beaufort qui
esthuy touchans le fait d'eulx deulz, en les assurant que, en la terre
de PEglise, ne entour Avignon, que lesdiz maistre Paul et Jehan
David n'auroient mal ne dommage en corps ne en biens, en aucune
manière, et que hardiement alassent et retournassent seurement ;
et, sur la dicte assurance faicte par le Pape de sa bouche, maistre
Paul et Jehan David se myrent au chemin pour aler devers Mgr de
Beaufort qui est huy, à Partuz, en la compaignie des dessus
diz; et, au retourner de Pertus à Avignon devers nostre saint
père le Pape, Jehan de Petigny et Pierre d'Espaigne, escuier de
Mgr le cardinal de Viviers, partirent d'Avignon le xv« jour dudit
moys de février, armez et acompaignez de divers variés à cheval;
es vignes d'Avignon, emprisonnèrent les diz maistre Paul et Jehan
David et le varlet de maistre Paul, et leur estèrent leurs chevaux,
robes et argent, lettres et apointemens qui portoient sus le trectié
par lequel les dessus diz président et maistre Pierre Lefevre furent
envolez à Partuz, et menèrent lesdiz maistre Paul et Jehan David
à Mornas^, ou chastel, au plus hauit, qui est au Pape, où avoit un
chastellain que on appelioit Estienne de Mentonnay, qui les receut
en le plus aut de la forteresse, que est du Pape ; et mirent les
dessus diz es fers et en bonne prison fermée, et maistre Paul en
la fosse maie et profonde ; et eurent d'eulx les choses cy dessoubz
particulièrement d éclairées.
Item, après, quant nostre saint père le Pape seust de la prise
desdiz maistre Paul et Jehan David, il envola à Mornas son tré-
sorier et le régent de Yeinisy, où ilz arre[st]erent lesdiz maistre
Paul et Jehan David es mains du chastellain, du commandement
du Pape, et par bon instrument, que il ne les laisse transporter
autre part ; et le trésorier emporta une grant boueste plaines de
lettres et de mémoires de Mgr de Beaufort qui est huy. Après,
maistre Paul fut mis à finance à ijc florins, et l florins pour les
despens, et donna ostages et pièges à paier à certain temps ; et,
pendent lequel terme, le chambellan de nostre saint père le Pape
commanda au chastellain de Mornas, du commandement du Pape,
que il baillast les diz prisonniers à leur maistre, et par ainsi furent
1. Élie de Lestrange.
2. Yauclase, canton de BoUène.
DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 275
menez en Savoye; c'est assavoir Tostaige de maistre Paul, (ont
tant maistre Paul, comme son oncle) et un sien nepveu {sic), en
demeura emprison trois ans et trois mois, et encores y est son
nepveu en Savoye ; et a monté sa finance et les despens v<^ l flo-
rins ; item plus, en pourchassant la finance et délivrance de ses
ostages, ij<^ florins.
XXXIX. --- Item, a eu son maistre {sic) les choses qui s'en-
suivent de maistre Paul :
Premièrement : deux chevaux, Tun grison et l'autre morel, qui
lui coûtèrent iiij" florins.
Item plus, une espée, ij frans.
Item plus, unes hottes noires, ij florins.
Item plus, unes houges èsquelles y avoit les choses qui s'en-
suivent : premièrement les bouges, ij florins ;
Item, un vel de coton de la grant fourme, ij florins;
Item, deux paire de chausses de liere, ij escuz ;
Item, iij paires de chemises, que grandes que petites, ij florins.
Item, deux paire de souiers, demi franc.
Item, en billon par parpilloles, gros de Pape et de royne, et
autres diverses monnoyes, xxviij florins.
Item, qu'il estèrent au varlet dudit maistre Paul, xiiij escuz.
Item, plus avoit es bouges deux mars d'argent en deux tasses,
xij frans.
XL. — Et pour ce que ledit maistre Paul es[toit] asse[tré] par
le Pape, et Mgr de Beaufort n'avoit point lors guerre au Pape, et
toute la conté de Yenessi et la terre de l'Eglise estoit en bonne
paix, et aussi [maistre] Paul avoit bonne sceur[té] et saufconduit
de M»« la royne, dist maistre Paul que nostre saint père le Pape
lui doit reparer et amender la finance et les dommages qu'il a
receu et soustenu pour occasion de ladite prise, car lui et Jehan
David furent pr[ins près] d'Avignon, en forés, et furent menez en
la forteresse du Pape, et ceulx qui les prindrent estoient fam[il-
liers] des cardinaux, comme dit est; et, se nostre S[aint] Père
disoit que le chastellain de Mornaz n'estoit mie [ob]eïssant à lui,
maistre Paul dit que, sauve sa révérence, ledit chastellain lui
fut tousjours obéissant; et appert bien : car, par le commande-
ment que le trésorier du Pape et le régent de Yenessi firent de par
le Pape audit chastellain qui ne laissât aler le dit maistre Paul et
Jehan David, ne transporter autre part senz [le] congié du Pape ;
et, par vertu dudit commandement, ledit chastellain retint arresté
ledit maistre Paul et Jehan [David] jusques à tant que, par le
276 SOCIÉTÉ DE L^HISTOIRB DE FRANGE.
commandement du Pape ou de son Chambellan, il les rendist à
ceulx qui les avoient prins et les menèrent en 8avoye ; et, par sem-
blable raison, dist maistre Paul que le Pape les eust peu délivrer
et commander audit chastellain qu'il les laissast aler, à touz leurs
biens, [librement] et quittement, comme il lui fist commander
[de les tenir] arrestez ; car aussi ledit chastellain afiCerma et dist
[qu'il] les eust laissié aler quittement, se le Pape lui eust
commandé.
TABLE DES MATIERES
CONTENUES
DANS LA SEœNDE PARUE
DE L'ANNUAIRE-BULLETIN
DS L'ARNéE ^1889.
^n nouveau manuscrit de la Règle du Temple, par M. J. Delà-
ville Le Roulx, p. 185.
vttaymond de Turenne et les papes d'Avignon (1386-1408), par
•M. Noël Valois, d'après un document transcrit par M. Camille
RiVAiN, p. 215.
Nogent-le-Rotroa, imprimerie Daupelst-Gouterneur.
LISTE
DES OUVRAGES PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ
DEPUIS 8A FONDATION BN 1834,
A PilRIS, CHEZ RSNOUARD, LIBRAIRE, RUB DE TOURNON, Nl6
H. LAURENS, snGOBSSBnR.
Font partie de la Société toutes les personnes qni sont agréées par le
Ck>nseil sur la présentation de denx membres. Les demandes d'admission
penyent être adressées au secrétaire de la Société, 60, rue des Francs-
Bourgeois, aux ArchiTes nationales. Le chiffre de la cotisation annuelle
est fixé à 30 francs ; elle est rachetable moyennant le Tersement d'une
somme unique de 300 francs, qui donne le titre de sociétaire à vie.
Les sociétaires reçoivent, chaque année, quatre volumes de chroniques, de
mémoires ou de correspondances et un volume d' Annuaire-Bulletin. Ils
peuvent acquérir les publications antérieures à leur inscription, au prix
de 7 francs le volume ; le prix est de 9 francs pour les personnes qui ne
font pas partie de la Société.
Tous les ouvrages publiés par la Société sont pourvus de tables
analytiques.
Annuairbs de la Société de l'Histoire de Frange, de 1837 à 1863 ;
in-18. Prix : 2 et 3 fr. Les années 1845-1848, 1853, 1859, 1861 et 1862
sont épuisées.
Entre autres notices et nomenclatures que contient cette collection,
nous citerons les listes des évéchés et archevêchés (années 1838, 1844-
1849), des monastères de France (1838), des grands feudataires (1855,
1856), des saints (1857, 1858, 1860), des ambassadeurs de France et
en France (1848 et 1850), la^topographie ecclésiastique de la France
(1859, 1861-1863).
Bulletin de la Sogi^t^ de l'Histoire de Frange, années 1834 et 1835;
4 vol. in-8»; prix : 18 francs. Les années 1836-1856 et 1859-1862 sont
épuisées. Années 1857 et 1858, 1 vol.; prix : 6 francs.
Recueil destiné à faire connaître les travaux de la Société, compre-
nant, en outre, un grand nombre d'articles bibliographiques, de notices
historiques et de documents originaux.
Table générale du Bulletin, 1834-1856 ; in-8''. Prix : 3 francs.
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 19
II LISTE DES OUVRAGES
Au Balletin de 1861-1862 est jointe une table des matières contenues
dans les Tolumes des années 1857-1862,
Annuairb -Bulletin db la Société db l'Histoirb db Frangb, années
1863-1868, 1'* et 2* parties ; in-8« ; prix : 9 francs. Années 1869, 1870-
1871, 1872 à 1889 ; in-8^ prix : 5 francs.
Nombreux articles, documents et nomenclatures, tels que la liste des
chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit (1863}, l'inventaire de la collection
Godefroy (1865 et 1866}, la notice sur le Cartulaire du comte de Rethel
(1867}, ete.
Table oénérâlb db l'Annuairb-Bullbtin (1863-1884); uhS\ Prix : 2 fr.
LTsTOiRB db li Normant bt la Gbroniqub db Robbet Visgabt, par
Aimé, moine du Mont-Gabsin, publiées pour la .première fois, d'après
un manuscrit français inédit du zm* siècle, appartenant à la Biblio-
thèque royale, par M. GhampoUion-Figeac, 1835, 1 vol. {épuisé).
V Histoire conduit le récit des expéditions normandes jusqu'à la mort
de Richard, prince de Capoue, en 1078. La Chronique descend jus-
qu'à Pierre d'Aragon, couronné roi de Sicile en 1282.
Histoire bccolésiastique des Francs, par Grégoire de Tours, publiée
par MM. Guadet et Taranne, 1836-1837, 4 vol. {La traduction est épuisée.)
Le texte latin a été revu sur de nouveaux manuscrits appartenant
à la bibliothèque de Gambrai et à la Bibliothèque nationale ; il est
suivi d'une traduction française.
Lettres du cardinal Mazarin a la Reine, a la princesse palatine,
etc., écrites pendant sa retraite hors de Frange en 1651 et 1652,
publiées par M. Ravenel, 1836, 1 vol. (épuisé. Il reste quelques exem-
plaires sur grand papier; prix : 20 francs).
Quatre-vingt-quinze lettres trouvées dans les papiers de Baluze, et
propres à éclairer les rapports intimes de Mazarin avec Anne d'Autriche.
MÉMOIRES DE Pierre de Fenin, comprenant le récit des événements qui
se sont passés en France et en Bourgogne sous les règnes de Charles Yi
et Charles VII (1407-1427), pubUés par M»'» Dupont, 1837, 1 vol.
Chronique française, en partie inédite, publiée d'après un nouveau
manuscrit appartenant à la Bibliothèque nationale, accompagnée de
notes historiques et de trente et une pièces justificatives.
De la gonquestb de Constantinoblb, par Joffroi de Villbhardouin,
édition faite par M. Paulin Paris, 1838, 1 vol. {épuisé).
Texte revu sur de nouveaux manuscrite appartenant à la Bibliothèque
nationale, accompagné de notes et de commentaires.
OrDBRIGI YrTALIS, ANOUOENJB, CKENOBU UtIGBNSIS MONAOHI, HiSTORLB
bgolbsiastioa ubri trbdegim, publiés par M. Aug. le Prévost, 1838-
1855, 5 vol.
Ouvrage plein de renseignemento précieux, notamment sur l'histoire^
PUBLIÉS PAR LÀ SOCIÉTÉ. ni
de Normandie et d'Angleterre JoBqa'en 1141. Notice de IL L. Deliftle
•nr l'abbaye de SaintrÉvroal, sur Orderic et son orayre.
COBBBSPONDANCB DB L'BlCPBRBim I^AXIIOLIBN !** BT DB ILOIOUBBITB, SA
FiixB, oouTBaNANTB DBS Fats-Bas, DB 1507 A 1519^ pnbliéo par M. le
Glay, 1839, 2 vol.
Plus de six cents lettres inédites, tirées des arcbires de l'ancienne
chambre des comptes de Lille, pleines de renseignements intéressants
snr la fin du règne de Louis XII et le commencement du règne de
François I*%
HlSTOlRB DBS DUOS DB NORICANDIB BT DBS BOIS d'ÀNOLBTBRBB, pUbUéC,
d'après deux manuscrits de la Bibliothèque du Roi, par M. Francisque
Michel, 1840, 1 vol. (épuUé).
Première édition complète d'une chronique française qui s'étend
depuis l'invasion des Normands en France jusqu'à l'année 1220. A la
suite, relation en vers du tournoi de Ham, par Sarrazin, trouvère du
xin* siècle.
ŒuTRBS coxPLtaBà d'Éoxnhaed, pubUées par M. A. Teulet, 1840-1843,
2 vol. {le tome /*' est épuisé).
Vita Karoli imperatoris ; Annales Franeorum; EpUAoUe; Historia
translationis beatorum Christi martyrum Marcdlini et Pétri, Nou-
yelle édition, accompagnée de variantes, d'une traduction française et
de notes.
MiMOiBBS DB Philippb DB CoMMTNBS, publiés par H"* Dupont, 1840-1847,
3 vol. {tome J*' épvisé; le tome II ne peut être vendu séparément).
Nouvelle édition, revue sur les manuscrits de la Bibliothèque natio-
nale, accompagnée d'une notice biographique et de nombreuses pièces
justificatives, pour la plupart inédites. Cet ouvrage a obtenu une pre-
«mière médaille au concours des Antiquités de la France.
LBTTRBS DB MaBOUBRITB D^ANaOULÂMB, SŒUR DB FbANÇOIS I", RBINB DB
Navarbb, publiées, d'après les manuscrits de la Bibliothèque du Roi,
par M. Génin, 1841, 1 vol.
Cent soixante et onze lettres inédites, accompagnées de notes, de
pièces justificatives et d'une notice biographique.
PnOGÀS DB CONDAMNATION BT DB REHABILITATION DB JeANNB d'ArG, pubUéS
par M. Jules Quicherat, 1841-1849, 5 vol. {les tomes 7, // et III ne
peuvent être vendus séparément).
M. Quicherat a groupé, à la suite du texte inédit des deux procès,
tous les témoignages des chroniqueurs français, bourguignons, étran-
gers, et des poètes du xv* siècle. Il y a joint un recueil de documents
sur la fausse Jeanne d'Arc. Les textes des deux procès sont l'objet
d'une étude critique développée.
MéMOiRBS BT Lbttrbs DB Maroxjbritb DB Yalois, pubUés par M. Gues-
sard, 1842, 1 vol.
Nouvelle édition des Mémoires (1559-1582). On y a joint une note
ly LISTE DES OUVRAGES
jnstificatiTe rédigée par la fiUe de Henri II, en 1574, pour son mari,
Henri de Nayarre, et de nombrenses lettres inédites (1579-1609), tirées
des collections des frères Dapuy, de Béthune et de Brienne.
Lis CouTums db Bbautoibis, par Pmuppn nn Bbaumamoie, publiées
par M. le comte Beagnot, 1842, 2 toI. (épuisés),
NouTelle édition, revue d'après les manuscrits de la Bibliothèque
nationale^ précédée d'une notice sur Beaumanoir.
NOUTKLLBS LBTrRBS DB LA RBINB DB NaYABBB ADRESSAbS AU ROI FRAN-
ÇOIS I", SON vrArb, publiées, d'après un manuscrit de la Bibliothèque
royale, par M. Génin, 1842, 1 toI.
Cent cinquante et une lettres inédites, arec un Supplément à la
noUce sur Marguerite d'Angouléme,
Righbr, Hibtoirb db son tbmpb, publiée par M. J. Guadet, 1845, 2 toI.
Le texte latin de la chronique de Richer (888-995) a été reproduit
diaprés l'édition Pertz, traduit en français, annoté et accompagné d'une
notice critique.
MiMOlRES DU OOMTB' DB GoUONT-SALiaNT BT Hil£0IRBS DU MARQUIS DB
ViLLBTTB, publiés par M. Monmerqué, 1841-1844, 1 toI. {épuisé).
Petits et grands mémoires de Coligny-Sallgny (1617-1686), ces der-
niers inédits. Correspondance également inédite de Ck>ligny et de son fils
avec Bnssy-Rabutin. — Mémoires inédits contenant le récit des cam-
pagnes de mer du marquis de Villette (1672-1704). Mémoires sur la marine
de France composés par M. de Valincour (1725) et par le comte de
Toulouse (1724). Correspondances inédites du maréchal d'Estrées et
d'Abraham Du Quesne a?ec le marquis de Seignelay.
Chronique latinb db Guillaume db Nanois db 1113 a 1300, avbg lbs
CONTINUATIONS DB CBTTB Chroniqub DB 1300 A 1368, publiée par M. H.
Géraud, 1843, 2 vol. •
NouTclle édition, postérieure à l'édition partielle du Recueil des hiS'
ioriens des Gaules, revue d'après les manuscrits, annotée et précédée
d'une introduction sur GuUlaame de Naogis, Jean de Venette, etc.
Aboistrbs DB l'Hôtel de yillb de Paris pendant la Fronde, publiés
par MM. Le Roux de Lincy et Douët d'Arcq, 1847-1848, 3 Tol. (tome J
épuisé).
Copie inédite des délibérations de la Ville dont Louis XIV ayait
ordonné la suppression (17 août 1648-13 octobre 1652). Suit une rela-
tion de ce qui s'est passé dans la ville et l'abbaye de Saint-Denis à la
même époque.
ViB DB SAINT Louis, par Le Nain de Tillemont, publiée pour la pre-
mière fois par M. J. de Gaulle, 1847-1851, 6 vol.
Restitution intégrale d'un des plus précieui ouvrages, et l'un des plus
complets, qu'ait produits l'érudition française au xyii* siècle. La destruc-
tion des copies de documents faites par Le Nain de Tillemont rend
encore plus nécessaire de recourir k%?i Vie de saint Louis*
PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. V
Journal historioub kt anbgdotiqub du rèonb db Louis XY, par Bar-
BiBR, publié par M. A. de la YillegiUe, 1847-1856, 4 toI. {tomes I, Il
et m épuisés).
Première édition de ce célèbre journal, accompagnée de notes et pré-
cédée d'une notice sur l'auleur.
BiBuooRAPEiB DBS Makarinadbs, pUbllée par M. G. Moreau, 1850-1851,
3 vol.
Plus de quatre mille deux cents Mazarinades sont rangées par ordre
alphabétique, plusieurs analysées ou publiées par fragments. Suiyent
des tables chronologique et analytique. Cet ouvrage a obtenu une
mention très honorable au concours des Antiquités de la France.
Comptes db l'Argbntbrib dbs rois db Frangb au xiy* siàolb, publiés
par M. Douët d'Arcq, 1851, 1 vol. (épuisé).
Comptes de Geoffroy de Fleuri (1316) et d'Etienne de la Fontaine
(1352). Journal de la dépense du roi Jean en Angleterre. Dépenses du
mariage de Blanche de. Bourbon, reine de Castille (1352). Inventaire du
garde-meuble de l'Argenterie (1353). Vaisselle du roi Jean (1363). Ces
pièces inédites sont accompagnées d'un glossaire des termes techniques
et d'une dissertation sur les comptes de l'Argenterie.
Mbmoirbs db Damibl db Cosnag, ARCHBvâQUB d'Aix, publiés par le comte
J. de Cosnac, 1852, 2 vol. {épuisés).
Mémoires et documents inédits d'un haut intérêt pour l'histoire de la
cour et du clergé sous Louis XIV.
Choix db ICazarinadbs, publié par M. C. Moreau, 1853, 2 vol. {le tome I*'
ne peut être vendu séparément).
Recueil de pamphlets qui joignent à un certain mérite littéraire
l'avantage de faire connaître les opinions et les intérêts des partis, les
caractères et la situation des personnages de la Fronde.
Journal d'un Bouroboib db Paris sous lb ràonb db François I*',
publié par M. L. Lalanne, 1854, 1 vol. {épuisé).
Chronique parisienne inédite embrassant les années 1515 à 1536.
MÉMOiRBB DB Mathibu Mol^, publiés par M. A. Champollion-Figeac,
1855-1857, 4 vol.
Notes, pièces et journal inédits (1861-1869), précédés d'une introduc-
tion par le comte Moié, accompagnés de notes et suivis de nombreux
appendices.
Histoire db Charles VII bt db Louis XI, par Thomas Basin, évéque
de Lisieux, publiée par M. Jules Quicherat, 1855-1859, 4 voU {tome I
épuisé).
Chronique latine, presque entièrement inédite, restituée à son véri-
table auteur et publiée avec accompagnement de sommaires et de pièces
justificatives. L'éditeur, qui a joint aux deux Histoires une Apologie de
Thomas Basin, un Breviloquium ou abrégé de sa vie, ainsi que des
YI LISTE DES OUVRAGES
extraits de ses autres ouvrages, a condensé dans une étude préliminaire
les principaux traits de sa biographie.
Ceboniqubs DB8 00MTB8 d'Anjou, publiées par MM. P. Harchegay et A.
Salmon (t. l*' des Chroniques d'Anjou), 1856, 1 vol. (épuisé).
Nouvelle édition des Gesto consulum Andegavorumy de i'Bistoria
Gaufredit comtUs Andegavorum, du Liber de ctnnposiUone casiri
Ambazix et des Geita dominorum ipHus aistri, du Fragmentum
historix Andegavensis a Fulcone comité scriptum, du Commeniarius
Hugonis de Cleeriis de nunjoralu et senescalcia Francix Andegavo-
rum olim comUibu$ collatis. Textes particulièrement utiles pour This-
toire de l'Anjou jusqu'au xui* siècle.
La Chronique d'Enoueeran de Monbteelet, publiée par M. Dou6t
d'Arcq, 1857-1862, 6 vol. [tomes I et III épuisés).
Le texte de Monstrelet (1400-1444) a été revu sur les manuscrits de la
Bibliothèque nationale : il est suivi de la chronique bourguignonne
anonyme du règne de Charles YI dite des Cordeliers (1400-1422).
Les LiVees des Miracles et autbes opuscules de Grégoire de Tours,
publiés par M. H. Bordier, 1857-1865, 4 vol. [les tomes I et II sont
épuiséSy sauf quelques exemplaires sttr grand papier).
De Gloria martyrum, De miraculis S. Juliani, De virttUibus
5. Martini, De gloria confessorum, Vit» patrum. De cursu steU
larum, etc. Textes latins revus sur de nouveaux manuscrits, accom-
pagnés d'une traduction française et suivis d'une bibliographie des
ouvrages de Grégoire de Tours.
Les Miracles de saint Benoît, icRrrs par Adrewald, Aimoin, André,
Raoul Tortaire et Hugues de Sainte-Marie, moines de Fleurt,
publiés par M. £. de Certain^ 1858, 1 vol.
Textes latins, en partie inédits, fournissant des détails précieux sur
l'abbaye de Fleur y-sur-Loire, sur l'histoire ecclésiastique et sur l'histoire
générale depuis l'invasion des Lombards en Italie jusqu'à l'année 1108.
Anghiennes Cbronigques d'Enolbteere par Jehan de Wayrin, publiées
par M"* Dupont, 1858-1863, 3 vol. (tome II épuisé, sauf un exemplaire
sur vélin).
Ont été extraits de l'œuvre de Wavrin les chapitres inédits qui
offraient le plus d'intérêt pour l'histoire de France de 1325 À 1471. Ils
sont suivis d'une Histoire inédite de Charles le Téméraire, tirée d'un
manuscrit du Musée britannique.
Journal et Mémoires du marquis d'Argenson, publiés par M. Rathery,
1859-1867, 9 vol. (tome l*' épuisé; le tome II ne peut être vendu sépa-
rément).
Mémoires publiés pour la première fois dans leur intégrité, d'après
les manuscrits autographes, aujourd'hui détruits, de la Bibliothèque du
Louvre (années 1697-1757).
MÉMOIRES DU MARQUIS DE BbAUVAIS-NaNGIS ET JoURNAL DU PROCÈS DE
PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. VII
La Boulate, publiés par MM. Monmerqué et Taillandier, 1862, 1 vol.
Les mémoires inédits de Nicolas de Brîchanteau, marqais de Beau-
Tais-Nangis, embrassent les années 1562 à 1641. Le procès de la Bou-
laye fait connaître un incident de l'époque de la Fronde.
Chronique des quatre premiers Valois (1327-1393), publiée par M. S.
Luce, 1862, 1 vol.
Chronique inédite, rédigée en français dans les dernières années du
ziY* siècle, probablement par un clerc de Rouen, révélant plusieurs
faits complètement ignorés et apportant presque sur chaque événement
de quelque importance un grand nombre de détails précieux.
Choix de pièges inédites relatives au rèone de Charles VI, publiées
par M. Douet d'Arcq, 1863-1864, 2 vol.
Le premier volume contient des pièces d'un intérêt général : instruc-
tions diplomatiques, traités, règlements, acquisitions du domaine, etc.
Le second, plus important pour l'histoire de la vie privée, est rempli
de fragments de comptes, d'inventaires, de lettres de grâce ou de
rémission, etc., tirés des Archives nationales.
Chronique de Mathieu d'Esgoucht, publiée par M. du Fresne de Beau-
court, 1863-1864, 3 vol.
Chronique française (1444-1461), en partie inédite, précédée d'une
biographie de Mathieu d'Escouchy et suivie d'un grand nombre de pièces
justificatives. Cet ouvrage a obtenu une première mention au concours
des Antiquités de la France.
Commentaires et Lettres de Blaise de Monlug, maréchal de France,
publiés par M. A. de Ruble, 1864-1872, 5 vol. {tome !•' épuisé).
Restitution du texte authentique des Commentaires (1521-1576),
qui avait été altéré et mutilé dans les précédentes éditions. Les deux
derniers volumes, qui se composent de deux cent soixante-dix lettres
inédites, forment en quelque sorte un ouvrage distinct, complémentaire
du premier.
Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme,
publiées par M. Lalanne, 1864-1882, 11 vol. parus {tomes I et II épuisés;
les tomes IV et V ne peuvent élre vendus séparément).
Édition revue sur les manuscrits, pourvue de variantes et de notes.
Poésies inédites publiées par M. le D' £. Galy. Lexique couronné en
1881, par l'Académie française, au concours Archon-Despérouses.
Comptes de l'hôtel des rois de Frange aux xiv* et zy* siàcles, publiés
par M. Doaet d'Arcq, 1865, 1 vol.
Reproduction intégrale ou partielle de onze comptes de Thôtel du roi
Charles VI, d'un compte de l'hôtel de la reine Isabeau de Bavière
(1401), de deux comptes de l'hôtel du roi Charles VU (1450), de deux
comptes de l'hôtel de Jean, duc de Berry (1397 et 1398), et de trois
comptes de la chambre du roi Louis XI. Ces pièces fournissent d'utiles
renseignements sur le personnel de la maison des princes, sur leurs
relations politiques, sur leurs itinéraires, sur les beaux<arts, etc.
Vm LISTE DES OUVRAGES
RouLKAUx DBS MORTS, BU IX* AU XY* siàcLs, pQbUéft par M. L. Delisle,
1866, 1 Yol.
Reprodaction intégrale ou partielle de près de cent drcnlairefl, pour la
plupart inédites, destinées à notifier la mort de quelque membre ou bien-
faiteur de couvent (souvent il s'agit d'un personnage célèbre dans l'his-
toire ou la littérature) ; elles contiennent, en prose ou en vers latins, la
biographie du défunt, ainsi que le titre, plus ou moins long, qu'il était
d'usage d'inscrire pour accuser réception du rouleau mortuaire.
ŒuTRBS ooMPLitiBS DB SuoBR, pubUées par M. A. Lecoy de la Marche,
1867, 1 vol.
Pour la première fois réunies en un corps et collationnées sur les
manuscrits, les œuvres latines du célèbre abbé de Saint-Denis com-
prennent la Vie de Louii le Gros, le Mémoire de Suger sur son admi"
nistration abbatiale, le récit De la consécration de l'église de Saint-
Denis, en 1143, vingt-six lettres et treize chartes; on y a joint la Vie
de Suger, écrite par un religieux du nom de Guillaume, et divers
témoignages contemporains relatifs au même* abbé.
HiSTOiRB DB SAINT LOUIS, PAR JbAN, SIRB DB JoiNTILLB, SUlVÎe du CredO
et de la lettre à Louis X, publiée par M. N. de Wailly, 1868, 1 vol.
Texte ramené, pour la première fois, à l'orthographe des chartes du
sire de Joinville. Édition enrichie d'un vocabulaire et de plusieurs
éclaircissements.
MÉMonucs DB Madamb DB MoRNAT, publlés par H"* de Witt, 1868-1869,
2 vol.
Nouvelle édition, revue sur les manuscrits, des mémoires calvinistes
de la femme de Philippe du Plessis-Mornay; renseigqements nombreux
sur les règnes de Charles IX, de Henri III et de Henri IV. Soixante-
dix-neuf lettres inédites. Notice par M. Guizot.
Ghromiqubs DBS A0LISB8 d'Anjou, publiées par MM. P. Marchegay et
Ém. Mabille (t. II des Chroniqubs d'Anjou), 1869, 1 vol.
Chroniques latines de Saint-Maurice (320-1106), de Saint-Aubin (768-
1357), de Saint-Serge d'Angers (768-1215), de Saint-Sauveur-de-rÉvière
(678-1251), de Saint-Florent de Saumur (700-1236), de Maillezais (768-
1140), etc.
Chroniqubs DB J. Froissart, publiées par M. Siméon Luce, 1869-1888,
10 vol. parus ((e tome II ne peut être vendu séparément).
Les volumes déjà parus embrassent les années 1307 à 1377. Texte
accompagné de variantes, de sommaires et de commentaires historiques.
Introduction dans laquelle sont classés les différentes rédactions et les
divers manuscrits du premier livre des Chroniques, Cet ouvrage a
obtenu le grand prix Gobert de l'Académie des inscriptions et belles -
leltres.
Journal db ma vis, Mémoirbs du marbghal db Bassompibrrb, publiés
par M. le marquis de Chantérac, 1870-1877, 4 vol.
Première édition du Journal (1579-1640) conforme au manuscrit ori-
PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. IX
ginal (français n** 17478-17479 de la Bibl. nat.). Notice historique et
bibliographique. Notes et appendices.
Les Amnalbs db Saint-Bbatin bt db Saint- Vaast, publiées par M. Tabbé
G. Dehaisnes, 1871, 1 toI.
Annales lalines présentant le récit contemporain le plus exact des
éTénements accomplis entre les années 830 et 899. Nouvelle édition,
enrichie de notes et de varianteSi suivie d'une chronique inédite allant
jusqu'à l'année 874.
Ghroniqub d'Ernoul bt db Bernard lb TRisoRiBR, publiée par M. L. de
Mas Latrie, 1871, 1 vol.
Cette chronique française, qui embrasse l'histoire des croisades
depuis 1099 jusqu'à 1231, est publiée pour la première fois d'après les
manuscrits de Bruxelles, de Paris et de Berne. On l'a fait suivre d'un
Essai de classification des continuateurs de Guillaume de Tyr,
Introduction aux Chroniques des Comtes d'Anjou, par M. Habille,
1872, 1 vol.
Étude critique sur les textes qui composent le tome I*' des Chro-
niqties d'Anjou, suivie de dissertations sur l'histoire des premiers
comtes d'Anjou et de pièces justificatives.
Histoire de B^arn et de Navarre, par Nicolas de Bordbnave (1517
A 1572), msTORiooRAPHE DE LA MAISON DE Navarrb, pubUéc par M. P.
Raymond, 1873, 1 vol.
Ouvrage inédit, composé par le ministre protestant Bordenave, sur
Tordre de Jeanne d'Albret.
Chroniques de Saint-Martial de Limoges, publiées par M. H. Duplès-
Agier, 1874, 1 vol.
Huit chroniques latines, fournissant de nombreux renseignements sur
l'histoire du monastère de Saint-Martial et sur celle de l'Aquitaine (804-
1658). Œuvres diverses de Bernard Itier. Pièces relatives aux abbés,
aux moines et à la bibliothèque de Saint-Martial.
Nouveau regubil de comptes de l'Argenterie des rois de Frange,
publié par M. Douët d'Àrcq, 1874, 1 vol.
Comptes de draps d'or et de soie rendus par Targenlier de Philippe
le Long, en 1317, et par le mercier de Philippe de Valois, en 1342.
Inventaire, après décès, des biens de la reine Clémence de Hongrie (1328).
Compte d'un argentier de Charles Yl, en 1387. Textes inédits, précédés
d'une étude sur les argentiers et sur leurs comptes.
La Chanson de la croisade contre les Albigeois, publiée par M. P.
Meyer, 1875-1879, 2 vol.
Poème historique, en langue méridionale, commencé par Guillaume
de Tudèle, continué par un auteur anonyme. Cette édition, qui a obtenu
le grand prix Gobert de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres,
. comprend une introduction critique et philologique, un vocabulaire
(t. V), une traduction et un commentaire historique (t. II).
X LISTE DES OUVRAGES
Rbqits d'un iffiNBSTRKL DB Rbim8 AU XIII* siiKSLB, pubUés par M. N. de
Wailly, 1876, 1 vol.
Précédemment édité sous le titre de Chronique de Ràins, ce texte
français, qui se réfère aux règnes de Louis VU, de Philippe-Auguste,
de Louis VIII et de saint Louis, avait subi de nombreuses altérations.
Il est accompagné d'un vocabulaire et d'un commentaire critiquei d'au-
tant plus utile que les récits dont il se compose semblent avoir un
caractère moins historique que satirique et littéraire.
La Chboniqub du bon duo Lots db Bou&bon, publiée par M. A. Chazaud,
1876, 1 vol.
Vie de Louis II de Bourbon (1337-1410), composée en français, vers
1429, par Jean Cabaret d'Orville et par Jean de Ghâteaumorand, sur
Tordre du comte de Glermont. Édition revue sur les manuscrits de
Saint-Pétersbourg, de Bruxelles et de Paris.
Chboniqub db Jban lb FàYRB, sbionbur db Saint-Rbmt, publiée par
M. F. Morand, 1876-1881^ 2 vol.
Composée par le roi d'armes de Tordre de la Toison d'or, cette Chro-
nique française embrasse les années 1408 à 1435. Texte établi sur un
manuscrit appartenant à la bibliothèque de Boulogne-sur-Mer. Notice
biographique sur Jean le Fèvre.
AneGDOTBS HISTORIQUBS, Ll&GBNDBS ET APOLOOUBS TIRES DU RECUEIL
INBDÎT d'ÉtIBNNB DB BOU&BON, DOMINICAIN DU XIII* SIÈCLE, pubUéS par
M. Lecoy de la Marche, 1877, 1 vol.
L'éditeur a extrait du Traciatus de diversis materiis praedicaMibus
d'Etienne de Bourbon, recueil d'exemples à Tusage des prédicateurs, les
passages les plus propres à éclairer l'histoire des lettres et des mœurs.
Lettres d'Antoine de Bourbon et de Jehannb d'Albret, publiées par
M. le marquis de Rochambeau, 1877, 1 vol.
Plus de deux cents lettres inédites, comprises entre les années 1538 et
1572, tirées des archives ou bibliothèques de France, d'Angleterre et de
Russie, les unes intimes, nous initiant aux mœurs privées du xvi* siècle,
les autres politiques, relatives aux guerres avec Charles-Quint ou aux
guerres de religion.
MÉMOIRES INÉDITS DB MiGHBL DB LA HuouBRTB, publlés par M. Ic baroR
de Ruble, 1877-1880, 3 vol.
L'auteur, successivement secrétaire ou agent secret de Coligny, de
Ludovic de Nassau et du prince de Condé, donne sur l'histoire des
guerres de religion de 1570 à 1588, et sur la vie des chefs de la Réforme,
des détails nouveaux et confidentiels.
Histoire du gentil sbionbur de Batart, composés par le Loyal Ser-
viteur, publiée par M. J. Roman, 1878, 1 vol.
Nouvelle édition, enrichie d'un glossaire, de pièces justificatives et
de lettres de Bayart inédites.
Extraits des auteurs orbgs concernant la géographib bt l'histoire
PUBUéS PAR LA SOCIÉTÉ. XI
DBS GATJun, texte et traduction noareUe, publiés par M. E. Gongny,
1878-1886, 5 rdl. parus.
de recneil comprend : 1* les géographes ; 2* les historiens ; 3* les phi-
losophes, les orateurs, les poètes et les écrirains de genres divers qui
fournissent quelques renseignements sur l'histoire ou la géographie des
Gaules.
■
MÉMomBS DB Nicolas Goulas, obntilhommb orbinaibb du duo d'Ob-
Li&AVS, publiés par M. Ch. Constant, 1879-1882, 3 vol.
Mémoires inédits se rapportant aux années 1627-1651, particulière-
ment utiles pour l'histoire de Gaston d'Orléans et de son entourage.
Gbstes DBS ivtQUBS DB Gambrai DB 1092 A 1138, pubUés par le P. Gh.
de Smedt, 1880, 1 vol.
Textes latins inédits, les uns en prose, les plus nombreux en vers,
venant compléter la série des chroniques de Cambrai.
Lbs Établissbments DB SAINT Louis, par M. P. Yiollet, 1881-1886, 4 vol.
Introduction comprenant une étude sur les sources, sur la jurisprudence,
sur l'influence et sur les manuscrits de la compilation connue sous le
titre d^ÉtablissemetUs de saint Louis, — Texte des ÉiabUssemewts publié
avec les variantes. — Textes primitifs qui ont servi au compilateur
(ordonnance sur la procédure au Ghâtelet, ordonnance de saint Louis
contre les duels, Usage d'Orlenois, coutume de Touraine-Anjou). —
Textes dérivés ou parallèles. — Notes des précédentes éditions et notes
nouvelles. — Tabie-glossaire. — Cet ouvrage a obtenu le grand prix
Gobert de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
RBLATION de la cour DB FrAMCB BN 1690, PAR ÉZBGHIBL SpANHBIM,
BNVOT^ BXTRAORDiNAiRB DB Brandbbouro, publléc par M. Gh. Schefer,
1882, 1 vol.
Ce texte, qui n'avait été publié qu'en Allemagne et dans les condi-
tions les plus défavorables, contient de curieux portraits de Louis XIV
et des principaux personnages de son entourage, et décrit le mécanisme
de l'administration civile, ecclésiastique et militaire. Il est suivi de deux
opuscules attribués aussi à Spanheim, les Remarques sur VÉtat de
France et les Qualités bonnes et mauvaises des principaux person'
nages de la cour.
Chroniqub normands du XIV* siisGLE, publiée par MH. Aug. et Ém. Moli-
nier, 1882, 1 vol.
Première édition d'une chronique française anonyme rédigée en Nor-
mandie, probablement par un noble, et embrassant les années 1294
4 1372. Sommaire et commentaire historique développé. Cet ouvrage a
obtenu une médaille au concours des Antiquités de la France.
Œuvres db Rioord bt db Guillaume lb Brbton, publiées par M. H.-Fr.
Delaborde, 1882-1886, 2 vol.
Nouvelle édition, étabUe d'après les manuscrits de Paris, de Rome, de
Bruxelles et de Londres. Le premier volume comprend les Ge^ Philippi
Xn LISTE DES OUVRAGES
Àugniti de Rigoid (1165-1208) et les Gesto Philippi AugwU de Gnil-
laume le Breton (1 165-1220), avec nne introduction développée sur la
Tie et les ouvrages des historiens de Philippe-Auguste. Le second
Tolnme contient la PkUippide, poème latin de Guillaume le Breton,
avec une table analytique très détaillée. Cet ouvrage a obtenu une
médaille au concours des Antiquités de la France.
Lbttrbs db Louis XI, roi db Fbanoe^ publiées par MM. J. Yaesen et
Et. Gharavay, 1883-1887, 3 vol. parus.
Le tome P" contient cent vingt-six lettres de Louis Dauphin (1439-1461)
publiées sur les originaux conservés en France et à l'étranger, cent
pièces justificatives et douze notices biographiques. Les tomes II et III
contiennent quatre cent trente-six pièces des neuf premières années du
règne de Louis XI et de nouvelles pièces justificatives.
MilfOIRBS n'OuVIBR BB la MaRGHB, MAtTRB d'h^BL BT CAPITAINE DBS
OAHDBS DB Chaelbs lb Tbmbrairb, pubUés par IfM. H, Beaune et
J. d'Arbaumont, 1883-1888, 4 vol.
Texte ramené à sa forme originale d'après le plus ancien manuscrit
(Bibl. nat., fr. 2868 et 2869), éclairci ou rectifié à l'aide de documents
d'archives. Le t. IV contient une notice biographique et un certain
nombre de pièces inédites.
Mbmoi&bs du mab^hal db Villars, publiés par M. le marquis de
Vogué, 1884-1889, 3 vol. parus.
Première édition complète faite d'après le manuscrit original. Les
trois premiers volumes embrassent les années 1670 à 1713. A partir de
la p. 301 du tome I*', l'on donne, pour la première fois, le texte authen-
tique de Villars, qui avait été entièrement remanié par les précédents
éditeurs. En appendice, correspondances et documents inédits.
NonoBs BT DOCUMENTS pubUés pour la Société de l'Histoire de France, à
l'occasion du cinquantième anniversaire de sa fondation, 1884, 1 vol.
Avec un historique de la Société, dû à M. Gh. Jourdain, ce volume
comprend trente articles ou publications rangés par ordre chronolo-
gique depuis le vu* jusqu'au xvui* siècle ; les auteurs sont : MM. le
duc d'Aumale, Baguenault de Puchesse, E. de Barthélémy, A. Baschet^
le marquis de Beaucourt, A. de Boislisle, A. de la Borderie, le duc de
Broglie, le comte de Gosnac, Fr. Delaborde, L. Delisle, E. Dupont,
J. Havet, L. Lalanne, A. Longnon, S. Luce, le comte de Loçay, le comte
de Mas Latrie, A. Molinier, H. Omont, feu Léopold Pannier, G. Picot,
le comte Riant, J. Roman, le baron de Ruble, Tamizey de Larroque,
P. Viollet et le marquis de Vogué.
Journal db Nicolas db Batb, grbffibr du Parlement de Paris (1400-
1417), publié par M. A. Tuetey, 1885-1888, 2 vol.
Recueil de notes inscrites par le greffier sur les registres du Conseil,
des Plaidoiries, des Grands Jours de Troyes, des Matinées, etc., et four-
nissant de nombreux renseignements sur les événements de l'époque ou
sur le mécanisme de l'administration. On trouve dans le t. II un Mémo-
PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. XIII
liai latin également dû à Nicolas de Baye, une notice snr sa vie et un
inTentaire de ses biens meubles.
La RAolb du Tbmplb, publiée par M. H. de Gurzon, 1886, 1 vol.
Texte français du xni* siècle, établi diaprés les trois manuscrits de
Paris, Rome et Dijon, et contenant : 1" la traduction de la Règle latine de
1128; 2* les statuts hiérarchiques; 3* le règlement de l'existence jour-
nalière des frères et celui de la tenue des chapitres; 4* le code pénal.
L'Introduction décrit les manuscrits employés et donne un résumé
général de Torganisation de l'Ordre.
HiSTOiRB UNiVERSBLLB, PAR AGRIPPA d'Aubignb, éditlou pubUéc par M. le
baron A. de Ruble, 1886-1889, 3 vol. parus.
Nouvelle édition, annotée, d'un ouvrage dont la valeur littéraire
égale rimportance historique. Le commentaire a pour objet d'expliquer
et de rectifier, au besoin, les affirmations de cet historien passionné de
la vie et du règne de Henri lY (1553-1610). Le troisième volume s'ar-
rête à Tannée 1572.
Le Jouvencel, par Jean de Bueil, suivi du Commentaire de Guillaume
Tringant; introduction biographique et littéraire par M. Camille Favre;
texte établi et annoté par M. Léon Lecestre, 1887-1889, 2 vol.
Le Jouvencel est une sorte de roman historique composé au
XV* siècle, ou plutôt un traité d'éducation militaire appuyé d'exemples
et d'allusions historiques, dans lequel l'auteur, Jean de Bueil, raconte
les principaux événements de sa vie. L'introduction, très développée,
de M. Favre retrace Texistence complète de Jean de Bueil (1406-1477).
Le Commentaire de Tringant donne la clef des pseudonymes. Cet
ouvrage a obtenu une médaille au concours des Antiquités de la France.
Chroniques de Louis Xll, par Jean d*Auton, édition publiée par M. R.
de Maulde la Clavière, 1889, 1 vol. paru.
Nouvelle édition, revisée quant an texte et amplement annotée, de la
chronique la plus intéressante et la plus exacte que l'on possède sur
les débuts du règne de Louis XII, et sur les expéditions d'Italie. Le
premier volume s'arrête au mois de mars 1501.
Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupelet-Gouyernbur.
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